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Plus d’une commune métropolitaine sur deux compte moins de 500 habitants

Sébastien Chéron, pôle chercheurs et offre de diffusion experts, Caroline Escapa, département de la démographie, Insee

Résumé

Sur les 36 529 communes de France métropolitaine, plus d’une sur deux compte moins de 500 habitants au 1er janvier 2013. Dans sept départements, ce sont même huit ou neuf communes sur dix. Le nombre de ces petites communes a diminué depuis cinquante ans, essentiellement parce que certaines d’entre elles ont franchi le seuil des 500 habitants. Elles rassemblent aujourd’hui 7 % de la population métropolitaine, contre 11 % en 1968.

Sommaire

Publication

Petites communes : une importance très variable selon les territoires

Au 1er janvier 2015, la France métropolitaine compte 36 529 communes. Selon les derniers chiffres officiels du recensement de la population, 54 % de ces communes comptent moins de 500 habitants au 1er janvier 2013 (sources ; figure 1). Ces 19 800 petites communes accueillent 4,5 millions d’habitants, soit 7 % de la population résidant en France métropolitaine : c’est à peu près autant que le total des cinq plus grandes villes réunies : Paris, Marseille, Lyon, Toulouse et Nice.

Les petites communes sont localisées essentiellement dans une bande traversant la France du Nord-Est au Sud-Ouest, en zone rurale ou montagneuse. Sept départements comptent au moins 80 % de communes de moins de 500 habitants : la Meuse, la Haute-Marne, la Haute-Saône et le Jura au Nord-Est, le Gers, les Hautes-Pyrénées et la Lozère au Sud-Ouest. À l’inverse, l’Ouest, les façades atlantique et méditerranéenne, ainsi que les zones frontalières non montagneuses, qui sont aussi les plus peuplées, comptent relativement peu de petites communes (figure 2).

Quant aux départements d’outre-mer, ils comptent très peu de petites communes. Sur les 129 communes de ces cinq départements, seules trois, toutes situées en Guyane, sont en deçà de ce seuil : Ouanary, Saint-Elie et Saül. Pour cette raison, la suite de l’étude porte uniquement sur la France métropolitaine.

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Des petites communes moins nombreuses qu’il y a cinquante ans…

Au cours des cinquante dernières années, le nombre total des communes de France métropolitaine a légèrement diminué, passant de 37 700 en 1968 à un peu plus de 36 500 en 2015. En revanche, le nombre de communes de moins de 500 habitants a baissé fortement, passant de 24 200 en 1968 à 19 800 en 2015. Parallèlement, le nombre de communes de 500 habitants ou plus a, lui nettement augmenté, passant de 13 500 à 16 800 (figure 3).

En 1968, 11 % de la population (5,5 millions d’habitants) résidait dans une commune de moins de 500 habitants, soit 4 points (1 million d’habitants) de plus qu’aujourd’hui. À cette époque, 17 départements comptaient plus de 80 % de petites communes, soit plus de deux fois plus qu’en 2015.

Cette réduction du nombre des petites communes s’explique par deux facteurs, pouvant agir conjointement. D’une part, à contour géographique identique, la population de certaines petites communes a augmenté jusqu’à dépasser le seuil de 500 habitants. D’autre part, des petites communes ont fusionné au sein de communes de taille plus importante. Dans la réduction du nombre de petites communes, le premier facteur a toutefois été prépondérant.

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… en raison de la croissance de leur population…

La France métropolitaine compte 4 400 petites communes de moins en 2015 qu’en 1968. Près de 3 400 ont franchi le seuil de 500 habitants sur cette période, sous l’effet de la croissance de leur population.

Dans le même temps, la population de la France métropolitaine a augmenté de 14 millions d’habitants, soit + 0,55 % par an en moyenne. Entre 2008 et 2013, elle a gagné 1,5 million d’habitants, passant de 62,1 millions d’habitants en 2008 à 63,7 millions en 2013, soit + 0,49 % par an.

En neutralisant les modifications des contours administratifs sur cette période d’une cinquantaine d’années, les évolutions démographiques sont différentes selon la taille des communes et les époques. Ainsi, dans les 19 800 communes de 2015 de moins de 500 habitants, qui comptent un total de 4,5 millions d’habitants, la population a baissé entre 1968 et 1982, reflet des derniers effets de l’exode rural. La population, de 4,3 millions d’habitants en 1968, y est ainsi tombée à 3,9 millions d’habitants en 1982. Au contraire, elle augmente depuis le début des années 1980. Le taux de croissance annuel est de 0,55 % entre 2008 et 2013, légèrement supérieur à celui observé dans les communes de 500 habitants ou plus et dans l’ensemble de la France métropolitaine (0,49 %) (figure 4).

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… mais aussi de fusions de communes

La loi Marcellin, promulguée le 16 juillet 1971, visait à encourager le rapprochement entre les communes, en permettant aux communes fusionnées de garder certaines prérogatives. Dans les années qui ont suivi l’instauration de cette loi, des fusions ont eu lieu, contribuant à diminuer le nombre de petites communes. Ainsi, 1 260 communes de moins de 500 habitants ont disparu durant la période 1971-2015, essentiellement entre 1971 et 1975, à la suite de fusions avec d’autres communes.

Ces fusions ont parfois été suivies de défusions, donnant lieu au rétablissement des communes initiales. Ainsi, entre 1971 et 2015, 220 petites communes ont été rétablies (figure 5).

Au final, ce sont donc un peu plus de 1 000 petites communes qui ont disparu définitivement lors de ces fusions.

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Sources

Cette étude porte sur les populations communales officielles, dites « populations municipales légales », issues des recensements de la population réalisés par l’Insee : celles issues des cinq derniers recensements exhaustifs réalisés en 1968, 1975, 1982, 1990 et 1999, ainsi que celles en dates de référence au 1er janvier 2008 et au 1er janvier 2013, issues des enquêtes annuelles de recensement réalisées entre 2006 et 2015.

Les dernières données concernent les populations au 1er janvier 2013 dans les limites territoriales des communes existant au 1er janvier 2015. Ces populations officielles entrent en vigueur au 1er janvier 2016. Comme chaque année depuis 2009, elles sont authentifiées par le décret N° 2015-1851 du 29 décembre 2015 et accessibles sur le site insee.fr.

L’étude est centrée sur les communes de France métropolitaine : seules trois communes des départements d’outre-mer comptent moins de 500 habitants et le recul historique jusqu’en 1968 n’est pas disponible pour ces départements. Pour Mayotte, les dernières populations officielles sont issues du recensement de la population réalisé en 2012.

Bibliographie

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Insee Focus N° 52 - décembre 2015

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