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2,1 enfants par femme pour les générations nées entre 1947 et 1963

Isabelle Robert-Bobée, division Enquêtes et études démographiques, Insee

Résumé

Avec 2,7 enfants par femme en moyenne, la génération des femmes nées en 1928 a été la plus féconde du XXe siècle. Depuis, ce nombre moyen d'enfants a diminué avant de se stabiliser autour de 2,1 enfants par femme pour les générations 1947 à 1963. En parallèle, l'âge auquel elles ont eu leurs enfants a crû : de 26,1 ans pour la génération de 1947 à 28,3 ans pour la génération de 1963.

La tendance est globalement identique pour les hommes à celle observée pour les femmes, avec un décalage entre les générations féminines et masculines, dû principalement aux écarts d'âge entre conjoints.

Sommaire

Publication

La descendance finale se maintient à 2,1 enfants par femme

La descendance finale des femmes est le nombre moyen d'enfants qu'elles ont mis au monde au cours de leur vie féconde (15 à 50 ans). Elle a été la plus élevée pour les femmes nées en 1928, avec en moyenne 2,7 enfants (figure 1). Ces dernières ont vécu l'essentiel de leur vie féconde durant le baby-boom, années pendant lesquelles les taux de fécondité ont été particulièrement élevés : elles avaient 18 ans en 1946 et 37 ans à sa fin en 1964. Les femmes nées après 1928 ont eu moins d'enfants, jusqu'à 2,1 enfants par femme pour la génération née en 1947. Ce nombre s'est stabilisé à ce niveau pour les générations suivantes. Il baisse légèrement pour les femmes nées entre 1960 et 1963. Cette dernière génération, qui a atteint 50 ans en 2013, a eu sur l'ensemble de sa vie 2,07 enfants.

Globalement, la descendance finale s'est donc maintenue autour de 2,1 enfants par femme pour les générations nées entre 1947 et 1963. L'observation du début de la fécondité des générations suivantes laisse penser qu'elle diminuera à 2,0 enfants par femme pour les générations 1964 à 1973, avant de remonter. Plus précisément, si la hausse des taux de fécondité aux âges élevés se poursuit au même rythme qu'au cours des dix dernières années, les femmes nées en 1973 auront 2,0 enfants en moyenne et celles nées en 1979 en auront 2,09.

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L'âge à la maternité augmente régulièrement

Entre les générations nées en 1913 et celles nées en 1946, l'âge auquel les femmes ont donné naissance à leurs enfants (tous rangs confondus) a baissé, passant de 28,7 ans à 26,0 ans (figure 2). En effet, pendant les années du baby-boom, de 1946 à 1964, ces femmes ont eu leurs enfants en moyenne à des âges jeunes. Puis, après la fin du baby-boom, elles ont mis au monde moins d'enfants, ce qui a mécaniquement diminué l'âge moyen à l'accouchement de ces générations. A partir des années 1970, le comportement de fécondité a changé, avec le recul de l'âge des mères au premier enfant. Ainsi, à partir de la génération 1947, l'âge moyen à l'arrivée des enfants a crû régulièrement.

Les femmes de la génération 1928, la plus féconde, ont eu leurs enfants en moyenne à 27,5 ans. Elles avaient déjà eu, en moyenne, 1,1 enfant à 25 ans (figure 3) et avaient constitué alors 42 % de leur descendance. La fécondité aux âges jeunes mais aussi aux âges élevés était forte (figure 4) : la génération de 1928 a constitué 13 % de sa descendance après 34 ans (0,3 enfant en moyenne). Les femmes de la génération 1947 ont eu moins d'enfants que celles de la génération 1928 : 2,1 enfants contre 2,7. Cela est dû à la diminution de leur fécondité aux âges élevés mais non aux jeunes âges : comme les femmes de la génération 1928, les femmes nées en 1947 avaient déjà eu, à 25 ans, 1,1 enfant en moyenne mais elles avaient constitué la moitié de leur descendance. Après 34 ans, elles ont eu en moyenne 0,2 enfant, soit 8 % de leur descendance finale. De ce fait, l'âge moyen à la maternité est plus faible (26,1 ans).

Les femmes nées en 1963 ont eu à peu près autant d'enfants que celles nées en 1947, mais ils sont arrivés plus tard. Leur fécondité s'est déplacée vers les âges plus élevés : à 25 ans, elles n'avaient eu que 0,7 enfant et constitué qu'un tiers de leur descendance. À 34 ans ou après, elles ont eu 0,3 enfant en moyenne, soit 15 % de leur descendance finale. L'âge moyen à la maternité s'est donc accru (28,3 ans).

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La descendance finale des hommes se rapproche de celle des femmes

Les hommes nés en 1922 ont été les plus féconds, avec 2,6 enfants par homme (figure 1). Pour une génération donnée, la descendance finale des hommes diffère de celle des femmes, notamment du fait des écarts d'âge entre conjoints. Par exemple, les hommes nés en 1910 ont eu autant d'enfants que les femmes nées en 1913.

Pour les générations 1925 à 1945, la descendance des hommes est inférieure à celle des femmes, bien au-delà de ce que l'on peut attendre compte tenu des écarts d'âge entre conjoints. Cela s'explique par la légère sous estimation de la descendance des hommes liée à l'immigration (F. Daguet, 2007). Les arrivées en France comprenaient essentiellement des hommes seuls. Ces derniers étaient comptés dans les effectifs de population à chaque âge, mais ne donnaient pas naissance à des enfants en France ; ceci diminue mécaniquement l'estimation des taux de fécondité des hommes par âge et de leur descendance finale.

La descendance finale des hommes a ensuite rejoint celles des femmes : les hommes nés entre 1946 et 1953 ont eu en moyenne 2,1 enfants. La génération 1953 a 60 ans en 2013 et est la dernière à avoir terminé sa vie féconde, considérée dans cette étude comme se situant entre 18 et 60 ans.

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L'âge moyen des pères, plus élevé, suit des évolutions proches de celui des mères

Du fait des écarts d'âge entre conjoints, l'âge moyen à la paternité (tous rangs de naissance confondus) est supérieur à l'âge à la maternité pour toutes les générations (figure 2). Globalement, il a suivi les mêmes évolutions que l'âge moyen des mères. Pour les hommes nés entre 1914 et 1922, il a baissé rapidement, de 31,9 ans à 30,8 ans, puis à un rythme plus ralenti jusqu'aux générations nées au milieu des années 1940 (29,4 ans). Cette baisse est liée au baby-boom, comme pour les femmes. Par la suite, l'âge à la paternité a augmenté. Les hommes nés en 1953 avaient en moyenne 30,1 ans à la naissance de leurs enfants.

La fécondité des hommes est moins concentrée sur certains âges que celle des femmes (figure 4). Comme pour les femmes, en revanche, le poids de la paternité tardive dans la descendance a baissé avec la diminution de la fréquence des familles très nombreuses, avant d'augmenter avec le recul de l'âge à la parentalité. La part de la descendance finale constituée après 34 ans est passée de 26 % pour les hommes nés en 1922 à 18 % pour les hommes nés en 1938, puis est remontée à 22 % pour la génération 1953.

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Sources

Cette étude s'appuie sur les statistiques d'état civil et les estimations de population des années 1915 à 2013.

Définitions

La descendance finale est le nombre moyen d'enfants nés vivants, mis au monde par une génération donnée de femmes ou d'hommes tout au long de leur vie féconde. En pratique, c'est la somme des taux de fécondité par âge d'une génération résidant en France métropolitaine. Le taux de fécondité à un âge donné est le nombre d'enfants nés vivants en France métropolitaine de femmes ou d'hommes de cet âge pour cette génération, rapporté à la population des femmes ou des hommes de cet âge pour cette génération résidant en France métropolitaine. La descendance finale diffère de l'indicateur conjoncturel de fécondité (ICF), qui mesure le nombre d'enfants qu'aurait une femme ou un homme tout au long de sa vie, si les taux de fécondité observés l'année considérée à chaque âge demeuraient inchangés. La descendance finale, contrairement à l'ICF, représente donc le nombre d'enfants d'une génération réelle de femmes ou d'hommes. Dans cette étude, la période féconde est prise entre 15 et 50 ans pour les femmes et entre 18 et 60 ans pour les hommes.

Bibliographie

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Insee Focus N° 25 - avril 2015

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