Au deuxième trimestre 2010, le taux de chômage à La Réunion s’élève à 28,9 %. Le taux d’activité progresse en un an de 1,4 point, sous l’augmentation combinée du nombre de chômeurs et de personnes en emploi. Malgré tout, le taux d’emploi reste stable, mais le temps partiel subi progresse sensiblement. Le « halo » autour du chômage, constitué des inactifs souhaitant travailler, se contracte légèrement.
Au deuxième trimestre 2010, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) est de 28,9 % à La Réunion pour la population âgée de 15 ans ou plus. Il est en augmentation de 1,6 point par rapport à 2009. La Réunion compte désormais 98 500 chômeurs, soit 9 500 de plus que l’an dernier.
Le taux de chômage des femmes reste plus important que celui des hommes : 30,0 % contre 28,0 %. Mais les pertes d’emplois ayant touché plus fortement des secteurs peu féminisés comme le BTP, la hausse du taux de chômage féminin est moins marquée : + 1,3 point entre 2009 et 2010, contre + 1,9 point chez les hommes. Pour les femmes, la hausse du taux de chômage est particulièrement importante chez les jeunes de 15 à 24 ans (+ 6,9 points). Tandis que chez les hommes, ce sont les 25-49 ans qui sont le plus touchés, avec une hausse du taux de chômage de 2,2 points.
Le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans progresse de 3,2 points en un an, et s’élève à 55,3 % en 2010. Entre 25 et 49 ans, 28 % de la population active est au chômage, et 16,1 % entre 50 et 64 ans.
La population active rassemble 341 000 personnes en emploi ou au chômage au deuxième trimestre 2010, soit 14 300 personnes supplémentaires en un an. Cette évolution reflète la hausse du nombre de chômeurs (+ 9 500) et des actifs occupés (+ 4 800). Le taux d’activité des 15-64 ans s’élève ainsi à 61,3 %, en hausse de 1,4 point. Bien qu’en progression régulière, le taux d’activité réunionnais reste inférieur de 10 points au taux de France métropolitaine.
Cette année, l’augmentation résulte majoritairement d’une présence plus importante des femmes sur le marché du travail, en cette période de crise économique. Historiquement bas, le taux d’activité des femmes progresse de 1,5 point et atteint 54,7 %. Il demeure toutefois bien en deçà des taux d’activité enregistrés en France métropolitaine (66,3 % début 2010), ou dans les autres Dom.
Malgré la crise, on compte au deuxième trimestre 2010 près de 5 000 personnes en emploi de plus qu’au deuxième trimestre 2009. À l’exception notoire de l’année 2009, cette hausse est continue depuis 2003. Il s’agit pour près de 2 700 d’entre eux de nouveaux emplois salariés, auxquels s’ajoutent 2 300 emplois non salariés.
L’évolution de l’emploi salarié est fortement contrastée: l’emploi marchand perd 3 600 postes tandis que l’emploi public est en progression et compte plus de 6 200 nouveaux emplois. La forte augmentation du nombre de contrats aidés au sein des collectivités locales explique en partie ces évolutions.
Toutefois, le taux d’emploi des 15-64 ans reste constant à 43,5 %, la population en emploi croissant à la même vitesse que la population totale.
L’écart entre les taux d’emploi masculins et féminins se réduit légérement : le taux d’emploi des femmes augmente de 0,3 point tandis que celui des hommes baisse de 0,5 point.
La résistance de l’emploi cache malgré tout un développement du sous-emploi, porté par le dynamisme des contrats aidés. Ainsi, la proportion d’emplois à temps partiel est en hausse de 1,1 point sur un an. Si le temps partiel est parfois choisi, il peut aussi être subi, certaines personnes souhaitant travailler plus d’heures. En 2010, 15,2 % des actifs occupés se déclarent en situation de temps partiel subi, contre 12,3 % en 2009.
La simple mesure du taux de chômage au sens du BIT ne permet pas d’appréhender la situation du marché du travail dans toute sa complexité. Certaines personnes souhaitent travailler, mais soit ne sont pas disponibles pour le faire, soit ne font pas de démarches de recherche, par découragement ou pour d’autres raisons. Classées inactives, elles constituent le « halo » autour du chômage.
Comparativement à 2009, le halo se contracte légèrement. En 2010, 159 000 personnes déclarent chercher un emploi. Parmi elles, 98 500 sont chômeurs (+ 9,7 %), 26 000 sont des actifs souhaitant changer d’emploi (- 8,4 %) et 35 000 des inactifs déclarant souhaiter travailler (- 9,4 %). Ces 35 000 personnes constituent le « halo » autour du chômage.
Tous les chômeurs au sens du BIT ne sont pas inscrits à Pôle emploi. Ainsi, plus de 11 % d’entre eux effectuent des démarches de recherche d’emploi sans être inscrits.
Néanmoins, les personnes qui déclarent chercher un emploi sont plus nombreuses à être inscrites à Pôle emploi que l’an passé : 88,5 % des chômeurs au sens du BIT en 2010 contre 86,2 % en 2009 ; 54,9 % des inactifs souhaitant travailler contre 45,3 % en 2009 et 57,9 % des actifs occupés souhaitant un autre emploi contre 46,3 % en 2009.
On note par ailleurs que 70 % de ces mêmes actifs occupés sont disponibles pour travailler dans un délai inférieur à deux semaines (contre seulement 60 % en 2009). Cette proportion reste stable à 61 % pour les inactifs.
Le taux de chômage de la zone d’emploi Est croît fortement et dépasse celui du Sud.
Ces résultats portent sur une moyenne de taux de chômage calculée sur deux années.
| en % | ||||
| 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | |
|---|---|---|---|---|
| Source : Enquêtes Emploi Réunion, Insee (situation au 2e trimestre) | ||||
| Taux de chômage (15 ans ou +) | 24,4 | 24,4 | 27,3 | 28,9 |
| Hommes | 23,3 | 23,0 | 26,1 | 28,0 |
| Femmes | 25,7 | 25,9 | 28,7 | 30,0 |
| Taux d'activité (15-64 ans) | 58,2 | 59,9 | 59,9 | 61,3 |
| Hommes | 67,0 | 66,5 | 67,2 | 68,4 |
| Femmes | 50,0 | 53,7 | 53,2 | 54,7 |
| Taux d'emploi (15-64 ans) | 43,9 | 45,2 | 43,5 | 43,5 |
| Hommes | 51,3 | 51,1 | 49,6 | 49,1 |
| Femmes | 37,1 | 39,8 | 37,9 | 38,2 |
L’enquête annuelle sur l’emploi est réalisée par l’Insee dans les départements d’Outre-mer depuis 1993. L’objectif premier de cette enquête auprès des ménages est de disposer d’une mesure du chômage et de l’emploi selon les normes du Bureau international du travail (BIT).
En outre, l’enquête emploi apporte de nombreuses informations sur l’état du marché du travail : nombre d’actifs et de chômeurs, caractéristiques des personnes présentes sur le marché du travail.
Cette enquête se déroule dans les quatre départements d’Outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion), au même moment et sur une période de 13 semaines, de mars à juin. Dans chaque ménage tiré au sort, toute personne âgée de 15 ans et plus est interrogée trois années de suite. La première interrogation est réalisée par visite, les deux suivantes par téléphone. A La Réunion, l’Insee interroge plus de 8 600 personnes réparties sur l’ensemble de l’île.