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Le recensement de la population à Saint-Pierre-et-Miquelon en 2006

Catherine Bourgey, Christophe Dixte, unité Recensements de la population, Insee ; Donald Castaing, préfecture de Saint-Pierre-et-Miquelon

Résumé

En 2006, 6 125 habitants vivent à Saint-Pierre-et-Miquelon. Cet archipel, situé à 25 km au sud de Terre-Neuve, face au Canada, est aujourd’hui une collectivité d’outre-mer et le seul territoire français dans l’Atlantique nord. Depuis 1999, du fait des difficultés économiques liées aux restrictions de la pêche, la population a légèrement baissé. L’installation des jeunes ou de nouveaux arrivants est rendue plus difficile et la population vieillit. Les habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon compensent la rigueur du climat de l’archipel en soignant leurs logements, le plus souvent des maisons spacieuses et confortables.

Sommaire

Encadré

Publication

Moins d'habitants dans l'archipel

En mars 2006, 6 125 personnes ont été recensées sur l’archipel (tableau 1). La baisse de 200 habitants par rapport au recensement de 1999 touche particulièrement la commune de Miquelon-Langlade. Cette baisse fait suite à une stagnation de la population entre 1990 et 1999, alors que la croissance démographique était continue depuis 1921 (graphique 1).

Graphique 1 - La population de Saint-Pierre-et-Miquelon depuis le premier recensement

Graphique 1 - La population de Saint-Pierre-et-Miquelon depuis le premier recensement

Source : Insee, recensements de la population.

Tableau 1 - La population de Saint-Pierre-et-Miquelon en 2006
Source : Insee, enquête de recensement de la population de 2006, recensement de la population de 1999.
Commune 2006 1999 Évolution en %
Saint-Pierre 5 509 5 618 - 109 - 1,9
Miquelon-Langlade 616 698 - 82 - 11,7
Saint-Pierre-et-Miquelon 6 125 6 316 - 191 - 3,0

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La population vivant sur l’archipel continue de vieillir

L’archipel est confronté à d’importants départs de jeunes en âge de faire des études supérieures ou de trouver un premier emploi. La proportion des jeunes de 20 à 30 ans est ainsi passée de 12,6 % en 1999 à 9,6 % en 2006. La pyramide des âges reflète ce déficit pour la tranche d’âge 20-34 ans (graphique 2). Le départ de ces jeunes adultes, en âge de devenir parents, a également pour conséquence un déficit de jeunes enfants (0-9 ans).

Comme en France métropolitaine, de plus en plus de jeunes accèdent au niveau du baccalauréat. À l’issue de leur scolarité au lycée de Saint-Pierre, ils poursuivent leurs études supérieures soit dans une académie de métropole, soit à l’étranger, principalement au Canada tout proche. En 2006, 211 jeunes continuent ainsi leurs études hors de l’archipel, dont 90 % dans les académies de la façade ouest de la France métropolitaine. Ils étaient 200 en 1999 et 115 en 1990. Après avoir obtenu leur diplôme, ces étudiants ne reviennent pas tous sur l’archipel car les offres d’emploi à Saint-Pierre-et-Miquelon ne correspondent pas nécessairement aux qualifications acquises.

D’autres jeunes, qui ont acquis leur formation sur place, quittent également l’archipel pour trouver un emploi. En effet, la situation économique de Saint-Pierre-et-Miquelon est difficle depuis l’arrêt de la « grande pêche », avec le moratoire de 1992, et la fixation de quotas très faibles au regard de la production passée. Le taux de chômage, au sens du recensement, de la tranche des 20 à 24 ans atteint ainsi 27,8 % en 2006.

Graphique 2 - Pyramide des âges hommes-femmes

Graphique 2 - Pyramide des âges hommes-femmes

Source : Insee, enquête de recensement de la population de 2006, recensement de la population de 1999.

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La part des salariés augmente

En mars 2006, selon l’enquête de recensement, la population de Saint-Pierre-et-Miquelon comptait 3 194 actifs, dont 2 876 personnes ayant un emploi et 318 chômeurs déclarés (tableau 2).

Bien que le taux d’activité des femmes reste inférieur à celui des hommes à tous les âges (graphique 3), les écarts se sont resserrés depuis 1999. Ce sont les jeunes hommes de 20 à 24 ans qui sont les plus touchés par le chômage avec un taux de 36,2 %.

Les salariés sont au nombre de 2 636 et 84 % occupent un emploi sans limite de durée. Ils représentent 91,7 % des actifs ayant un emploi en 2006, contre 88,5 % en 1999.

Graphique 3 - Taux d’activité par sexe et âge

Graphique 3 - Taux d’activité par sexe et âge

Source : Insee, enquête de recensement de la population de 2006.

Tableau 2 - Population de 15 ans ou plus par type d’activité en 2006
* Calculé sur la seule population de 15 à 64 ans.
Source : Insee, enquête de recensement de la population de 2006.
Actifs ayant un emploi Chômeurs déclarés En formation Autres inactifs Ensemble Taux d’activité* (en %) Taux d’emploi* (en %)
Femmes 1 297 146 193 880 2 516 57,1 51,3
Hommes 1 579 172 192 500 2 443 71,5 64,4
Total 2 876 318 385 1 380 4 959 64,2 57,7

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Peu de nouveaux arrivants

Pendant longtemps, aucune liaison aérienne directe n’a relié l’archipel et la France métropolitaine. Le nouvel aéroport de Saint-Pierre, inauguré en 1999, devait permettre de pallier ce manque, mais il n’en existait toujours pas en 2007. Les vols depuis ou à destination de Saint-Pierre passent tous par le Canada (Montréal, Halifax, Saint-Jean de Terre-Neuve). L’archipel est de fait isolé de la métropole, même si de plus en plus de ses habitants profitent de leurs loisirs pour voyager.

Les difficultés économiques, l’éloignement de la métropole et le manque de liaisons aériennes directes constituent des freins à la mobilité de la population :

- seulement 10,2 % des habitants recensés en 2006 ne résidaient pas à Saint-Pierre-et-Miquelon cinq ans auparavant ; parmi ceux-ci un certain nombre sont des étudiants qui sont revenus dans l’archipel à l’issue de leurs études (tableau 3) ;

- 82 % des habitants de Saint-Pierre et de Miquelon-Langlade sont nés dans l’archipel (tableau 4).

En 2006, les résidants nés en France métropolitaine représentent 13,1 % des habitants, contre 16,1 % en 1999. Leur part était auparavant en augmentation constante : 6,7 % en 1974, 9,5 % en 1982, 10,2 % en 1990. Les départs semblent concerner les personnes âgées de 40 à 49 ans ou de 10 à 19 ans en 1999, ce qui pourrait correspondre à des familles entières.

Malgré la proximité du Canada, l’immigration est faible dans ce territoire français éloigné de la métropole. Peu d’étrangers vivent ainsi à Saint-Pierre- et-Miquelon : 54 personnes en 2006.

Tableau 3 - Lieu de résidence antérieure cinq ans auparavant
Source : Insee, enquête de recensement de la population de 2006.
Personnes de 5 ans ou plus habitant 5 ans auparavant Total Part en %
Saint-Pierre-et-Miquelon 5 171 89,8
la même commune 5 140 89,3
le même logement 3 995 69,4
Hors Saint-Pierre-et-Miquelon 588 10,2
Total 5 759 100,0
Tableau 4 - Lieu de naissance
Source : Insee, enquête de recensement de la population de 2006.
Lieu de naissance Total Part en %
Saint-Pierre-et-Miquelon 5 031 82,1
Métropole 803 13,1
Dom-Tom (hors Saint-Pierre-et-Miquelon) 17 0,3
Étranger 274 4,5
Total 6 125 100,0

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De plus en plus de personnes vivent seules

Comme en métropole, de plus en plus d’habitants de l’archipel vivent seuls : 714 personnes en 2006, soit 28,4 % des ménages, contre 614 en 1999 (graphique 4). 34 % des personnes qui vivent seules sont des femmes de 60 ans et plus.

Du fait du vieillissement de la population et du recul de la natalité, la taille des ménages a sensiblement diminué, passant de plus de 2,6 personnes en moyenne en 1999 à 2,4 personnes en 2006.

Par ailleurs, les célibataires constituent 42 % des personnes de 15 ans et plus (graphique 5).

Graphique 4 - Composition des ménages

Graphique 4 - Composition des ménages

Source : Insee, enquête de recensement de la population de 2006, recensement de la population de 1999.

Graphique 5 - État matrimonial, personnes de 15 ans et plus

Graphique 5 - État matrimonial, personnes  de 15 ans et plus

Source : Insee, enquête de recensement de la population de 2006.

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Un habitat de qualité

L’habitat individuel est prédominant à Saint-Pierre-et-Miquelon et les immeubles sont rares. 84 % des résidences principales sont des maisons, la plupart en bois coloré et munies d’un porche à tambour qui protège des hivers venteux. Malgré la baisse de population observée depuis 1999, le nombre de résidences principales ne cesse de croître  : 2 517 ont été recensées en 2006, contre 2 415 en 1999. Plus du quart des résidences principales datent de moins de vingt ans (graphique 6). De nombreuses maisons, spacieuses et confortables, ont été construites à Saint-Pierre ; tout un nouveau quartier s’est ainsi développé aux abords de l’ancien aéroport. 77 % des occupants sont propriétaires, ils étaient 72,8 % en 1999.

Les ménages occupent des logements de plus en plus grands : 5,3 pièces en moyenne pour 5,0 en 1999 (graphique 7). Ces logements sont en outre très bien équipés.

Le nombre de logements vacants a fortement progressé, passant de 74 à 173 en sept ans, principalement dans le centre de Saint-Pierre.

Par ailleurs, l’archipel compte 392 résidences secondaires en 2006. L’île de Miquelon-Langlade, plus vaste et sauvage, est le lieu de villégiature estivale privilégié des Saint-Pierrais : plus de la moitié des résidences secondaires s’y trouvent, principalement sur Langlade. L’île aux Marins, plus proche de Saint-Pierre, véritable village-musée, est exclusivement constituée de résidences secondaires depuis que ses derniers habitants permanents sont partis.

L’île aux Marins, anciennement île aux Chiens, se situe à quelques encablures au large du port de Saint-Pierre ; elle a compté jusqu’à 600 habitants. Elle a été rattachée à la commune de Saint-Pierre en 1945, mais n’est plus habitée depuis 1963. La rénovation de nombreux édifices, dont certains, comme l’école, sont ouverts au public, permet de découvrir la vie familiale et professionnelle des pêcheurs au début du XXe siècle.

Jusqu’en 1992, l’économie de l’archipel reposait principalement sur la pêche. Depuis, l’activité économique s’est effondrée, suite à l’épuisement de la faune marine, à la limitation des zones de pêche et au moratoire imposé par le Canada dans toute la région.

Le chômage a pu être limité grâce aux aides financières de l’État pour la reconversion des entreprises et des personnels. La construction de la seconde piste aéroportuaire a également permis de maintenir l’activité dans le secteur du bâtiment et des travaux publics.

L’avenir de Saint-Pierre-et-Miquelon repose sur le tourisme, la pêche et l’aquaculture. Des explorations sont en cours pour exploiter des gisements de pétrole et de gaz.

Graphique 6 - Ancienneté des résidences principales

Graphique 6 - Ancienneté des résidences  principales

Source : Insee, enquête de recensement de la population de 2006.

Graphique 7 - Répartition des résidences principales selon le nombre de pièces

Graphique 7 - Répartition des résidences principales selon le nombre de pièces

Source : Insee, enquête de recensement de la population de 2006, recensement de la population de 1999.

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Encadré

Une parcelle de France à 4 600 km de Paris

Saint-Pierre-et-Miquelon est un archipel de huit îles totalisant 242 km2. Situé face au Canada et à 25 km au sud-ouest de Terre-Neuve, il est exposé à un climat océanique froid et humide, des vents forts, de nombreux brouillards en été.

L’archipel est découvert en 1520 par le navigateur portugais J.-A. Faguendes. Jacques Cartier en prend possession en 1535, au nom de François Ier. Tour à tour colonie française puis anglaise, il devient définitivement français en 1816. La première véritable sédentarisation, d’origine française, remonte à la seconde moitié du XVIIe siècle. La population actuelle descend d’émigrants des ports français (essentiellement bretons, normands, basques, saintongeais), d’Acadie et de Terre-Neuve.

Depuis mars 2003, Saint-Pierre-et-Miquelon est une collectivité d’outre-mer à statut particulier. L’archipel devient territoire d’outre-mer (Tom) en 1946, puis département d’outre-mer (Dom) en 1976, avant d’acquérir le statut de collectivité territoriale en 1985. Cet archipel est le seul territoire français au large du continent nord-américain.

Seules deux îles sont habitées.

Saint-Pierre, dont la superficie est la plus petite (26 km2), est la plus peuplée. C’est le centre commercial et administratif de l’archipel. Un nouvel aéroport y est en fonction depuis 1999 ; il est susceptible d’accueillir des longs courriers en provenance de la métropole.

Miquelon-Langlade, la plus grande, est en fait constituée de deux îles, Miquelon (110 km2) reliée à Langlade (91 km2) par la Dune de Langlade, isthme sablonneux de 10 kilomètres de long. Les activités à Miquelon sont l’agriculture et la pêche.

carte - Saint-Pierre-et-Miquelon

carte - Saint-Pierre-et-Miquelon

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Insee Première N° 1178 - février 2008

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