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Les créations d'entreprises poursuivent leur hausse en 2006

Virginie Fabre, division Administration du répertoire Sirene et démographie des entreprises, Insee

Résumé

En 2006, les créations d'entreprises entièrement nouvelles ont crû de 4 %, après deux ans de forte hausse en 2003 et 2004 et une année de stabilité en 2005. En revanche, pour la seconde année consécutive, les reprises sont en baisse (– 5 %), de même que les réactivations (– 1 %). Globalement, le nombre de créations d'entreprises est une nouvelle fois en hausse (+ 2 % par rapport à 2005). Les créations dans les services aux entreprises, la construction et l'immobilier sont toujours très dynamiques, alors qu'elles sont en baisse, en 2006, dans la majorité des autres secteurs d'activité. Les régions les moins attractives les années précédentes ont attiré cette année un plus grand nombre de créateurs d'entreprises. Le nombre de créations de sociétés croît rapidement (+ 5 %) alors que celui des entreprises individuelles décroît légèrement. Cette tendance a débuté en 2003, si bien que le poids des créations d'entreprises individuelles dans l'ensemble des créations ne cesse de diminuer. 86,5 % des nouvelles entreprises se créent sans salarié. La création d'entreprises sans salarié est aussi un moyen de générer son propre emploi. Le nombre de chômeurs créateurs bénéficiaires de l'ACCRE ne cesse de croître (+ 13  % sur les onze premiers mois de 2006) ; il a été multiplié par 2,5 depuis 2002.

Sommaire

Publication

Création d'entreprises : + 2 % en 2006

Le nombre de créations d'entreprises dans l'industrie, la construction et le tertiaire (sources) repart à la hausse en 2006 (+ 2 %) après une année de légère baisse (graphique 1). Cette hausse conforte la bonne santé de la création d'entreprises depuis 2003. Les conditions de la création ont été assouplies notamment par la loi pour l'initiative économique du 1er août 2003, ce qui permet d'ouvrir plus largement l'accès à la création d'entreprises et semble donner naissance à une nouvelle population de créateurs. Ces derniers s'efforcent d'exploiter les avantages qui leur sont offerts : aides publiques permettant de financer le démarrage de l'activité, simplifications administratives, nouvelles facilités liées au statut de l'entreprise. Ces créateurs, qui veulent avant tout assurer leur propre emploi, choisissent en majorité les secteurs les plus dynamiques au moment de la création.

Parmi les entreprises créées en 2006, 72 % sont entièrement nouvelles, 12 % sont des reprises et 16 % des réactivations . Depuis 2004, seules les créations pures poursuivent leur croissance (graphique 2).

Graphique 1 - Nombre de créations d'entreprises par année

Graphique 1 - Nombre de créations d'entreprises  par année

Source : répertoire des entreprises et des établissements (Sirene), Insee.

Graphique 2 - Nombre de créations pures d'entreprises par année

Graphique 2 - Nombre de créations pures  d'entreprises par année

Source : répertoire des entreprises et des établissements (Sirene), Insee.

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Plus d'un million de nouvelles entreprises ces cinq dernières années

Entre le 1er janvier et le 31 décembre 2006, 1 050 000 nouvelles entreprises se sont créées.

Les créations pures augmentent de 4 % en 2006. Le record atteint en 2005 de 225 000 nouvelles entreprises est dépassé avec 233 000 créations en 2006 ; ce nombre était constant autour de 170 000 par an de 1993 à 2002.

Les secteurs d'activité qui comptent le plus de créations nouvelles sont le commerce (263 000 entreprises créées en cinq ans) et les services aux entreprises (254 000 entreprises). Entre 2002 et 2006, 175 000 entreprises ont été créées dans la construction et 48 000 dans l'hôtellerie-restauration.

Enfin, sur les cinq dernières années, 275 000 créateurs d'entreprises se sont implantés en Île-de-France, soit plus d'une entreprise sur quatre.

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De moins en moins de reprises d'entreprises

Le nombre de reprises – non compris celles qui correspondent à des cessions de parts sociales –, et de réactivations est en diminution ; il est même descendu en dessous de son niveau de 2002 (graphique 3), avant le début de la hausse des créations. De ce fait, en 2006, 28 % des créations sont des reprises ou des réactivations contre 35 % en 2002.

La baisse des créations par reprise amorcée en 2005 s'est poursuivie tout au long de l'année 2006. Les créateurs qui choisissent de reprendre une entreprise investissent souvent plus que ceux qui créent une entreprise entièrement nouvelle : 43 % des repreneurs d'entreprises investissent plus de 100 000 euros à la création contre 24 % des créateurs de nouvelles entreprises. Reprendre une entreprise existante n'est sans doute pas à la portée financière de tous.

La loi en faveur des petites et moyennes entreprises est entrée en vigueur au mois d'août 2005. Elle vise à favoriser la transmission d'entreprises, par le biais d'exonérations et plus largement par la baisse des coûts de transmission. Ses effets ne sont pas encore perceptibles, du moins dans le champ défini plus haut.

Parmi les entrepreneurs individuels qui cessent leur activité pour prendre leur retraite, seuls 45 % cherchent un repreneur. Parmi eux, 80 % parviendront à en trouver un.

Graphique 3 - Les trois séries de créations d'entreprises depuis 2001

Graphique 3 - Les trois séries de créations d'entreprises depuis 2001

Source : répertoire des entreprises et des établissements (Sirene), Insee.

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Les créations dans l'immobilier ne cessent d'augmenter

La forte augmentation des créations dans les trois secteurs des services aux entreprises, de la construction et de l'immobilier en 2006 (graphique 4) compense la baisse dans les sept autres secteurs suivis et conduit cette année à une hausse de 2  % du total des créations. Les baisses dans les autres secteurs sont toutefois assez limitées ; la plus forte, dans l'hôtellerie-restauration, n'est que de 3 %.

Les trois secteurs cités sont très dynamiques ces quatre dernières années : l'immobilier est largement en tête (agences immobilières, promotion et transactions immobilières) ; il est suivi des services aux entreprises et de la construction. Entre 2003 et 2005, autour de 35 % de créations supplémentaires étaient enregistrées dans chacun de ces secteurs (graphique 5). Mais l'immobilier croît plus vite : le nombre de nouvelles entreprises dans ce secteur a augmenté de 50 % depuis 2002. Au final, ces trois secteurs sont à l'origine de 70 % de l'accroissement du nombre de créations d'entreprises entre 2002 et 2006.

Les entreprises créées dans l'immobilier sont pour 52 % d'entre elles des agences immobilières et pour 26 % des entreprises exerçant des activités de promotion immobilière ou de transactions sur biens immobiliers propres. Le nombre de créations dans ces deux catégories a augmenté respectivement de 35 % et de 55 % entre 2002 et 2006. La vente de biens immobiliers, qu'elle soit pour un compte propre ou pour celui d'un tiers, est devenue très lucrative en raison de la forte hausse des prix.

Graphique 4 - Évolution des créations d'entreprises par secteur entre 2005 et 2006

Graphique 4 - Évolution des créations d'entreprises par secteur entre 2005 et 2006

Source : répertoire des entreprises et des établissements (Sirene), Insee.

Graphique 5 - Évolution des créations dans les secteurs les plus dynamiques et dans l'ensemble de l'économie depuis 2001

Graphique 5 - Évolution des créations dans les secteurs les plus dynamiques  et dans l'ensemble de l'économie depuis 2001

Source : répertoire des entreprises et des établissements (Sirene), Insee.

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Les secteurs de l'innovation technologique

Le nombre de créations de nouvelles entreprises dites « innovantes » stagne alors que les créations de nouvelles entreprises augmentent globalement. Ainsi, en 2006, 5,0 % des nouvelles créations d'entreprises sont des créations dites « innovantes », contre 5,1 % en 2005. Seul le secteur des services informatiques (développement et réalisation de nouveaux logiciels, études de configurations informatiques) a progressé en 2006 : + 2,2 %. Les autres secteurs, composés des secteurs producteurs et approvisionneurs de technologie, sont en baisse. Pourtant, en 2006 de nouvelles aides étaient proposées aux créateurs qui lançaient leur activité dans un secteur de l'innovation technologique, secteur faisant partie de l'un des quinze secteurs identifiés comme stratégiques par l'État.

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Renouvellement du tissu productif : des inégalités sectorielles …

Plus d'une entreprise sur quatre se crée dans le commerce, dont 70 % dans le commerce de détail (alimentation, habillement, bricolage). En 2006, les créations baissent dans tous les secteurs du commerce. Pourtant, le nombre d'entreprises créées en 2006 atteint un niveau qui reste favorable au renouvellement du tissu productif dans ce secteur. En effet, le taux de créations dans le commerce est de 12,5 %, ce qui le situe, en 2006, au-dessus de la moyenne de l'ensemble des secteurs de l'économie (12 %).

L'industrie perd elle aussi un peu de vitesse en termes de créations (industries hors agroalimentaires : – 2,7 % et industries agroalimentaires : – 2,4 % par rapport à 2005).

Carte 1 - Taux de création d'entreprises par région en 2006

Carte 1 - Taux de création d'entreprises par région en 2006

Source : répertoire des entreprises et des établissements (Sirene), Insee.

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… et des disparités régionales

En 2006, le nombre de créations d'entreprises augmente dans toutes les régions de France métropolitaine, à l'exception de la Franche-Comté (– 2,3 % par rapport à 2005) et de la Provence - Alpes - Côte d'Azur (– 0,4 %).

Quatre régions (Île-de-France, Rhône - Alpes, Provence - Alpes - Côte d'Azur, Languedoc-Roussillon) concentrent à elles seules plus de la moitié des créations d'entreprises en France métropolitaine. Cette proportion diminue toutefois légèrement en 2006 : elle est de 49 % contre 51 % les années précédentes.

Les disparités régionales tendent à se réduire. Les régions dont le taux de créations est le plus faible en 2006 sont celles où l'évolution annuelle est la plus forte : Limousin, Auvergne, Bourgogne, Champagne-Ardenne et Basse-Normandie (carte).

Des aides sont prévues pour les entreprises implantées dans l'une des zones dites zones franches urbaines (ZFU). Dans ces zones classées ZFU, les micros et petites entreprises nouvellement créées ou implantées depuis le 1er janvier 2006 peuvent bénéficier d'exonérations des charges sociales patronales, des impôts sur les bénéfices, de la taxe professionnelle et de la taxe foncière. Ces aides pourraient à l'avenir avoir une influence sur la répartition géographique des entreprises créées.

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Les créateurs privilégient la forme juridique de société

La proportion de sociétés est en constante progression depuis 2003. En 2006, 53 % des créations d'entreprises se font sous forme d'entreprises individuelles, et 47 % sous forme de sociétés. En 2002, on comptait 60 % de créations d'entreprises individuelles et 40 % de sociétés.

Comme en 2005, les créations de sociétés augmentent (+ 5,1 % par rapport à 2005) alors que les créations d'entreprises individuelles sont en baisse (– 1,1 %). Les récents dispositifs pour favoriser la création de sociétés ont sans doute contribué à ce changement. La création de société sous forme de société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) et de SARL unipersonnelle , le pendant de la création d'entreprise individuelle, offre des avantages en termes de fiscalité et de protection du patrimoine de l'entrepreneur.

En 2006, 36 % des entreprises individuelles ont été créées par des femmes. Le nombre d'entreprises individuelles créées par des femmes est en augmentation (+ 0,7 % par rapport à 2005), alors que le nombre d'entreprises créées par des hommes diminue (– 2,4 %). Depuis août 2006, les aides accordées aux demandeurs d'emplois pour créer une entreprise ont été étendues aux femmes qui avaient cessé leur activité pour élever leurs enfants.

Les femmes et les hommes créent en proportion autant d'entreprises individuelles dans le commerce et l'immobilier. En revanche, 2 % seulement des femmes créent une entreprise dans la construction contre 24 % des hommes, mais elles sont 28 % dans les services aux particuliers contre 15 % d'hommes.

Les femmes créent leur entreprise moins jeunes que les hommes : parmi les créateurs de moins de 30 ans, seulement 33 % sont des femmes.

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86,5 % des entreprises se créent sans salarié

En 2006, 86,5 % des créations de nouvelles entreprises ne génèrent qu'un seul emploi, celui de l'entrepreneur.

Quelques mois après la création, les entreprises toujours en activité emploient en moyenne 1,9 personne (en comptant l'emploi du créateur). Trois ans plus tard, les entreprises qui perdurent emploient en moyenne 2,5 personnes. Au total, plus de 87 % de l'emploi créé initialement subsiste trois ans plus tard.

Durant les onze premiers mois de l'année 2006, 74 144 créateurs d'entreprises ont bénéficié de l'aide aux chômeurs créateurs et repreneurs d'entreprises (ACCRE,définitions). Cette aide a été accordée à 2,5 fois plus de créateurs qu'en 2002. Depuis 2006, elle a également été étendue à tous les entrepreneurs dont le revenu, avant la création, était inférieur au Smic.

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Insee Première N° 1120 - janvier 2007

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