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Vacances : les générations se suivent et se ressemblent... de plus en plus

Laurence Dauphin et Frédéric Tardieu, direction du Tourisme

Résumé

Entre 1964 et 2004, les personnes vivant en France sont parties de plus en plus nombreuses en vacances. Leur taux de départ est ainsi passé de 43 % à 65 %. Les personnes nées entre 1940 et 1944 ont été les premières à connaître un fort taux de départ. L’habitude de partir en vacances s’est ensuite diffusée de génération en génération. Au-delà de cette évolution historique, les pratiques de vacances sont aujourd’hui plus liées à l’âge des vacanciers qu’à leur génération. Désormais, ce sont les jeunes retraités qui partent le plus, et les générations nombreuses des baby-boomers devraient venir nourrir le phénomène de « tourisme des seniors » dans les années à venir.

Sommaire

Encadrés

Publication

Aujourd'hui, toutes les générations partent en vacance

Depuis quarante ans, les personnes vivant en France partent tous les ans plus nombreuses en vacances(définition). En 1964, 43 % d’entre elles partaient au moins une fois dans l’année pour un séjour de 4 nuits minimum ; dix ans plus tard elles étaient 51 % et 65 % quarante ans plus tard (graphique 1). Ce « taux de départ » qui avait crû très rapidement entre 1964 et 1989 progresse ensuite plus lentement. Son augmentation était essentiellement due à un comportement générationnel, les nouvelles générations partant systématiquement plus que leurs aînées au même âge. Ainsi, la génération née entre 1940 et 1944 est la première à connaître un taux de départ moyen supérieur à 60 % sur l’ensemble de sa vie (graphique 2). Toutes les générations suivantes ont un taux de départ moyen au cours de leur vie compris entre 60 % et 65 %.

Graphique 1 - Évolution du taux de départ en vacances

Graphique 1 - Évolution du taux de départ en vacances

Lecture : en 2004, 64,6 % des Français sont partis au moins une fois en vacances.

Champ : population résidant en France métropolitaine.

Sources : Insee, enquêtes de conjoncture auprès des ménages 1964 - 1994, enquêtes permanentes sur les conditions de vie de 1999 et 2004.

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Les retraités partent le plus longtemps

Le nombre de personnes qui partent augmente et les comportements touristiques évoluent. Ainsi, en 1979, la moitié des jours de vacances était le fait des moins de 35 ans et le nombre de jours de vacances diminuait progressivement avec l’âge. En 2004, les jours de vacances sont plus également répartis sur tous les âges de la vie et, parmi les personnes prenant des vacances, ce sont les 65 ans et plus qui partent le plus longtemps : 37 jours en moyenne en 2004 contre 26 jours pour l’ensemble de la population (tableau). Aujourd’hui, ce n’est qu’à partir de 70 ans que l’on commence à observer une baisse des départs.

Parallèlement, ceux qui partent le font plus souvent. Ainsi, en 1968, les vacanciers effectuaient 1,5 séjour par an alors qu’en 2004, ils partent en moyenne 2,2 fois. Là aussi, la génération née entre 1940 et 1944 montre la voie : c’est la première à partir en vacances en moyenne deux fois par an. Pour les générations suivantes, le nombre de séjours par partant est compris entre 2 et 2,5. En revanche, les générations d’avant-guerre mettront trente ans pour passer de un à deux séjours par an. Ces différences dans les pratiques touristiques, qui permettaient à chaque génération de creuser l’écart avec la précédente, se sont estompées au profit d’un comportement plus dépendant de l’âge. Ainsi, de plus en plus, quelle que soit la génération, les taux de départ et les pratiques de vacances, comme le nombre des séjours ou leur durée, se rapprochent et varient de la même façon en fonction du cycle de vie (graphique 2).

Tableau - Importantes modifications des comportements touristiques en vingt-cinq ans
Champ : population résidant en France métropolitaine.
Sources : Insee, enquêtes de conjoncture auprès des ménages 1979, enquête permanente sur les conditions de vie 2004.
en %
Âge Moins de 20 20-34 35-49 50-64 65 et plus Ensemble
1979 2004 1979 2004 1979 2004 1979 2004 1979 2004 1979 2004
Taux de départ 60,3 72,4 62,5 65,1 60,6 67,6 49,9 65,8 40,7 48,1 56,1 64,6
Part de la tranche d'âge dans la population métropolitaine 28,7 24,1 22,3 19,1 17,6 21,6 15,1 18,2 16,3 17,0 100,0 100,0
Part des nuitées de la tranche d'âge dans le total des nuitées 37,1 26,3 22,6 17,1 17,9 18,3 12,8 20,8 9,5 17,6 100,0 100,0
Part des séjours à l'étranger 13,2 15,7 16,5 23,4 16,7 20,7 15,8 21,5 12,0 15,7 15,0 19,4
Nombre de jours de vacances par an des partants 35,9 25,7 27,2 23,4 28,2 21,3 28,4 29,6 24,0 36,6 29,2 26,0
Durée moyenne de séjour (jours) 18,1 11,5 15,1 11,2 16,4 10,5 17,2 11,5 22,7 15,3 17,2 11,8
Nombre de séjours par partant 2,0 2,2 1,8 2,1 1,7 2,0 1,7 2,6 1,1 2,4 1,7 2,2

Graphique 2 - Taux de départ annuel par génération et âge

Graphique 2 - Taux de départ annuel par génération et âge

Lecture : 1 - La tendance au parallélisme des courbes retraçant les taux de départ par âge pour les générations d‘avant-guerre indique que, pour un même âge, chaque génération affiche un taux de départ supérieur à celui de la génération précédente, ce qui illustre l’effet de génération qu'ont connu ces personnes.

2 - La tendance à la superposition des courbes retraçant les taux de départ par âge pour les générations d‘après-guerre indique que, pour un même âge, chaque génération affiche un taux de départ proche de celui de la génération précédente, avec en outre des similitudes de comportement selon l’âge.

En 2004, 69,6 % des individus âgés de 25 à 29 ans (génération 1975-1979) sont partis au moins une fois en vacances.

Champ : population résidant en France métropolitaine.

Sources : Insee, enquêtes de conjoncture auprès des ménages 1979-1994, enquêtes permanentes sur les conditions de vie de 1999 et 2004.

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Les moins de 20 ans partent les plus nombreux

Surtout dans les générations nées après 1970, les moins de 20 ans sont les plus nombreux à partir en vacances. En 2004, 72 % des jeunes de moins de 20 ans sont partis. À cet âge, ils connaissent de nombreuses périodes de vacances et ils ont souvent l’occasion de partir, seuls ou avec leurs parents. Près de la moitié des jeunes qui sont partis en 2004 l’ont fait au moins une fois sans leurs parents. Par ailleurs, l’augmentation du nombre d’enfants dont les parents sont divorcés contribue à multiplier, pour cette tranche d’âge, les occasions de départs.

Les 20-24 ans partent relativement moins en vacances que les autres : 59 % d’entre eux sont partis en 2004. Cette période charnière, qui correspond à la fin des études et à l’entrée dans la vie active, ne favorise pas les départs nombreux et prolongés. Les étudiants ont tendance à utiliser les périodes de vacances pour gagner un peu d’argent et les jeunes actifs n’ont pas encore les moyens de partir. Ainsi, le second motif de non-départ après les raisons financières (43 % ) pour les 20-24 ans est un motif d’études ou professionnel (27 %).

Une fois installés dans la vie active, les individus recommencent à partir davantage en vacances quand ils le peuvent. Ainsi, entre 25 et 45 ans, la moitié des non-partants déclarent alors ne pas partir pour des raisons financières. Entre 50 et 60 ans, la période correspondant en général à la fin de la vie active est légèrement moins favorable : plus d’un résidant sur cinq déclare ne pas partir par choix (22  %). En revanche, le début de la retraite est très propice aux départs en vacances. À partir de 70 ans, les séjours touristiques se raréfient, pour raison de santé essentiellement.

L’âge influence non seulement le taux de départ, mais aussi le nombre et la répartition des séjours dans l’année.

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Depuis trente ans, la part de l’été diminue

La saisonnalité des vacances est d’abord une question d’âge (graphique 3). Si elle est un peu moins marquée depuis vingt-cinq ans, les grandes tendances restent les mêmes pour un âge donné. La majorité des vacances se déroule traditionnellement en juillet et en août, mais la part de l’été diminue au profit de l’hiver depuis 1979. En 1979, 69 % des jours de vacances se situaient en juillet ou en août, contre 57 % en 2004. Les mois les plus prisés, hors période estivale, sont février, avril et décembre. Ainsi, le plus grand étalement des vacances sur l’ensemble de l’année touche tous les âges et toutes les générations avec cependant des caractéristiques propres à chaque période de la vie. Les jeunes et surtout les actifs concentrent toujours leurs jours de vacances au cœur de la saison d’été : en 2004, les 35-39 ans ont pris 64 % de leurs jours de vacances en juillet et en août. Les plus de 60 ans, au contraire, profitent davantage de l’ensemble de l’année ; même s’ils apprécient toujours les mois de juillet et d’août, ils ne leur consacrent que 40 % de leurs séjours sur l’année.

Graphique 3 - Saisonnalité des vacances selon l'âge et la génération en 1979 et 2004

Graphique 3 - Saisonnalité des vacances selon l'âge et la génération en 1979 et 2004

Lecture : en 2004, les 35-39 ans passent 40 % de leurs jours de vacances en août.

Champ : population résidant en France métropolitaine.

Sources : Insee, enquêtes de conjoncture auprès des ménages 1979, enquête permanente sur les conditions de vie 2004.

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Des séjours de plus en plus courts

Contrairement au nombre moyen des séjours qui augmente, leur durée moyenne ne cesse de décroître régulièrement depuis quarante ans : en 1964, les séjours duraient en moyenne 19,6 jours contre 11,8 jours en 2004. Depuis 1999, la durée moyenne des séjours s’est stabilisée à une douzaine de jours quels que soient l’âge et la génération (graphique 4).

Même si la majorité des générations ont connu une baisse de leur durée de séjour en même temps, certains cas particuliers subsistent. Ainsi, la génération née entre 1940 et 1944, arrivant à l’âge de la retraite, a eu tendance à allonger la durée de ses vacances entre 1999 et 2004 contrairement aux autres générations. L’âge n’est pas le principal facteur explicatif de la durée de séjour, mais il a une influence, en particulier pour les moins de 20 ans et pour les plus de 60 ans, qui partent en vacances plus longtemps que la moyenne.

Graphique 4 - Des séjours de plus en plus courts pour toutes les générations (durée moyenne en jours selon l'âge et la génération)

Graphique 4 -  Des séjours de plus en plus courts pour toutes les générations (durée moyenne en jours selon l'âge et la génération)

Champ : population résidant en France métropolitaine.

Sources : Insee, enquêtes de conjoncture auprès des ménages 1979-1994, enquêtes permanentes sur les conditions de vie de 1999 et 2004.

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Vers une stabilisation des taux de départ ?

Entre 1964 et 2004, le taux de départ en vacances des personnes vivant en France est passé de 43 % à près de 65 %. La croissance de ce taux de départ a été très rapide jusqu’en 1989. Depuis une dizaine d’années, le taux de départ en vacances progresse plus faiblement. En effet, toutes les générations ont maintenant un taux de départ proche de 65 %. Il n’y a donc plus l’effet de rattrapage d’après-guerre.

L’enquête « Suivi de la Demande Touristique (SDT) » de la direction du Tourisme permet de fournir des résultats postérieurs à 2004. La stagnation des taux de départ en vacances se confirme en 2005 et 2006 et ce taux est même en léger recul. Avec la fin du rattrapage générationnel, le taux de départ se stabiliserait structurellement autour de 65 %.

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Encadrés

Retraités du baby-boom : les grandes vacances ?

L’année 2006 a marqué le début des départs massifs en retraite pour les classes nombreuses d’après-guerre, dites du baby-boom. En 2004, les plus de 60 ans représentaient 21 % de la population vivant en France. D’après les dernières projections démographiques établies par l’Insee, en 2050 ils seraient 32 %. Ainsi, par effet de volume, la part de cette clientèle senior va s’accroître fortement sur l’ensemble des marchés de consommation, dont celui du tourisme. De plus, les générations d’après-guerre sont les premières à avoir pris l’habitude de partir en vacances. Les nouveaux retraités devraient donc partir davantage.

En 1979, les personnes âgées de 60 à 69 ans représentaient 7 % de la population et 7 % des nuitées de vacances. En 2004, ces proportions sont de 9 % et 13 %.

De 2010 à 2030, elles devraient représenter de 10 % à 12 % de la population et de 14 % à 15 % des nuitées de vacances, si l’on applique les taux de départ observés en 2004.

Les seniors ont tendance à davantage étaler leurs vacances sur l’ensemble de l’année. Ils effectuent 40 % de leurs nuitées de vacances en juillet et en août, contre 60 % pour les personnes en âge de travailler. Le fort potentiel de départs en vacances qu’ils représentent devrait permettre une meilleure répartition des séjours sur l’ensemble de l’année.

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Vacances à l’étranger : de plus en plus facile

La part des vacances à l’étranger n’a cessé de croître entre 1964 et 2004. En 1964, les résidants effectuaient 12,2 % de leurs séjours à l’étranger. En 2004, cette proportion était de 19,4 %. Toutes les générations participent à ce développement, qui est dû à la fois à une diversification de l’offre, à des prix plus abordables et à l’augmentation globale du nombre de séjours. En effet, les personnes vivant en France partent plus souvent, et partir à l’étranger devient de plus en plus facile. Ils peuvent donc effectuer la même année un ou plusieurs séjours en France et un ou plusieurs séjours à l’étranger.

Les actifs, en âge d’avoir des enfants, sont proportionnellement moins nombreux à quitter la France. Ce n’est pas le cas de la génération née entre 1940 et 1944 ni des générations nées après 1975. La durée moyenne des vacances à l’étranger a décru moins rapidement que la durée moyenne des vacances en France. En 1979, un séjour à l’étranger durait en moyenne 20 jours, et en 2004, 15 jours. Cette diminution est régulière jusqu’en 1999 et se stabilise depuis autour d’une quinzaine de jours. Il s’agit d’un phénomène structurel qui touche toutes les classes d’âge et toutes les générations. Cependant, les différences par âge existent mais ne sont pas très marquées. En 2004, ce sont les moins de 25 ans (19 jours) et les plus de 60 ans (17 jours) qui restent le plus longtemps hors de nos frontières. Les actifs, surtout en fin de carrière, n’y passent que 13 jours en moyenne.

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Insee Première N° 1154 - août 2007

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