Aller au contenu

Aller au menu principal

Liens transversaux haut

En France et en zone euro, la production manufacturière reste affaiblie par la crise

Céline Rey et Élodie Pereira, division Indicateurs conjoncturels d'activité, Insee

Résumé

Entre janvier 2000 et décembre 2013, la production manufacturière française a diminué de 15 % en volume. Après une baisse importante en 2008 et 2009 due à la crise, elle a rebondi jusqu’en 2011, avant de diminuer à nouveau légèrement. En 2013, elle se stabilise mais son niveau moyen reste inférieur de 16 % à celui de 2007.

En zone euro, la crise a également frappé l’industrie, provoquant une baisse de la production de 22 % entre avril 2008 et avril 2009. Sur cette période, l’Allemagne et l’Italie ont été légèrement plus affectées que la France et l’Espagne. Fin 2013, seule l’industrie allemande retrouve son niveau de 2007.

Sommaire

Publication

La crise de 2008 a affecté la plupart des branches de l’industrie française

En France, entre janvier 2000 et décembre 2013, la production dans l'industrie manufacturière a diminué de 15 % en volume (figure 1). Cette dégradation est intervenue essentiellement entre avril 2008 et avril 2009, en pleine crise économique.

De janvier 2000 à avril 2008, la production manufacturière était restée, globalement, relativement stable (+ 2 %). Selon les branches, elle a toutefois varié de - 2,5 % dans la « fabrication d’autres produits industriels » à + 17 % dans la « fabrication d’équipements électriques, électroniques, informatiques, machines ».

Puis, de mai 2008 à avril 2009, la production manufacturière baisse fortement, conséquence de la crise économique et financière. En avril 2009, elle a ainsi diminué de 22 % en un an, soit, en moyenne, - 1,8 % par mois. Hormis les « industries agricoles et alimentaires », seulement en légère baisse, toutes les branches sont affectées. Le recul est particulièrement marqué dans la « fabrication de matériels de transport » (- 32 %), la « fabrication d’équipements électriques, électroniques, informatiques, machines » (- 31 %), et dans une moindre mesure la « fabrication d’autres produits industriels » (- 22 %). La branche « cokéfaction et raffinage », dont la production est plus fluctuante, résiste en 2008 et ne se dégrade qu’à partir de 2009.

Haut de page

En 2013, la production n’a pas retrouvé son niveau d’avant la crise

De mai 2009 à mai 2011, la production manufacturière en France rebondit (+12,5 % soit + 0,5 % en moyenne mensuelle), mais elle reste en deçà de son niveau d’avant-crise. Toutes les branches sont concernées par cette reprise à l’exception de la branche « cokéfaction et raffinage » : sa production continue à diminuer jusqu’en octobre 2010, atteignant alors son plus bas niveau depuis dix ans, avant de remonter légèrement.

Depuis mai 2011, la production manufacturière se tasse à nouveau. La légère baisse va se poursuivre pendant près de deux ans jusqu’au début 2013 (- 0,3 % par mois en moyenne de juin 2011 à mars 2013). Pendant cette période, toutes les branches sont en recul, en particulier la « fabrication d’autres produits industriels » et la « fabrication de matériels de transport ».

Au cours de l’année 2013 enfin, la production manufacturière semble se stabiliser. La « fabrication d’équipements électroniques, électriques, informatiques, machines » et la « fabrication de matériels de transport » sont en légère hausse, tandis que la « cokéfaction et raffinage », la « fabrication d’autres produits industriels » et les « industries agricoles et alimentaires » restent en baisse.

Au final, entre 2007 et 2013, le volume annuel moyen de la production manufacturière a baissé de 16 %, avec de fortes disparités selon les branches. Ainsi, dans les « matériels de transports », « l’industrie automobile » a été fortement touchée par la crise (- 35 % entre 2007 et 2013) ce qui n’a pas été le cas des « autres matériels de transport » (+ 16 %). Ce sont les bonnes performances françaises de la construction aéronautique et spatiale qui ont ainsi permis de soutenir cette industrie.

Haut de page

Dans la zone euro, l’Allemagne a mieux résisté à la crise

Entre 2000 et 2008, avant la crise, la production manufacturière de la zone euro a augmenté régulièrement. Sur cette période, c’est en Allemagne que la production est la plus dynamique, suivie par l’Espagne, l’Italie et la France (figure 2).

À partir de mai 2008, la production manufacturière baisse fortement dans la zone euro. En avril 2009, elle atteint son niveau le plus bas, après une baisse de 22 % sur un an. Tout comme en France, les productions en Allemagne et en Italie atteignent alors un point bas historique.

Par la suite, la production manufacturière de la zone euro se redresse légèrement jusqu’en 2011, en particulier en Allemagne. En Espagne elle reste stable à un niveau bas.

À partir de mai 2011 et jusqu’à la fin de 2012, la production diminue de nouveau en zone euro. La baisse est particulièrement marquée en Espagne et en Italie, avec l’aggravation de la crise des dettes souveraines, et plus modérée en France. La production allemande résiste mieux et, peu à peu, se rapproche de son niveau d’avant-crise.

En 2013, la production manufacturière baisse de 0,7 % par rapport à 2012 dans l’ensemble de la zone euro. Alors qu’elle progresse légèrement en Allemagne (+ 0,3 %), la reprise tarde à se manifester en Espagne (- 1,3 %) et en Italie (- 2,7 %). Pour autant, fin 2013, la production semble mieux orientée dans tous les pays.

La production allemande de « matériels de transport » a ainsi fortement progressé jusqu’à dépasser son niveau d’avant-crise, aussi bien dans « l’industrie automobile » que dans les « autres matériels de transport ». Dans « l’industrie automobile », avant la crise, la production allemande était moins bien orientée que celle de la France (et de la zone euro) ; depuis 2000, son évolution globale est désormais très supérieure à celle de la France et explique la bonne tenue de cette industrie dans la zone euro.

Haut de page

Bibliographie

« L'indice de la production industrielle - Sources et méthodes de la base 95 », Insee Méthodes n° 104.

Haut de page

Définitions

Zone euro : dans cette étude la zone euro correspond à celle du 31 décembre 2013, soit 17 pays (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Grèce, Slovénie, Chypre, Malte, Slovaquie et Estonie).

Haut de page

Sources

Les indices de la production industrielle sont calculés par l'Insee à partir des enquêtes mensuelles de branche réalisées par l’Insee, le SSP, le SOeS et des organismes professionnels. Les produits suivis sont situés à tous les niveaux des processus de fabrication : ils représentent ainsi au mieux l’activité de l'ensemble de l'industrie.

Données détaillées de l'indice de la production industrielle (IPI) en France dans la BDM.

Données détaillées de la production industrielle dans les pays de la zone Euro sur le site d'Eurostat.

Haut de page

Insee Focus N° 6 - juin 2014

Téléchargement

  • Données complémentaires (84 ko) : Ce fichier présente les données des tableaux et des graphiques de la publication, enrichies éventuellement par des données complémentaires

Liens

Insee Focus : Présentation de la collection et liste des numéros parus