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L’écart d’âge entre conjoints s’est réduit

Mélanie Vanderschelden, division Enquêtes et études démographiques, Insee

Résumé

L’écart d’âge entre conjoints passe de 2,8 ans en moyenne pour les unions formées dans les années cinquante à 2,3 ans pour celles formées dans les années quatre-vingt-dix. En 1999, dans trois couples sur dix, les deux conjoints ont « le même âge » : ils sont nés la même année ou deux années consécutives. Dans six couples sur dix, l’homme est plus âgé que sa conjointe. Le cas où la femme est la plus âgée concerne seulement un couple sur dix. Pour une femme, se mettre en couple jeune augmente les chances que son conjoint soit nettement plus âgé qu’elle. À âges de fin d’études et de mise en couple donnés, les femmes n’étant pas encore entrées dans la vie active se mettent davantage en couple avec un homme bien plus âgé. À l’inverse, autant pour les hommes que pour les femmes, l’écart d’âge est d’autant plus faible que le niveau d’études est élevé. Les inactives sont celles qui ont le plus de chances d’avoir un conjoint dont l’âge est bien plus élevé que le leur. De même, les femmes de nationalité étrangère présentent avec leurs conjoints des écarts d’âge plus élevés que les femmes françaises : 4,4 années contre 2,7. Suite à une rupture d’union, les hommes et les femmes qui se remettent en couple et ont déjà des enfants ont plus souvent des conjoints plus âgés.

Sommaire

Publication

Les hommes plus âgés que leur conjointe dans six couples sur dix

En 1999, les hommes en couple ont en moyenne 2,6 ans de plus que leur conjointe. L’écart d’âge entre conjoints est rarement très élevé, surtout si c’est la femme qui est la plus âgée ( graphique 1). Dans seulement sept couples sur cent, l’homme a dix ans de plus que la femme ou davantage. Et une fois sur cent, c’est la femme qui est dans ce cas.

Graphique 1 - Répartition des couples selon l'écart d'âge entre conjoints

Graphique 1 - Répartition des couples selon l'écart d'âge entre conjoints

1. L'homme est né la même année que sa conjointe, l'année précédente ou l'année suivante (Définitions). Champ : personnes de 18 ans ou plus en 1999, vivant en ménages ordinaires, et ayant déjà vécu en couple. Lecture : dans 5,1 % des couples, l'homme a 6 ans de plus que sa conjointe.

Source : Insee, Enquête sur l'étude de l'histoire familiale de 1999.

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Les écarts importants progressent

La situation dans laquelle l’homme est plus âgé que sa conjointe reste dominante, mais elle régresse. Dans 62 % des unions formées dans les années cinquante, l’homme est plus âgé que sa conjointe, contre 54 % de celles formées dans les années quatre-vingt-dix (graphique 2). Inversement, les couples dans lesquels la femme est la plus âgée sont un peu plus fréquents (11 % dans les années cinquante, 16 % dans les années quatre- vingt-dix). Dans le même temps, la proportion de couples composés de deux personnes du même âge a légèrement progressé, passant de 27 % à 30 %. Qu’ils soient en faveur de l’homme ou de la femme, les écarts d’âge importants sont eux aussi en progression. Ainsi, l’écart est d’au moins 10 ans pour 14 % des couples formés dans les années quatre-vingt-dix dans lesquels l’homme est le plus âgé, contre 8 % seulement de ceux formés dans les années cinquante.

Graphique 2 - Répartition des couples selon que l'homme est plus jeune, plus âgé ou de même âge que sa conjointe et selon l'année de mise en couple

Graphique 2 - Répartition des couples selon que l'homme est plus jeune, plus âgé ou de même âge que sa conjointe et selon l'année de mise en couple

1. L'homme est né la même année que sa conjointe, l'année précédente ou l'année suivante (Définitions). Champ : personnes de 18 ans ou plus en 1999, vivant en ménages ordinaires, et ayant déjà vécu en couple. Lecture : dans 9,4 % des couples formés dans les années 1940, l'homme est plus jeune que sa conjointe.

Source : Insee, Enquête sur l'étude de l'histoire familiale de 1999.

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Pour les femmes, l’écart d’âge avec le conjoint est d’autant plus important que la mise en couple est précoce

Les femmes qui se mettent en couple assez jeunes ont en général un conjoint nettement plus âgé (graphique 3). Plus les femmes se mettent en couple tardivement, plus l’écart d’âge avec leur conjoint est faible. Parmi les femmes dont c’est la première union , celles qui se sont mises en couple à 18 ans ont en moyenne 4,8 ans de moins que leur conjoint. L’écart d’âge n’est que de 1,8 an pour celles ayant débuté leur union à 25 ans. Pour celles ayant commencé leur première union après 30 ans, l’écart ne dépasse pas un an en moyenne. La proportion de femmes en couple avec un homme de leur âge croît jusqu’à l’âge de 23 ans puis décroît.

En ce qui concerne les hommes, ils se mettent souvent en couple avec une femme de leur âge lorsqu’ils forment leur première union très jeunes, avant 23 ans (graphique 3). Lorsque la mise en couple est plus tardive, l’écart d’âge est plus souvent en leur faveur : ainsi, quand l’homme s’est mis en couple à 25 ans ou après, il est plus âgé que sa conjointe dans plus des deux tiers des cas.

Graphique 3 - Répartition des femmes et des hommes ayant vécu une seule union selon leur âge à la mise en couple et selon que leur conjoint est plus jeune, plus âgé ou du même âge

Graphique 3 - Répartition des femmes et des hommes ayant vécu une seule union selon leur âge à la mise en couple et selon que leur conjoint est plus jeune, plus âgé ou du même âge

1. L'homme est né la même année que sa conjointe, l'année précédente ou l'année suivante (Définitions). Champ : personnes de 18 ans ou plus en 1999, vivant en ménages ordinaires, et ayant déjà vécu en couple.

Source : Insee, Enquête sur l'étude de l'histoire familiale de 1999.

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L’écart d’âge entre conjoints varie peu avec le rang de l’union

Après une première union rompue, les remises en union surviennent évidemment plus tardivement dans la vie. Or, les femmes sont plus proches par l’âge de leur conjoint lorsqu’elles débutent une union à un âge assez avancé. Cela explique, en partie, que lorsqu’une femme forme une nouvelle union, l’écart d’âge avec son conjoint est plus réduit : il est deux fois moins élevé que lorsqu’elle n’a vécu qu’une seule fois en couple (1,5 an contre 2,8 ans). Les écarts en faveur de la femme sont plus fréquents dans le cas des remises en couple. Les écarts élevés, en faveur de l’homme ou de la femme, le sont aussi.

En dépassant cette première approche, et en prenant en compte simultanément l’année de formation de l’union, l’âge de la femme à la mise en couple et ses caractéristiques socio-démographiques, les différences selon le rang de l’union s’atténuent pour les femmes (seulement 0,27 an de plus pour les remises en couple que pour les premières unions) (tableau). Mais l’écart d’âge au sein des couples est aussi plus dispersé autour de la moyenne. Pour les hommes, il n’y a pas de différence significative selon le rang de l’union.

tableau - Écart d'âge moyen entre conjoints : impact de facteurs socio-démographiques et des caractéristiques de l'union
*** : significatif au seuil de 1 % ; ** : significatif au seuil de 5 % ; * : significatif au seuil de 10 % ; ns : non significatif au seuil de 10 %. Champ : personnes de 18 ans ou plus en 1999, vivant en ménages ordinaires, ayant terminé leurs études, déjà vécu en couple, et commencé leur première union en 1993 ou une année antérieure. Lecture : le fait d'être marié au bout de 5 années de vie commune plutôt que de vivre encore en union libre diminue, toutes choses égales par ailleurs, l'écart d'âge de 0,12 an pour les femmes et l'augmente de 0,44 an pour les hommes.
Source : Insee, Enquête sur l'étude de l'histoire familiale de 1999.
Femmes Hommes
Situation de référence 2,69 (***) 0,19 (***)
Année de mise en couple
Années 1930 – 0,22 (***) 1,30 (***)
Années 1940 0,09 (*) 1,12 (***)
Années 1950 ns 0,89 (***)
Années 1960 – 0,24 (***) 0,90 (***)
Années 1970 – 0,51 (***) 0,94 (***)
Années 1980 – 0,15 (***) 0,45 (***)
Années 1990 Réf. Réf.
Âge à la mise en couple
18 ans ou moins 2,60 (***) – 2,00 (***)
19-21 ans 1,22 (***) – 1,25 (***)
22-24 ans Réf. Réf.
25-27 ans – 0,82 (***) 1,42 (***)
28-30 ans – 1,28 (***) 2,67 (***)
31-35 ans – 1,86 (***) 3,86 (***)
36-40 ans – 2,47 (***) 5,26 (***)
41 ans ou plus – 2,08 (***) 6,60 (***)
Rang de l'union
Première union Réf. Réf.
Autre union 0,27 (***) 0,11 (*)
Type d'union au bout de 5 ans de vie commune
Union mariée – 0,12 (***) 0,44 (***)
Union libre Réf. Réf.
Catégorie sociale
Agriculteur 1,11 (***) 0,39 (***)
Indépendant 0,30 (***) ns
Cadre, prof. intelllect. sup. 0,21 (***) – 0,29 (***)
Profession intermédiaire ns ns
Employé Réf. Réf.
Ouvrier – 0,11 (***) 0,33 (***)
Sans activité 0,61 (***) 0,74 (**)
Âge relatif de fin des études
Moins d'études que la moyenne 0,09 (***) 0,20 (***)
Autant d'études que la moyenne Réf. Réf.
Plus d'études que la moyenne ns – 0,31 (***)
Mise en couple avant ou après la fin des études
Avant la fin des études – 0,46 (***) 0,24 (***)
Après la fin des études Réf. Réf.
Mise en couple avant ou après le début de la vie active
Avant début de la vie active 0,44 (***) - 0,24 (***)
Après début de la vie active Réf. Réf.
Nationalité
Française Réf. Réf.
Étrangère 1,35 (***) 1,20 (***)
Même nationalité que le conjoint
Oui – 0,53 (***) ns
Non Réf. Réf.
Parents avant le début de l'union
Oui 0,48 (***) – 0,80 (***)
Non Réf. Réf.

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L’écart d’âge est plus élevé pour les femmes et les hommes ayant déjà eu un enfant

Lorsque des enfants sont nés d’une union antérieure, le rang de l’union a un effet plus significatif sur l’écart d’âge avec le conjoint. Ainsi, les femmes, surtout si elles sont mères, se remettent moins fréquemment en couple après une rupture. La difficulté à former une nouvelle union (Bozon, 1990) se traduit par des écarts d’âge plus importants en faveur de l’homme (tableau). De manière analogue, les hommes déjà pères se remettent en couple plus souvent que les hommes sans enfant avec une femme plus âgée plutôt que de même âge.

Entre les couples mariés et ceux vivant en union libre, les différences sont faibles. À année de début et rang de l’union et autres facteurs socio-démographiques donnés, l’écart d’âge de la femme avec son conjoint est plus faible seulement de 0,12 an lorsque le mariage a été célébré dans les cinq premières années de vie commune, par rapport aux autres unions (tableau).

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L’écart d’âge est plus marqué pour les femmes qui se mettent en couple avant d’entrer dans la vie active

Pour 16 % des femmes, la première mise en couple précède l’entrée dans la vie active. Quels que soient leurs âges à la fin des études et au début de l’union, les femmes ont dans ce cas un écart d’âge plus élevé en moyenne avec leur conjoint que celles qui se sont mises en couple après leur entrée dans la vie active. Parmi les femmes qui ont fait plus d’études que la moyenne de leur génération et qui se sont mises en couple pour la première fois à 25 ans, l’écart est de 1,7 an pour celles qui ont d’abord trouvé un emploi. Il est de 2,7 ans pour celles qui ont commencé par se mettre en couple. Les femmes qui se sont mises en couple sans avoir eu d’activité professionnelle vivent plus souvent avec un homme plus âgé plutôt que du même âge que celles qui avaient déjà travaillé. Les hommes, quant à eux, se mettent beaucoup plus rarement en couple avant de commencer à travailler (2 %). Contrairement aux femmes, ils sont alors plutôt plus proches de leur conjointe par l’âge ( tableau).

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Plus le niveau d’études s’élève, plus l’écart d’âge se réduit

Dans les premières unions, à âge à la mise en couple donné, l’écart d’âge entre conjoints n’est que légèrement plus élevé pour les femmes ayant fait moins d’études que les autres femmes de leur génération : pour celles qui se sont mises en couple à 24 ans, il atteint 2,2 ans, contre 2 ans pour celles qui ont fait autant d’études et également 2 ans pour celles qui en ont fait plus. Les différences sont nettement plus marquées pour les hommes, pour lesquels ces chiffres sont respectivement de 2,3 ans, 1,9 an et 1,1 an. Lorsqu’on tient compte des autres caractéristiques des conjoints et de l’union, le lien entre niveau d’études et écart d’âge est faible mais significatif (tableau). Pour les hommes et les femmes ayant fait le moins d’études, l’écart d’âge est nettement plus dispersé. C’est le contraire pour les hommes et les femmes ayant fait plus d’études que la moyenne : les conjoints sont souvent du même âge. Une partie d’entre eux ont fait la connaissance de leur conjoint sur le lieu de leurs études, où se fréquentent des générations dont les âges sont très proches.

Il n’est d’ailleurs pas rare qu’ils se soient mis en couple avant la fin de leurs études : c’est le cas de 17 % des hommes et de 19 % des femmes ayant fait plus d’études que la moyenne. Toutes choses égales par ailleurs, ceux qui ont commencé à vivre en couple avant d’avoir terminé leurs études ont davantage tendance à avoir un conjoint du même âge qu’eux. Ainsi, les femmes ayant formé leur union avant la fin de leurs études ont une probabilité plus faible de 23 % d’avoir un conjoint plus âgé plutôt que de même âge et une probabilité plus faible de 10 % d’avoir un conjoint plus jeune plutôt que de leur âge.

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Écarts d’âge entre conjoints : des situations différentes selon les milieux sociaux ou culturels

L’écart d’âge varie d’un groupe social à l’autre : les femmes agricultrices qui se sont mises en couple à 23 ans ont en moyenne 3 ans de moins que leur premier conjoint, contre 2,5 ans ou moins pour les autres groupes sociaux, à l’exception des femmes n’ayant jamais travaillé (3,4 ans). Toutes choses égales par ailleurs, les femmes agricultrices et les femmes inactives ont plus de chances que les employées de vivre avec un conjoint plus âgé. Elles ont également moins de chances d’avoir pour conjoint un homme plus jeune plutôt que du même âge.

Les femmes de nationalité française ont en moyenne 2,7 ans de moins que leur premier conjoint, contre 4,4 ans pour les femmes étrangères. Ce constat diffère sensiblement selon la nationalité : les femmes algériennes sont en moyenne plus jeunes que leur premier conjoint de 6,6 ans, les femmes asiatiques (autres que Laotiennes, Vietnamiennes et Cambodgiennes) de 3,7 ans et les femmes espagnoles de 2,9 ans.

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Insee Première N° 1073 - avril 2006

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