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Enquête Revenus fiscaux et sociaux 2007 et séries longues

Revenu disponible, niveau de vie et pauvreté monétaire en 2007

Résumé

En 2007, la moitié des habitants de la métropole ont un niveau de vie annuel inférieur à 18 170 euros. Par rapport à 2006, ce niveau de vie a progressé de 2,1 % en euros constants. Les 10 % les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 10 010 euros annuels et les 10 % les plus aisés ont un niveau de vie d'au moins 33 900 euros annuels. Les personnes pauvres représentent 13,4 % de la population en 2007 ; leur niveau de vie est inférieur à 908 euros par mois, ce qui correspond à 60 % du niveau de vie médian. Il y a 1,9 million de personnes en emploi qui sont dans cette situation. La pauvreté touche un peu plus de 30 % des familles monoparentales essentiellement constituées d'une mère et de ses enfants.

L'analyse ci-dessous est un extrait du chapitre « Revenus » de la partie « Vue d'ensemble » de France Portrait Social 2009.

Sommaire

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Publication

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Le niveau de vie médian est de 18 170 euros par an en 2007

En 2007, selon l'enquête Revenus fiscaux et sociaux (ERFS), la moitié des personnes vivant dans un ménage ordinaire de France métropolitaine ont un niveau de vie inférieur à 18 170 euros par an, soit 1 510 euros par mois (figure 4). Ce niveau de vie médian est en hausse de 2,1 % en euros constants par rapport à 2006. Le niveau de vie annuel moyen s'établit à 21 080 euros en 2007. Par construction, tous les membres d'un même ménage ont le même niveau de vie. Il correspond au revenu disponible 2 du ménage divisé par le nombre d'unités de consommation 3 de celui-ci.

4. Niveau de vie annuel en euros 2007 et indicateurs d'inégalité de 1996 à 2007
en euros de 2007

1996 1999 2002
2002 * 2005
2005 * 2006 2007
* La série comporte deux ruptures : la première en 2002 correspond au passage à l'enquête Emploi en continu ; la seconde en 2005 correspond à la prise en compte des transferts sociaux réels (prestations familiales, prestations logement et minima sociaux) et à une meilleure couverture des revenus du patrimoine.
Lecture : En 2007, les 10 % les plus modestes de la population ont un niveau de vie inférieur ou égal à 10 010 euros (D1), le niveau de vie des 10 % les plus aisés est supérieur à 33 900 euros (D9). Les 20 % les plus pauvres ont 9 % de la masse des niveaux de vie (S20). Les 20 % les plus aisés ont 38,2 % de la masse des niveaux de vie (S80). L'indice de Gini permet de mesurer le degré d'inégalité de la distribution des revenus pour une population donnée. Il varie entre 0 et 1, la valeur 0 correspondant à l'égalité parfaite (tout le monde a le même revenu), la valeur 1 à l'inégalité extrême (une personne a tout le revenu, les autres n'ayant rien).
Champ : personnes vivant en France métropolitaine dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
Sources : Insee-DGI, enquêtes Revenus fiscaux 1996 à 2005 ; Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2005 à 2007.
D1 (euros) 8 110 8 740 9 320
9 430 9 600
9 680 9 820 10 010
D5 (niveau
de vie médian
en euros)
14 860 15 450 16 470 16 600 16 860 17 530 17 790 18 170
D9 (euros) 27 180 28 200 29 790 30 250 30 290 32 440 33 460 33 900
D9/D1 3,35 3,23 3,20 3,21 3,16 3,35 3,41 3,39
D9/D5 1,83 1,83 1,81 1,82 1,80 1,85 1,88 1,87
D5/D1 1,83 1,77 1,77 1,76 1,76 1,81 1,81 1,82
S20 (en %) 9,2 9,5 9,6 9,6 9,6 9,1 9,0 9,0
S50 (en %) 31,6 31,8 32,0 31,9 31,9 31,0 30,7 30,7
S80 (en %) 63,5 63,4 63,5 63,3 63,3 62,1 61,6 61,8
Indice de Gini 0,271 0,269 0,267 0,269 0,269 0,286 0,291 0,289

En 2007, les 10 % des personnes les plus modestes de la population ont un niveau de vie inférieur à 10 010 euros annuels (décile D1), en hausse de 1,9 % sur un an. Le niveau de vie annuel des 10 % des personnes les plus aisées est supérieur à 33 900 euros (décile D9). Ce dernier décile augmente également en 2007 mais à un rythme un peu moins élevé (+ 1,3 %). Le rapport entre le niveau de vie plancher des 10 % les plus aisés et le niveau de vie plafond des 10 % les plus modestes - le rapport interdécile (D9/D1) - s'élève à 3,4 ; il est stable depuis 2005. Les 20 % des personnes les plus aisées détiennent 38,2 % de la masse des niveaux de vie, soit 4,2 fois celle détenue par les 20 % des personnes les plus modestes.

En 2007, l'indice de Gini, qui permet de mesurer le degré d'inégalité de la distribution des niveaux de vie, vaut près de 0,29. Le fait qu'il a peu évolué depuis 2005 traduit une stabilité globale de la concentration des niveaux de vie sur la période. Mais cela ne donne aucune indication sur les évolutions plus fines des inégalités au sein des différentes catégories de population. Ce type d'indicateur, synthétique, est relativement structurel par nature et évolue peu d'une année sur l'autre.

Le revenu disponible des 10 % des personnes les plus modestes se compose de 37 % de transferts sociaux en 2007 (figure 5) : d'une part les personnes les plus modestes bénéficient en moyenne de montants de prestations plus élevés que le reste de la population, d'autre part leurs autres revenus étant faibles, les montants de prestations qu'ils perçoivent représentent mécaniquement une part importante de leur revenu disponible total. Ainsi, la part des prestations sociales dans le revenu disponible des ménages diminue avec le décile de niveau de vie tandis que celle des revenus d'activité (salaires, revenus d'activité indépendante etc.) augmente. Les impôts représentent quant à eux 20,3 % du revenu disponible des 10 % des personnes les plus aisées. Pour cette dernière catégorie, ils constituaient 21,3 % du revenu disponible en 2005. Cette tendance à la baisse résulte pour l'essentiel de la baisse de l'impôt sur le revenu. Elle concerne tous les autres déciles mais dans des proportions moindres.

5. Décomposition du revenu disponible par décile de niveau de vie en 2007

5. Décomposition du revenu disponible par décile de niveau de vie en 2007

Lecture : pour les personnes qui appartiennent au 1er décile de niveau de vie, le revenu disponible se décompose en moyenne en 64 % de revenus d'activités, 37 % de prestations sociales et − 1 % d'impôts.

Champ : personnes vivant en France métropolitaine dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.

Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2007.

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En 2007 : 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté

Le taux de pauvreté monétaire est défini comme la proportion de personnes ayant un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté. Ce seuil est calculé par rapport à la médiane de la distribution des niveaux de vie. Les seuils traditionnellement retenus par l'Insee et l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (Onpes) sont fixés à 60 % ou à 50 % du niveau de vie médian, le seuil à 60 % étant privilégié en France et en Europe.

Le taux de pauvreté au seuil de 60 % de la médiane est de 13,4 % en 2007, soit 8 millions de personnes (figure 6). Ce seuil de pauvreté correspond à un niveau de vie inférieur à 908 euros par mois. À titre de comparaison, au 1er janvier 2007, le plafond du RMI pour une personne seule est de 455 euros par mois et de 682 euros par mois pour une personne seule avec un enfant ou un couple sans enfant. En 2007, parmi les personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté, la moitié a un niveau de vie inférieur à 743 euros mensuels. Le taux de pauvreté s'élevait à 13,1 % un an plus tôt, mais la hausse (+ 0,3 point) n'est pas statistiquement significative compte tenu de l'incertitude (de l'ordre de +/− 0,5 point) qui pèse sur la mesure du taux de pauvreté par une enquête par sondage. De ce fait, les évolutions d'une année à l'autre doivent être interprétées avec prudence.

Le revenu disponible des personnes vivant sous le seuil de pauvreté se compose de près d'un tiers de prestations sociales contre 3,6 % pour le reste de la population (cf. supra : les prestations sociales représentent mécaniquement une part importante du revenu des personnes pauvres). Les prestations familiales et les allocations logement constituent près des trois quarts de ces transferts. Le niveau d'imposition directe des personnes pauvres est faible puisqu'il représente 1,3 % de leur revenu disponible contre 10,8 % pour les personnes dont le niveau de vie est supérieur au seuil de pauvreté.

La pauvreté monétaire mesurée précédemment est relative dans le sens où elle s'appuie sur un seuil entièrement dépendant de la distribution des niveaux de vie de l'année considérée. Une approche de la pauvreté monétaire absolue nécessiterait de définir un revenu minimum en deçà duquel il ne serait pas décemment possible de vivre. On ne s'essaiera pas à cet exercice ici, compte tenu des nombreuses hypothèses normatives qu'il nécessite et qui devraient faire au moins l'objet d'un consensus social. On peut alors s'intéresser à une notion semi-relative, la pauvreté avec un seuil ancré dans le temps, c'est à dire un seuil fixé simplement corrigé de l'évolution de l'indice des prix. Cette méthode permet de mesurer l'amélioration « absolue » des revenus des personnes pauvres entre deux années considérées, indépendamment de l'évolution de la répartition des revenus.


6. Indicateurs de pauvreté de 1996 à 2007

1996 1999
2002 2002 * 2005
2005 * 2006 2007
* La série comporte deux ruptures : la première en 2002 correspond au passage à l'enquête Emploi en continu ; la seconde en 2005 correspond à la prise en compte des transferts sociaux réels (prestations familiales, prestations logement et minima sociaux) et à une meilleure couverture des revenus du patrimoine.
Lecture : En 2007, 13,4 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (taux de pauvreté). Par rapport à 2006, l'évolution du taux de pauvreté (+ 0,3 point) ne peut pas être considérée comme significative, compte tenu de la marge d'incertitude qui affecte ce taux (+/− 0,5point). La moitié des personnes pauvres a un niveau de vie inférieur à 743 euros par mois, soit un écart de 18,2 % au seuil de pauvreté. Cet écart représente l'intensité de la pauvreté.
Champ : personnes vivant en France métropolitaine dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
Sources : Insee-DGI, enquêtes Revenus fiscaux 1996 à 2005 ; Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2005 à 2007.
Seuil à 60 % de la médiane
Taux (en %) 13,5 12,3
12,2 12,0 12,1
13,1 13,1 13,4
Seuil (en euros de 2007,
par mois)
743 772 824 830 843 876 890 908
Niveau de vie médian
des personnes pauvres
(en euros de 2007,
par mois)
607 639 690 695 690 711 729 743
Nombre de personnes pauvres (en milliers) 7 628 7 065 7 147 6 976 7 136 7 766 7 828 8 034
Intensité de pauvreté
(en %)
18,3 17,2 16,2 16,3 18,2 18,8 18,0 18,2
Seuil à 50 % de la médiane
Taux (en %) 7,2 6,4
6,0 5,9 6,3
7,2 7,0 7,2
Seuil (en euros de 2007,
par mois)
619 644 686 692 702 730 741 757
Niveau de vie médian
des personnes pauvres
(en euros de 2007,
par mois)
508 552 587 595 596 602 612 628
Nombre de personnes pauvres (en milliers) 4 089 3 641 3 493 3 431 3 733 4 270 4 188 4 281
Intensité de pauvreté
(en %)
17,8 14,3 14,0 14,0 15,2 17,5 17,4 17,0

Ainsi chaque année t, on peut par exemple mesurer le taux de pauvreté ancré dans le temps t-1, c'est-à-dire la part des personnes vivant l'année t sous le seuil de pauvreté de l'année précédente, corrigé de l'inflation entre les années t et t-1 : cela revient à évaluer chaque année un taux de pauvreté dans les conditions de l'année précédente. Ainsi, en 2006, le seuil de pauvreté à 60 % de la médiane vaut 876 euros par mois et le taux de pauvreté correspondant est de 13,1 % ; si l'on conservait le seuil de 2006 (en euros constants, soit 890 euros de 2007), la proportion de personnes pauvres dans la population serait de 12,5 % en 2007 (taux ancré t-1). Selon le taux de pauvreté ancré dans le temps t-1, la proportion de personnes pauvres aux conditions de l'année précédente a donc diminué entre 2006 et 2007. Dans une autre approche de la pauvreté ancrée dans le temps, au lieu de prendre le seuil de l'année précédente, on fixe le seuil de pauvreté monétaire relatif une année donnée, par exemple 2005, et on analyse pour l'année t la proportion de personnes dont le niveau de vie est inférieur à ce seuil, corrigé de l'évolution de l'indice des prix entre l'année t et 2005. Cela revient à évaluer chaque année le taux de pauvreté dans les conditions de 2005. Au regard de cette approche, les taux ancrés dans le temps 2005 ont diminué entre 2005 et 2007 passant de 13,1 % en 2005 à 12,6 % en 2006, puis 11,8 % en 2007.

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Avoir un emploi protège de la pauvreté, mais n'élimine pas le risque de pauvreté

Le niveau de vie moyen des actifs au sens du Bureau international du travail (BIT), qui comprend les personnes ayant un emploi et les chômeurs, s'élève à 22 470 euros par an en 2007 (figure 7). Il est ainsi supérieur de 9,4 % à celui des inactifs. Le niveau de vie moyen des retraités est de 21 540 euros, niveau plus faible que celui des actifs. Les retraites sont plus faibles que les salaires, mais la détention d'un patrimoine plus élevé chez les plus âgés génère des revenus qui compensent en partie cet écart. Le nombre d'unités de consommation des ménages retraités, inférieur à celui des ménages actifs, réduit également les écarts de revenus disponibles entre les deux types de ménage. Les enfants et les étudiants vivant chez leur parent ont en moyenne un niveau de vie plus faible que les actifs. D'un point de vue monétaire, un enfant constitue une charge financière alors qu'il ne contribue pas directement aux ressources du ménage. Même s'il ouvre droit à un certain nombre de prestations et à des barèmes particuliers (allocations logement, impôts,...), les montants et avantages procurés ne compensent généralement pas son coût ici estimé à partir de l'échelle d'équivalence (0,3 ou 0,5 unité de consommation selon que l'enfant a moins ou plus de 14 ans).

Selon la position vis-à-vis du marché du travail au sens du BIT, les situations ne sont pas homogènes. Au sein des actifs, si le rapport interdécile (D9/D1) est de 3,1 pour les personnes en emploi, il est de 3,5 pour les chômeurs. En effet, les 10 % des chômeurs les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 6 930 euros par an et les 10 % les plus aisés ont un niveau de vie supérieur à 24 100 euros par an, notamment en raison de la présence d'autres apporteurs de ressources au sein de leur ménage. Les différences de niveau de vie sont également marquées chez les inactifs : le rapport interdécile varie de 3,2 pour les retraités à 4,0 pour les étudiants.

7. Niveau de vie annuel moyen des individus et indicateurs d'inégalité en 2007
en euros de 2007

1er décile (D1) 9e décile (D9) Ensemble Rapport interdécile
(D9/D1)
Lecture : D1 désigne la limite du décile inférieur du niveau de vie des individus, D9 celle du décile supérieur. Les 10 % les plus modestes de la population ont un niveau de vie inférieur ou égal à D1, le niveau de vie des 10 % les plus aisés est supérieur à D9.
Champ : personnes vivant en France métropolitaine dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2007.
Actifs de 18 ans ou plus 10 920 35 490 22 470 3,3
Actifs occupés 11 710 36 160 23 100 3,1
Chômeurs 6 930 24 100 14 740 3,5
Inactifs de 18 ans ou plus 9 750 33 880 20 540 3,5
Étudiants 8 690 34 780 20 490 4,0
Retraités 10 960 34 620 21 540 3,2
Autres inactifs 7 590 29 450 17 680 3,9
Enfants de moins de 18 ans 9 200 30 240 19 000 3,3
Ensemble 10 010 33 900 21 080 3,4

En 2007, 9,9 % des personnes actives ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté alors que 15,3 % des inactifs sont dans cette situation. Parmi les actifs, le risque d'être pauvre est 4,7 fois moins élevé pour ceux qui ont un emploi que pour les chômeurs. Avec un taux de pauvreté de 36,4 %, les chômeurs sont les plus touchés par la pauvreté monétaire. Toutefois, occuper un emploi ne met pas à l'abri de la pauvreté : 1,9 million de personnes en emploi vivent en-dessous du seuil de pauvreté (soit 72,2 % des actifs pauvres). Par ailleurs, 2,4 millions d'enfants appartiennent à un ménage pauvre ; ces enfants représentent 29,9 % de la population pauvre contre 22,4 % de l'ensemble de la population.

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Les familles monoparentales restent les plus exposées au risque de pauvreté

En 2007, les personnes vivant en couple sans enfant disposent du niveau de vie annuel moyen le plus élevé (25 020 euros). Les célibataires et personnes seules ont un niveau de vie moyen plus faible que celles en couple ; elles ne bénéficient pas de l'économie d'échelle procurée par la présence d'un second adulte ainsi que du revenu que celui-ci est susceptible d'apporter. Ainsi, une personne seule, dont le revenu disponible s'élève à 19 430 euros, a un niveau de vie de 19 430 euros. En revanche, si cette même personne vit avec un conjoint percevant un salaire équivalent, le revenu disponible du ménage est alors deux fois plus important, et leur niveau de vie est alors 33 % plus élevé par l'effet des unités de consommation. Cet effet est encore plus marqué pour les familles monoparentales au sein desquelles la charge financière des enfants repose sur une seule personne. À partir de deux enfants dans le ménage, les niveaux de vie des personnes sont nettement plus bas : 21 040 euros pour celles qui vivent en couple avec deux enfants et 18 420 euros pour celles qui vivent en couple avec trois enfants ou plus. Les familles monoparentales ont un niveau de vie moyen inférieur de 26,7 % au niveau de vie moyen de l'ensemble de la population, soit 5 620 euros annuels, et ce, en dépit des droits supplémentaires et des allocations spécifiques qui leur sont attribués.

Les familles monoparentales, le plus souvent constituées d'une mère et de ses enfants, sont ainsi les plus touchées par la pauvreté : plus de 1,6 million de personnes vivant dans ces familles sont pauvres. Plus de 30 % des personnes vivant au sein d'une famille monoparentale sont ainsi confrontées à la pauvreté, soit une proportion 2,3 fois plus importante que dans l'ensemble de la population (figure 8). De façon générale, le taux de pauvreté augmente avec le nombre d'enfants présents au sein du ménage. À l'inverse, ce sont les couples sans enfant qui sont les moins touchés par la pauvreté : 6,7 % d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté en 2007.

8. Pauvreté selon la configuration familiale

2005 2006 2007

Taux
de
pau-
vreté
(%)
Nombre
de per-
sonnes pauvres (en
milliers)
Inten-
sité de la pau-
vreté (%)
Taux
de
pau-
vreté
(%)
Nombre
de per-
sonnes pauvres (en
milliers)
Inten-
sité de la pau-
vreté (%)
Taux
de
pau-
vreté
(%)
Nombre
de per-
sonnes pauvres (en
milliers)
Inten-
sité de la pau-
vreté (%)
Champ : personnes vivant en France métropolitaine dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2005 à 2007.
Personne
seule
16,5 1 361 20,5 16,4 1 388 20,5 16,5 1 432 21,1
Famille
monoparentale
29,7 1 456 21,0 30,0 1 584 20,6 30,2 1 614 21,7
Couple
sans enfant
6,9 966 14,8 6,4 911 13,1 6,7 963 13,7
Couple
avec un enfant
8,4 762 19,9 8,2 717 20,1 9,0 812 18,4
Couple
avec deux enfants
9,0 1 165 17,1 9,1 1 184 16,9 9,4 1 180 17,4
Couple
avec trois enfants ou plus
20,5 1 612 18,2 20,0 1 540 17,2 20,7 1 584 15,1
Ménages
complexes
19,3 444 20,0 22,2 504 22,5 19,9 449 24,7

L'intensité de la pauvreté rend compte de la distance entre le niveau de vie médian de la population pauvre et le seuil de pauvreté. Cette distance est supérieure à 21 % pour les personnes seules et les familles monoparentales. Pour ces deux configurations familiales, la moitié des personnes pauvres a un niveau de vie inférieur à 720 euros mensuels. Ce sont les couples sans enfant qui ont l'intensité de la pauvreté la moins élevée (13,7 %). Ainsi, les familles monoparentales sont non seulement les plus fréquemment touchées par la pauvreté mais le sont aussi plus intensément que les autres familles.

L'effet du système de redistribution selon la composition familiale s'apprécie en calculant le taux de pauvreté avant transferts, c'est-à-dire avant le versement des prestations sociales et le prélèvement des impôts. En 2007, quelle que soit la composition du ménage, le taux de pauvreté baisse suite à la prise en compte de la redistribution. Ce sont pour les familles monoparentales et les couples avec trois enfants ou plus que cette baisse est la plus significative avec des replis respectifs de 16,8 points et de 21,7 points. Après transferts, le taux de pauvreté des couples sans enfant diminue seulement de 3,1 points.

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Notes

1. Un ménage de deux personnes ayant un revenu deux fois supérieur à celui d'une personne vivant seule aura un meilleur niveau de vie, en raison des économies d'échelle que lui procure la vie en couple. Par conséquent, pour corriger la croissance du pouvoir d'achat de l'évolution du nombre et de la composition des ménages, ou bien pour calculer le niveau de vie d'un ménage, ce n'est pas directement le nombre de personnes du ménage qui est utilisé, mais une échelle d'équivalence. Celle-ci attribue une unité de consommation au premier adulte du ménage, 0,5 unité de consommation à toute personne supplémentaire de 14 ans ou plus, et 0,3 à tout enfant de moins de 14 ans. Cette échelle d'équivalence, dite échelle OCDE modifiée, est estimée à partir de l'analyse de la consommation des ménages.

2. Le revenu disponible du ménage est la somme de l'ensemble des revenus de ses membres, après redistribution, c'est-à-dire après prise en compte des principales prestations sociales et paiement des impôts directs.

3. voir note 1.

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N° 102 Société - novembre 2009

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