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Endettement domestique des ménages au début 2010 - enquête Patrimoine 2010

Résumé

Début 2010, 47 % des ménages vivant en France ont au moins un emprunt en cours de remboursement, pour des raisons privées ou professionnelles. Ils sont endettés pour un montant moyen restant à rembourser de 61 900 euros. Pour la moitié d'entre eux, ce montant est inférieur à 20 900 euros. La dette privée restant à rembourser s'élève en moyenne à 54 000 euros ; à titre professionnel, l'endettement s'élève en moyenne à 83 600 euros et ne concerne que 2 % des ménages.

Sommaire

Publication

La part des ménages endettés augmente avec le niveau de vie

Du fait de la contrainte liée aux capacités de remboursement, la proportion de ménages endettés augmente avec le niveau de vie : début 2010, un tiers des ménages dont le niveau de vie était inférieur à 15 000 euros par an (soit un tiers des ménages vivant en France) était endetté, contre plus de la moitié des ménages disposant d'un niveau de vie supérieur à 15 000 euros. Les motifs d'endettement varient également selon le niveau de vie des ménages. Plus d'un ménage sur cinq dont le niveau de vie est supérieur à 15 000 euros a contracté un crédit pour l'acquisition de sa résidence principale. En revanche, les ménages plus modestes s'endettent essentiellement par des crédits à la consommation. La proportion de ménages endettés est également plus importante quand ils sont composés de deux actifs et d'enfant(s).

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La détention de prêts à la consommation diminue quand le patrimoine financier augmente

La part de ménages endettés, via un crédit à la consommation, diminue quand le patrimoine financier augmente : début 2010, plus d'un tiers des ménages disposant d'un patrimoine financier inférieur à 7 500 euros (soit 44 % des ménages) a contracté au moins un crédit à la consommation. À partir de 45 000 euros de patrimoine financier, cette proportion diminue jusqu'à atteindre 12 % des ménages dont le patrimoine financier est supérieur à 450 000 euros (moins de 2 % des ménages). À l'inverse, la proportion de ménages endettés pour l'habitat est plus réduite chez les détenteurs d'un faible patrimoine financier : 16 % des ménages possédant moins de 3 000 euros de patrimoine financier (30 % des ménages) ont au moins un crédit à l'habitat, contre plus d'un tiers parmi ceux dont le patrimoine financier dépasse 7 500 euros.

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Les 35-44 ans sont les plus concernés par le crédit à l'habitat

L'endettement est souvent fortement lié au cycle de vie : début 2010, plus de deux ménages sur trois dont la personne de référence est âgée de 35 ans à 44 ans sont endettés, pour un motif privé ou professionnel. La moitié d'entre eux ont contracté un crédit à l'habitat, notamment pour l'acquisition de leur résidence principale. Les ménages dont la personne de référence à moins de 24 ans, sont en revanche relativement plus nombreux à détenir au moins un crédit à la consommation. Leur endettement est généralement faible : pour plus de la moitié d'entre eux il s'élève à moins de 3 000 euros. Au-delà de 45 ans, la proportion des ménages endettés diminue, jusqu'à atteindre son point le plus bas après 65 ans. À partir de cet âge, la part des ménages endettés pour l'habitat devient alors très faible.

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Les ménages ayant un faible niveau de vie subissent des charges de remboursement élevées par rapport à leurs revenus

Début 2010, 45 % des ménages endettés font face à un encours total de crédits inférieur à 15 000 euros. À l'opposé, 21 % de ces ménages doivent rembourser plus de 100 000 euros. L'encours d'endettement est croissant avec le niveau de vie : parmi les ménages endettés dont le niveau de vie est supérieur à 30 000 euros, 41 % ont plus de 100 000 euros de dette, contre 13 % des ménages dont le niveau de vie est inférieur à 10 000 euros. L'encours croît également avec le patrimoine financier. Un tiers des ménages endettés qui ont moins de 3 000 euros de patrimoine financier doivent également rembourser moins de 3 000 euros. À l'inverse, près de 40 % des ménages possédant le patrimoine financier le plus élevé ont plus de 100 000 euros d'endettement. Conséquence des pratiques des établissements de crédit, quatre ménages endettés sur cinq ont des annuités de remboursement qui représentent moins de 30 % de leur revenu annuel. Pour un tiers d'entre eux, ce taux d'effort est inférieur à 10 %. Un faible niveau de vie implique en général de faibles montants d'endettement, mais des taux d'effort importants : parmi les ménages endettés ayant les niveaux de vie les plus bas (inférieurs à 10 000 euros par an), un sur cinq rembourse l'équivalent de plus de 45 % de son revenu. Ces ménages constituent également la catégorie la plus fragile des détenteurs de crédit à l'habitat : ils sont près de 40 % dont le taux d'effort est supérieur à 45 %.

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Les indépendants plus fréquemment endettés

Début 2010, plus de 70 % des ménages dont la personne de référence est agriculteur, artisan ou commerçant sont endettés. Les agriculteurs détiennent surtout des crédits professionnels (39 %), souvent contractés pour l'acquisition de leur outil de travail. Un quart de ceux-ci sont fortement endettés, notamment lorsqu'ils ont souscrit un crédit à l'habitat : le remboursement de l'ensemble de leurs mensualités représente au moins 45 % de leur revenu mensuel. Les cadres et les professions libérales sont majoritairement endettés pour un motif immobilier (respectivement 57 % et 52 %) et les ouvriers qualifiés contractent surtout des crédits à la consommation (45 %). De même, les ménages dont la personne de référence est cadre, agriculteur ou commerçant ont des endettements importants. Pour les cadres, ces prêts élevés sont surtout destinés à l'acquisition de leur résidence principale. Pour les agriculteurs, artisans et commerçants, il s'agit plutôt de prêts professionnels.

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Les habitants des grandes villes : un endettement moins fréquent mais pour des montants plus importants

Les ménages résidant dans une commune rurale sont plus enclins à s'endetter que les citadins. Début 2010, 28 % d'entre eux détiennent un crédit pour l'achat de leur résidence principale (contre 20 % pour l'ensemble des ménages) et 23 % pour l'achat d'une voiture ou d'une moto (contre 19 %). Plus souvent locataires et moins souvent propriétaires d'un véhicule, les ménages parisiens sont moins endettés que la moyenne des ménages : 10 % d'entre eux ont contracté un crédit immobilier pour l'acquisition de leur résidence principale et 6 % pour l'achat d'un véhicule. Néanmoins, quand ils ont contracté un crédit à la consommation, les ménages habitant Paris connaissent en plus grand nombre des taux d'effort parmi les plus élevés.
Les ménages dont l'endettement atteint au moins 100 000 euros sont surreprésentés parmi les cadres, les indépendants et les ménages aux revenus élevés. Aussi, ils résident plus souvent dans les grandes villes (plus de 100 000 habitants) ou ces catégories sont très présentes. Les ménages de l'agglomération parisienne (hors Paris) ont également plus fréquemment des endettements élevés : 26 % d'entre eux ont contracté un emprunt supérieur à 100 000 euros (contre 21 % pour l'ensemble des ménages). Parmi les détenteurs de crédits à l'habitat, les encours augmentent avec la taille de la commune, compte tenu notamment de prix immobiliers plus élevés pratiqués dans les grandes villes.

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N° 135 Société - novembre 2012