Luc Goutard, Insee Bretagne Jérôme Pujol, division Revenus et patrimoine des ménages, Insee
En 2006, selon la nouvelle enquête sur les revenus, la moitié des habitants de la métropole ont un niveau de vie annuel inférieur à 17 600 euros. Par rapport à 2005, ce niveau de vie a progressé de 1,7 % en euros constants. Les 10 % les plus aisés ont un niveau de vie d’au moins 33 190 euros par an. L’ensemble des actifs, constitué des personnes ayant un emploi et des chômeurs, a un niveau de vie moyen comparable à celui des retraités. Les personnes pauvres représentent 13,2 % de la population en 2006 ; leur niveau de vie est inférieur à 880 euros par mois, ce qui correspond à 60 % du niveau de vie médian. La pauvreté touche 30 % des familles monoparentales essentiellement constituées d’une mère et de ses enfants. C’est dans les villes de plus de 20 000 habitants, hors agglomération parisienne, que le taux de pauvreté est le plus fort.
Selon la nouvelle série des enquêtes Revenus fiscaux et sociaux (sources), la moitié des personnes vivant dans un ménage ordinaire de France métropolitaine ont un niveau de vie inférieur à 17 600 euros par an, soit 1 470 euros par mois (tableau 1). Cette série rénovée a bénéficié d’améliorations méthodologiques (encadré). Pour l’année 2005, les données sont fournies à la fois selon l’ancienne et la nouvelle méthode.
Le niveau de vie correspond au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation. Un ménage de deux personnes ayant un revenu deux fois supérieur à celui d’une personne vivant seule aura un meilleur niveau de vie, en raison des économies d’échelle que lui procure la vie en couple. Pour cette raison, ce n’est pas directement le nombre de personnes du ménage qui est utilisé dans le calcul du niveau de vie, mais une échelle d’équivalence. Le niveau de vie annuel moyen correspond à 20 600 euros en 2006, tous les membres d’un même ménage ayant par construction le même niveau de vie.
| 1. La série comporte deux ruptures : la première en 2002 correspond au passage à l'Enquête emploi en continu, la seconde en 2005 correspond à la prise en compte des transferts sociaux réels (prestations familiales, prestations logement et minima sociaux) et à une meilleure couverture des revenus du patrimoine. | ||||||||||
| Lecture : en 2006, les 10% les plus modestes de la population ont un niveau de vie inférieur ou égal à 9 720 euros (D1); le niveau de vie des 10 % les plus aisés est supérieur à 33 190 euros (D9 ). Les 20 % les plus pauvres ont 9% de la somme des revenus disponibles par unité de consommation (S20). Les 20 % les plus aisés ont 38,6 % de la somme des revenus disponibles par unité de consommation (S80). L'indice de Gini permet de mesurer le degré d’inégalité de la distribution des revenus pour une population donnée. Il varie entre 0 et 1, la valeur 0 correspondant à l’égalité parfaite (tout le monde a le même revenu), la valeur 1 à l’inégalité extrême (une personne a tout le revenu, les autres n’ayant rien). | ||||||||||
| Champ : personnes vivant en France métropolitaine dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante. | ||||||||||
| Sources : Insee-DGI, enquêtes Revenus fiscaux 1996 à 2005, Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2005 et 2006. | ||||||||||
| 1996 | 1998 | 2000 | 2002 | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2005 | 2006 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| D1 (euros) | 7 960 | 8 340 | 8 730 | 9 190 | 9 290 | 9 320 | 9 360 | 9 460 | 9 560 | 9 720 |
| D5 (niveau de vie médian en euros) | 14 640 | 14 900 | 15 530 | 16 230 | 16 360 | 16 360 | 16 320 | 16 610 | 17 300 | 17 600 |
| D9 (euros) | 26 680 | 27 170 | 28 550 | 29 350 | 29 810 | 29 570 | 29 360 | 29 850 | 32 250 | 33 190 |
| D9/D1 | 3,35 | 3,26 | 3,27 | 3,19 | 3,21 | 3,17 | 3,14 | 3,16 | 3,37 | 3,41 |
| D9/D5 | 1,82 | 1,82 | 1,84 | 1,81 | 1,82 | 1,81 | 1,80 | 1,80 | 1,86 | 1,89 |
| D5/D1 | 1,84 | 1,79 | 1,78 | 1,77 | 1,76 | 1,76 | 1,74 | 1,76 | 1,81 | 1,81 |
| S20 ( %) | 9,2 | 9,4 | 9,1 | 9,6 | 9,6 | 9,6 | 9,6 | 9,6 | 9,0 | 9,0 |
| S50 ( %) | 31,6 | 31,6 | 31,4 | 32,0 | 31,9 | 31,9 | 32,0 | 31,9 | 30,8 | 30,6 |
| S80 ( %) | 63,5 | 63,4 | 63,0 | 63,5 | 63,3 | 63,4 | 63,4 | 63,3 | 61,8 | 61,4 |
| Indice de Gini | 0,271 | 0,268 | 0,272 | 0,267 | 0,269 | 0,269 | 0,268 | 0,269 | 0,289 | 0,293 |
En 2006, les 10 % des personnes les plus modestes de la population (D1) ont un niveau de vie inférieur à 9 720 euros annuels alors que les 10 % les plus aisées ont au moins 33 190 euros (D9), soit 3,4 fois plus. La moitié des personnes ayant les niveaux de vie les plus faibles disposent de 30,6 % de la masse des revenus disponibles par unité de consommation. Les 20 % les plus aisés disposent de 38,6 % de la masse des revenus disponibles par unité de consommation, soit 4,3 fois plus que les 20 % les plus modestes.
Par rapport à 2005, le niveau de vie médian a progressé de 1,7 % en euros constants. La hausse des niveaux de vie concerne tous les déciles. La valeur du niveau de vie au-delà duquel se situent les 10 % les plus aisés augmente de 2,9 %. Celle en deçà duquel se situent les 10 % les plus modestes progresse de 1,7 %. En 2006, le revenu disponible de ces derniers se compose pour près de 42 % de transferts sociaux (graphique 1). Les prestations familiales et les prestations logement constituent près des trois quarts de ces transferts (73 %). La part des prestations sociales dans le revenu disponible des ménages diminue avec le niveau de vie tandis que celle des revenus d’activité augmente. Les impôts représentent quant à eux 18,8 % du revenu disponible des 10 % des personnes les plus aisées, contre 20,3 % en 2005. Cette baisse résulte pour l’essentiel de celle de l’impôt sur le revenu en 2006. Celle-ci concerne tous les autres déciles mais dans des proportions moindres.
Graphique 1 - Décomposition du revenu disponible par décile de niveau de vie en 2006

Champ : personnes vivant en France métropolitaine dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2006.
Le niveau de vie moyen des actifs au sens du Bureau international du travail (BIT), c’est-à-dire des actifs occupés et des chômeurs, s’élève à 21 760 euros par an en 2006 (tableau 2). Il est ainsi supérieur de plus de 6 % à celui des inactifs. Mais le niveau de vie moyen d’un chômeur est inférieur de 35 % à celui d’un actif qui a un emploi et de 28 % à celui d’un inactif. Le niveau de vie moyen des retraités est de 21 540 euros par an, c’est-à-dire proche de celui des actifs. Même si les retraites sont plus faibles que les salaires, des revenus du patrimoine plus élevés compensent en partie cet écart. Enfin, le nombre d’unités de consommation des ménages retraités, inférieur à celui des ménages actifs, réduit les écarts de revenus disponibles entre les deux types de ménage.
Les jeunes de moins de 25 ans ont un niveau de vie plus faible que le reste de la population : 18 270 euros contre 21 620 euros pour les plus de 25 ans. S’ils vivent seuls, ces jeunes forment des ménages à faibles revenus en raison de difficultés d’insertion sur le marché du travail ou de salaires moins élevés perçus en début de carrière ; s’ils vivent chez leurs parents, ils réduisent le niveau de vie du ménage car ils n’apportent que peu (voire pas) de revenus tout en représentant 0,3 ou 0,5 unité de consommation selon leur âge. Au total, à partir de 18 ans, le niveau de vie croît avec l’âge jusqu’au milieu de la soixantaine puis diminue au-delà.
| Champ : personnes vivant en France métropolitaine dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante. | ||||||
| Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2005 et 2006. | ||||||
| en euros de 2006 | ||||||
| 2005 | 2006 | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Actifs de 18 ans ou plus | 21 320 | 21 760 | ||||
| Actifs occupés | 22 040 | 22 430 | ||||
| Chômeurs | 14 170 | 14 640 | ||||
| Inactifs de 18 ans ou plus | 19 630 | 20 450 | ||||
| Étudiants | 19 190 | 20 040 | ||||
| Retraités | 20 580 | 21 540 | ||||
| Autres inactifs | 17 310 | 17 650 | ||||
| Enfants de moins de 18 ans | 18 220 | 18 460 | ||||
Le taux de pauvreté monétaire est défini comme la proportion de personnes ayant un niveau de vie inférieur à un certain seuil, le seuil de pauvreté. Ce seuil est calculé par rapport à la médiane de la distribution des niveaux de vie. L’Insee et l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (Onpes) ont adopté la norme européenne qui retient le seuil de 60 % du niveau de vie médian.
Le taux de pauvreté est de 13,2 % en 2006 (tableau 3). Cela correspond à un niveau de vie inférieur à 880 euros par mois. A titre de comparaison, au 1er janvier 2006, le plafond du RMI pour une personne seule est de 433 euros par mois et de 650 euros par mois pour une personne seule avec un enfant ou un couple sans enfant. Ainsi, 7,9 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté. La moitié d’entre elles a un niveau de vie inférieur à 720 euros par mois, soit un écart de 18,2 % au seuil de pauvreté. De 2005 à 2006, l’évolution du taux de pauvreté (+ 0,1 point) ne peut pas être considérée comme significative.
| 1. La série comporte deux ruptures : la première en 2002 correspond au passage à l'Enquête emploi en continu, la seconde en 2005 correspond à la prise en compte des transferts sociaux réels (prestations familiales, prestations logement et minima sociaux) et à une meilleure couverture des revenus du patrimoine. | ||||||||||
| Lecture : en 2006, 13,2% de la population (taux de pauvreté) vit en dessous du seuil de pauvreté. Par rapport à 2005, l’évolution du taux de pauvreté (+ 0,1 point) ne peut pas être considérée comme significative, compte tenu de la marge d’incertitude qui affecte ce taux (+ ou - 0,5 point). La moitié des personnes pauvres ont un niveau de vie inférieur à 720 euros par mois, soit un écart de 18,2 % au seuil de pauvreté. Cet écart représente l'intensité de la pauvreté. | ||||||||||
| Champ : personnes vivant en France métropolitaine dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante. | ||||||||||
| Sources : Insee-DGI, enquêtes Revenus fiscaux 1996 à 2005, Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2005 et 2006. | ||||||||||
| Seuil à 60 % de la médiane | 1996 | 1998 | 2000 | 2002 | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2005 | 2006 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nombre de personnes pauvres (milliers) | 7 628 | 7 275 | 7 328 | 7 147 | 6 976 | 7 015 | 6 867 | 7 136 | 7 722 | 7 862 |
| Taux de pauvreté ( %) | 13,5 | 12,8 | 12,7 | 12,2 | 12,0 | 12,0 | 11,7 | 12,1 | 13,1 | 13,2 |
| Seuil de pauvreté (euros de 2006/mois) | 732 | 745 | 776 | 812 | 818 | 818 | 816 | 830 | 865 | 880 |
| Niveau de vie médian des personnes pauvres (euros de 2006/mois) | 598 | 617 | 643 | 680 | 685 | 673 | 669 | 680 | 704 | 720 |
| Intensité de la pauvreté ( %) | 18,3 | 17,2 | 17,1 | 16,2 | 16,3 | 17,7 | 18,0 | 18,2 | 18,6 | 18,2 |
En 2006, 30,3 % des personnes vivant au sein d’une famille monoparentale sont confrontées à la pauvreté, soit une proportion 2,3 fois plus élevée que dans l’ensemble de la population (tableau 4). Ceci représente plus de 1,6 million de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Les familles monoparentales sont le plus souvent constituées d’une mère et de ses enfants (85 % des cas). Pour les familles monoparentales sous le seuil de pauvreté, cette situation est encore plus fréquente (91 % des cas). Seulement 35 % d’entre elles ont un emploi alors que 22 % sont au chômage. Par rapport à 2005, la part de familles monoparentales pauvres est stable. Les transferts sociaux perçus par les familles monoparentales constituent 19 % de leur revenu disponible contre 6 % pour le reste de la population. Parmi les personnes vivant au sein d’un couple avec au moins trois enfants, 20 % sont confrontées à la pauvreté. Les types de ménages les moins touchés par la pauvreté sont les couples sans enfant : seuls 6,4 % d’entre eux sont pauvres.
La structure familiale n’est pas le seul facteur de différenciation de la pauvreté, la zone de résidence est aussi un élément important (graphique 2). Les taux de pauvreté les plus forts (15,4 %) se trouvent dans les unités urbaines (U.U.) de plus de 20 000 habitants, hors agglomération parisienne. Dans cette dernière, 10,5 % des personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté en 2006. La part de personnes pauvres dans les communes rurales est de 12 %.
Graphique 2 - Taux de pauvreté selon la zone de résidence (seuil à 60 % de la médiane)

Champ : personnes vivant en France métropolitaine dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2005 et 2006.
| Champ : personnes vivant en France métropolitaine dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante. | ||||
| Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2005 et 2006. | ||||
| 2005 | 2006 | |||
|---|---|---|---|---|
| Nombre de personnes pauvres (milliers) | Taux de pauvreté ( %) | Nombre de personnes pauvres (milliers) | Taux de pauvreté ( %) | |
| Personnes seules | 1 361 | 16,4 | 1 410 | 16,7 |
| Familles monoparentales | 1 520 | 30,0 | 1 612 | 30,3 |
| Couples sans enfant | 943 | 6,8 | 915 | 6,4 |
| Couples avec un enfant | 741 | 8,3 | 720 | 8,2 |
| Couples avec deux enfants | 1 154 | 8,9 | 1 209 | 9,3 |
| Couples avec trois enfants ou plus | 1 568 | 19,8 | 1 516 | 20,0 |
| Ménages complexes | 435 | 20,1 | 480 | 22,3 |
| Ensemble de la population | 7 722 | 13,1 | 7 862 | 13,2 |
Conformément aux recommandations du rapport de 2007 du Conseil national de l’information statistique (Cnis) sur les niveaux de vie et les inégalités, l’Insee apporte cette année des améliorations méthodologiques à l’enquête Revenus fiscaux (sources). Ces améliorations portent sur deux points : l’intégration de prestations sociales réelles (et non plus estimées sur barèmes) et la prise en compte plus complète des revenus des produits financiers.
Les transferts sociaux
Le revenu que les ménages déclarent à l’administration fiscale est complété par les revenus sociaux non imposables : prestations familiales, prestations logement et minima sociaux. Jusqu’en 2005, ceux-ci étaient estimés sur barèmes, sur la base des revenus de l’année, et étaient attribués pour l’année entière. Dans la nouvelle série, appelée enquête Revenus fiscaux et sociaux (ERFS), les montants réellement perçus par les ménages sur l’année de revenu considérée sont collectés auprès de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), de la Caisse nationale assurance vieillesse (Cnav) et de la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole (CCMSA). Par ailleurs, le recours aux fichiers des organismes gestionnaires a permis d’intégrer dans l’enquête des ménages, globalement plus pauvres que l’ensemble des ménages (1,2 % de l’échantillon), qui n’avaient pas été retrouvés dans le fichier fiscal.
Une meilleure couverture des revenus du patrimoine
L‘ancienne série de l’enquête Revenus fiscaux qui s’appuyait exclusivement sur la source fiscale appréhendait imparfaitement les revenus du patrimoine, principalement en raison des exonérations fiscales ou des mécanismes de prélèvement libératoire. Cela avait pour effet de minimiser la mesure des inégalités, puisque les revenus du patrimoine sont en général d’autant plus élevés que les revenus d’activité de la personne sont importants.
Dans la nouvelle série, sont ajoutés au revenu des ménages, les revenus générés par différents produits financiers non recensés par la source fiscale et estimés selon des modèles statistiques. Pour cela, un montant des différents actifs financiers est imputé à partir de l’enquête Patrimoine de l’Insee. Le patrimoine total ainsi imputé restant sous-estimé, les encours des différents actifs (hors assurance-vie) sont recalés, produit par produit, sur les données macroéconomiques des comptes nationaux et de la Banque de France. Il en est de même pour les revenus des assurances-vie. Faute d‘information plus précise, le recalage est cependant uniforme, indépendant du revenu des ménages. Les revenus générés par les actifs hors assurance-vie sont calculés par application de taux de rendement moyens réactualisés chaque année. Si la prise en compte des revenus du patrimoine permet de mieux appréhender la dispersion des revenus, on peut penser que l’application d’un taux de recalage uniforme n’en rend pas complètement compte : la distribution des revenus estimée serait encore moins concentrée qu’elle ne l’est en réalité. Par ailleurs, les revenus soumis au prélèvement libératoire, hormis les contrats d’assurance-vie -obligations, bons, OPCVM- restent mal appréhendés. Au total, la nouvelle estimation du taux de pauvreté se rapproche du taux de pauvreté réel tout en restant probablement encore un peu en deçà de celui-ci.
La nouvelle série de niveaux de vie et de taux de pauvreté publiée désormais par l’Insee n’est donc pas directement comparable avec celle des années passées.
Le changement de série a modifié à la hausse les principaux indicateurs
La comparaison de l’ancienne et de la nouvelle série pour l’année 2005 montre que le niveau de vie médian est relevé de 4,1 %, la limite du 1er décile (D1) de 1 % et celle du 9e décile (D9) de 8,1 %. Le seuil de pauvreté à 60 % de la médiane passe de 830 euros par mois à 865 euros par mois, ce qui correspond à une révision à la hausse de 1 point du taux de pauvreté, imputable pour 0,4 point aux transferts sociaux réels et à la meilleure couverture des ménages et pour 0,6 point à la meilleure prise en compte des revenus financiers.

Insee Première N°1203 - juillet 2008
Insee Première : Présentation de la collection et liste des numéros parus