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Enquête Budget de famille 2006

Résumé

Les enquêtes « Budget de famille » (BdF), permettent de connaître le poids des grands postes de consommation dans le budget des ménages. Ce poids diffère fortement suivant les caractéristiques du ménage. Sa taille et son revenu sont les premiers déterminants de la structure budgétaire. Mais leur effet n'est pas identique sur tous les postes de consommation.

Sommaire

Publication

Le poids du logement ou des dépenses pour le loisir et la culture varie beaucoup avec le niveau de vie

Pour l'alimentation à domicile, l'ameublement ou les dépenses de restauration et d'hôtellerie, les variations sont encore importantes, quoique plus atténuées. À l'inverse, les parts de l'habillement ou des transports sont peu sensibles aux écarts de niveau de vie, mais en revanche fortement affectées par la taille du ménage (graphique 1).

Graphique 1 - Structure de la consommation selon le quintile de niveau de vie en 2006

Graphique 1 - Structure de la consommation selon le quintile de niveau de vie en 2006

Lecture : les ménages du 1er quintile de niveau de vie, c'est-à-dire les 20 % des ménages ayant les niveaux de vie les plus faibles, consacrent en moyenne 24,8 % de leur consommation aux dépenses de logement, contre 10,8 % pour les ménages du 5e quintile. La dépense totale s'entend ici hors impôts, gros travaux, remboursements de prêts et prélèvements effectués par l'employeur, transferts financiers entre ménages.

Champ : France Métropolitaine

Source : Insee, Enquête Budget de famille 2006

Le logement est le poste qui différencie le plus nettement les ménages en fonction de leur revenu. Son poids budgétaire décroît régulièrement et rapidement à mesure que l'on s'élève dans l'échelle des niveaux de vie. En 2006, il est deux fois plus élevé pour les 20% des ménages les plus modestes (ou 1er quintile) que pour les 20 % les plus riches (5e quintile), 25 % contre 11 %. L'écart provient en partie de ce que les plus modestes sont plus souvent locataires (48 % dans le 1er quintile contre 18 % dans le 5e), et en partie du caractère relativement incompressible des dépenses de logement : par rapport aux ménages locataires du 5e quintile, ceux du 1er quintile ont un niveau de vie divisé par 4 mais doivent payer un loyer moyen divisé seulement par moins de 2.

En outre, les ménages les plus modestes habitent à peu près autant que les autres en maison individuelle, où les dépenses de chauffage et d'éclairage (qui représentent le tiers du poste « Logement ») sont en moyenne deux fois plus élevées qu'en appartement. Le logement est sans doute le poste de consommation où les économies d'échelle jouent le plus fortement.

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À niveau de consommation égal, le logement pèse moins chez les familles les plus nombreuses

De ce fait, il constitue un poste de dépenses très discriminant entre les différents types de ménages, plus lourd pour les personnes seules (23 % de leur consommation en 2006) et les familles monoparentales (21 %), que chez les couples avec enfants (13 %) (graphique 2).

Graphique 2 - Structure de la consommation selon le type de ménage en 2006

Graphique 2 - Structure de la consommation selon le type de ménage en 2006

Champ : France Métropolitaine

Source : Insee, Enquête Budget de famille 2006

Le poids de l'alimentation dans le budget est d'autant plus élevé que le niveau de vie du ménage est faible. Cette situation se vérifie depuis très longtemps et dans tous les pays. Mais dans les pays les plus développés, le poids de l'alimentation tend à diminuer. En 2006, en France l'écart entre le 1er quintile et le 5e est de 4,3 points (17,2 % contre 12,9 %).

Ce sont les dépenses de loisirs et la culture qui, après le logement, reflètent le mieux les écarts de revenus, passant de 8 % du budget pour les 20 % des ménages les plus modestes à 14 % pour les plus aisés. Ce type de dépenses est également lié au milieu social. À âge, revenu et niveau d'études comparables, elles ont chez les cadres supérieurs et les professions libérales un poids de 2,5 points plus élevé que chez les indépendants (hors professions libérales). Chez les ménages ouvriers, au contraire, il est inférieur de 1,2 point.

Les dépenses en communications (courrier, achats de téléphone, abonnements téléphoniques, Internet) présentent aussi les traits d'une dépense incompressible. Correspondant pour 90 % aux factures de téléphone (fixe et mobile) et aux abonnements à Internet, leur part dans l'ensemble des dépenses ne varie que de 1 point entre les quintiles extrêmes de niveau de vie.

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Entre 1979 et 2006, les écarts de structure de consommation entre groupes sociaux se sont déplacés de l'alimentation vers le logement

La dynamique des postes de consommation n'est pas la même selon les catégories de ménages. En ce qui concerne l'alimentation, une convergence s'est opérée au cours des trente dernières années : en 1979, l'alimentation représentait en effet 35 % du budget des 20% des ménages les plus modestes et 18 % de celui des 20% les plus aisés, soit un écart de 17 points. Cette part a depuis décru nettement plus vite chez les premiers (en moyenne 0,6 point par an) que chez les seconds (moins de 0,2 point par an). En 2006, l'écart n'est plus que de 4,5 points. Le constat est identique lorsqu'on compare les structures de consommation des différentes catégories socioprofessionnelles : chez les ménages d'agriculteurs ou d'ouvriers, la part de la dépense alimentaire n'excède plus que de 4 points celle observée chez les cadres supérieurs et professions libérales, contre 11 points en 1979. La part de l'alimentaire ne peut plus être, comme autrefois, considérée comme un bon indicateur du niveau de vie d'un ménage. Les dépenses de transports ont aussi tendance à converger (tableau 1).

Tableau1 - Évolution des écarts de structure de consommation entre groupes sociaux, de 1979 à 2006 (en %)
  Ecart entre le 5e quintile
(ménages aisés)
et le 1er quintile
(ménages modestes)
de niveau de vie
Ecart entre les cadres,
professions intellectuelles
supérieurs, professions
libérales et les ouvriers
1979 200619792006
Lecture : en 2006, la part moyenne des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées dans la consommation des cadres, des professions intellectuelles supérieures et des professions libérales est inférieure de 4,0 points à celle des ouvriers.
Champ : France Métropolitaine
Source : Insee, Enquête Budget de famille 2006
Produits alimentaires et boissons non alcoolisées - 16,9 - 4,5 - 11,1 - 4,0
Santé -2,8 1,0 - 1,4 0,8
Logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles(hors loyers fictifs) - 1,5 - 13,5 0,2 - 7,4
Boissons alcoolisées et tabac - 0,5 - 1,0 - 1,2 - 1,3
Éducation 0,0 - 0,1 0,8 0,5
Communications 0,3 - 1,5 0,8 - 0,8
Articles d'habillement et chaussures 1,5 0,8 1,2 1,0
Autres biens et services 2,1 0,9 1,3 0,7
Loisirs et culture 3,0 6,4 2,3 5,2
Meubles, articles de ménage et entretien courant de l'habitation 3,2 3,1 1,3 2,7
Hôtels, cafés et restaurants 5,2 3,2 3,5 2,7
Transports 6,3 5,0 2,3 - 0,2

Sur d'autres postes de consommation, on observe un mouvement inverse. En 1979, le poids du logement (hors loyers fictifs) était pratiquement identique tout au long de l'échelle des niveaux de vie (environ 12 %). Il est resté stable pour les ménages les plus aisés, mais a fortement augmenté pour les autres, en particulier pour les plus modestes. Les ménages du 1er quintile de niveau de vie consacrent désormais près de 24 % de leur budget au logement : l'éventail s'est ouvert « par le bas ». Les dépenses pour les loisirs ont connu une évolution également différenciée : la croissance de la part de ces dépenses a été plus marquée pour les ménages les plus aisés et, de façon analogue, pour les cadres supérieurs et professions libérales, catégories chez qui elle était déjà la plus élevée. L'éventail s'est ainsi ouvert « par le haut », l'écart entre les ménages des quintiles extrêmes passant de 3 points à 6 points entre 1979 et 2006.

Le poste « Communications » qui a, globalement, connu la croissance la plus vigoureuse, a vu aussi sa répartition changer profondément. Jusqu'à la fin des années 1970, c'est chez les ménages les plus aisés que le poids de ces dépenses (certes encore très faible à cette date) était le plus important. À partir du début des années 1980, la relation s'inverse. Les dépenses de téléphone croissent plus vite chez les ménages modestes et, à la fin des années 1980, un poids élevé du poste « Communications » dans la consommation se trouve plus souvent associé à un faible niveau de vie. Cette tendance s'est accentuée au cours des vingt années suivantes, notamment avec l'apparition et la diffusion du téléphone portable. Désormais chez les ménages les plus aisés (5e quintile de niveau de vie), ces dépenses, qui comprennent les abonnements pour Internet, pèsent une fois et demie moins que dans le 1er quintile.

Dans les autres postes, depuis 1979, les évolutions selon les catégories sociales de ménages ont conservé leurs positions relatives . Il existe de nombreuses façons de mesurer l'écart entre les structures de consommation. Elles concluent toutes à une atténuation des différences entre catégories sociales sur le dernier quart de siècle. Mais l'effet est pratiquement exclusivement dû à l'uniformisation du poids de l'alimentation. En contrepartie, les écarts ont, au total, augmenté sur les autres postes, conduisant à la conclusion que les différences dans les comportements de consommation entre milieu sociaux, niveau de revenu, type de ménage se sont davantage déplacées que réduites.

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Les biens dits "durables" regroupent les produits dont la consommation s'étale sur une durée relativement longue (de l'ordre de plusieurs années)

On les désigne aussi sous le terme de biens d'équipement. Il s'agit par exemple des voitures, motos ou vélos, des divers appareils électroménagers, des télévisions, ordinateurs, téléphones et autres technologies de la communication ou ainsi que des meubles. Les vêtements, en revanche, ne sont usuellement pas inclus dans cet ensemble.

Avec environ 10 % de la dépense annuelle de consommation, le poids des biens durables dans le budget des ménages est modeste. Mais ils occupent une place certainement très importante, non seulement dans le quotidien mais aussi dans les représentations que les consommateurs se font de leur niveau de vie. Ils mettent particulièrement en évidence la croissance générale de la consommation sur longue période. Les cinquante dernières années sont ainsi marquées par l'apparition de biens nouveaux, achetés au départ par une frange restreinte de ménages, et qui se sont par la suite diffusés dans le reste de la population jusqu'à atteindre, dans certains cas, la saturation (taux d'équipement proche de 100 %).

Généralement, la vitesse de diffusion d'un bien varie au cours du temps (graphique 3). Le plus souvent, elle est très rapide dans les premières années suivant l'apparition du produit et atteint, en à peine plus d'une décennie, la saturation ou presque : c'est le cas du réfrigérateur ou de la télévision dans les années 1960, du magnétoscope dans les années 1980, du four à micro-ondes dans la décennie suivante ou plus récemment, du téléphone portable. Dans cette phase initiale, le taux d'équipement en ces produits augmente d'environ 5 points par an. D'autres produits comme l'automobile ou le lave-vaisselle ont connu une diffusion nettement plus lente (de l'ordre de 1,5 points par an), mais constante. D'autres, comme le micro-ordinateur, présentent une dynamique intermédiaire.

Graphique 3 - Diffusion de quelques biens durables entre 1962 et 2006

Graphique 3 - Diffusion de quelques biens durables entre 1962 et 2006

Note : le délai entre l'apparition sur le marché et le début du suivi statistique varie selon le bien.

Champ : France Métropolitaine

Source : Insee, enquêtes Budget de Famille 1963 à 2006, Conditions de vie 1965 à 1973.

À vitesse de diffusion moyenne donnée, la croissance de l'équipement en un bien durable se réalise de façon plus ou moins uniforme entre les différentes catégories sociales. À l'apparition du bien, le taux d'équipement est plus élevé dans les catégories les plus aisées. Pour certains biens, le rattrapage par les catégories les plus modestes est rapide, jusqu'à la disparition de l'écart.

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L'écart entre le taux d'équipement des cadres supérieurs et des professions libérales et celui des ouvriers s'est résorbé

Ainsi, pour l'automobile, la télévision ou le magnétoscope (dont les vitesses de diffusion sont pourtant différentes, ), l'écart (rapporté à la moyenne de l'équipement de ces deux groupes) s'est résorbé en une vingtaine d'années (graphique 4). On retrouve ce type d'évolutions rapides avec le téléphone portable. Pour d'autres en revanche, (lave-vaisselle, ordinateur), il y a certes un rattrapage, mais plus lent et qui laisse subsister un écart substantiel, même au bout de 10 ou 15 ans.

Graphique 4 - Diffusion de quelques biens durables entre 1962 et 2006

Graphique 4 - Diffusion de quelques biens durables entre 1962 et 2006

Lecture : on rapporte l'écart entre les taux de possession d'automobile par les ménages de cadres supérieurs et professions libérales et par les ménages ouvriers à la moyenne de ces deux taux. En 1953, ce rapport était voisin de 1,6.

Champ : France Métropolitaine

Source : Pour les données antérieures à 1960 : enquêtes Assurances de 1953, Équipement ménager de 1954, Charbonnages de1957. Après 1960, voir graphique 3.

Insee Résultats N° 73 Société - décembre 2007

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