Aller au contenu

Aller au menu principal

Liens transversaux haut

Enquêtes annuelles de recensement de 2004 à 2006

Les départements du Sud et du littoral atlantique gagnants au jeu des migrations internes

Arnaud Degorre, direction régionale du Nord - Pas-de-Calais, Patrick Redor, département de l’Action régionale, Insee

Résumé

Les écarts se creusent entre les départements de la façade atlantique et du Sud, dont les populations sont en forte croissance, et ceux du Centre et du Nord-Est, où les populations stagnent voire diminuent pour quelques-uns. Depuis 1999, plus encore que durant la décennie précédente, les migrations internes accentuent ces disparités départementales. Le cycle de vie des ménages rythme les migrations urbaines et explique le dynamisme démographique des espaces ruraux et périurbains.

Sommaire

Encadré

Publication

Forte attractivité des départements du sud et de la façade atlantique

Selon les résultats des premières enquêtes annuelles de recensement (2004, 2005, 2006) (encadré), la croissance démographique parmi les régions de France métropolitaine est la plus forte en Corse, Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon (carte 1 et tableau 1). Ces quatre régions combinent un excédent des naissances sur les décès (solde naturel) plus faible que la moyenne nationale avec un très fort excédent migratoire. La population croît également de façon dynamique dans les autres régions de la façade atlantique (Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes), dans le Sud-Est (Provence - Alpes - Côte d’Azur, Rhône-Alpes), ainsi qu’en Alsace. Ces régions, hors Poitou-Charentes, cumulent un solde naturel et un excédent migratoire élevés entre 1999 et 2006. .

Les évolutions au niveau départemental (encadré) confirment, en les accentuant, les disparités et les tropismes Ouest et Sud que le niveau régional met en évidence (carte 2 et tableau 2). Notamment, dans les régions les plus dynamiques de la façade atlantique (Pays de la Loire, Poitou-Charentes et Aquitaine), la croissance de la population se concentre dans les départements littoraux. En Île-de-France et, plus largement, dans l’espace du Grand Bassin parisien, l’augmentation de la population n’est pas homogène : Hauts-de-Seine et Seine-et-Marne se distinguent par une croissance démographique plus forte, qui contraste avec les évolutions beaucoup plus modérées de départements situés sur le pourtour Nord et Est comme la Somme, l’Aisne ou la Marne.

Sur l’ensemble de la métropole, la croissance de la population est supérieure à 1,4 % par an en moyenne entre 1999 et 2005 dans 10 départements : Haute-Garonne, Alpes-de-Haute-Provence, Hérault, Gard, Landes, Vendée, Aude, Haute- Savoie, Ain, Hautes-Alpes. La Haute-Garonne, qui bénéficie de la forte attractivité exercée par la métropole toulousaine, culmine à 1,7 %. À l’opposé, la population baisse de 0,1 % ou plus par an dans cinq départements, dont deux situés en Champagne-Ardenne (Ardennes, Haute-Marne), les autres dans le centre du pays (Allier, Creuse, Nièvre).

Plus encore que pour le niveau régional, le solde migratoire est la raison principale de ces écarts. Les départements où la contribution du solde naturel est la plus forte se concentrent dans un quart Nord-Ouest et sur une frange Est du territoire (carte 3). À l’opposé, dans une vaste zone couvrant un large sud-ouest et une grande partie du centre du territoire, les décès sont supérieurs aux naissances. Seuls trois départements font exception dans cette zone : Haute-Garonne, Tarn-et-Garonne et Gironde. Sans surprise, les départements d’Île-de-France se placent dans la tranche où le solde naturel est le plus élevé ; pour la Seine-Saint-Denis en particulier, la variation de la population due au solde naturel culmine à 1,2 %.

Carte 1 - Taux d'évolution annuel moyen 1999-2006 de la population par région (en %)

Carte 1 - Taux d'évolution annuel moyen 1999-2006 de la population par région (en %)

Source : Insee, recensement de 1999, estimations de population au 1er janvier 2006.

Carte 2 - Taux d'évolution annuel moyen 1999-2005 de la population par département (en %)

Carte 2 - Taux d'évolution annuel moyen 1999-2005 de la population par département (en %)

Source : Insee, recensement de 1999, estimations de population au 1er janvier 2005.

Carte 3 - Taux d'évolution annuel moyen 1999-2005 de la population par département dû au solde naturel (en %)

Carte 3 - Taux d'évolution annuel moyen 1999-2005 de la population par département dû au solde naturel (en %)

Source : Insee, recensement de 1999, état-civil, estimations de population au 1er janvier 2005.

Tableau 1 - Évolution de la population par région de 1999 à 2006
1. Le solde apparent des entrées-sorties est calculé comme la différence entre la variation de population et le solde naturel.
Source : Insee, recensement de 1999, état civil, estimations de population au 1er janvier 2006.
Estimations de population au 1er janvier 2005 révisées (en milliers) Estimations de population au 1er janvier 2006 (en milliers) Taux de variation annuel moyen 1999-2006 (en %)
Total Dû au solde naturel Dû au solde apparent des entrées et des sorties1
Alsace 1 806 1 817 0,68 0,47 0,21
Aquitaine 3 080 3 099 0,92 0,07 0,85
Auvergne 1 331 1 334 0,26 – 0,06 0,32
Basse-Normandie 1 446 1 449 0,27 0,26 0,01
Bourgogne 1 623 1 624 0,12 0,03 0,09
Bretagne 3 062 3 081 0,85 0,21 0,64
Centre 2 497 2 505 0,38 0,21 0,17
Champagne-Ardenne 1 338 1 339 – 0,05 0,29 – 0,34
Corse 277 279 0,99 0,01 0,97
Franche-Comté 1 142 1 146 0,37 0,37 0,00
Haute-Normandie 1 806 1 811 0,24 0,43 – 0,18
Île-de-France 11 399 11 491 0,70 0,89 – 0,19
Languedoc-Roussillon 2 497 2 520 1,36 0,12 1,24
Limousin 724 725 0,28 – 0,31 0,58
Lorraine 2 334 2 339 0,17 0,27 – 0,10
Midi-Pyrénées 2 735 2 755 1,11 0,12 1,00
Nord - Pas-de-Calais 4 032 4 043 0,16 0,49 – 0,33
Pays de la Loire 3 401 3 426 0,89 0,44 0,45
Picardie 1 881 1 886 0,22 0,44 – 0,22
Poitou-Charentes 1 705 1 713 0,62 0,03 0,59
Provence-Alpes-Côte d'Azur 4 751 4 781 0,86 0,22 0,64
Rhône-Alpes 5 958 6 005 0,90 0,52 0,38
Métropole 60 825 61 167 0,64 0,39 0,25
Guadeloupe 444 447 0,84 1,07 – 0,23
Guyane 198 202 3,78 2,75 1,03
Martinique 396 399 0,67 0,73 – 0,07
Réunion 775 784 1,55 1,41 0,14
Métropole et Dom 62 638 62 999 0,66 0,42 0,24
Tableau 2 - Évolution de la population par département de 1999 à 2005
1. Le solde apparent des entrées-sorties est calculé comme la différence entre la variation de population et le solde naturel.
Source : Insee, recensement de 1999, état-civil, estimations de population au 1er janvier 2005.
Estimations de population au 1er janvier 2005 (en milliers) Variation relative annuelle 1999-2005 (en %)
Totale Due au solde naturel Due au solde apparent des entrées et des sorties1
Ain 559 1,4 0,5 0,9
Aisne 536 0,0 0,3 – 0,3
Allier 342 – 0,1 – 0,3 0,1
Alpes-de-Haute-Provence 153 1,6 0,0 1,6
Hautes-Alpes 132 1,4 0,2 1,2
Alpes-Maritimes 1 064 0,9 0,0 0,9
Ardèche 302 0,9 0,1 0,9
Ardennes 287 – 0,2 0,3 – 0,5
Ariège 146 1,1 – 0,3 1,4
Aube 298 0,3 0,2 0,1
Aude 337 1,4 – 0,1 1,5
Aveyron 271 0,5 – 0,2 0,7
Bouches-du-Rhône 1 906 0,6 0,4 0,3
Calvados 664 0,4 0,4 0,0
Cantal 151 0,0 – 0,3 0,3
Charente 344 0,2 – 0,1 0,3
Charente-Maritime 593 1,1 – 0,1 1,1
Cher 315 0,0 – 0,1 0,1
Corrèze 237 0,3 – 0,3 0,7
Côte-d’Or 513 0,2 0,3 – 0,1
Côtes-d’Armor 567 0,7 0,0 0,8
Creuse 123 – 0,2 – 0,8 0,6
Dordogne 401 0,6 – 0,4 0,9
Doubs 513 0,5 0,5 – 0,1
Drôme 463 0,9 0,3 0,6
Eure 562 0,7 0,4 0,2
Eure-et-Loir 417 0,4 0,4 0,0
Finistère 877 0,5 0,1 0,4
Corse-du-Sud 128 1,3 0,0 1,3
Haute-Corse 149 0,8 0,0 0,8
Gard 678 1,4 0,2 1,3
Haute-Garonne 1 156 1,7 0,5 1,2
Gers 180 0,7 – 0,3 1,0
Gironde 1 376 1,1 0,3 0,8
Hérault 982 1,6 0,3 1,3
Ille-et-Vilaine 930 1,2 0,5 0,6
Indre 232 0,0 – 0,3 0,3
Indre-et-Loire 569 0,5 0,3 0,2
Isère 1 162 1,0 0,6 0,4
Jura 255 0,3 0,2 0,1
Landes 357 1,4 – 0,1 1,5
Loir-et-Cher 322 0,4 0,0 0,3
Loire 732 0,1 0,2 – 0,2
Haute-Loire 217 0,6 0,0 0,6
Loire-Atlantique 1 209 1,1 0,5 0,5
Loiret 641 0,6 0,4 0,2
Lot 168 0,8 – 0,3 1,1
Lot-et-Garonne 318 0,7 – 0,1 0,8
Lozère 77 0,8 – 0,2 1,0
Maine-et-Loire 755 0,5 0,5 0,0
Manche 489 0,2 0,2 0,1
Marne 565 0,0 0,4 – 0,4
Haute-Marne 187 – 0,7 0,1 – 0,8
Mayenne 298 0,7 0,4 0,3
Meurthe-et-Moselle 722 0,2 0,3 – 0,1
Meuse 193 0,0 0,2 – 0,1
Morbihan 689 1,1 0,1 1,0
Moselle 1 037 0,2 0,3 – 0,1
Nièvre 222 – 0,3 – 0,4 0,1
Nord 2 576 0,1 0,6 – 0,4
Oise 786 0,4 0,6 – 0,2
Orne 293 0,0 0,1 – 0,1
Pas-de-Calais 1 456 0,2 0,4 – 0,2
Puy-de-Dôme 621 0,5 0,1 0,4
Pyrénées-Atlantiques 628 0,8 0,0 0,8
Hautes-Pyrénées 230 0,5 – 0,2 0,7
Pyrénées-Orientales 422 1,2 – 0,1 1,3
Bas-Rhin 1 070 0,7 0,5 0,2
Haut-Rhin 736 0,6 0,4 0,2
Rhône 1 654 0,8 0,7 0,1
Haute-Saône 234 0,3 0,2 0,1
Saône-et-Loire 546 0,0 0,0 0,1
Sarthe 552 0,7 0,3 0,4
Savoie 400 1,2 0,4 0,8
Haute-Savoie 686 1,4 0,7 0,8
Paris 2 154 0,2 0,7 – 0,5
Seine-Maritime 1 243 0,1 0,4 – 0,4
Seine-et-Marne 1 260 0,9 0,8 0,2
Yvelines 1 395 0,5 0,8 – 0,3
Deux-Sèvres 352 0,4 0,1 0,2
Somme 559 0,1 0,3 – 0,2
Tarn 363 0,9 – 0,1 1,0
Tarn-et-Garonne 221 1,2 0,1 1,1
Var 967 1,3 0,1 1,2
Vaucluse 529 1,0 0,3 0,6
Vendée 587 1,4 0,2 1,2
Vienne 416 0,7 0,2 0,6
Haute-Vienne 364 0,5 – 0,1 0,6
Vosges 383 0,1 0,1 – 0,1
Yonne 341 0,4 – 0,1 0,5
Territoire de Belfort 140 0,3 0,5 – 0,2
Essonne 1 188 0,8 0,9 – 0,1
Hauts-de-Seine 1 517 1,0 1,0 0,0
Seine-Saint-Denis 1 459 0,9 1,2 – 0,3
Val-de-Marne 1 279 0,7 0,9 – 0,2
Val-d’Oise 1 148 0,6 0,9 – 0,3
Métropole 60 825 0,65 0,39 0,26

Retour au sommaire

Les migrations augmentent mais sans changer d’orientation

Comme l’ensemble de la mobilité résidentielle, les migrations interrégionales se sont accrues depuis 1999 par rapport à la décennie antérieure : en moyenne, chaque année, 1,9 % des personnes ont changé de région sur les dernières années, contre 1,6 % entre 1990 et 1999 (Insee Première n° 1028). Les flux interrégionaux restent cependant conformes aux grandes tendances de la décennie précédente, que l’accélération de la mobilité résidentielle a accentuées mais sans les modifier profondément.

Les soldes migratoires internes à la métropole opposent ainsi, pour la période 1999-2005 comme pour la période 1990-1999, les régions du Sud et de l’Ouest à celles du Nord et du Nord-Est. Les premières restent les plus attractives, tandis que c’est l’inverse pour celles du Nord, de la Basse- Normandie à la Franche-Comté. L’Île-de-France, qui rassemble 40 % des flux migratoires, demeure un pôle d’attraction pour les jeunes adultes. Cependant, les familles et les retraités la quittent et se dirigent vers les régions proches du Bassin parisien ou vers celles de l’Ouest et du Sud du pays.

La participation d'un département aux échanges migratoires de sa région dépend de deux facteurs principaux : son dynamisme économique, propice au brassage des populations et bien souvent lié à la présence d’une grande métropole ; sa situation géographique, selon qu'il est enclavé ou contigu aux autres régions, et notamment à l’Île-de-France (Baccaïni 2001). Depuis 1999, la position des départements dans le jeu des migrations interrégionales a changé par rapport à la décennie précédente (cartes 4 et 5). L’attractivité des départements situés les plus à l’ouest et au sud du pays s’est renforcée. Elle est par contre moindre pour les départements situés au pourtour du Bassin parisien (Yonne, Loiret, Eure, Oise), en raison de la réduction du solde des migrations avec l’Île-de- France, dont ils sont proches.

Carte 4 - Solde des migrations interrégionales par département Taux annuels moyens 1990-1999

Carte 4 - Solde des migrations interrégionales par département Taux annuels moyens 1990-1999

Note : les taux de migrations nettes sont calculés sur la base des seuls flux interrégionaux. Les flux départementaux internes à une région ne sont donc pas pris en compte.

Champ : personnes âgées de cinq ans ou plus, communes recensées en 2004 et 2005.

Source : recensement de 1999.

Carte 5 - Solde des migrations interrégionales par département Taux annuels moyens durant les cinq années précédant le 1er juillet 2004

Carte 5 - Solde des migrations interrégionales par département Taux annuels moyens durant les cinq années précédant le 1er juillet 2004

Note : les taux de migrations nettes sont calculés sur la base des seuls flux interrégionaux. Les flux départementaux internes à une région ne sont donc pas pris en compte.

Champ : personnes âgées de cinq ans ou plus, communes recensées en 2004 et 2005.

Source : enquêtes annuelles de recensement de 2004 et 2005.

Retour au sommaire

Les ménages s’installent de plus en plus hors des pôles urbains

À l’échelle des communes, les évolutions de population correspondent généralement à l’attractivité du territoire dans lequel elles s’inscrivent. L’essor dont ont bénéficié les métropoles les plus proches est un des éléments clés pour appréhender les différentes dynamiques démographiques. Outre ces facteurs locaux, les évolutions relatives de population sont liées à la place qu’occupe la commune au sein de son territoire.

Le zonage de l’espace en aires urbaines (ZAU) avait mis en évidence, entre 1990 et 1999, des progressions de population maximales à l’immédiate périphérie des pôles urbains, dans les communes monopolarisées où le taux de croissance s’élevait à + 1 % en moyenne par an. Depuis, les gains de population se sont étendus plus loin des villes centrales (Insee Première n° 1058). Le rythme de croissance de la population s’est particulièrement accéléré dans les communes multipolarisées où il est désormais le plus élevé (+ 1,2 % l’an) et dans les communes de l’espace à dominante rurale (+ 0,7 % l’an). Ces gains de population sont à relier aux migrations résidentielles. Dans l’ensemble des communes polarisées (communes mono ou multipolarisées), les flux migratoires internes se traduisent par un apport net, depuis 1999, de + 124 personnes par an pour 10 000 habitants, légèrement plus soutenu qu’il ne l’était sur la précédente décennie (+ 115 personnes) (tableau 3). L’effet positif des migrations résidentielles s’est également renforcé dans les communes de l’espace à dominante rurale, dont le solde migratoire a doublé : il atteint désormais + 88 personnes par an pour 10 000 habitants, contre + 47 personnes par an au cours de la décennie précédente.

Ce solde est le résultat d’un renforcement des échanges migratoires. Depuis 1999, le taux d’entrées dans les communes polarisées a crû de 44 points et atteint + 456 personnes pour 10 000 habitants. Le taux de sorties a de même augmenté de 35 points et s’élève à + 331 personnes pour 10 000 habitants. La même accélération des flux s’observe dans les espaces à dominante rurale.

Contrepartie de cette dynamique, pour les pôles urbains les pertes nettes de population résultant des flux résidentiels avec les autres types d’espace se sont également accentuées. Elles atteignent – 72 personnes par an pour 10 000 habitants, contre – 54 entre 1990 et 1999. Le taux d’entrée vers les pôles urbains a faiblement progressé (+ 141 personnes pour 10 000 habitants) alors que le taux de sortie s’est accru de 28 points (+ 213 personnes pour 10 000 habitants).

Tableau 3 - Taux annuels de migration interne nette entre les différents types d’espace
Lecture : au cours des cinq années précédant le 1er juillet 2004, le taux annuel de migration interne nette des pôles urbains était avec les communes polarisées de – 52 personnes pour 10 000 habitants des pôles urbains, et avec les espaces à dominante rurale de – 20 personnes pour 10 000 habitants des pôles urbains . Le taux annuel de migration interne nette des pôles urbains avec les autres types d'espace était ainsi de – 72 personnes pour 10 000 habitants des pôles urbains.
Champ : personnes des ménages âgées de 5 ans ou plus, communes recensées en 2004 et 2005.
Source : Insee, recensement de 1999, enquêtes annuelles de recensement 2004 et 2005.
personnes par an pour 10 000 habitants
  Espace d’origine
Pôles urbains Communes polarisées Espace à dominante rurale Ensemble des entrants
Entre 1990 et 1999
Espace d’arrivée Pôles urbains //  – 43 – 12 – 54
Communes polarisées 122 // – 7 115
Espace à dominante rurale 39 8 // 47
Au cours des cinq années précédant le 1 er juillet 2004
Espace d’arrivée Pôles urbains // – 52 – 20 – 72
Communes polarisées 143 // – 19 124
Espace à dominante rurale 65 23 // 88

Retour au sommaire

Les migrations résidentielles suivent le cycle de vie des ménages

À ces migrations correspondent différentes phases du cycle de vie des ménages. Les plus jeunes quittent, pour se former ou trouver un premier emploi, les espaces périurbains ou ruraux en direction des pôles urbains, dont le solde migratoire est ainsi positif pour la tranche d’âge des 15-29 ans (+ 58 personnes pour 10 000 habitants par an). Le mouvement s’inverse pour les âges plus élevés, lorsque l’arrivée d’un enfant conduit à rechercher des logements plus spacieux : le gain migratoire est maximal pour les tranches d’âge 30-59 ans pour les communes polarisées (+ 221 personnes pour 10 000 habitants par an) comme pour les communes de l'espace à dominante rurale (+ 156). Il en est de même pour les 5-14 ans (+ 236 et + 158 personnes pour 10 000 habitants par an). Plus tard dans le cycle de vie, les ménages deviennent moins mobiles. L’espace à dominante rurale bénéficie toutefois de l’arrivée de personnes âgées de plus de 60 ans. Celles-ci viennent en majorité des pôles urbains et recherchent un cadre de vie favorable pour leur retraite.

À chacun de ces âges, les espaces à la périphérie des pôles urbains ont vu leur solde migratoire interne s’améliorer sur la période récente. C’est en particulier le cas des espaces à dominante rurale. Le départ des plus jeunes vers les villes centrales est ainsi moins marqué depuis 1999 qu’il ne l’a été auparavant : la perte correspondant à la tranche d’âge des 15-29 ans est de – 134 personnes pour 10 000 habitants par an, contre – 206 sur la précédente décennie. À l’inverse, l’arrivée des ménages avec des enfants s’est accélérée : le gain correspondant à la tranche d’âge des 30-59 ans pour les espaces à dominante rurale est passé de + 106 personnes pour 10 000 habitants par an entre 1990 et 1999, à + 156 personnes depuis 1999.

Les départs croissants des pôles urbains reflètent les contraintes foncières accrues dans les villes, où les coûts pour se loger ont rapidement augmenté au cours des dernières années (Insee Première n° 1082). Ces départs se font majoritairement vers les communes polarisées (tableau 3), où ils contribuent à une accélération des prix immobiliers. Conséquence de cette généralisation de la pression foncière, les ménages quittant les centres urbains directement pour les espaces à dominante rurale sont plus fréquents. Les gains nets de population des espaces à dominante rurale avec les pôles urbains ont presque doublé depuis la période 1990-1999, passant de + 39 personnes à + 65 personnes pour 10 000 habitants. Ils se sont également renforcés avec les communes polarisées, atteignant aujourd’hui + 23 personnes pour 10 000 habitants.

Résultat de ces migrations « en cascade », les communes situées à plus de 10 kilomètres des pôles urbains ont globalement enregistré une amélioration de leur solde migratoire (graphique 1), la hausse étant la plus soutenue pour les communes entre 20 à 30 kilomètres du centre des pôles urbains (+ 95 personnes par an pour 10 000 habitants). Après une dynamique d’agrégation au cours des années 1980 et 1990, où se sont renforcés les liens entre les pôles urbains et leur immédiate périphérie (Insee Première n° 765), l’étalement urbain des dernières années traduit une dynamique de diffusion, où les ménages, en quête d’un logement à des prix abordables, habitent toujours plus loin des pôles urbains et de leur lieu de travail.

Graphique 1 - Taux annuels de migration interne nette en fonction de la distance aux centres des aires urbaines (pour 10 000 hab.)

Graphique 1 - Taux annuels de migration interne nette en fonction de la distance aux centres des aires urbaines (pour 10 000 hab.)

Champ : personnes des ménages âgées de 5 ans ou plus, communes polarisées et communes de l'espace à dominante rurale recensées en 2004 et 2005.

Source : Insee, recensement de 1999 , enquêtes annuelles de recensement de 2004 et 2005.

Retour au sommaire

Encadré

De nouvelles estimations de populations départementales

Les estimations régionales de population que l’Insee publie depuis janvier 2005 tiennent compte des résultats des enquêtes annuelles de recensement ainsi que des estimations basées sur le recensement de 1999 et mises à jour chaque année à partir des données d'état civil et de plusieurs sources administratives. Pour la première fois cette année, les populations des départements ont pu être estimées selon une méthode similaire à celles des régions, grâce au cumul des trois enquêtes 2004, 2005 et 2006. De nouvelles séries départementales pour les années 2000 à 2005 viennent donc se substituer à celles qui ont été actualisées par l’Insee pour la dernière fois en janvier 2006.

La méthode ne permet cependant pas d’obtenir, à la différence des régions, une estimation fiable au 1er janvier 2006. Un décalage d'un an demeure par conséquent entre les estimations régionales et départementales les plus récentes.

Retour au sommaire

Insee Première N° 1116 - janvier 2007

Téléchargement

Liens

Insee Première : Présentation de la collection et liste des numéros parus