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Projections de population à l’horizon 2030 :
ralentissement du dynamisme démographique
de l’Indre-et-Loire et de ses territoires

Claire Formont

Résumé

Selon un scénario prolongeant les tendances démographiques récentes, la population de l'Indre-et-Loire atteindrait 600 000 habitants en 2030. Elle augmenterait de 5,8 % en 25 ans, et à un rythme de plus en plus lent. Le nombre de seniors s'élèverait fortement au cours de cette période. En 2030, près d'un habitant du département sur trois aurait plus de 60 ans. La population en âge d'activité et l'effectif des femmes en âge de procréer accuseraient une baisse importante. Le vieillissement de la population en Indre-et-Loire, comparable à celui que connaîtrait la région Centre, serait bien plus marqué qu'en métropole. Dès 2018, le nombre de décès dans le département, en hausse continue, excèderait celui des naissances. La croissance démographique reposerait alors sur les seules migrations. Le nord-est de l'Indre-et-Loire, autour d'Amboise et de Tours, resterait plus dynamique avec un bilan naturel positif tout au long de la période, bien qu'en forte diminution.

Sommaire

Publication

Si les tendances démographiques observées entre 1990 et 2005 se maintenaient, la population de l'Indre-et-Loire s'élèverait à 600 600 personnes en 2030. Le département gagnerait 32 800 habitants en 25 ans, contre 89 400 au cours des 30 années précédentes.

La croissance démographique de l'Indre-et-Loire se poursuivrait à un rythme de plus en plus faible. Après avoir augmenté en moyenne de 0,7 % par an entre 1975 et 1990 et de 0,5 % entre 1990 et 2005, la population du département progresserait seulement de 0,2 % par an entre 2005 et 2030. Au cours de cette période, le département verrait son taux de croissance annuel moyen diminuer régulièrement, atteignant 0,1 % entre 2025 et 2030.

graphique 1 : Taux de croissance annuels moyens de la population observés et projetés
Populations observées et projetées à l'horizon 2030
Population observée
1975 1990 1999
Cher 316 236 321 556 314 388
Eure-et-Loir 335 111 396 073 407 747
Indre 247 979 237 506 231 061
Indre-et-Loire 478 425 529 416 553 747
Loir-et-Cher 283 436 305 940 314 933
Loiret 489 689 580 598 618 086
Centre 2 150 876 2 371 089 2 439 962
Métropole 52 546 349 56 625 026 58 520 688
Population estimée
2005 2015 2030
Cher 314 224 309 886 297 835
Eure-et-Loir 416 023 433 492 449 831
Indre 231 428 229 495 222 992
Indre-et-Loire 567 794 588 255 600 607
Loir-et-Cher 321 075 332 835 344 355
Loiret 639 844 683 543 736 687
Centre 2 490 388 2 577 506 2 652 307
Métropole 60 702 284 63 728 236 67 204 319
Taux de croissance annuel moyen
Sources : Insee, Recensements de la population 1975, 1990, 1999 -
Omphale 2005 scénario central
1975-1990 1990-2005 2005-2030
Cher 0,11 - 0,15 - 0,21
Eure-et-Loir 1,12 0,33 0,31
Indre - 0,29 - 0,17 - 0,15
Indre-et-Loire 0,68 0,47 0,22
Loir-et-Cher 0,51 0,32 0,28
Loiret 1,14 0,65 0,57
Centre 0,65 0,33 0,25
Métropole 0,50 0,46 0,41

La croissance démographique de la région ralentirait aussi à partir de 2005 : la population augmenterait de 0,3 % par an sur l'ensemble de la période 2005-2030 et d'à peine 0,15 % par an entre 2025 et 2030. La croissance démographique départementale serait légèrement en deçà de la progression régionale à partir de 2010, alors qu'elle lui était globalement supérieure entre 1975 et 2010.

Tout en faisant partie des quatre départements de la région dont la population augmenterait entre 2005 et 2030 (avec le Loiret, l'Eure-et-Loir et le Loir-et-Cher), l'Indre-et-Loire aurait la croissance la plus faible.

Le département, comme la région, connaîtrait une évolution inférieure à celle de la métropole.

Le vieillissement de la population inéluctable

L'allongement de l'espérance de vie, associé à l'arrivée aux âges élevés des générations du baby-boom, entraînerait une forte augmentation du nombre de personnes âgées de plus de 60 ans entre 2005 et 2030, accélérant les tendances passées. La hausse du nombre de seniors en Indre-et-Loire atteindrait 56,8 % sur cette période. L'effectif des personnes âgées de plus de 85 ans connaîtrait la plus forte croissance, multiplié par deux entre 2005 et 2030. Les plus de 85 ans représenteraient 4,1 % de la population départementale en 2030, contre 2,2 % en 2005.

Parallèlement à l'augmentation du nombre de seniors, celui des jeunes de moins de 20 ans ne cesserait de se réduire. L'Indre-et-Loire enregistrerait une décroissance du nombre de jeunes de 9,9 % entre 2005 et 2030.

Répartition de la population d'Indre-et-Loire par tranche d'âge
Population en 1990 Population en 2005
Effectif Part (%) Effectif Part (%)
Moins de 20 ans 147 962 27,9 137 775 24,3
dont 0-9 ans 69 662 13,2 66 186 11,7
dont 10-14 ans 34 280 6,5 33 404 5,9
dont 15-19 ans 44 020 8,3 38 185 6,7
20-59 ans 276 107 52,2 305 135 53,7
dont 20-29 ans 79 989 15,1 72 790 12,8
dont 30-44 ans 115 674 21,8 117 517 20,7
dont 45-59 80 444 15,2 114 828 20,2
Plus de 60 ans 105 347 19,9 124 884 22,0
dont 60-74 ans 65 826 12,4 74 390 13,1
dont 75-84 ans 29 897 5,6 38 181 6,7
dont 85 ans et + 9 624 1,8 12 313 2,2
Total département 529 416 100,0 567 794 100,0
Population
en 2030
Taux de
variation
2005-2030
Sources : Insee, Recensement de la population 1990 -
Omphale 2005 scénario central
Effectif Part (%) (%)
Moins de 20 ans 124 102 20,7 - 9,9
dont 0-9 ans 57 579 9,6 - 13,0
dont 10-14 ans 31 313 5,2 - 6,3
dont 15-19 ans 35 210 5,9 - 7,8
20-59 ans 280 627 46,7 - 8,0
dont 20-29 ans 69 662 11,6 - 4,3
dont 30-44 ans 98 479 16,4 - 16,2
dont 45-59 112 486 18,7 - 2,0
Plus de 60 ans 195 878 32,6 56,8
dont 60-74 ans 111 838 18,6 50,3
dont 75-84 ans 59 555 9,9 56,0
dont 85 ans et + 24 485 4,1 98,9
Total département 600 607 100,0 5,8

La structure par âge de la population serait ainsi profondément modifiée. La part des plus de 60 ans avait déjà augmenté depuis 1990, atteignant 22,0 % en 2005. Le phénomène s'amplifierait et la proportion de seniors s'élèverait à 32,6 % en 2030. Elle serait alors comparable à la part régionale, et près de 3 points inférieure à celle attendue en France métropolitaine.

En revanche, la proportion de jeunes en Indre-et-Loire diminuerait de 3,6 points entre 2005 et 2030 ; elle atteindrait 20,7 % de la population et serait plus faible que dans le Centre (de 1 point) et en métropole (de 2 points).

Le nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus pour 100 jeunes de moins de 20 ans continuerait d'augmenter dans toute la région. En Indre-et-Loire, il dépasserait légèrement le niveau régional en 2030. Il était de 71 en 1990 et de 91 en 2005 (94 pour l'ensemble de la région) ; il s'élèverait à 158 en 2030 pour 153 au niveau régional et 130 au niveau national.


Graphique 2 : Pyramides des âges de la population d'Indre-et-Loire 1990-2005 et 2005-2030

Moins d'actifs potentiels que par le passé

Le département perdrait 24 500 individus âgés de 20 à 59 ans entre 2005 et 2030. Après une hausse de 10,5 % entre 1990 et 2005, le nombre d'actifs potentiels diminuerait ainsi de 8,0 % en 25 ans, une décroissance légèrement inférieure à l'évolution régionale (- 8,3 %), mais nettement plus forte qu'à l'échelon national (- 1,9 %). L'Indre-et-Loire perdrait ainsi de nombreux actifs potentiels, notamment dans la tranche d'âge des 30-44 ans, dont l'effectif chuterait de 16,2 % entre 2005 et 2030. Le département compterait également moins de jeunes actifs ou étudiants : le nombre de 20-29 ans diminuerait de 4,3 %. En revanche, l'effectif des 45-59 ans, en forte hausse jusqu'en 2005, ne baisserait que très légèrement entre 2005 et 2030.

La part des 20-59 ans dans la population totale reculerait ainsi de 7,0 points pour atteindre 46,7 % en 2030. Celles des 20-29 ans et des 45-59 ans diminueraient d'environ 1,5 point tandis que la part des 30-44 ans perdrait plus de 4 points.



Un solde naturel en perte de vitesse

Le ralentissement régulier de la croissance démographique de l'Indre-et-Loire serait dû à la dégradation de son bilan naturel. Depuis 1975, l'excédent des naissances sur les décès s'est fortement réduit, malgré un léger regain entre 1999 et 2005. Le solde naturel départemental diminuerait encore, progressivement jusqu'en 2030. Il deviendrait même négatif à partir de 2018, conséquence de la diminution des naissances et d'une hausse continue des décès, liée au vieillissement de la population. Dans la région, le solde naturel deviendrait négatif à partir de 2020 tandis qu'en France métropolitaine il resterait positif tout en diminuant progressivement.


Graphique 4 : Évolution des naissances et des décès en Indre-et-Loire

La baisse des naissances résulterait de la diminution du nombre de mères potentielles. En 2005, le nombre de femmes âgées de 15 à 49 ans est estimé à 135 700. Si les comportements migratoires constatés entre 1990 et 2005 restaient identiques, elles ne seraient plus que 127 300 en 2015 et 117 200 en 2030. Le nombre de femmes en âge de procréer diminuerait ainsi de 13,6 % entre 2005 et 2030, contre une baisse de 10,7 % en région Centre et de 3,8 % en France métropolitaine.

Un apport migratoire essentiel à la croissance démographique départementale

En l'absence d'une nette remontée de la natalité, le dynamisme démographique futur de l'Indre-et-Loire reposerait essentiellement sur sa capacité à attirer de nouvelles populations, notamment des jeunes parents potentiels.

Or, ces dernières décennies, le solde migratoire départemental a diminué. De 1975 à 1990, l'excédent des arrivées sur les départs est estimé annuellement à près de 1 500 personnes, soit une fois et demie plus que celui constaté entre 1990 et 2005. Si les profils migratoires observés entre 1990 et 2005 se maintenaient, l'Indre-et-Loire accueillerait environ 1 000 personnes en plus par an.

Cependant, la croissance démographique départementale, qui reposait essentiellement sur le solde naturel entre 1975 et 2005, resterait positive par la suite grâce à l'excédent migratoire qui viendrait compenser le déficit naturel. Sur la période de projection, le taux d'accroissement annuel moyen de la population de l'Indre-et-Loire dû à l'excédent migratoire (0,2 %) serait comparable à celui de la région Centre.

Un fort déficit migratoire de jeunes adultes

Les profils migratoires sont très différents selon la catégorie d'âge observée et contribuent à accélérer le vieillissement de la population. Le département enregistre en effet des gains dans toutes les classes d'âge, à l'exception de celle des 20-29 ans, correspondant au début de l'activité professionnelle.

L'Indre-et-Loire présente en 2005 un excédent des entrées de seniors sur les sorties de 260 personnes. Cet excédent augmenterait pour atteindre 440 personnes en 2030.

Graphique 4 : Contribution des soldes naturel et migratoire à la croissance démographique de l'Indre-et-Loire

Les migrations des 30-59 ans présenteraient elles aussi un solde positif, oscillant autour de 650 personnes par an. Ces adultes arrivent, pour une grande part, avec des enfants, ce qui explique que le solde migratoire est aussi positif pour les moins de 20 ans. Il s'effriterait cependant un peu au cours du temps, passant de 1 430 jeunes en 2005 à 1 250 en 2030.

La position départementale serait plus préoccupante quant aux migrations de personnes âgées de 20 à 29 ans. L'Indre-et-Loire perdrait plus de jeunes de 20-29 ans qu'elle n'en attirerait, enregistrant chaque année une perte d'environ1 350 personnes.


Graphique 5 : Solde migratoire par tranche d'âge en Indre-et-Loire entre 2005 et 2030


Graphique 6 : Solde migratoire annuel moyen par tranche d'âge entre 2005 et 2030

Les migrations de l'Indre-et-Loire se distinguent de celles de la région pour les moins de 20 ans et les 20-29 ans, présentant une amplitude beaucoup plus forte. Ainsi, le département présente un excédent migratoire moyen entre 2005 et 2030 de jeunes de moins de 20 ans de plus de 10 pour mille, contre moins de 1 ‰ pour la région, et au contraire un déficit de personnes âgées de 20 à 29 ans de 19 ‰ contre un peu plus de 1 ‰ pour la région.

Cependant, les projections de population sont sensibles aux variations des hypothèses démographiques, notamment aux modulations des comportements migratoires. Une modification des comportements migratoires entraînerait ainsi de fortes différences par rapport au scénario central, en termes d'évolution de population mais aussi de structure par âge.

Le bassin de Tours-Amboise, moteur de la croissance démographique de l'Indre-et-Loire

Le bassin démographique de Tours-Amboise est le plus dynamique du département et présente des caractéristiques similaires à celles des autres bassins de l'axe ligérien, Blois et Orléans.

Bien qu'il diminue régulièrement entre 1975 et 2030, le taux de croissance du bassin de Tours-Amboise resterait supérieur à ceux du département et de la région. Après une hausse annuelle moyenne de 0,8 % entre 1975 et 2005, la population y augmenterait de 0,4 % entre 2005 et 2030. Le bassin de Chinon, dont la population augmentait en moyenne de 0,1 % par an entre 1975 et 2005, verrait sa population diminuer de 0,3 % par an entre 2005 et 2030. La population du bassin de Loches continuerait de baisser de 0,3 % par an entre 2005 et 2030 après - 0,1 % entre 1975 et 2005. Les caractéristiques de ce bassin sont proches de celles observées dans le sud régional pour des bassins tels que Le Blanc.

Le bassin de Tours-Amboise serait le seul à conserver un excédent naturel sur l'ensemble de la période 1975-2030, même s'il diminuerait considérablement à partir de 2005. Les bassins de Chinon et de Loches verraient leur déficit naturel se creuser jusqu'en 2030 et devraient compter sur des migrations pour atténuer leur baisse de population.

Graphique 7 : Contribution des soldes naturel et migratoire à la croissance démographique

Comme au niveau départemental, la dégradation de ces soldes naturels s'expliquerait par une diminution des naissances du fait d'une réduction du nombre de mères potentielles. Le nombre de femmes de 15 à 49 ans diminuerait entre 2005 et 2030 de 9,4 % dans le bassin de Tours-Amboise, moins que dans le département. En revanche, les bassins de Chinon et Loches verraient le nombre de mères potentielles chuter de 30,2 % et 34,6 % sur la même période.


Le zonage en bassins démographiques

Une typologie des communes de la région Centre, s'appuyant sur plusieurs indicateurs sociodémographiques couvrant la période 1990-2005, a permis d'élaborer un zonage régional spécifique adapté aux projections démographiques. Il est constitué de 18 bassins démographiques, regroupant des communes aux comportements démographiques similaires. Ce zonage découpe le département de l'Indre-et-Loire en trois bassins démographiques, Tours-Amboise, Chinon et Loches. Le bassin de Tours-Amboise représente 80 % de la population départementale.

Carte 1 : Les bassins démographiques en Indre-et-Loire

Un vieillissement inégal des territoires

Tous les bassins d'Indre-et-Loire vieilliraient, mais à des rythmes différents. Le bassin de Tours-Amboise, territoire le plus jeune en 2005 selon le critère de la moyenne d'âge, est aussi celui qui vieillirait le moins rapidement.

Dans les trois bassins, le nombre des jeunes de moins de 20 ans diminuerait au profit de celui des seniors. Toutefois dans les bassins de Loches et de Chinon, le nombre de personnes de plus de 60 ans est supérieur à celui de moins de 20 ans dès 2005. Dans le bassin de Tours-Amboise, cette situation n'apparaîtrait qu'en 2013 et, en 2030, on compterait 142 personnes âgées de 60 ans ou plus pour 100 jeunes de moins de 20 ans. Ce ratio serait nettement plus élevé dans les bassins de Chinon et surtout de Loches, où pour 100 jeunes de moins de 20 ans on comptabiliserait respectivement 213 et jusqu'à 264 personnes âgées.


Graphique 8 : Répartition par tranche d'âge de la population des bassins démographiques

Malgré une diminution de leur nombre, le bassin de Tours-Amboise conserverait une part de jeunes de moins de 20 ans supérieure à celle du département. Les deux autres bassins verraient leur proportion de seniors augmenter très fortement, dépassant de plus de 10 points celle du bassin de Tours-Amboise. Dans le bassin de Loches, la part des plus de 75 ans atteindrait 18 % en 2030, dépassant la part des moins de 20 ans.

La population potentiellement active diminuerait dans les trois bassins, notamment celle des 20-29 ans. Le bassin de Tours-Amboise conserverait jusqu'en 2030 une part de 20-29 ans supérieure à celle du département contrairement aux bassins de Loches et de Chinon où la proportion de jeunes adultes diminuerait fortement. De même, le bassin de Tours-Amboise serait le seul à conserver une part de 30-59 ans supérieure à celle du département, malgré une baisse de près de 5 points entre 2005 et 2030.

Le SCOT et l'aire urbaine de Tours plus dynamiques
que la communauté d'agglomération

Dans l'hypothèse du maintien des tendances démographiques récentes, l'aire urbaine de Tours compterait 430 000 habitants en 2030, le SCOT en accueillerait 377 000 et la communauté d'agglomération 270 000.

Comme au niveau départemental, la croissance démographique s'effectuerait à un rythme de plus en plus faible. Ainsi, après avoir progressé en moyenne de 0,9 % par an entre 1975 et 1990 et de 0,6 % par an entre 1990 et 2005, la population de l'aire urbaine n'augmenterait que de 0,4 % par an entre 2005 et 2030.

La population du SCOT, qui évoluait au même rythme que celle de l'aire urbaine entre 1975 et 2005, augmenterait un peu moins rapidement entre 2005 et 2030, de 0,3 % par an.

Toutefois, ces deux zones auraient une croissance démographique supérieure à celle du département, contrairement à la communauté d'agglomération. En effet, après avoir augmenté de 0,4 % par an entre 1975 et 1990 comme entre 1990 et 2005, la population de la communauté d'agglomération ne progresserait que de 0,1 % par an entre 2005 et 2030. Ainsi, le poids démographique de l'aire urbaine et, dans une moindre mesure, celui du SCOT progresseraient au détriment de la communauté d'agglomération. En 2030, ces territoires concentreraient respectivement 72 %, 63 % et 45 % de la population du département.

La communauté d'agglomération Tour(s)plus, créée en 2000, est composée de 14 communes, englobées dans le SCOT de l'agglomération tourangelle, mis en place en 2003 par le syndicat mixte de l'agglomération tourangelle. Le territoire du SCOT compte 40 communes, incluses dans l'aire urbaine de Tours, zonage d'étude défini en 1999 et regroupant 80 communes.

La commune de Tours, ville-centre comptant près de 137 000 habitants au 1er janvier 2006, a un poids démographique considérable dans ces trois territoires.

Carte 2 : Zonages en Indre-et-Loire

Anticiper, prévoir, mesurer l'avenir pour penser une organisation urbaine attractive, durable et porteuse d'identité, tels sont les défis auxquels sont confrontés les territoires. Dans ce cadre, la question " combien serons-nous ? " apparaît centrale. Apprécier les ressorts du vieillissement et ses conséquences sur le dynamisme démographique, tenter de mesurer l'impact des flux migratoires sont des enjeux vitaux pour concevoir des politiques publiques efficientes. À l'heure d'arrêter les grands axes du Schéma de cohérence territoriale de l'agglomération tourangelle, alors que les Programmes locaux de l'habitat de deuxième génération s'affinent, que le premier Plan climat territorial émerge, ces prospectives démographiques ne manqueront pas d'alimenter les débats qui animent notre agglomération.

Christian Gatard,
Président du Syndicat mixte de l'agglomération tourangelle

Jérôme Baratier,
Directeur de l'Agence d'urbanisme de l'agglomération de Tours

Davantage de jeunes et de seniors en proportion dans le SCOT
et l'aire urbaine que dans la communauté d'agglomération

Comme sur la période 1990-2005, le nombre de jeunes de moins de 20 ans diminuerait entre 2005 et 2030 dans les trois territoires, moins dans l'aire urbaine et dans le SCOT (- 3,7 % et - 6,2 %) que dans la communauté d'agglomération (- 10,4 %).

À l'opposé, le nombre de personnes de plus de 60 ans continuerait d'augmenter. Comme au cours des quinze dernières années, la hausse serait moindre dans la communauté d'agglomération (43,6 %) que dans le SCOT et l'aire urbaine (57,9 % et 62,8 %).

Répartition et évolution de la population par tranche d'âge
1990 2005
Effectif Part (%) Effectif Part (%)
CA Tour(s)plus Moins de 20 ans 68 375 27,5 61 400 23,4
20 à 29 ans 44 993 18,1 44 809 17,1
30 à 59 ans 90 580 36,5 101 610 38,8
Plus de 60 ans 44 342 17,9 54 186 20,7
Ensemble 248 290 100,0 262 005 100,0
SCOT Moins de 20 ans 91 304 28,5 85 208 24,4
20 à 29 ans 53 533 16,7 52 727 15,1
30 à 59 ans 120 616 37,6 140 597 40,3
Plus de 60 ans 55 147 17,2 70 335 20,2
Ensemble 320 600 100,0 348 867 100,0
Aire urbaine Moins de 20 ans 101 561 28,7 96 589 24,8
20 à 29 ans 57 662 16,3 56 683 14,6
30 à 59 ans 133 111 37,6 158 585 40,7
Plus de 60 ans 61 541 17,4 77 574 19,9
Ensemble 353 875 100,0 389 431 100,0
2030 Taux de
variation
2005-2030
Sources : Insee, Recensement de la population 1990 -
Omphale 2005 scénario central
Effectif Part (%) (%)
CA Tour(s)plus Moins de 20 ans 55 022 20,4 - 10,4
20 à 29 ans 41 199 15,2 - 8,1
30 à 59 ans 96 268 35,6 - 5,3
Plus de 60 ans 77 788 28,8 43,6
Ensemble 270 277 100,0 3,2
SCOT Moins de 20 ans 79 906 21,2 - 6,2
20 à 29 ans 50 837 13,5 - 3,6
30 à 59 ans 134 926 35,8 - 4,0
Plus de 60 ans 111 086 29,5 57,9
Ensemble 376 755 100,0 8,0
Aire urbaine Moins de 20 ans 93 030 21,7 - 3,7
20 à 29 ans 56 000 13,0 - 1,2
30 à 59 ans 154 482 35,9 - 2,6
Plus de 60 ans 126 328 29,4 62,8
Ensemble 429 840 100,0 10,4

Le nombre de seniors pour 100 jeunes de moins de 20 ans s'élèverait ainsi fortement entre 2005 et 2030, passant de 88 à 141 dans la communauté d'agglomération, de 83 à 139 dans le SCOT et de 80 à 136 dans l'aire urbaine. Il resterait toutefois inférieur au niveau départemental (158 en 2030). L'âge moyen augmenterait d'environ 4,5 ans entre 2005 et 2030 dans les trois territoires, atteignant 43 ans en 2030 contre 44,7 ans dans le département.

En 2030, la part des jeunes de moins de 20 ans et celle des seniors seraient moins élevées dans la communauté d'agglomération que dans l'aire urbaine et le SCOT. A contrario, la proportion d'actifs potentiels y serait plus forte (50,8 % contre 49,3 % dans le SCOT et 48,9 % dans l'aire urbaine).

Le solde migratoire différencie les trois territoires

Entre 1975 et 1990, la croissance annuelle moyenne de la population due au solde naturel est légèrement plus élevée dans la communauté d'agglomération que dans le SCOT ou l'aire urbaine. Elle devient équivalente dans les trois territoires entre 1990 et 2005 et le resterait entre 2005 et 2030 (0,2 %), tout en diminuant régulièrement.

L'écart d'évolution de population entre les trois zonages s'expliquerait par les seules migrations.

L'aire urbaine présente un taux de croissance de sa population dû au solde migratoire équivalent à celui du département : 0,3 % en moyenne par an entre 1975 et 1990, 0,2 % entre 1990 et 2005 et entre 2005 et 2030.


Graphique 9 : Contribution des soldes naturel et migratoire à la croissance démographique

Le taux de croissance dû au solde migratoire du SCOT est légèrement inférieur, mais reste toutefois positif : 0,2 % entre 1975 et 1990, 0,1 % entre 1990 et 2005 et entre 2005 et 2030. Par contre, la communauté d'agglomération présente un déficit migratoire, relativement important entre 1975 et 1990 (- 0,3 %), qui s'atténue entre 1990 et 2005 (- 0,1 % par an) et qui se stabiliserait entre 2005 et 2030.

La communauté d'agglomération serait ainsi beaucoup moins attractive que l'aire urbaine ou le SCOT.

Pour comprendre ces résultats

Définitions

Âge : âge atteint au 1er janvier de l'année (âge en années révolues).

Solde naturel : différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d'une période.

Solde migratoire : différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours de la période. Le solde migratoire apparent résulte du différentiel entre les populations de début et de fin de période, auquel on retire le solde naturel de la période.

Quotient migratoire : rapport entre les migrations nettes d'un territoire (entrées - sorties) et l'effectif moyen de ce territoire au cours de l'année.

Indicateur conjoncturel de fécondité : l'indicateur conjoncturel de fécondité, ou somme des naissances réduites, mesure le nombre d'enfants qu'aurait une femme tout au long de sa vie, si les taux de fécondité observés l'année considérée à chaque âge demeuraient inchangés.

Indice de vieillesse : nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus pour 100 jeunes de moins de 20 ans.

SCOT : le Schéma de cohérence territoriale est un document d'urbanisme qui fixe, à l'échelle de plusieurs communes ou groupements de communes, les orientations fondamentales de l'organisation du territoire et de l'évolution des zones urbaines, afin de préserver un équilibre entre zones urbaines, industrielles, touristiques, agricoles et naturelles. Instauré par la loi SRU du 13 décembre 2000, il fixe les objectifs des diverses politiques publiques en matière d'habitat, de développement économique, de déplacements, ainsi qu'en termes de protection de l'environnement et de développement durable du territoire.


Méthode de projection de population

À partir des effectifs par sexe et âge de la population issus des Recensements de la population et des Estimations localisées de population, l'Insee a réalisé des projections de population à l'aide du modèle Omphale (Outil de modélisation et de projection d'habitants, d'actifs, de logements et d'élèves). La méthode consiste à simuler l'évolution des effectifs par sexe et âge d'une population à partir de trois composantes : la natalité, la mortalité et les migrations. La population de l'année n+1 est obtenue en faisant vieillir les individus d'un an, en appliquant des taux de fécondité par âge aux femmes de 14 à 48 ans, des taux de mortalité et des quotients migratoires par sexe et âge à l'ensemble de la population. La méthode est appliquée ainsi année après année jusqu'à la fin de la période de projection. Afin de ne pas aplanir exagérément les pics migratoires survenant aux âges jeunes, un lissage composite est utilisé pour rétablir de façon plus fine les comportements de migration très changeants d'un âge à l'autre dans cette population.

Les projections de population métropolitaines, régionales et départementales ont pour point de départ les estimations de population au 1er janvier 2005, établies grâce aux enquêtes annuelles de recensement de 2004 et 2005. Elles intègrent les données sur la fécondité, la mortalité et les migrations observées entre 1990 et 2005 afin de s'affranchir des aléas conjoncturels.

Suite à la diffusion en janvier 2009 des nouvelles populations légales au 1er janvier 2006, issues des enquêtes annuelles de recensement de 2004 à 2008, les estimations de population ont été révisées. Le modèle Omphale permettant la réalisation des projections n'intègre pas pour le moment les données millésimées 2006 diffusées en 2009.

Pour les zonages infradépartementaux, le modèle de projection s'appuie sur les informations par sexe et âge détaillés au 1er janvier 1999. Les données projetées commencent donc dès 2000 et sont obtenues par prolongement de la période 1990-1999. Toutefois un calage est effectué de telle sorte que la somme des populations projetées sur des zones disjointes soit égale chaque année, à partir de 2005, à la population du territoire englobant. Les projections réalisées par Omphale nécessitent que les zones de projection contiennent au moins 50 000 habitants.

Les projections de population ne sont pas assimilables à des prévisions mais à un prolongement de tendances démographiques passées, en fonction d'hypothèses choisies. Les résultats présentés dans cette étude reposent sur le maintien à l'horizon 2030 des tendances démographiques récentes. Dans ce scénario central, ou tendanciel, les taux de fécondité par âge sont maintenus à leur niveau de 2005 (1999 pour les zonages infradépartementaux) ; la mortalité baisse au même rythme que celui observé en France métropolitaine sur la période 1982-2002 ; les quotients migratoires ont été calculés sur la période 1990-2005 (1990-1999 pour les territoires infradépartementaux) et sont maintenus constants sur la période de projection.

décembre 2009 - n° 158

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