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Retour au sommaire du dossier n° 7 - septembre 2012

 

Population et territoire

1 - La région vue du ciel

Le territoire de la région Paca dispose de nombreuses spécificités géographiques. Elles impactent fortement son économie et expliquent en partie ses évolutions. En guide d'introduction, il s'agit de mettre en regard la géographie de la région et la répartition de la population sur le territoire.

Paca abrite un patrimoine naturel exceptionnel

La région Paca concilie une grande diversité de paysages. Les montagnes alpines au nord et à l'est, la vallée du Rhône à l'ouest et le littoral méditerranéen délimitent un territoire de 31 400 km2, drainé en son centre par la vallée de la Durance. Le point le plus haut culmine à 4 103 m avec la barre des Écrins. La montagne occupe la moitié de la superficie de Paca et le littoral s'étire sur 700 kilomètres.

La région accueille de nombreux espaces protégés, avec notamment comme ambition de conserver la grande biodiversité de ses territoires : 4 parcs nationaux en comptant le futur Parc national des Calanques, 5 parcs régionaux, un parc régional marin et une dizaine de réserves naturelles.

La richesse naturelle de la région est un atout incontestable. Source d'attractivité, elle constitue également une contrainte pour l'aménagement du territoire. Ces éléments sont à prendre en compte dans le cadre d'un aménagement durable qui doit concilier protection environnementale et développement (urbain et économique).

 

Région paca

 

Des enjeux pour demain
Comment aménager le territoire tout en préservant notre environnement (espaces protégés, espèces et biodiversité, qualité de l'air...)?
Comment aménager le territoire en respectant les contraintes morphologiques et réglementaires ?

 

Trois habitants sur quatre se concentrent sur 10 % du territoire

Conséquence de sa géographie (forte emprise du relief), de l'importance de ses espaces protégés ou à risques et des politiques d'aménagement du territoire, la population de Paca est très concentrée sur le territoire : 76 % des habitants de la région occupent 10 % de sa superficie, principalement du littoral méditerranéen à la vallée du Rhône et le long des axes de communication. Le littoral rassemble ainsi 70 % de la population régionale sur une frange de 25 km de large.

Avec 158 hab./km2, la région se positionne au 4e rang national des densités de population, derrière l'Île-de-France (982), le Nord-Pas-de-Calais (324) et l'Alsace (224). En particulier, les départements des Bouches-du-Rhône (386) et des Alpes-Maritimes (252) figurent parmi les départements métropolitains les plus denses, après ceux d'Île-de-France, du Rhône (520) et du Nord (447).

 

Estimation de la densité de population par carreau de 330 m de côté (en hab/km²)

 

Des enjeux pour demain
Comment optimiser l'usage de notre espace aménageable, qui est limité ?
Au sein du tissu urbain, particulièrement dense, comment améliorer les conditions de vie de la population, en matière d'accès au logement et de déplacements ?
Comment aménager l'espace afin de mieux appréhender la préservation des espaces agricoles et naturels ?
Quels espaces sont à réserver aux usages d'habitat et d'emploi ?

 

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2 - Des phénomènes démographiques qui s'inscrivent dans la durée

Les phénomènes démographiques s'inscrivent dans la durée et sont en conséquence porteurs d'enjeux de long terme pour les territoires. Plusieurs tendances lourdes peuvent être repérées, grâce aux observations issues des recensements successifs depuis 1962, voire 1876.

Deux millions d'habitants supplémentaires en 45 ans

Troisième région la plus peuplée de France, Paca compte 4 889 053 habitants au 1er janvier 2009. En 1962, la population s'élevait à 2 818 992 habitants.

C'est la région française qui a connu la plus forte progression de population depuis 1962 (+ 73 % contre + 35 % au niveau national en 2009), devant la Corse et le Languedoc-Roussillon. Elle a gagné 2 millions d'habitants supplémentaires en un peu moins de 50 ans, soit l'équivalent du département des Bouches-du-Rhône.

Tous les départements n'ont pas progressé au même rythme. Le Var se distingue à la fois par une forte croissance et la régularité du rythme de progression. Sa population a plus que doublé depuis 1962 (2e ex-æquo avec le Val d'Oise et la Haute-Savoie, derrière l'Essonne). Les populations du Vaucluse, des Alpes-Maritimes et des Alpes-de-Haute-Provence ont augmenté au même rythme qu'en moyenne régionale. Enfin, les Hautes-Alpes et les Bouches-du-Rhône ont progressé moins rapidement sur le plan démographique (mais davantage qu'en moyenne de France métropolitaine). Cela représente tout de même 720 000 habitants de plus pour les Bouches-du-Rhône.

 

Évolution de la population de Paca depuis 1962

 

Des enjeux pour demain
Comment accompagner l'accueil des populations dans les domaines de l'emploi, des équipements, du logement ?
Comment concilier croissance de la population et préoccupations en matière de développement durable ?

 

La demande de logements progresse plus vite que la population

En Paca comme ailleurs, le nombre de ménages progresse plus vite que le nombre d'habitants : il a plus que doublé depuis 1962, du fait de la diminution de la taille moyenne des ménages. C'est une conséquence de l'évolution des modes de vie (décohabitations, mises en ménage tardives...) et surtout du vieillissement de la population. Autrement dit, la demande de logements est structurellement plus forte que l'augmentation de la population

À ces phénomènes s'ajoute dans notre région une demande soutenue de résidences secondaires, accentuant les difficultés croissantes d'accès au logement sur certains territoires. Ceci conduit à une construction de logements encore plus soutenue. On compte en effet 490 000 résidences secondaires en 2009, contre 139 000 en 1968.
Au total, en 2009, Paca compte 1 490 000 logements de plus qu'en 1968 (pour 1,6 million d'habitants supplémentaires).

 

Évolution de la population depuis 1962

 

Des enjeux pour demain
Comment anticiper les besoins des habitants de Paca en nombre et en types de logements ?
Comment optimiser l'usage de l'espace : construire les logements dont la population a besoin, tout en limitant la pression sur les terres agricoles ?
Par ailleurs, comment concilier le caractère touristique de la région et la maîtrise de la construction de résidences secondaires ?

Exode rural, densification des grandes villes puis périurbanisation ont modelé Paca

Sur plus longue période, c'est-à-dire depuis 1876, la région a connu un dynamisme démographique remarquable. En 133 ans, la population a triplé alors qu'elle doublait au niveau national. L'animation "Évolution de la densité de population depuis 1876" permet de repérer les territoires de la région qui ont bénéficié de cette croissance démographique et de mesurer le rythme des transformations à l'oeuvre.

Cette animation présente l'évolution de la morphologie du territoire de 1876 jusqu'à nos jours, en faisant varier la densité de population des communes année par année. Le jeu de couleurs reflète le niveau de peuplement, du moins dense en vert foncé jusqu'au plus peuplé en rouge.

Dès la fin du 19e siècle et jusque dans les années 50, on observe l'exode rural. Parallèlement, les grandes villes de la région (Marseille, Nice, Toulon, Avignon et Fréjus) se densifient (elles deviennent de plus en plus rouges). La périurbanisation s'accélère dans les années 70 : les zones autour d'Aix-Marseille, Nice-Antibes et Avignon deviennent très urbaines. La partie dense (passant du jaune à l'orange, puis au rouge) s'étale progressivement pour occuper une large bande du littoral méditerranéen ainsi que de la vallée du Rhône. Enfin, à partir des années 80, on observe un phénomène de repeuplement des zones rurales, appelé parfois "rurbanisation". Il est très visible en Paca (le vert clair gagne du terrain sur le vert foncé).

 

Des enjeux pour demain
Où construire les logements dont la région a besoin ?
Dans quelles zones faut-il réguler l'urbanisation ?
Comment optimiser l'usage de l'espace ?
Faut-il intensifier les démarches de renouvellement urbain ? de recyclage des zones d'activité obsolètes ?

 

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3 - Le contexte démographique récent

Sur une période plus récente, c'est-à-dire depuis 1999, il est possible de comparer la région Paca aux autres régions de France et de l'Union européenne. Il est également intéressant d'examiner les facteurs qui contribuent à la croissance démographique.

Paca fait partie des régions européennes dynamiques sur le plan démographique.

Sur les 271 régions européennes, Paca est la 13e région la plus peuplée ; elle se situe au 38e rang en ce qui concerne la croissance démographique sur la période 1999-2008, avec une augmentation deux fois et demi plus rapide que la moyenne européenne. En observant les taux de croissance annuels sur cette période, un clivage apparaît entre les régions de l'ouest de l'Europe (en croissance) et de l'est (en baisse).

 

Taux anuel moyen d'évolution de la pop. entre 1999 et 2008

Paca figure parmi les régions françaises les plus dynamiques, mais derrière les autres régions du sud et de l'ouest de la France

Au cours de la période récente, le dynamisme démographique se concentre dans le sud et sur la façade atlantique de la France métropolitaine. En 10 ans, la région Paca a gagné 383 000 habitants, soit + 0,8 % en moyenne annuelle (+ 0,7 % au niveau national).
Paca figure parmi les régions françaises les plus dynamiques, mais derrière les autres régions du sud, de l'arc atlantique ainsi que la région Rhône-Alpes. Elle a perdu son leadership depuis les années 90. Les raisons de cette perte d'attractivité sont multiples. Le prix du foncier y contribue probablement (cf. I.4. et III.2.).

 

Taux d'évolution annuel moyen de la population entre 1999 et 2009

 

En Paca, la croissance démographique combine excédent naturel et apport migratoire

Quand on observe le solde naturel, c'est-à-dire l'écart entre le nombre de naissances et de décès, la France du Nord et de l'Est s'oppose à celle du Centre et du Sud. C'est principalement la structure par âge de la population régionale et les différents comportements en matière de fécondité qui expliquent les écarts. En Paca, le solde naturel est faible mais reste positif.
Concernant les migrations résidentielles, c'est un constat partiellement inversé : le Sud et l'Ouest du pays sont attractifs, tandis que le quart nord-est de la France est déficitaire. Paca est ainsi une région attractive, moins toutefois que les autres régions du Sud et de l'Ouest

En Paca, le solde naturel et le solde migratoire contribuent tous les deux positivement à la croissance démographique de la région.


Zoom sur les cartes  Taux d'évol. an. moyen entre 1999 et 2006

 

Paca gagne des habitants avec les régions du Nord, mais en perd avec les régions du Sud et de l'Ouest.

Entre 2001 et 2006, la région Paca a accueilli en moyenne chaque année 66 000 habitants supplémentaires. A l'inverse, 53 000 l'ont quittée chaque année. Le solde migratoire est donc positif : chaque année Paca gagne environ 13 000 personnes sur la période 2001-2006.

D'où viennent ces nouveaux arrivants ?

Sur la période 2001-2006, Paca a gagné près de 9 600 habitants par an dans ses échanges avec l'Île-de-France et 2 400 avec le Nord-Pas-de-Calais.

A l'inverse, Paca a perdu plus de 2 800 personnes au jeu des migrations résidentielles avec Languedoc-Roussillon et plus de 1 500 avec Midi-Pyrénées.

 

Solde avec les autres régions de métropole en cinq ans

 

L'attractivité de Paca s'infléchit, malgré l'attraction renforcée des départements alpins

Les derniers recensements révèlent que la région Paca est moins attractive que par le passé. Au jeu des mouvements migratoires avec les autres régions métropolitaines, Paca gagne en effet moins d'habitants sur la période récente que sur la période 1990-1999. Le solde migratoire, c'est-à-dire l'excédent des arrivées sur les départs, est passé de près de 17 000 par an en moyenne sur la période 1990-1999 à moins de 13 000 depuis 2000. Ce phénomène n'est pas nouveau puisque, dans les années 70, le gain de population dû aux migrations avec les autres régions métropolitaines s'établissait à environ 30 000 habitants par an dans la région.

Cela reflète des situations départementales contrastées :
Sur la période récente, les flux les plus importants sont au départ ou à destination des Bouches-du-Rhône, du Var et des Alpes-Maritimes. Parmi ces départements, c'est le Var qui gagne le plus d'habitants, tandis que les Bouches-du-Rhône sont légèrement déficitaires vis-à-vis des autres départements français. La perte de 600 habitants par an dans les Bouches-du-Rhône résulte d'un gain de 2 000 personnes avec les autres régions françaises, mais d'un déficit de 2 600 personnes avec les autres départements de la région, notamment le Var et le Vaucluse.
Relativement à leur population, ce sont les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes et le Var qui enregistrent les taux de migration les plus élevés.

En comparant les deux décennies (années 90 et années 2000), des divergences relatives à l'attractivité apparaissent selon les départements :

- les départements alpins (Alpes-de-Haute-Provence et Hautes-Alpes) sont les plus attractifs sur le plan démographique,

- l'attractivité du Vaucluse et du Var se stabilise ; dans le Var, elle reste à un niveau très élevé,

- les départements les plus peuplés, Alpes-Maritimes et Bouches-du-Rhône, sont devenus moins attractifs.

 

Migrations résidentielles et solde migratoire avec le reste de la France métropolitaine en 1999 et 2006

 

Des enjeux pour demain
Faut-il s'inquiéter de la perte d'attractivité de Paca ?
Quelles sont les conséquences d'une perte d'attractivité durable dans le domaine économique et social ?
Comment identifier les facteurs de cette perte d'attractivité observée dans la durée pour éclairer les politiques publiques concernées ?

 

Les migrations résidentielles modifient peu la structure de la population de Paca

L'image que l'on se fait des nouveaux arrivants peut parfois être erronée. Contrairement aux idées reçues, il est faux de dire que les départements du Sud accueillent principalement des retraités.
Pour autant, le jeu des migrations modifie peu la structure de la population présente, ou du moins très lentement.

Les migrations ne vieillissent pas la population

Les migrations ont peu d'influence sur la structure par âge de la population. Celle-ci dépend surtout du vieillissement des habitants présents, ainsi que de l'excédent des naissances sur les décès.
En particulier, les migrations ne vieillissent pas la population de la région. Au contraire, elles contribuent à ralentir légèrement ce vieillissement, notamment dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Bouches-du-Rhône. Ainsi, dans la région, la part des personnes âgées de 60 ans ou plus est passée de 23,3 % en 1999 à 24,6 % en 2006. Elle serait actuellement de 0,1 point supérieure en l'absence de migrations (jusqu'à 0,3 point dans les Alpes-de-Haute-Provence).

Entre 2001 et 2006, Paca accueille chaque année 6 800 actifs et 2 800 retraités supplémentaires

La région accueille chaque année 6 800 actifs mais seulement 2 800 retraités. Elle se classe d'ailleurs au 3e rang pour l'accueil des actifs sur la période 2001-2006 (en taux de migration net). Paca se situe ainsi juste derrière l'Aquitaine et Midi-Pyrénées.
Au sein de la région, le département des Bouches-du-Rhône est le seul à être déficitaire au jeu des échanges migratoires avec les autres départements français. Il est également le seul à perdre des retraités. Ce département, qui héberge deux pôles universitaires, gagne à l'inverse de nombreux jeunes de moins de 24 ans venus y poursuivre leurs études.
Les autres départements sont dans une situation inverse : ils gagnent des actifs et des retraités et perdent des étudiants. Hormis les Bouches-du-Rhône, tous les départements gagnent en moyenne deux fois plus d'actifs que de retraités. Au total, le taux de migration net de Paca ne se positionne qu'en 12e position pour les retraités.

Les migrations ont peu d'effets sur la structure par catégorie socioprofessionnelle

Au jeu des migrations résidentielles, la région Paca gagne de nombreuses personnes exerçant une profession intermédiaire ou de niveau employé. Proportionnellement au nombre d'actifs de chacune des catégories socioprofessionnelles déjà présentes sur le territoire, ce sont surtout les cadres et les professions intermédiaires qui sont renforcés par les migrations.

Paca se situe au 3e rang pour l'accueil des cadres

La région Paca est ainsi très attractive pour les cadres. Paca se situe en 3e position pour l'accueil des cadres, avec un taux de migration nette de 54/10 000.

Au final, les migrations ont peu d'effets sur les structures démographiques. En effet, le profil des sortants et des entrants se ressemble souvent, en particulier pour les catégories traditionnellement les plus mobiles (jeunes et cadres). Seul le solde migratoire agit sur les structures démographiques et il est très faible en proportion de la population résidente.

Paca gagne des habitants dans toutes les tranches d'âge, à l'exception des 18-20 ans

Pour chaque âge, le solde migratoire est faible au regard de la population stable ; il ne modifie donc pas la structure par âge de la population régionale. Cependant, le déficit des 18-20 ans interpelle. C'est pour l'essentiel une conséquence du départ des jeunes pour poursuivre leurs études ailleurs.
En particulier, Paca a perdu 5 000 étudiants sur la période 2001-2006 (ce qui représente 3 % de la population étudiante de 2006). Parmi les étudiants qui quittent la région, 30 % vont en Île-de-France, 20 % en Rhône-Alpes et 19 % en Languedoc-Roussillon.

 

Solde des migrations résidentielles par âge sur 5 ans

 

Des enjeux pour demain
Comment permettre aux étudiants de la région d'y poursuivre leurs études (offre de formations, coût/accès au logement étudiant) ?
Comment offrir des logements et services adaptés aux besoins des étudiants alors que la demande de logements est de plus en plus concurrentielle, notamment pour les petits logements ?

 

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4 - Le fonctionnement du territoire

La croissance démographique et le développement des infrastructures et des services de transport modifient la structure du territoire et son organisation.
Où habitent les populations ? Où travaillent-elles ? Comment accèdent-elles aux équipements ?

La région Paca est sous influence urbaine

La région Paca est fortement urbanisée : ses 35 aires (13 grandes, 7 moyennes et 15 petites) concentrent 93 % de la population régionale.
Les seules treize grandes aires urbaines de Paca comptent 88 % de la population. À elles seules, les quatre plus importantes (Marseille - Aix-en-Provence, Nice, Toulon et Avignon) en représentent 78 %.

Cette influence urbaine est nettement plus accentuée en Paca qu'en moyenne en "France de Province" (c'est-à-dire en France métropolitaine hors aire urbaine de Paris). Ainsi, en Paca, seulement 3 % de la population régionale ne subit pas directement l'influence d'un ou plusieurs pôles, contre le double en province.

Cependant, le "rural" ne se limite pas à des communes isolées hors influence des pôles. Il est également présent dans les couronnes périurbaines des pôles (moyens et petits). Mais en Paca, ces couronnes sont nettement moins rurales qu'en moyenne en province : un habitant sur deux des couronnes des moyens pôles réside dans une commune rurale, contre la quasi-totalité (96 %) en France de Province.


Zoom sur la carte Une population concentrée dans les grands pôles urbains du littoral

 

Des enjeux pour demain
Quel équilibre entre concentration des emplois et dispersion de l'habitat ?
Comment développer les transports publics de façon la plus efficace possible ?
Faut-il concentrer l'emploi, le logement, le long des axes de transports en communs existants ?
Comment mettre en place des coopérations interterritoriales (métropolisation) ?

En Paca, la périurbanisation est très marquée

En termes de volume, ce sont les grands pôles qui concentrent le plus d'habitants et qui en gagnent le plus. Mais en termes de croissance démographique, ce sont les couronnes qui ont le plus progressé dans la région : leur population a triplé depuis 1962.

La périurbanisation est nettement plus marquée en Paca qu'en moyenne nationale. En effet, tout en continuant à travailler dans les pôles qui concentrent l'emploi, une part croissante de population s'éloigne des grandes villes, pour accéder à la propriété ou simplement vivre dans un logement plus grand ou moins cher.

Les communes isolées de la région Paca continuent de se peupler depuis les années 80, à l'inverse de la France dans son ensemble. Par ailleurs, on n'observe pas de désertification du "rural" en Paca.

 

Evolution de la population par type d'espace

 

Population par type d'espace en 2008
nombre
Paca France métropolitaine
Source :Insee - RP
Grands pôles 3 955 445 36 513 532
Couronne de grands pôles 340 867 11 566 682
Communes isolées 131 495 2 932 987

 

Des enjeux pour demain
Comment créer une solidarité entre les territoires, en particulier dans les domaines du logement et des transports ?
Comment gérer la pression foncière sur les zones périurbaines ?
Comment adapter l'offre de transports, d'équipements et de services aux besoins des populations périurbaines ?

 

En Paca, les marges de progrès sont importantes pour réduire les émissions de CO2

Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, le Grenelle de l'environnement vise à réduire de 11 % le CO2 émis par les transports d'ici 2020. Les trajets quotidiens, liés au travail et aux études, sont un terrain d'action privilégié pour développer des pratiques de mobilité durable. En Paca, les marges de progrès sont importantes.

Les trajets quotidiens des actifs et étudiants concernent 2 millions de personnes dans la région. Ils correspondent à 8,7 milliards de km parcourus chaque année (soit 33,6 millions de km par jour), nécessitent 470 millions de litres de carburant et sont responsables de l'émission de 1,1 million de tonnes de CO2 par an.
Entre 1999 et 2007, les trajets domicile-travail se sont allongés de 9 % en moyenne, notamment sur les liaisons allant des périphéries vers les villes-centres.

 

Émissions importantes entre les villes de Paca

 

Une partie des marges de progrès portent sur les principales liaisons régionales. Leur efficacité carbone varie de 115 et 145 g/km/personne. Parmi les liaisons les plus fréquentées, les moins efficaces sont Aix-Vitrolles, Marseille-Vitrolles et Marseille-La Ciotat. L'efficacité carbone est en règle générale meilleure lorsque le lieu de travail est situé dans une grande ville ; en effet, d'une part la partie terminale du trajet y est facilitée par l'existence d'un réseau de transports en commun dense ; d'autre part les difficultés de stationnement peuvent dissuader d'utiliser l'automobile.

Par ailleurs, la liaison la plus fréquentée, entre Marseille et Aix-en-Provence, est empruntée par 18 000 personnes. Son efficacité carbone (entre 116 et 122 g de CO2/km suivant le sens) est bien classée au plan régional mais reste très en deçà d'un Strasbourg-Colmar (94 g de CO2/km pour 1 500 personnes) ou d'un Lyon-Saint-Etienne (106 g de CO2/km pour 3 000 personnes).

La bonne efficacité au plan régional des liaisons Antibes-Nice et Cannes-Nice (115 g de CO2/km) est à souligner. Elle tient à une part du transport en commun d'environ 25 %, possible grâce à l'offre de TER le long de cette bande littorale. C'est loin d'être le cas pour se rendre sur le pôle d'emploi de Sophia-Antipolis, ou entre Fréjus et Saint-Raphaël.

Pour les principales liaisons à destination de Toulon, la part des transports en commun atteint au mieux 15 % ; elle ne dépasse pas 10 % autour d'Avignon.

 

Des enjeux pour demain
Comment l'aménagement du territoire peut-il contribuer à diminuer les déplacements ?
Comment concilier le besoin de mobilité et la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre ?
Comment améliorer l'offre de transports en commun sur le territoire ?
Doit-on privilégier le développement de l'emploi (notamment tertiaire) le long des axes de transports en commun existants ? A proximité des pôles d'échanges ?

 

Les terres agricoles de Paca subissent une forte pression de l'urbanisation

En Provence-Alpes-Côte d'Azur, les dynamiques démographiques des dernières décennies, particulièrement fortes dans l'espace rural et périurbain, sont consommatrices d'espace et mettent en péril les terres agricoles. De 1970 à 2000, la surface agricole productive (Surface agricole utilisée dont est déduite la surface toujours en herbe peu productive comme les landes, etc.) a diminué de 20 % dans la région.
La concurrence entre les différents usages du sol est particulièrement forte en Paca. Les nombreux reliefs, les espaces remarquables protégés et les zones à risques, inconstructibles, reportent la pression sur les autres espaces, naturels ou agricoles.

 

Typologie des communes rurales.......

 

En Paca, trois groupes de communes subissent une pression de l'urbanisation. Elles sont situées à proximité du littoral, autour de l'agglomération avignonnaise et dans un vaste arrière-pays.
Dans ces trois groupes, proches des axes majeurs de communication, la croissance démographique est rapide, essentiellement grâce au solde migratoire. Un solde naturel positif renforce cette dynamique, contrairement aux zones montagneuses. Les nouveaux arrivants proviennent pour moitié des pôles urbains de la région et pour un tiers des autres régions françaises. Ce sont surtout des familles avec enfants, des cadres et des professions intermédiaires. Ils renforcent ainsi les caractéristiques des populations déjà présentes. Or, ces ménages ont tendance à rechercher des logements individuels, consommateurs d'espace. Dans l'ensemble de ces trois groupes, 73 % des logements sont des maisons, contre 41 % en moyenne dans la région.

Le premier groupe, à proximité de l'espace dense du littoral et dans la moyenne vallée de la Durance, est particulièrement exposé. Sa croissance démographique est rapide depuis 1999 (1,6 % par an), celle des logements également (1,9 %). La pression de l'urbanisation est importante sur les terres agricoles, qui couvrent encore un quart du territoire. En perte de vitesse, l'agriculture a du mal à résister : plus de la moitié des biens agricoles vendus perdent leur vocation agricole.

Dans le deuxième groupe, situé autour de l'agglomération avignonnaise, la population croît moins rapidement (1 % par an), mais la construction de logements et de locaux d'activité est particulièrement intensive et peu concentrée. Dans un territoire où la moitié des surfaces sont agricoles, les risques de conflit d'usage des sols sont donc nombreux. Néanmoins, la présence de nombreuses Appellations d'Origine Protégée prestigieuses renforce la résistance des parcelles agricoles : deux tiers des biens agricoles vendus conservent ainsi leur vocation.

Les communes d'un troisième groupe, plus éloignées des pôles urbains, sont situées dans l'arrière-pays. La population croît rapidement (+ 1,6 % par an en moyenne). De plus en plus de ménages y installent en effet leur résidence principale, souvent au prix de déplacements quotidiens importants : 65 % des actifs travaillent ainsi hors de leur commune de résidence (contre 46 % au niveau régional). Pour ces petites ou moyennes communes à faible densité de population, on parlera plutôt de mutation que de pression exercée sur le territoire, avec un risque réel de mitage des terres agricoles, qui occupent 30 % du territoire en 2000.

 

Des enjeux pour demain
Comment concilier attractivité démographique, pression de l'urbanisation et consommation d'espace ?
Comment préserver les terres agricoles et naturelles afin de respecter les préconisations du Grenelle de l'environnement ?

 

Paca est une région bien équipée mais des populations sont encore isolées

Les communes de Provence-Alpes-Côte d'Azur sont en moyenne très peuplées, étendues et peu nombreuses. Leur niveau d'équipement moyen, c'est-à-dire l'éventail des services offerts, est donc supérieur à celui du niveau national, pour les gammes d'équipements de proximité (écoles, les médecins généralistes ou les boulangeries), intermédiaire (collèges, les opticiens ou les supermarchés) et supérieure (les lycées, les établissements hospitaliers ou les hypermarchés, équipements de santé ou sociaux).

La population régionale étant concentrée dans les pôles urbains, elle est proche de l'offre en services et équipements dans l'ensemble. Cette particularité régionale s'accentue lorsqu'on "monte" dans les gammes d'équipements.
En outre, le niveau d'équipements moyen des communes de la région est globalement adapté à leur population. Les communes de l'espace rural s'avèrent même particulièrement bien dotées : les équipements y sont en effet très diversifiés compte tenu du nombre d'habitants.

Cependant, il existe de grandes inégalités d'accès au sein du territoire régional. Certaines populations sont en effet très éloignées des équipements et services : 82 000 personnes sont à plus d'une heure "aller-retour" de ceux de la gamme supérieure. Les populations éloignées se situent principalement en territoire de montagne.
De plus, 12 % de la population rurale est située à plus de 30 minutes "aller-retour" des équipements intermédiaires. Pour la gamme supérieure, 41 % de la population est à plus de 40 minutes en moyenne d'une telle offre. Elles sont même 17 % à plus d'une heure "aller-retour". Cette proportion est quatre fois supérieure à celle de la métropole (4,5 %) et deux fois plus élevée que celles du Languedoc-Roussillon (8,4 %) et de Rhône-Alpes (10 %).

Paca est ainsi la région de métropole qui compte la plus forte proportion d'habitants de l'espace rural aussi éloignés de l'offre intermédiaire ou supérieure, après la Corse.

 

Des communes éloignées de l'offre en équipements et services

 

Des enjeux pour demain
L'accès aux services et aux équipements constituant un facteur essentiel d'attractivité à la fois pour les entreprises et pour les ménages, comment adapter l'offre locale de services et d'équipements aux besoins des populations (familles, actifs, retraités ) ?

 

5 - Quelques scénarios pour 2030

La région Paca a connu une croissance démographique remarquable. Ce phénomène va-t-il se poursuivre ?

Une croissance démographique ralentie à l'horizon 2030

Entre 5,3 et 5,5 millions d'habitants à l'horizon 2030 ; selon le scénario central : 5,4 millions, soit environ 24 000 habitants de plus chaque année

Si les tendances démographiques récentes perduraient, la population de Paca passerait de 4,9 millions d'habitants en 2009 à 5,4 millions en 2030. En faisant varier ce scénario, la population projetée oscille entre 5,3 et 5,5 millions.
La croissance démographique régionale ralentirait nettement par rapport aux vingt dernières années (+ 0,5 % par an en projection, contre + 0,8 % en moyenne depuis 1999).

 

Des enjeux pour demain
Comment accompagner la croissance démographique de Paca qui devrait se poursuivre dans les prochaines années ?
Comment accueillir les nouveaux habitants ?
Quels seront les besoins des populations présentes ?

Le solde naturel se tasserait et l'apport migratoire diminuerait

Au cours des vingt prochaines années, les deux facteurs d'évolution de la population, c'est-à-dire le solde migratoire et le solde naturel, seraient en baisse. Avec le vieillissement de la population, les décès devraient progressivement prendre le pas sur les naissances, freinant la croissance démographique.

Le solde migratoire de Paca, positif avec les autres régions, contribuerait moins que par le passé à la croissance démographique régionale. Les migrations deviendraient donc le seul moteur de la croissance de la population mais ce moteur devrait faiblir, la région devenant moins attractive.

Ce phénomène n'est pas nouveau : dans les années 70, le gain de population dû aux migrations s'établissait à environ 30 000 habitants par an dans la région. Depuis, il s'est progressivement tassé, fléchissant à 17 000 habitants par an entre 1990 et 1999, puis à 13 000 par an au début des années 2000.

En 2030, un habitant de Paca sur trois aurait 60 ans ou plus, contre un sur quatre aujourd'hui

En Paca comme en France, l'arrivée aux grands âges des générations issues du baby-boom constitue un changement démographique majeur.
D'ici 2030, selon le scénario central, le nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus augmenterait de 46 % dans la région, alors que le nombre des moins de 60 ans serait stable. En 2030, un habitant de Paca sur trois aurait 60 ans ou plus, contre un sur quatre aujourd'hui. Quel que soit le scénario retenu, la proportion de personnes de 60 ans ou plus dans la population sera en forte hausse par rapport à celle d'aujourd'hui.
Le nombre de personnes âgées de plus de 80 ans croîtrait de 70 %, amenant leur part à 9 % de la population régionale (6 % actuellement).

 

Pyramide des âges en 2007 et en 2030 (projection selon le scénario central)

 

Des enjeux pour demain
Comment accompagner le vieillissement de la population ?
Comment adapter l'offre d'équipements et de services aux besoins des seniors (loisirs, culture, santé, transports...) ?
Quelles mesures sont à mettre en oeuvre pour prendre en charge la dépendance, notamment aux grands âges (structure d'accueil, soins à domicile...) ?

 

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septembre 2012 - n° 7

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