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559 300 personnes décédées en France en 2014 : moins de décès qu’en 2012 et 2013

Vanessa Bellamy et Isabelle Robert-Bobée, division Enquêtes et études démographiques, Insee

Résumé

En 2014, 559 300 personnes sont décédées en France, soit 11 000 de moins que les deux années précédentes. Le nombre de décès d’hommes est plus élevé que celui des femmes jusque vers 80 ans. Entre 20 et 29 ans, les décès concernent trois fois plus souvent les hommes que les femmes. Les décès des nouveau-nés ont été divisés par treize depuis 1950. L’allongement de la vie est net : en 1950, 32 % des décès survenaient avant 60 ans, contre 12 % aujourd’hui.

Sommaire

Publication

Le nombre de décès diminue en 2014

En 2014, 559 293 personnes sont décédées en France, soit environ 11 000 décès de moins que chacune des deux années précédentes (hors Mayotte ; figure 1). Les décès de 2012 et 2013 ont été en effet les plus élevés de ceux observés depuis le début des années 1980.

En moyenne, 1 530 personnes sont décédées chaque jour en 2014. La période estivale reste la plus clémente (1 440 personnes environ sont décédées quotidiennement de juin à août 2014) et la période hivernale la plus dure (1 600 décès par jour de janvier à mars 2014). Mais c’est la mortalité hivernale, bien plus faible que les deux dernières années, qui explique le nombre plus faible de décès de l’année 2014 : 1 760 personnes sont décédées en moyenne par jour en 2013 et 1 740 en 2012.

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Jusque vers 80 ans, des décès majoritairement masculins

Les décès sont globalement peu nombreux durant l’enfance, à l’exception de l’année qui suit la naissance (figure 2). En 2014, 2 500 nouveau-nés de l’année sont décédés avant leur premier anniversaire (1 400 décès de garçons et 1 100 décès de filles).

À chaque âge jusqu’à 83 ans, le nombre de décès masculins dépasse le nombre de décès féminins. C’est entre 20 et 29 ans que cet « excédent » des décès masculins est à son maximum, avec trois fois plus de décès d’hommes que de femmes. Entre 30 et 35 ans, on compte 2,5 décès masculins pour un décès féminin, et environ deux décès d’hommes pour un décès de femme entre 35 et 70 ans. Ce rapport diminue ensuite fortement, jusqu’à une quasi-égalité des décès de chaque sexe de 80 à 85 ans, puis il s’inverse ensuite : à 90 ans, on compte un décès d’homme pour deux décès de femmes, et ce déséquilibre s’accentue avec l’âge. Sur les 1 500 personnes qui ont atteint 100 ans courant 2014 et sont décédées cette même année, on compte près de cinq femmes pour un homme. Ce rapport atteint huit pour un parmi les décédés à 105 ans ou plus.

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Entre 1950 et 2014 : 13 fois moins de décès d’enfants de moins d’un an

La baisse des maladies infectieuses a été particulièrement importante dans les années 1950 (diffusion des antibiotiques et vaccinations). Ce repli des maladies infectieuses a bénéficié à tous les âges, avec un effet spectaculaire sur la mortalité infantile. Les décès d’enfants avant leur premier anniversaire étaient très nombreux en 1950 : 19 000 petits garçons et 13 700 petites filles nés en 1950 sont décédés durant l’année qui a suivi leur naissance (figure 3). En 1970, ces décès étaient environ 2,5 fois moins nombreux qu’en 1950 (7 700 garçons et 5 600 filles). Au début des années 1990 ont été lancées en France des campagnes de sensibilisation à la mort subite du nourrisson. Aussi, la baisse des décès d’enfants de moins d’un an s’est poursuivie à un rythme rapide, avant de ralentir dans les années 2000. En 2014, 2 500 nouveau-nés de l’année sont morts avant leur premier anniversaire, soit 13 fois moins qu’en 1950. Cette évolution reflète la baisse de la mortalité des bébés. Les naissances ont certes baissé sur la période, mais bien moins que les décès des bébés : il y a 10 % de naissances en moins en 2014 qu’en 1950, année de forte fécondité (862 300 naissances en France métropolitaine en 1950, période du baby-boom, et 781 200 en 2014).

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Décès des jeunes : toujours plus de garçons que de filles

Les décès entre 15 et 24 ans sont surtout dus à des morts violentes (accident de transports, suicide), qui touchent plus les jeunes hommes que les jeunes femmes. Les accidents de la route ont augmenté entre 1950 et 1970 et diminué à partir de 1974. Aussi, en 1970, on observe un surcroît des décès des hommes entre 17 et 24 ans plus important qu’en 1950 (figure 4). Ce surcroît masculin s’étend aux âges autour de 30 ans dans les années 1990, avec l’apparition du sida, qui a particulièrement touché les hommes à ces âges (figure 5). 7 500 hommes et 2 600 femmes de 25 à 29 ans sont décédés en 1990, soit 2,9 hommes pour une femme, contre un ratio de 2,3 hommes pour une femme en 1970. Entre 1990 et 2014, ce ratio régresse légèrement et atteint 2,7.

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En 1950, 32 % des décédés avaient moins de 60 ans contre 12 % en 2014

Les hommes comme les femmes ont bénéficié des progrès médicaux, notamment dans le domaine des maladies cardiovasculaires, ce qui a réduit la mortalité des adultes à chaque âge. Les décès ont donc lieu à un âge plus avancé aujourd’hui qu’il y a cinquante ans.

En 1950, les décès des hommes étaient les plus nombreux à 74 ans (8 100 décès) et à 78 ans pour les femmes (8 900 décès). En 2014, ce maximum est atteint à 87 ans pour les hommes (9 800 décès) et 92 ans pour les femmes (14 200 décès).

La part des décès avant 60 ans a fortement diminué : 32 % des décédés en 1950 avaient moins de 60 ans (37 % pour les décès masculins et 27 % pour les décès féminins), contre 12 % en 2014 (16 % pour les décès masculins et 8 % pour les décès féminins). La baisse a été forte entre 1950 et 1970 et plus modérée de 1970 à 1990. La diminution de la part des décès avant 60 ans a repris un rythme plus rapide de 1990 à 2014 pour les hommes. La baisse de la mortalité des nouveau-nés entre 1950 et 2014 a fortement contribué à cette évolution. En 1950, 6 % des décédés étaient des nouveau-nés, contre 0,5 % en 2014. Près de 3 % des décédés en 1950 avaient entre 15 et 29 ans contre moins de 1 % en 2014. La baisse des décès avant 60 ans s’explique donc par la réduction de la mortalité infantile, la baisse de la mortalité des jeunes et les progrès médicaux ayant permis de reculer l’âge au décès vers les très grands âges.

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Sources

Les statistiques d’état civil sur les décès sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee. Le code civil oblige en effet à déclarer tout événement relatif à l'état civil (naissances, mariages, décès, reconnaissances) à un officier d'état civil dans des délais prescrits. Ces informations sont ensuite transmises à l'Insee par les mairies. L'Insee s'assure de l'exhaustivité et de la qualité des données avant de produire les fichiers statistiques d'état civil.

Les données incluent Mayotte à partir de 2014.

Bibliographie

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Insee Focus N° 36 - octobre 2015

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  • Données complémentaires (178 ko) : Ce fichier présente les données des tableaux et des graphiques de la publication, enrichies éventuellement par des données complémentaires

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