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En Aquitaine, 12 grandes aires urbaines structurent le territoire

Jérôme Scarabello

Résumé

L’Aquitaine compte 56 aires, d’après le nouveau zonage en aires urbaines 2010 basé sur les données du recensement 2008. La très grande majorité de la population vit dans un espace sous influence urbaine, au sens des relations domicile-travail, sans pour autant tous habiter la ville.

Douze "grandes" aires urbaines constituent l’armature régionale. La croissance de leurs grands pôles totalisant au moins 10 000 emplois est importante, mais celle de leurs couronnes l’est encore davantage.

L’aire de Bordeaux s’étend désormais jusqu’à l’océan et compte 1,1 million de résidents. Deux autres aires, Bayonne et Pau, dépassent les 200 000 habitants.

L’urbanisation se poursuit en Aquitaine, en lien avec l’attractivité de la région, avec une progression plus rapide à l’ouest qu’à l’est de la région. Elle se prolonge aussi le long des grands axes de communication, intensifiant des "linéaires urbains". L’extension territoriale n’explique pas seule les évolutions de population. La densification est aussi très marquée dans la région.

Sommaire

Encadré

Publication

Un nouveau zonage en aires urbaines

84 % des Aquitains résident dans l’espace des 56 nouvelles aires urbaines, révisées à partir du recensement de la population 2008. Parmi elles, 12 sont des grandes aires urbaines (cf. méthodologie), 6 des moyennes aires et 38 des petites aires. Leur dynamisme et leur attractivité dépendent de la concentration et du nombre de leurs emplois localisés.

Ce nouveau zonage en aires urbaines identifie les degrés d’influence des villes sur leur environnement. Contrairement au zonage précédent de 1990 revu en 1999, il ne distingue pas un espace à dominante urbaine d’un espace à dominante rurale. En effet, définir l’espace rural comme complément de l’espace sous influence urbaine ne suffit plus à rendre compte de la variété des interactions entre villes et campagnes.

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12 grandes aires urbaines

L’espace des douze grandes aires urbaines, au sein duquel vivent 73 % des Aquitains, occupe 38,5 % du territoire régional. En France métropolitaine, hors aire urbaine de Paris (France de province dans la suite du texte), l’espace des grandes aires rassemble une part plus grande du territoire et de la population.

Néanmoins, cet espace aquitain s’est densifié depuis 1999 (+ 213 000 habitants à périmètre "équivalent"). Les grands pôles ont une densité 5 fois et demie plus forte que celle de l’ensemble du territoire régional. Ils constituent le cœur de l’espace sous influence urbaine (au sens des migrations domicile-travail).

L’espace des autres aires (moins de 10 000 emplois) augmente. À type d’espace équivalent, excepté pour les petits pôles, les parts de population qu’elles représentent sont proches de celles observées en France de province.

Les "autres communes multipolarisées", qui complètent l’espace à dominante urbaine, comptent moins en termes de population. Elles relient entre elles des aires urbaines et créent des espaces urbains multipolaires comme Magescq ou Ychoux dans les Landes.

La région n’est pas complètement sous influence urbaine. Les communes isolées hors influence des pôles (26 % des communes et 30 % de la superficie) rassemblent 7,8 % de la population aquitaine, soit une part de deux points plus élevée qu’en moyenne nationale.

Trois aires urbaines des régions voisines empiètent sur l’Aquitaine : celles de Tarbes, Brive-la-Gaillarde et Souillac. À l’inverse, des aires aquitaines débordent hors des limites régionales, sur des communes de Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes et Limousin.

Carte : Délimitation des aires urbaines 2010


 

L’espace des grandes aires urbaines aquitaines concentre 73 % de la population

Répartition de l’espace et de la population par catégorie d’aires en Aquitaine
 
Catégories du zonage en aires urbaines de 2010 Nombre de communes Population en 2008 % France métro. hors aire urbaine de Paris Surface (km²) Densité (hab./km²)
Nombre %
Source : Insee, RP2008 exploitation principale
Espace des grandes aires urbainesGrandes aires urbaines 807 2 228 548 70,1 71,9 13 883 161
Grands pôles (10 000 emplois ou plus) 243 1 722 098 54,2 52,3 4 058 424
Couronne des grands pôles 564 506 450 15,9 19,6 9 824 52
Multipolarisé des grandes aires 136 98 199 3,1 6,4 2 023 49
Espace des autres airesMoyennes aires 67 95 776 3,0 4,2 892 107
Moyens pôles (5 000 à moins de 10 0000 emplois) 31 79 260 2,5 3,5 460 172
Couronne des moyens pôles 36 16 516 0,5 0,7 432 38
Petites aires 146 255 798 8,0 5,0 2 877 89
Petits pôles (1 500 à moins de 5 000 emplois) 110 242 391 7,6 4,7 2 309 105
Couronne des petits pôles 36 13 407 0,4 0,3 568 24
Autres communes multipolarisées 554 250 804 7,9 6,6 9 043 28
Communes isolées hors influence des pôles 586 248 500 7,8 5,9 12 566 20
Ensemble 2 296 3 177 625 100,0 100,0 41 284 77

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Davantage de population dans les grandes aires

Plus de six Aquitains sur dix (1 975 000 Aquitains) vivent dans les sept aires urbaines les plus peuplées : les cinq aires urbaines chef-lieux de département plus celles de Bayonne (partie française) et de Bergerac.

La population se concentre davantage dans les pôles (villes-centres) que dans l’espace périurbain (couronne des grands pôles et communes multipolarisées des grandes aires). Ce phénomène est plus marqué en Aquitaine qu’en France de province.

L’expansion des grandes aires urbaines et de leurs espaces périphériques se prolonge aussi le long des grands axes de communication. Des "linéaires urbains" s’intensifient, comme ceux de Bordeaux - Agen - Toulouse ou Pau - Bayonne.

Cette concentration urbaine s’accroît particulièrement dans la grande aire bordelaise et ses alentours, ainsi que sur la côte basque.

Ce phénomène ne se retrouve pas sur des territoires comme les Hautes Landes ou la frange intérieure pyrénéenne, où les communes isolées prédominent.

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Un Aquitain sur trois dans l’aire de Bordeaux

La population augmente dans l’ensemble des aires girondines, quelle que soit leur taille. L’aire urbaine bordelaise regroupe 1,1 million de personnes. Elle s’étend désormais jusqu’à la côte atlantique. Elle gagne une place dans la hiérarchie nationale en doublant Nice et devient la 6e aire urbaine de métropole, derrière Paris, Lyon, Marseille, Toulouse et Lille.

Avec une croissance de 200 000 personnes en neuf ans, elle accapare les trois quarts du gain démographique de l’Aquitaine. La population y est plus jeune que dans le reste de la région. L’excédent naturel est positif et supérieur à l’excédent migratoire.

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Les aires de Bayonne et Pau dépassent 200 000 habitants

La présence de deux autres aires urbaines de plus de 200 000 habitants limite la polarisation unique de la métropole régionale. L’aire de Bayonne bénéficiant de l’arrivée de nouveaux ménages en partie grâce à l’attrait du littoral (de Soustons à Hendaye) se hisse au deuxième rang régional. Elle devance désormais l’aire paloise. Elle enregistre la plus forte hausse relative de population et de superficie.

Agen, 4e aire urbaine régionale, dépasse les 100 000 habitants et profite de sa situation géographique médiane entre Bordeaux et Toulouse.

Parmi les grandes aires urbaines aquitaines, celles de Périgueux et Pau semblent moins dynamiques sur le plan démographique. Leurs villes-centres progressent davantage que leur couronne.

Une spécificité apparaît pour l’aire urbaine de La Teste-de-Buch - Arcachon : sa contiguïté avec la couronne périurbaine de Bordeaux ne permet pas à sa couronne de s’étendre.

L’extension territoriale peut parfois masquer une stagnation des mouvements démographiques dits naturel et migratoire. C’est le cas de Fumel ou Sarlat-la-Canéda, cette dernière étant la seule aire de la région dont la couronne est plus peuplée que le pôle.
 

En plus de celle de Bordeaux,
deux aires dépassent 200 000 habitants

Les 18 grandes et moyennes aires aquitaines selon la population
 
Libellé de l’aire urbaine en 2010 Population 2008
Source : Insee, RP2008 exploitation principale
Grandes aires urbainesBordeaux 1 105 257
Bayonne (partie française) 275 250
Pau 240 262
Agen 108 660
Périgueux 98 817
Bergerac 79 450
Mont-de-Marsan 67 330
Dax 62 427
La Teste-de-Buch - Arcachon 61 019
Villeneuve-sur-Lot 56 605
Libourne 35 920
Marmande 34 893
Moyennes airesOloron-Sainte-Marie 23 392
Sarlat-la-Canéda 19 180
Mourenx 15 852
Langon 13 327
Orthez 12 590
Capbreton 11 435

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Poursuite de l’urbanisation

Urbanisation et périurbanisation se combinent en Aquitaine puisque l’espace des aires urbaines s’accroît (surface et population), en lien avec l’attractivité de la région (1 % de nouveaux habitants par an).

Entre 1999 et 2008 et sur les mêmes périmètres, pendant que la région gagnait 9,3 % d’habitants supplémentaires, la population de l’espace des grandes aires urbaines progressait de 16,8 %, à un rythme plus soutenu.

L’expansion démographique des couronnes est plus rapide que celle des pôles. Ce phénomène se retrouve dans les régions limitrophes.

Sur près de dix ans, la couronne des grands pôles a le plus progressé relativement en termes de population. Cette croissance s’explique par une augmentation rapide de la population des nouvelles communes absorbées par les couronnes. Audenge et Biganos en sont deux exemples en Gironde. L’influence des villes s’accentue autour des grandes aires par la croissance du nombre de communes multipolarisées. Encore plus éloignées des villes-centres que les communes des couronnes des grands pôles, les communes multipolarisées partagent au moins 40 % de leurs actifs occupés entre plusieurs aires urbaines voisines.

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Progression plus modérée dans les moyens pôles

Dans l’espace sous influence urbaine, les moyens pôles (Sarlat-la-Canéda, Langon, Oloron-Sainte-Marie entre autres) enregistrent la plus faible progression. Certaines aires de plus petite taille parviennent toutefois à compenser le déclin démographique de leurs centres grâce à l’expansion de leurs couronnes et à leur dynamisme démographique.

La population des communes isolées hors influence des pôles a peu augmenté comme au niveau national.

Amorcée dans les années 90, la progression de l’urbanisation reste plus rapide à l’ouest qu’à l’est de la région.
 

Une croissance démographique plus marquée dans la couronne des grands pôles

Évolution de la population par catégorie d’aires
 
 
Catégories du zonage
en aires urbaines de 2010
Évolution 1999-2008 * (%)
Aires urbaines
aquitaines 2010
France métro. hors aire urbaine de Paris
* La population en 1999 est calculée sur le zonage de 2010.
Sources : Insee, RP1999 et RP2008 exploitations principales
 
 
 
Espace des grandes aires urbaines
Grandes aires urbaines 10,0 6,2
Grands pôles (10 000 emplois ou plus) 7,9 3,6
Couronne des grands pôles 17,7 13,6
Multipolarisé des grandes aires 12,3 10,5
 
 
 
 
Espace des autres aires
Moyennes aires 7,0 3,7
Moyens pôles (de 5 000 à moins de 10 0000 emplois) 6,1 2,7
Couronne des moyens pôles 11,2 9,4
Petites aires 7,4 2,4
Petits pôles (de 1 500 à moins de 5 000 emplois) 7,2 2,2
Couronne des petits pôles 11,8 5,8
Autres communes multipolarisées 10,1 8,5
Communes isolées hors influence des pôles 3,9 3,0
Ensemble 9,3 6,1

Carte : Variation de la densité de population lissée 1999-2008


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Double effet : extension et densification

En Aquitaine, l’extension territoriale n’explique pas à elle seule les évolutions de population. Elle se poursuit mais elle reste contenue par de réels effets de densification. La population des territoires déjà sous influence urbaine augmente aussi parce que de nouveaux habitants viennent s’y installer.

Ainsi, pour les aires urbaines de Dax et Libourne, la densification est importante et elle s’accompagne d’un mouvement de recomposition territoriale entre le pôle en extension et sa couronne.

Le développement des grandes aires urbaines peut aussi être la combinaison d’une densification et d’une extension. C’est le cas pour les aires de Bordeaux, Bayonne, Agen, Mont-de-Marsan, Villeneuve-sur-Lot et Marmande. Pour l’aire urbaine de Bordeaux, les effets de la densification et de l’extension sont équivalents.

Un troisième groupe, avec Pau, Périgueux, et La Teste-de-Buch - Arcachon, se caractérise par une densification marquée et peu ou pas d’extension.

Enfin, l’aire de Bergerac, moins dynamique, est plus atypique : ni la densification, ni l’extension n’y sont suffisantes pour déterminer la forme de la croissance.

Les communes multipolarisées pourraient préfigurer les lieux vers lesquels s’opèreront les futures extensions d’aires urbaines, dans des espaces de plus en plus lointains.

Ce développement serait favorisé ou au contraire freiné par l’évolution du marché immobilier ou encore le dynamisme de la construction de logements. Les problématiques de foncier (prix et disponibilité), mais aussi de concentration des emplois seraient à étudier.

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Encadré

Le zonage en aires urbaines 2010

Méthode

Le zonage en aires urbaines 2010 a pour objectif d’avoir une vision des aires d’influences des villes (au sens des unités urbaines, zone de bâti continu qui compte au moins 2 000 habitants) sur le territoire. Ce nouveau zonage est basé sur les données du recensement de population 2008 et plus particulièrement l’emploi et les déplacements domicile-travail.

La méthode d’élaboration de ce zonage 2010 consiste dans un premier temps à retenir les unités urbaines de plus de 1 500 emplois qualifiées de pôles. Parmi ceux-ci, on distingue les grands pôles urbains (unités urbaines de plus de 10 000 emplois), les moyens pôles (unités urbaines de 5 000 à 10 000 emplois) et les petits pôles (unités urbaines de 1 500 à 5 000 emplois).

La seconde étape consiste à définir les couronnes des grands pôles urbains, soit l’ensemble des communes ou unités urbaines dont au moins 40 % des actifs résidents travaillent dans le pôle et les communes attirées par celui-ci par un processus itératif.

L’ensemble constitué par un grand pôle urbain et sa couronne est appelé "grande aire urbaine".

Certaines communes ou unités urbaines ne sont pas attirées par une seule aire urbaine, mais par plusieurs. On définit le concept de communes multipolarisées des grandes aires comme les communes ou unités urbaines dont au moins 40 % des actifs résidents travaillent dans plusieurs grandes aires urbaines, sans atteindre ce seuil avec une seule d’entre elles.

On détermine par ailleurs les couronnes des moyens pôles et des petits pôles de la même manière que les couronnes des grands pôles.

L’ensemble formé par un moyen pôle et sa couronne est appelé "moyenne aire" et l’ensemble formé par un petit pôle et sa couronne, "petite aire".

Parmi les communes non présentes dans les grandes, moyennes et petites aires et qui ne sont pas multipolarisées des grandes aires, on détermine les "autres communes multipolarisées" dont au moins 40 % des actifs résidents travaillent dans au moins deux aires.

Les communes restantes sont nommées "communes isolées hors influence des pôles".

Les neufs catégories de communes définies précédemment sont donc regroupées en 4 types d’espace :

  • 1. Espace des grandes aires urbaines
    • 1.1 Grandes aires urbaines
      • 1.1.1 Grands pôles urbains de plus de 10 000 emplois
      • 1.1.2 Couronnes des grands pôles urbains
    • 1.2 Communes multipolarisées des grandes aires urbaines
  • 2. Espace des autres aires
    • 2.1 Moyennes aires
      • 2.1.1 Moyens pôles de 5 000 à 10 000 emplois
      • 2.1.2 Couronnes des moyens pôles
    • 2.2 Petites aires
      • 2.2.1 Petits pôles de 1 500 à 5 000 emplois
      • 2.2.2 Couronnes des petits pôles
  • 3. Autres communes multipolarisées
  • 4. Communes isolées hors influence des pôles

 

Sources

Les résultats présentés proviennent du recensement de la population de 2008, cumul des cinq enquêtes annuelles de recensement réalisées entre 2006 et 2010. Ils décrivent une situation moyenne au début 2008.

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