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FICHE 3 : Occupation du sol

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L'essentiel

En 2007, l'artificialisation du territoire finistérien représente 12 % des sols du département, contre 9 % en France métropolitaine. Cette artificialisation résulte de l'urbanisation et de l'expansion des infrastructures. Entre 1993 et 2004, l'espace artificialisé a progressé de 24 % , contre 17 % en France métropolitaine. L'artificialisation concerne principalement les communes urbaines, les communes littorales, puis les communes périurbaines.

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Pertinence au regard du développement durable

L'artificialisation des terres résultant de l'urbanisation au sens large (habitat, mais aussi infrastructures de transports et zones d'activités économiques) a des conséquences nombreuses sur l'environnement : consommation d'espaces fragiles, pertes de ressources naturelles, imperméabilisation des sols et augmentation du risque d'inondation, dégradation du paysage. Cette transformation des sols est souvent irréversible ; leur reconquête par l'agriculture ou la végétation naturelle est très marginale. C'est pourquoi la maîtrise de l'artificialisation est essentielle. Le littoral faisant partie des territoires les plus convoités, l'occupation du sol constitue un enjeu d'autant plus majeur pour l'aménagement durable du territoire finistérien.

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Tour d'horizon

  • La construction neuve dynamique dans le Finistère : 11 % de logements supplémentaires commencés entre 1999 et 2006, en particulier dans le Pays Fouesnantais, le Pays d'Iroise et le Pays des Abers. *voir fiche Accès au logement des populations locales
  • Des milieux naturels diversifiés soumis à diverses pressions. *voir fiche Biodiversité
  • Des atteintes portées à la qualité des cours d'eau. *voir fiche Qualité de l'eau
  • Davantage de préoccupations environnementales dans les pratiques agricoles et de pêche. *voir fiche Agriculture et pêche

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Plus de territoires artificialisés qu'en France, mais moins qu'en Bretagne

Le Finistère s'étend sur plus de 6 700 km2 dont 46 % sont couverts par des sols cultivés en 2007. Cette proportion est plus faible qu'en Bretagne (51 %), mais plus élevée qu'en France de province (33 %). Seulement un cinquième de la surface du département est boisé contre près d'un tiers dans les provinces françaises. Les milieux naturels tels que les landes, les friches, ainsi que les surfaces en herbe avec ou sans usage agricole représentent 19 % du territoire finistérien (15 % au niveau régional).

Les territoires artificialisés (bâtis ou non bâtis) couvrent près de 11,6 % du département, contre 9,2 % en France métropolitaine, en raison d'une plus forte densité de population. La proportion de territoire artificialisé en Bretagne est cependant encore plus élevée (12,2 %), alors que les densités de population dans les départements des Côtes-d'Armor et du Morbihan sont plus faibles. Ces deux départements ont aussi une surface artificialisée par habitant plus importante : respectivement 1 420 m² et 1 270 m², contre 890 m² dans le Finistère.

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Une artificialisation plus prononcée dans les communes littorales et dans les pôles urbains

Entre 1993 et 2004, le territoire artificialisé a progressé de 24 % dans le département, soit six fois plus que la population. L'artificialisation se fait aux dépens des zones agricoles qui ont reculé de 8 % , soit 35 000 hectares en moins. Le bord de mer attire, ce qui se traduit par une plus forte densité de population sur les communes littorales, et par une proportion de territoires artificialisés plus importante. L'ensemble des communes littorales est davantage artificialisé que les communes de l'intérieur. La part des territoires artificialisés y est supérieure de 8 points. Sur la période 2000-2006, la proportion de surface devenue artificielle rapportée à la surface totale est 1,8 fois supérieure dans les communes littorales à celle des communes intérieures. L'espace urbain, comprenant pôles urbains et communes périurbaines, s'est développé au détriment des zones agricoles et naturelles. Plus de 80 % des terres artificialisées sur cette période l'ont été dans cet espace, alors qu'il ne représente que 35 % du territoire finistérien. Pour les communes périurbaines, l'habitat individuel reste le principal moteur de l'artificialisation des milieux agricoles, et sa maîtrise est un enjeu pour l'avenir.


Carte : Part des territoires artificialisés dans chaque intercommunalité

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La surface artificialisée du Finistère est disparate au sein du département. L'artificialisation et la densité de population sont liées : une population nombreuse dans une zone suppose des besoins en habitat, en infrastructures d'activités et de transports et en équipements de sport, loisirs, culturels... Ainsi parmi les sols artificialisés, 18 % sont des sols bâtis, 44 % sont des sols non bâtis revêtus ou stabilisés (routes et parkings essentiellement) et 39 % sont des sols nus ou enherbés (jardins, pelouses...).

La communauté urbaine de Brest Métropole Océane est la zone qui conjugue les niveaux les plus élevés et la croissance la plus forte d'artificialisation. Les intercommunalités du Pays Fouesnantais et Quimper Communauté allient également taux et croissance d'artificialisation assez élevés. Le Pays Bigouden Sud est l'intercommunalité la plus artificialisée (19 %) après celle de Brest Métropole Océane (34 %), mais l'artificialisation en cours est plus modérée. Généralement, les communautés de communes ayant une façade en bord de mer ont une part de territoires artificialisés plutôt élevée. Pour ces espaces, la maîtrise de l'étalement urbain et du mitage du territoire sont des enjeux importants pour préserver la biodiversité, les milieux fragiles, et la qualité des paysages. C'est dans le Finistère intérieur que l'artificialisation est la plus faible (moins de 4 % d'espaces artificialisés). La surface artificialisée en 2006 dans les intercommunalités des Monts d'Arrée, du Poher et du Yeun Ellez est quasi identique à ce qu'elle était en 1990.


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Forces

  • l'artificialisation touche peu les zones rurales ;
  • une surface artificialisée par habitant inférieure à la moyenne régionale.

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Faiblesses

  • des contrastes entre le littoral (plus artificialisé) et les terres (moins artificialisées) ;
  • pas de ralentissement de l'artificialisation des sols.

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Pour en savoir plus

Définitions

Communes littorales : selon les termes de la loi n°86-2 du 3 janvier 1986 relative à l'aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral, les communes littorales, au sens de cette loi, sont les communes de métropole et des départements d'outre-mer :

  • riveraines des mers et océans, des étangs salés, des plans d'eau intérieurs d'une superficie supérieure à 1 000 hectares ;
  • riveraines des estuaires et des deltas lorsqu'elles sont situées en aval de la limite de salure des eaux et participent aux équilibres économiques et écologiques littoraux.

La liste de ces communes est fixée par décret en Conseil d'État, après consultation des conseils municipaux intéressés.


Méthode

Deux outils sont disponibles pour l'observation statistique du territoire français. L'inventaire Corine Land Cover, issu d'un programme européen, et géré par l'Institut Français de l'ENvironnement (IFEN), s'appuie sur une interprétation visuelle d'images satellitaires. L'objectif n'est pas de décrire chaque détail, mais de rattacher chaque point du territoire à une aire, qualifiée globalement. Les images sont ainsi découpées en mailles de 25 ha qui constituent l'unité cartographiée. Corine Land Cover fournit une information sur l'artificialisation des sols pour les années 1990, 2000 et 2006 . L'enquête Teruti-Lucas, réalisée par le ministère chargé de l'agriculture, est effectuée tous les ans par sondage. L'observation est précise et ponctuelle. Si elle rend mieux compte des évolutions récentes de l'avancée de l'urbanisation, cette enquête ne permet cependant pas une analyse à un niveau infradépartemental. La différence de conception des deux sources rend la comparaison de résultats en niveau et en évolution très difficile. Les évolutions sont beaucoup plus fortes dans Teruti-Lucas que dans Corine Land Cover.


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Bibliographie

  • Recensement de la population de 2006 : la croissance retrouvée des espaces ruraux et des grandes villes / - Dans : Insee première ; n° 1218 (2009, janv.). - 4 p.
  • Recul des superficies agricoles / Philippe Michel ; service régional de Statistique agricole de Bretagne. - Dans : Agreste Bretagne ; n° 46 (2003). - P. 5-8.
  • Le paysage en Bretagne : enjeux et défis / Laurence Le Du-Blayo. - Quimper : Ed. Palantines, 2007. - 352 p.
  • La France vue par Corine Land Cover, outil européen de suivi de l'occupation des sols / Dorothée Pageaud, Camille Carré ; service de l'Observation et des statistiques. - Dans : Le point sur... ; n° 10 (2009, avr.). - 4 p.
  • La maison individuelle grignote les espaces naturels / Laurent Bisault ; service de la Statistique et de la prospective, ministère de l'Agriculture et de la pêche. - Dans : Agreste primeur ; n° 219 (2009, janv.). - 4 p.
  • L'environnement en France : édition 2006 / Institut français de l'environnement. - Dans : Les synthèses de l'Ifen, (2006, oct). - 500 p.
  • Les changements d'occupation des sols de 1990 à 2000 : plus d'artificiel, moins de prairies et de bocages / Florence Naizot ; Institut français de l'environnement. - Dans : Les données de l'environnement ; n° 101 (2005, mars). - 4 p.
  • L'artificialisation s'étend sur tout le territoire / Annie Coutellier ; Institut français de l'environnement. - Dans : Les données de l'environnement ; n° 80 (2003, fév.). - 4 p.

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