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Des TIC de plus en plus diversifiées dans les entreprises

Sonia Besnard, Pascale Chevalier, Patrice Victor, Insee Pays de la Loire et Danièle Guillemot, Yusuf Kocoglu, Centre d'études de l'emploi

Résumé

En France, comme dans la plupart des pays européens, la quasi-totalité des entreprises d’au moins dix salariés sont aujourd’hui équipées d’ordinateurs connectés à l’internet. Les petites entreprises ont ainsi rattrapé leur retard. Cependant, les entreprises se différencient encore fortement quant à l’architecture et à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC). Les plus grandes d’entre elles, ou celles appartenant à un groupe, utilisent dans leur majorité des dispositifs avancés tels que les réseaux spécialisés ou les progiciels de gestion intégrés (PGI). Le commerce électronique se développe également, prenant principalement la forme du commerce interentreprises par l’échange de données informatisées (EDI).

Sommaire

Encadré

Publication

Début 2006, presque toutes les entreprises sont connectées à internet

En 2006, quasiment toutes les entreprises d’au moins dix salariés disposent d’un accès internet (tableau 1) : 92 % des entreprises de 10 à 19 salariés sont connectées contre 77 % en 2003. Le haut débit se généralise : 86 % des entreprises d’au moins dix salariés connectées disposent de l’ADSL, et 26 % d’une connexion internet d’au moins 2 Mbits/s . Les entreprises utilisent l’internet en premier lieu pour obtenir de l’information et en diffuser : 75 % recourent aux services bancaires offerts sur le net, et 70 % l’utilisent dans leurs relations avec les administrations pour obtenir de l’information ou télécharger des formulaires et les remplir. Deux entreprises sur trois ont à présent leur propre site web ; cette proportion a progressé de 12 points par rapport à 2003. Certains sites sont réduits à une présentation générale de l’entreprise, alors que d’autres proposent des services plus élaborés comme la vente en ligne.

En se généralisant, l’internet ne s’est pas substitué aux formes plus anciennes de réseaux informatiques, dédiés aux échanges d’informations internes à l’entreprise ou aux relations avec certains partenaires privilégiés, le plus souvent fournisseurs ou clients, de type échange de données informatisées (EDI). Parallèlement, l’internet a permis le développement d’outils de diffusion de l’information accessibles à un public particulier, internes à l’organisation (intranet) ou externes vers des partenaires privilégiés (extranet). Ainsi, 53 % des entreprises de 10 salariés ou plus possèdent un réseau local en 2006, et 40 % d’entre elles un intranet. Quant aux outils de communication externe, 31 % des entreprises sont dotées d’un EDI et d’autres liaisons informatiques et 22 % d’un extranet. En trois ans, la diffusion de ces outils a progressé de 5 à 7 points, un rythme moins rapide que celui de la connexion à l’internet (graphique).

Graphique - De plus en plus d'entreprises possèdent un site web

Graphique - De plus en plus d'entreprises  possèdent un site web

Source : enquête statistique publique, COI-TIC 2006, Insee, CEE.

Tableau 1 - Six entreprises sur dix s'exposent sur le web
* Artisanat commercial de charcuterie et boulangerie-pâtisserie inclus.
Source : enquête statistique publique, COI-TIC 2006, Insee, CEE.
en %
Secteurs (nomenclature NES) Entreprises équipées en ordinateurs Part des entreprises de 10 salariés et plus, équipées en ordinateurs, disposant d'un :
accès internet site web réseau local intranet EDI ou autres liaisons extranet
Industries agricoles et alimentaires * 98 92 64 31 28 30 14
Indust. des biens de consommation 98 99 59 53 34 31 21
Industries des biens d'équipement 100 99 70 63 39 26 21
Industries des biens intermédiaires 99 96 68 57 37 32 18
Énergie 98 100 86 90 82 38 53
Construction 98 92 41 39 19 15 8
Commerce et réparation automobile 100 96 66 59 62 39 46
Commerce de gros, intermédiaires 100 97 67 65 42 39 21
Commerce de détail, réparations 96 91 57 51 55 37 22
Transports 99 97 56 44 38 35 19
Activités financières 97 100 87 83 82 73 52
Activités immobilières 99 100 80 60 54 29 37
Postes et télécommunications 100 98 77 69 53 43 44
Activités informatiques 100 100 94 92 77 37 52
Conseils, assistance et recherche 100 99 69 64 60 42 33
Services opérationnels 99 94 60 54 35 30 20
Hôtels et restaurants 95 87 69 35 24 18 15
Activités audiovisuelles 97 98 83 68 54 35 33
Ensemble 98 95 62 53 40 31 22

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Les petites entreprises des groupes aussi bien équipées que les grandes

Les outils de communication en réseaux ont continué à se diffuser au sein des entreprises de toutes tailles. La marge de progression reste toutefois encore importante pour les plus petites. Ainsi, une très large part des grandes entreprises (de 250 salariés ou plus) possède un site web (92 %), un réseau local (88 %) ou un intranet (86 %) alors que les petites entreprises (de 10 à 19 salariés) ne sont que 54 % à posséder un site web, 41 % un réseau local et 27  % un intranet.

Au-delà d’une certaine taille, ces outils de communication deviennent indispensables. Aujourd’hui, une entreprise au-delà de 500 salariés dispose quasi systématiquement d’un site web ; au-delà de 700 salariés, la plupart ont mis en place un réseau local connectant un ensemble d’ordinateurs de l’entreprise ou du groupe et ont développé un intranet afin de partager les mêmes informations sur un ou plusieurs sites ; au-delà de 1000 salariés, la quasi-totalité des entreprises utilisent un extranet ou l’EDI.

Si le recours aux TIC croît nettement avec la taille, appartenir à un groupe constitue aussi un facteur important. Les groupes font bénéficier leurs filiales d’importants moyens financiers et informatiques pour s’équiper, notamment en réseaux internes. Partie intégrante de leur système d’information, ces outils leur permettent de suivre l’activité des filiales. Ainsi, les petites entreprises de moins de 20 salariés qui appartiennent à un groupe ont un niveau d’équipement en TIC équivalent à celui des entreprises indépendantes de 50 à 249 salariés. De la même façon, 63 % des petites entreprises appartenant à un groupe utilisent un réseau local contre seulement 36 % des petites entreprises indépendantes.

La nature de l’activité de l’entreprise est moins discriminante dans le choix de se doter ou non de TIC. Quelle que soit la taille de l’entreprise, qu’elle appartienne ou non à un groupe, l’accès à l’internet reste moins développé dans certaines activités, même s’il a considérablement progressé depuis 2003 : c’est le cas dans le commerce de détail et les activités agro-alimentaires qui lui sont proches (charcuterie et boulangerie-pâtisserie), la construction, les services opérationnels et la restauration. À l’inverse, les activités informatiques, les activités de conseil, d’assistance et de recherche, et les activités financières, largement fondées sur l’échange et le traitement de l’information, font partie des secteurs les mieux dotés en TIC.

Pour améliorer leur organisation interne, les entreprises peuvent s’équiper de logiciels plus ou moins spécialisés : les outils d’interfaçage connectent entre elles les différentes bases de données des entreprises ; les outils de travail collaboratif (vidéoconférence, groupware...) proposent des fonctions avancées pour organiser un travail collectif à distance, tandis que les outils de modélisation et d’automatisation des processus, d’archivage ou de traitement statistique des données permettent d’optimiser l’utilisation de ces informations. Ces outils élaborés commencent à se répandre, mais ils ne sont encore présents que dans moins d’une entreprise sur cinq. Les plus avancées en la matière sont là aussi les entreprises appartenant à un groupe, les grandes entreprises et les entreprises appartenant à des secteurs tels que l’informatique, les télécommunications ou les activités financières.

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Les progiciels de gestion intégrés sont plutôt dans les grandes entreprises

Pour gagner en efficacité à tous les niveaux de fonctionnement, les entreprises cherchent à intégrer les différentes fonctionnalités des logiciels qu’elles utilisent. Les progiciels de gestion intégrés (PGI) satisfont ces besoins. Ils organisent les échanges d’informations à travers une base de données partagée répondant à des codifications standardisées de l’information. À partir de celle-ci il devient notamment possible d’automatiser des processus (de type « workflow », définitions). Par exemple, l’informatisation des achats selon ces normes permet au service comptable de déclencher automatiquement un paiement ou encore une mise en production, de mettre à jour automatiquement le stock des matières premières, voire de passer une commande pour renouveler ce stock. Le caractère très structurant des PGI pour l’organisation et leur coût très élevé en font un outil adopté prioritairement par les grandes entreprises ou celles qui appartiennent à des groupes : 56 % des  entreprises de plus de 250 salariés utilisent un PGI. Mais parmi ces dernières, beaucoup n’exploitent que partiellement ces progiciels. En effet, l’objectif d’intégration impliquerait de remplacer les autres logiciels spécialisés ; or une forte majorité des entreprises équipées d’un PGI (70 %) utilise parallèlement d’autres applications informatiques achetées sur le marché ou développées en interne.

Les petites et moyennes entreprises (10 à 249 salariés) sont peu nombreuses à avoir adopté un PGI. En revanche, elles utilisent massivement des progiciels spécialisés ou des applications maison (8 sur 10), pouvant recouvrir des fonctionnalités extrêmement variées et répondre à leurs besoins spécifiques.

Aujourd’hui, 93 % des entreprises ont mis en place au moins un type d’application informatique (PGI ou autre) ne serait-ce que dans un seul service. Les entreprises les moins équipées sont les petites structures des secteurs de l’hôtellerie ou de la restauration, du commerce de détail ou de la construction. Ces entreprises se contentent des logiciels bureautiques standards le plus souvent livrés avec les ordinateurs.

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Les EDI dominent le commerce interentreprises

Début 2006, 21 % des entreprises de 10 salariés ou plus font du commerce électronique : 7 % vendent une partie de leurs produits ou de leurs services par EDI hors internet et 16 % par internet, 2 % utilisant les deux technologies (tableau 2).

Même s’il concerne un moins grand nombre d’entreprises, le chiffre d’affaires des ventes via l’EDI, 287 milliards d’euros, est nettement plus important que celui réalisé par le biais d’internet. Sur l’année 2005, tous secteurs confondus excepté le financier, la part des ventes réalisée via l’EDI est estimée à 13 % du chiffre d’affaires global, celle par l’internet à 4 %. L’EDI permet d’automatiser les commandes et facturations entre un fournisseur et une entreprise cliente, pour des montants souvent élevés ; il peut être imposé par les plus gros clients à leurs principaux fournisseurs, comme par exemple par les centrales d’achat aux grandes entreprises agro-alimentaires. Certains secteurs se distinguent : le tiers du chiffre d’affaires des industries agro-alimentaires transite par EDI, ainsi qu’un quart de celui des industries des biens de consommation. Dans le secteur des transports, qui englobe les agences de voyages, 18 % du chiffre d’affaires est généré par EDI et 9 % par l'internet.

Sur l’année 2005, la vente par l'internet est estimée à 86 milliards d’euros, correspondant principalement à du commerce interentreprises (dit « Business to Business », ou B to B) mais aussi à du commerce électronique vers les particuliers (dit « Business to Consumer », ou B to C).

L’achat par un moyen électronique est plus répandu que la vente : 28 % des entreprises le pratiquent, 26 % déclarant acheter par l'internet et 6 % par EDI. Les transactions réalisées par EDI sont plus importantes : sur l’année 2005, tous secteurs confondus excepté le financier, les achats via l’EDI ou d’autres réseaux sont estimés à 16 % des achats globaux et ceux réalisés via internet à 5 %. Par l’EDI transiteraient 38 % des achats des secteurs du commerce de détail et 20 % des achats du commerce et de la réparation automobile. Les achats par l'internet représenteraient 13 % des achats des entreprises de commerce et de réparation automobile (tableau 2).

Tableau 2 - Les EDI encore majoritaires en termes de flux
* Artisanat commercial de charcuterie et boulangerie-pâtisserie inclus.
n. d. : non disponible - n. s. : non significatif.
Source : enquête statistique publique, COI-TIC 2006, Insee, CEE.
Les achats électroniques Les ventes électroniques
Secteurs (nomenclature NES) en % du nombre d'entreprises en % du total des achats en % du nombre d'entreprises en % du total du chiffre d'affaires
par internet par EDI par internet par EDI par internet par EDI par internet par EDI
Industries agricoles et alimentaires * 12 3 4 3 11 19 2 35
Industries des biens de consommation 29 3 6 6 23 12 8 24
Industries des biens d'équipement 27 4 10 19 18 7 5 13
Industries des biens intermédiaires 25 4 3 8 22 13 3 17
Énergie 52 6 2 10 7 5 8 3
Construction 14 n. s. 2 n. s. 7 n. s. n. s. n. s.
Commerce et réparation automobile 44 11 13 20 17 5 5 17
Commerce de gros, intermédiaires 33 9 3 17 19 15 3 17
Commerce de détail, réparations 22 16 5 38 10 3 n. s. 3
Transports 21 6 5 10 17 12 9 18
Activités financières n. d. n. d. n. d. n. d. n. d. n. d. n. d. n. d.
Activités immobilières 27 n. s. 3 n. s. 20 n. s. n. s. n. s.
Postes et télécommunications 39 7 9 11 30 12 10 16
Activités informatiques 59 4 9 3 25 7 3 2
Conseils, assistance et recherche 33 4 6 15 13 7 3 10
Services opérationnels 26 3 6 5 18 4 4 3
Hôtels et restaurants 19 5 6 7 26 2 5 n. s.
Activités audiovisuelles 39 3 4 5 11 4 4 8
Ensemble 25,5 5,6 5,3 15,9 16,0 7,3 3,9 13,1

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Encadré

Place de la France au sein de l’Europe

Tous les pays européens ont réalisé début 2006 une enquête permettant de comparer la diffusion des TIC par pays. Les entreprises françaises ont rattrapé le léger retard qu’elles avaient en termes de connexion à l’internet en 2003 : 94 % d’entre elles sont à présent connectées contre 83 % il y a trois ans. L’essor de l’accès à l'internet rapide à travers l’Europe est indéniable : la part des entreprises connectées par ce mode a quasiment doublé. La France se trouve plutôt bien positionnée dans ce domaine : en 2003, une entreprise française sur deux utilisait déjà l’accès rapide ; et aujourd’hui, 86 % utilisent ce type de connexion contre 75 % en moyenne dans l’Union européenne.

Les disparités de pénétration du commerce électronique sont toujours fortes en Europe début 2006, allant de 3 % pour les entreprises italiennes à 30 % pour celles du Royaume-Uni. Elles peuvent s’expliquer en grande partie par les différences de répartition des entreprises par taille et par secteur d’activité entre pays. Avec 18 % de commerce via l’internet ou l’EDI, sur le champ calculé par Eurostat, les entreprises françaises se situent légèrement au-dessus de la moyenne. La part du chiffre d’affaires réalisée grâce à la vente par l’internet apparaît encore relativement modeste dans l’ensemble des pays européens, en moyenne autour de 4 % (3,7 % pour la France).

Tableau - Les entreprises françaises jouent le jeu de l'internet
1. Connexions xDSL et autres connexions fixes.
Note : le champ retenu par le règlement européen est un peu plus restreint que celui de l’enquête française (sont exclus l ‘énergie et les cafés restaurants), d’où de légères différences de niveau pour les chiffres français par rapport aux données européennes.
Source : Eurostat.
en%
Part des entreprises de 10 salariés et plus Part du chiffre d'affaires réalisé via internet
connectées à internet avec accès internet à large bande1 recevant des commandes en ligne
France 94 86 18 3,7
Suède 96 89 24 n. d.
Allemagne 95 73 18 4,4
Belgique 95 84 15 2,7
Espagne 93 87 8 4,5
Italie 93 70 3 0,8
Royaume-Uni 93 77 30 5,9
Pologne 89 46 9 n. d.
UE (25 pays) 94 75 16 4,1

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Insee Première N° 1126 - mars 2007

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