En 2004, le niveau de vie moyen mensuel des individus s'établit à 1 503 euros. La moitié des individus a un niveau de vie inférieur à 1 314 euros par mois. Les 10 % des individus les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 753 euros par mois, les 10 % des individus les plus aisés un niveau de vie supérieur à 2 363 €. La répartition des revenus est inégalitaire : les 20 % des individus aux niveaux de vie les plus faibles détiennent 9,6 % de la masse des revenus par équivalent adulte, contre 37 % pour les 20 % des individus les plus aisés.
En 2004, le seuil de pauvreté à 60 % de la médiane représente en France un niveau de vie individuel de 788 euros par mois. Le taux de pauvreté est selon ce seuil de 11,7 % en 2004, ce qui représente environ 6,9 millions de personnes.
Le niveau de vie est défini comme le revenu disponible du ménage dans lequel vit l'individu, divisé par le nombre d' unités de consommation. Pour comparer le niveau de vie, on ne peut se contenter de rapporter le revenu du ménage au nombre de personnes le composant. En effet, les besoins d'un ménage ne s'accroissent pas en stricte proportion de sa taille. Il est donc nécessaire d'utiliser une échelle d'équivalence, qui attribue un coefficient à chaque membre du ménage en fonction de ses besoins, et permet ainsi de comparer les niveaux de vie de ménages de tailles ou de compositions différentes. L'échelle utilisée ici attribue 1 unité de consommation au premier adulte du ménage, 0,5 unités de consommation pour les autres personnes de 14 ans ou plus, et 0,3 pour les enfants de moins de 14 ans. La mesure du niveau de vie présentée ici correspond à un concept microéconomique de revenu mesuré au travers de l'enquête Revenus fiscaux (encadré).
Deux approches du revenu
L'Insee publie également des données macroéconomiques relatives au revenu disponible brut (RDB) dans la Comptabilité nationale, qui font référence, mais ne sont pas directement comparables aux données microéconomiques, ni en niveau ni en évolution.
Les écarts entre les deux approches s'expliquent en premier lieu par des différences de concepts, en particulier par le fait que la mesure microéconomique de l'enquête Revenus fiscaux (ERF) rapporte le revenu au nombre de ménages ou d'unités de consommation, alors que le concept de RDB est global, de même que son équivalent en termes réels (le « pouvoir d'achat des revenus »).
Ces deux notions diffèrent également en raison du champ de la population suivie et des composantes prises en compte dans le calcul du revenu et/ou disponibles dans les sources fiscales, notamment parce que la source ERF ne couvre que partiellement les revenus du patrimoine.
Le revenu disponible du ménage prend en compte l'ensemble des ressources monétaires du ménage (revenus d'activité, revenus du patrimoine, transferts en provenance d'autres ménages et prestations sociales), nets d'impôts directs. En 2004, la moitié des ménages en France métropolitaine disposaient d'un revenu disponible inférieur à
2 050 € par mois. Pour un ménage sur dix, le revenu disponible est inférieur à 960 €, pour un ménage sur dix, il est supérieur à 4 130 €.
Le niveau de vie moyen mensuel des individus s'établit en 2004 à 1 503 euros. La moitié des individus a un niveau de vie inférieur à 1 314 euros par mois. À titre de comparaison, le montant net mensuel du SMIC en 2004 s'établit à 985 euros en moyenne sur la base d'un temps plein.
En 2004, les 10 % des individus les plus modestes (D1) ont un niveau de vie inférieur à 753 euros par mois (tableau 1). Le niveau du RMI pour une personne seule est assez largement inférieur à ce seuil (418 euros). Le minimum vieillesse est de 588 euros mensuels pour une personne seule et le montant de minimum vieillesse prévu pour un couple (1 054 euros) équivaut à un niveau de vie individuel de 702 euros.
| 2004 | |
|---|---|
| Note : S20 (resp. S50, S80) est la part des revenus par équivalent adulte détenue par les 20 % (resp. 50 %, 80 %) des individus les plus modestes. | |
| Champ : individus vivant dans des ménages en France Métropolitaine, dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante. | |
| Source : enquête Revenus fiscaux 2004, Insee-DGI. | |
| Premier décile (D1) | 753 € |
| Moyenne | 1 503 € |
| Médiane (D5) | 1 314 € |
| Neuvième décile (D9) | 2 363 € |
| Rapport interdécile (D9/D1) | 3,1 |
| S20 (en %) | 9,6 % |
| S50 (en %) | 32,0 % |
| S80 (en %) | 63,4 % |
Les 10 % d'individus les plus aisés ont un niveau de vie au moins 1,8 fois plus élevé que le niveau de vie médian. Les 10 % des individus les plus pauvres ont un niveau de vie au moins 1,7 fois plus faible que le niveau de vie médian.
La répartition des revenus est inégalitaire : les 20 % des individus aux niveaux de vie les plus faibles détiennent 9,6 % de la masse des revenus par équivalent adulte (S20), la moitié des individus les plus modestes 32 %, et les 20 % des individus les plus aisés 36,6 %. L'ampleur des inégalités est en outre un peu sous-évaluée. Les revenus du patrimoine, dont la détention se concentre chez les ménages les plus aisés, ne sont en effet pris en compte que partiellement dans l'enquête Revenus fiscaux. Pour plus d'un tiers des individus, le niveau de vie est compris entre 1 000 euros et 1 500 euros par mois. La tranche de revenu disponible qui permet de regrouper un pourcentage équivalent des ménages est quant à elle nettement plus large, comprise entre 1 000 euros et 2 000 euros par mois (figure 2).
Figure 2 : Distributions des niveaux de vie et du revenu disponible mensuel des ménages en 2004
Note : au-delà de 6 000 euros, les distributions ne sont pas représentées
Lecture : le pas de l'histogramme est de 100 euros ; la hauteur de la barre de coordonnées n en abscisse est donc égale à la proportion de revenus ou niveaux de vie compris entre n et n+ 100 euros : ainsi 5,7 % des individus ont un niveau de vie mensuel compris entre 1 500 euros et 1 600 euros et 3,6 % des ménages ont un revenu disponible compris entre 1 500 euros et 1 600 euros.
Champ : ménages (ou individus de ces ménages) vivant en France métropolitaine dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
Source : enquête Revenus fiscaux 2004, Insee-DGI.
La distribution des revenus disponibles, plus étalée vers la droite que celle des niveaux de vie, indique une répartition des ménages plus régulière dans les tranches de revenus supérieures. Ainsi, la tranche de revenu disponible comprise entre 1 100 euros et 1 200 euros par mois regroupe 4,5 % des ménages et celle comprise entre 2 400 euros et 2 500 euros compte encore près de 3 % des ménages. Par ailleurs, le nombre moyen d'unités de consommation est plus important dans les ménages bénéficiant d'un revenu disponible élevé ; il passe ainsi de 1,1 pour les ménages du premier décile de revenu disponible à 2,1 unités de consommation pour les ménages du dernier. Ainsi plus le revenu disponible est élevé, plus l'écart avec le niveau de vie a tendance à s'accentuer, ce qui explique la moindre dispersion des niveaux de vie.
En 2004, les personnes actives ont un niveau de vie supérieur de 14 % en moyenne à celui des inactifs (tableau 3). Le niveau de vie moyen mensuel d'un actif s'élève à 1 610 euros, celui d'un inactif à 1 420 euros. Le niveau de vie moyen plus élevé des actifs cache des inégalités plus importantes que chez les inactifs, liées à la situation sur le marché du travail : le niveau de vie moyen d'un chômeur est inférieur de 30 % à celui d'un actif occupé et de 20 % à celui d'un inactif. Les retraités, étudiants et enfants, qui sont par définition hors du marché du travail, ont un niveau de vie moyen comparable : 1 400 euros pour les enfants et 1 425 euros pour les étudiants. Les enfants et les étudiants bénéficient des revenus d'activité et de remplacement apportés par les personnes avec lesquelles ils vivent. Ils ont en moyenne un niveau de vie plus faible que les actifs parce qu'ils apportent peu ou pas de revenus au ménage mais augmentent le nombre d'unités de consommation du ménage et diminuent ainsi son niveau de vie. Les autres inactifs que sont les femmes au foyer, les chômeurs non inscrits, bénéficient moins souvent des revenus d'autres membres du ménage, et ont parmi les inactifs le niveau de vie le plus faible : 1 330 euros en moyenne, soit 7 % de moins que les étudiants, mais 17 % de plus que les chômeurs.
| Moyenne (en euros) |
Médiane (en euros) | |
|---|---|---|
| Champ : individus vivant dans des ménages en France métropolitaine dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante. | ||
| Source : enquête Revenus fiscaux 2004, Insee-DGI. | ||
| Actifs | 1 610 | 1 430 |
| Actifs occupés | 1 660 | 1 480 |
| Chômeurs | 1 130 | 980 |
| Inactifs | 1 420 | 1 220 |
| Étudiants de 18 ans ou plus | 1 430 | 1 230 |
| Retraités | 1 450 | 1 270 |
| Autres inactifs | 1 330 | 1 080 |
| Enfants de moins de 18 ans | 1 400 | 1 230 |
| Ensemble de la population | 1 500 | 1 320 |
Dans l'Union européenne et un certain nombre de pays de l'OCDE, sont considérés comme pauvres, d'un point de vue monétaire, les individus qui disposent d'un niveau de vie inférieur à un certain seuil, déterminé en proportion du niveau de vie médian de la population. La pauvreté monétaire est ainsi dans ces pays une notion relative, dans la mesure où le seuil de pauvreté dépend du niveau global des revenus et de leur répartition dans l'ensemble de la population. La valeur du seuil évolue chaque année en fonction des modifications de la distribution des niveaux de vie.
En 2004, le seuil de pauvreté à 60 % de la médiane représente en France un niveau de vie individuel de 788 euros par mois (tableau 4).La proportion de pauvres est, selon ce seuil, de 11,7 % en 2004, ce qui représente environ 6,9 millions de personnes. Au seuil de pauvreté à 50 %, cette proportion tombe à 6,2 %, soit 3 millions de personnes pauvres en moins. Cette variation conséquente du nombre de pauvres, pour un écart de 130 euros par mois en 2004 entre les seuils de pauvreté à 50 % et à 60 % du niveau de vie médian, indique une forte concentration de la population pauvre à des niveaux de vie proches du seuil de pauvreté à 60 %.
De fait, en 2004, 50 % des personnes pauvres ont un niveau de vie inférieur à 646 euros par mois, soit 140 euros de moins que le seuil mensuel de pauvreté à 60 % (tableau 4). La moitié des individus considérés comme pauvres selon ce seuil disposent donc de niveaux de vie compris dans une fourchette large de 140 euros par mois.
Les 10 % d'individus les moins pauvres ont un niveau de vie 1,2 fois supérieur à la médiane des niveaux de vie de leurs pairs. Les 10 % d'individus les plus pauvres ont quant à eux un niveau de vie au moins 1,4 fois inférieur à cette médiane, ce qui indique une plus forte dispersion dans le bas de l'échelle des revenus modestes.
| 2004 | |
|---|---|
| Champ : ensemble des individus vivant dans des ménages en France métropolitaine dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante. | |
| Source : enquête Revenus fiscaux 2004, Insee-DGI. | |
| Seuil à 60 % de la médiane | |
| Taux (en %) | 11,7 |
| Seuil (en euros 2004) | 788 |
| Niveau de vie médian des pauvres (en euros 2004) | 646 |
| Seuil à 50 % de la médiane | |
| Taux (en %) | 6,2 |
| Seuil (en euros 2004) | 657 |
| Niveau de vie médian des pauvres (en euros 2004) | 567 |
La pauvreté monétaire touche moins les actifs que les inactifs : au seuil à 60 %, 9,2 % des personnes actives ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté alors que 13,4 % des inactifs sont dans cette situation (tableau 5). Parmi les actifs, le risque d'être pauvre est cinq fois moins élevé pour les actifs occupés que pour les chômeurs. Avec un taux de pauvreté de 31,9 %, les chômeurs sont les plus atteints par la pauvreté monétaire. Toutefois, occuper un emploi ne met pas à l'abri de la pauvreté : 1,6 million de personnes ayant un emploi vivent en dessous du seuil de pauvreté. Par ailleurs, 1,6 million d'enfants appartiennent à un ménage pauvre ; ils représentent 23 % de la population pauvre.
| Effectifs (en milliers) |
Pauvres (en milliers) |
Taux de pauvreté (%) |
|
|---|---|---|---|
| Champ : ensemble des individus vivant dans des ménages en France métropolitaine dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante. | |||
| Source : enquête Revenus fiscaux 2004, Insee-DGI. | |||
| Actifs | 26 970 | 2 480 | 9,2 |
| Actifs occupés | 24 270 | 1 619 | 6,7 |
| Chômeurs | 2 700 | 861 | 31,9 |
| Inactifs | 20 774 | 2 788 | 13,4 |
| Étudiants de 18 ans ou plus | 4 076 | 664 | 16,3 |
| Retraités | 11 717 | 981 | 8,4 |
| Autres inactifs | 4 981 | 1 143 | 22,9 |
| Enfants de moins de 18 ans | 10 996 | 1 600 | 14,5 |
| Ensemble de la population | 58 739 | 6 867 | 11,7 |
Les personnes avec ou sans enfant(s) vivant sans conjoint sont surreprésentées au sein de la population des pauvres (figure 6). Elles constituent environ un tiers de cette population en 2004, alors qu'elles représentent un cinquième de la population totale. De fait, le taux de pauvreté des personnes vivant seules est de 16 % environ et celui des familles monoparentales de 22 %. Les personnes seules représentent 17 % des pauvres en 2004, et les familles monoparentales 16 %.
Les familles nombreuses (couples avec trois enfants ou plus) constituent néanmoins la configuration familiale la plus fréquente dans la population des pauvres en 2004 : 22 %, alors qu'elles ne représentent que 14 % de la population totale. Leur taux de pauvreté est en 2004 de 18 %.
Prises dans leur ensemble, les personnes vivant en couple sont sous-représentées parmi les pauvres. La catégorie la moins représentée parmi les pauvres est naturellement celle des couples sans enfant ; seuls 6 % d'entre eux peuvent être considérés comme pauvres au sens monétaire en 2004.
Les couples de deux conjoints actifs dont la personne de référence a moins de 65 ans, qui bénéficient des économies d'échelle générées par la vie en commun mais aussi d'une double source de revenus lorsqu'ils sont en emploi, sont particulièrement sous-représentées dans la population pauvre. Ils en représentent 22 %, contre 43 % de l'ensemble de la population. Leur taux de pauvreté est de 6 %.
Les couples de la même catégorie d'âge où l'homme est actif et la femme inactive, sont en revanche légèrement plus présents en proportion dans la population des pauvres que dans l'ensemble : 16 % d'entre eux sont pauvres au sens monétaire. La mesure de la pauvreté monétaire ne prend toutefois pas en compte, par définition, la valeur de la production domestique dont le conjoint inactif est à l'origine.
Les personnes appartenant à des ménages dont la personne de référence a 65 ans ou plus sont légèrement moins présents parmi la population des pauvres que dans la population totale. Leur taux de pauvreté, de 8,6 %, est inférieur à celui de la population totale.
Figure 6 : Part de chaque type de ménage dans la population pauvre et dans l'ensemble de la population en 2004
Les ménages complexes ne sont pas représentés dans le graphique.
Lecture : en 2004, les couples avec trois enfants ou plus représentent 22 % de la population pauvre alors qu'ils ne constituent que 14 % de la population totale.
Champ : ensemble des individus vivant dans des ménages en France métropolitaine dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
Source : enquête Revenus fiscaux 2004, Insee-DGI.