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Recherche et développement en Languedoc-Roussillon : Un potentiel de recherche et une dynamique du secteur privé

Sylvie GOMEZ - INSEE

Résumé

Le Languedoc-Roussillon occupe le quatrième rang des régions métropolitaines pour l'intensité des activités de recherche et développement (R&D), malgré une modeste contribution de la recherche privée. L'importance de la recherche publique et l'essor de la recherche privée, caractérisent la R&D en Languedoc-Roussillon. En 10 ans, le budget des entreprises consacré aux travaux de recherche et développement a plus que doublé en Languedoc-Roussillon. C'est la seconde plus importante évolution régionale de cette décennie, après Midi-Pyrénées.

Sommaire

Publication

En 2009, les entreprises et les administrations du Languedoc- Roussillon ont dépensé près de 1 700 millions d'euros pour leurs activités internes de recherche et développement (DIRD). (1)
C'est dix fois moins qu'en Île-de-France, qui concentre 40 % de la recherche et du développement en France. Toutefois, par rapport à 2008, la progression de la dépense en Languedoc-Roussillon est deux fois plus importante qu'en moyenne nationale (+ 7,9 % contre + 3,8 %). Les entreprises de la région ont poursuivi leur effort de recherche en dépit de la crise économique et financière : leur dépense intérieure de recherche et développement a augmenté de + 1,7 % entre 2008 et 2009.

Un quatrième rang national pour l'intensité de recherche, à nuancer

Les dépenses internes de recherche et développement réalisées en Languedoc-Roussillon représentent 2,8 % du PIB régional. Ce ratio exprime la part des ressources consacrée par la région à la R&D, appelée l'intensité de R&D. Il situe la région au quatrième rang des régions de France métropolitaine, après Midi-Pyrénées, l'Île-de-France et la Franche- Comté (Graphique 1).

Un quatrième rang à nuancer

La stratégie européenne de 2020 intègre la recherche et l'innovation au coeur de ses priorités. Baptisée « Union de l'innovation », son enjeu est de garantir compétitivité, croissance et emploi.
L'Union de l'innovation a fixé un seuil minimum à atteindre, pour les investissements en recherche et développement, de 3 % du PIB à l'horizon 2020. Cet objectif devrait permettre une croissance économique durable, accompagnée d'une hausse quantitative et qualitative de l'emploi. En 2009, le Languedoc-Roussillon apparaît proche de cette cible. Toutefois, ce résultat est à nuancer étant donné le niveau modéré du PIB de la région (62 500 millions d'euros).

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Deux tiers des dépenses régionales de R&D issues de la sphère publique

L'Union de l'innovation recommande aussi que le seuil de 3 % du PIB se partage entre 1 % de financement public et 2 % d'investissements du secteur privé. Or, dans la région, les deux tiers des dépenses de recherche émanent au contraire des administrations, donc de la sphère publique.

Le Languedoc-Roussillon figure en tête des régions françaises pour l'intensité de recherche publique. En effet, en 2009, la dépense intérieure de recherche-développement des administrations (DIRDA) représente 1,9 % du PIB régional, soit deux fois plus qu'en moyenne nationale (0,8 %). La recherche publique, en Languedoc-Roussillon, repose sur trois acteurs :

  • Les EPIC (2) : 54 % du budget de recherche publique régionale leur est alloué. C'est la principale structure d'exécution de la recherche publique dans la région. On y trouve notamment l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (IFREMER) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD)
  • Les EPST (3) : ils regroupent 30 % des dépenses régionales. Le Centre national de recherche scientifique (CNRS) concentre à lui seul 18 % des dépenses des EPST. L'lnstitut de recherche agronomique (INRA) et l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) font également partie des établissements publics à caractère scientifique et technique.
  • Les Universités, qui représentent 16 % du budget de recherche publique régionale.

La recherche publique, dans la région, emploie 9 600 personnes, en équivalent temps plein, en 2009, dont 5 500 chercheurs (Tableau 1). Parmi ces chercheurs, 1 800 travaillent dans des EPST et 1 400 dans des EPIC.

La plupart des chercheurs de la région (70 %) travaillent dans des domaines d'études peu diversifiés du secteur public : un chercheur sur deux fait de la recherche académique et un chercheur sur cinq travaille dans la recherche pour le développement des pays du sud (principalement l'Afrique sub-saharienne) au sein du CIRAD.

Tableau : (cliquer pour afficher)

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Des échanges peu développés entre les entreprises et la recherche publique

Les entreprises du secteur privé qui font de la R&D ne réalisent pas toujours l'ensemble de leurs activités de recherche en interne. Elles peuvent externaliser tout ou partie de ces activités à d'autres entreprises ou bien à la recherche publique.

En 2008, les petites et moyennes entreprises de 20 à 249 salariés du Languedoc-Roussillon, qui ont réalisé une activité de recherche, ont fait appel à un partenaire extérieur pour un montant de 10,2 millions d'euros : les travaux ont été sous-traités pour 9,4 millions (soit 92 %) à des entreprises de la sphère privée et pour 800 000 euros à des organismes du secteur public. Ceci confère à la région Languedoc-Roussillon le quatorzième rang des régions françaises pour les transferts de la sphère privée vers la sphère publique.
La région se caractérise par une dépense extérieure de recherche (DERD) (4) issue des entreprises, confiée en quasi-totalité au secteur privé et non au secteur public. Toutefois, les entreprises de 20 à 249 salariés confient un peu plus de travaux de recherche à la sphère publique que ne le font les entreprises ayant moins de 20 salariés : 9 % contre 6 %.

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Concentration sectorielle et géographique

La R&D privée est surtout concentrée dans les grandes entreprises. En effet, près des trois quart des dépenses (72 %) soit 400 millions d'euros, proviennent des entreprises de 250 salariés et plus. En 2009, les entreprises de moins de 250 salariés ont participé à hauteur de 155 millions d'euros à la DIRDE, soit 28 % de la dépense de recherche régionale, alors qu'elles emploient 60 % des salariés.

Les entreprises relevant de la haute technologie réalisent l'essentiel de la DIRDE. En effet, plus des deux tiers (70 %) des dépenses de R&D régionale privée sont effectuées dans ce secteur.

En 2009, la recherche privée régionale emploie 4 600 salariés (en équivalent temps plein), soit 2 % des effectifs nationaux. Parmi eux, 2 400 sont des chercheurs. La moitié d'entre eux effectue des travaux de recherche dans des entreprises de moins de 250 salariés. La concentration sectorielle des chercheurs de R&D en Languedoc-Roussillon est très forte : 42 % des chercheurs en entreprises travaillent dans le secteur de la pharmacie-chimie et 31 % dans celui des services.

Outre cette concentration sectorielle, la recherche et le développement sont très regroupés géographiquement, au sein des grandes aires urbaines. Ainsi, l'aire urbaine de Montpellier concentre plus de 56 % des emplois de conception-recherche (cf. Encadré 2).

Encadré 1 : Neuf chercheurs pour mille emplois

Le secteur de la R&D emploie 14 000 personnes dont 8 000 chercheurs (en équivalent temps plein), soit 4 % des effectifs nationaux de R&D, plaçant le Languedoc-Roussillon au sixième rang des régions françaises. Avec un ratio de neuf chercheurs pour mille emplois salariés, la région occupe également la sixième position sur le plan national (Graphique 2).

Le réservoir d'emplois et de dépenses de R&D peut être considéré comme un potentiel d'offre dont les entreprises peuvent bénéficier. Notamment, celles qui s'implantent dans la région.

Neuf chercheurs pour 1 000 emplois

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Encadré 2 : Les emplois de conception-recherche concentrés à Montpellier

Plus d'un actif sur deux occupant une fonction de conception-recherche travaille dans l'aire urbaine de Montpellier. Ceci s'explique en partie par la présence forte de la recherche publique sur ce territoire. D'autres territoires, caractérisés par une activité très spécifique, peuvent concentrer des emplois de conception-recherche. C'est la cas de l'aire urbaine de Bagnols-sur-Cèze, où 9 % des emplois occupés sont des emplois de conception-recherche. L'implantation du site nucléaire de Marcoule, sur la commune de Chusclan, explique cette proportion. La part de l'emploi de conception-recherche est relativement faible dans la région Languedoc-Roussillon. Cette fonction représente en effet moins de 2 % de l'emploi régional, soit 16 000 emplois, sur 922 000 déclarés au recensement de la population.

Le nombre d'emplois liés à la fonction conception-recherche, au sens du recensement, diffère du nombre de chercheurs estimé à partir des enquêtes du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche. Le champ retenu ici dépasse largement le champ de la recherche au sens strict, mais il a l'avantage de permettre de localiser l'emploi par aire urbaine.

Les professions occupées par les actifs lors du recensement sont regroupées en 15 grandes fonctions, dont la fonction de conception-recherche. Ces fonctions sont présentes à différents niveaux du processus de production. Elles sont transversales aux secteurs d'activité, aux niveaux de qualification (ingénieurs, techniciens) et aux statuts (indépendant ou salarié, des secteurs public ou privé).

Tableau 2 : Répartition des emplois de conception-recherche
par aire urbaine
Aire urbaine Emplois de conception-recherche Emploi total Part de la conception-recherche dans l'emploi régional
(%)
Contribution de l'aire urbaine à l'emploi régional de conception-recherche
(%)
Source : Recensement de la population - 2008
Montpellier 9 000 225 250 4,0 55,7
Nîmes 1 150 97 200 1,2 7,1
Bagnols-sur-Cèze 1 000 11 350 8,8 6,2
Perpignan 800 107 850 0,7 5,0
Alès 450 37 350 1,2 2,8
Béziers 350 55 100 0,7 2,2
Sète 300 27 300 1,1 1,9
Carcassonne 200 38 200 0,6 1,2
Narbonne 200 34 300 0,6 1,2
Autres aires urbaines 2 650 288 250 0,9 16,4
dont communes multipolarisées des grandes aires urbaines 1 300 51 900 2,5 8,0
Languedoc-Roussillon 16 150 922 150 1,8 100

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Une croissance de la dépense privée de R&D très dynamique

En 10 ans, la dépense interne des entreprises (DIRDE) a progressé de + 160 % (Graphique 3). Cette progression a fait passer la région du dix-huitième au onzième rang des régions de France métropolitaine. En 2009, cette dépense atteint 550 millions d'euros. C'est la croissance la plus forte après celle de Midi-Pyrénées (+ 180 %). Elle est notamment portée par les grandes entreprises : les dépenses internes des entreprises de moins de 250 salariés de la région ont, en effet, progressé moins rapidement (+ 110 %).

Une croissance de la DIRDE des plus dynamiques
 en Languedoc-Roussillon

De 2002 à 2007, dans l'industrie manufacturière, les dépenses des entreprises classées en haute technologie (5) , ont doublé dans la région. Cette augmentation a permis au Languedoc- Roussillon de progresser de la neuvième à la cinquième place. Parallèlement, les dépenses dans le secteur des services ont augmenté, bien que plus faiblement (+ 28 %), et leur part dans la DIRD est restée stable, autour de 11 %.

Au cours de la décennie, le nombre de chercheurs (6) en entreprises a triplé, passant de 800 salariés (en équivalent temps plein) à 2 400 entre 1999 et 2009 (Graphique 4) et les personnels de soutien technique et administratif (7) des entreprises ont augmenté de + 75 %, passant de 2 650 à 4 650 salariés.

Le secteur public affiche une moindre dynamique : en effet, pour cette même décennie, la dépense interne des administrations (DIRDA) a augmenté deux fois moins vite (+ 82 %), passant de 620 millions d'euros en 1999 à 1 130 millions d'euros en 2009. Les effectifs de chercheurs ou personnels de soutien, quant à eux, ont progressé dix fois moins vite que dans le secteur privé.

À suivre : une enquête communautaire

La région Languedoc-Roussillon a été retenue pour participer à l'extension de l'enquête Communautaire sur l'innovation. L'INSEE interrogera environ 1 000 entreprises privées régionales de 10 à 249 salariés, des secteurs marchands non agricoles, sur l'innovation. Cette enquête est menée dans l'ensemble des pays de l'Union Européenne et prend appui sur des définitions harmonisées au niveau international (manuel d'Oslo (8) de l' Organisation de Coopération et de Développement Économique). Elle permet notamment de décrire le processus d'innovation, d'en mesurer le poids économique, d'évaluer ses effets et d'apprécier ses mécanismes (coopérations, moyens, freins, etc.). L'extension de l'enquête CIS est réalisée avec l'appui de l'Europe, de l'Etat et de la Région Languedoc-Roussillon dans le cadre de la Stratégie Régionale d'Innovation (cf. Encadré 3).

Graphique 4 : En dix ans, le nombre de chercheurs dans le secteur privé
    a triplé en Languedoc-Roussillon

Encadré 3 : Les quatre axes de la Stratégie Régionale de l'Innovation

En Languedoc-Roussillon, l'innovation est une priorité depuis plus de 15 ans.
La dynamique d'innovation s'appuie aujourd'hui sur la Stratégie Régionale d'Innovation (SRI), initiée par l'État et la Région sous l'impulsion de l'Europe.

  • La SRI s'appuie sur quatre axes stratégiques pour dynamiser le potentiel d'innovation régional. Ces quatre axes sont :
  • « Favoriser l'innovation pour tous » : toute entreprise, en tout point du territoire, peut bénéficier en Languedoc-Roussillon d'un appui dans ses démarches d'innovation, quel que soit le type d'innovation choisi (innovation technologique, mais aussi innovation marketing, organisationnelle, managériale ou sociale).
  • « Valoriser la matière grise » : pour dynamiser leurs projets innovants, les entreprises du Languedoc-Roussillon peuvent s'appuyer sur un vaste vivier de « matière grise » en mobilisant les organismes de recherche publique, les établissements d'enseignement supérieur et les Ecoles (plus de 200 laboratoires de recherche publique, plus de 5 000 chercheurs publics).
  • « Stimuler la convergence » : les entreprises peuvent innover en développant des collaborations avec les entreprises d'autres secteurs d'activité, notamment avec les entreprises des Technologies de l'information et de la communication (TIC) ; ceci, en s'appuyant sur une palette d'outils régionaux.
  • « Renforcer les connexions internationales » : les entreprises innovantes sont accompagnées dans leur accès aux marchés internationaux.

Le soutien à l'innovation technologique et à la «valorisation de la matière grise» est un axe fort de la Stratégie Régionale.
Une illustration : l'Europe, OSEO et la Région ont alloué depuis 2007 plus
de 58 M € pour l'innovation technologique et la R&D collaborative, dans le cadre du Fonds Régional d'Innovation.
L'ensemble des actions de la Stratégie Régionale d'Innovation et les outils à la disposition des entreprises qui innovent sont décrites sur le site : www.placedelinnovation.eu

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Repères Chiffres n° 03 - mars 2012

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