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Résultats du recensement de la population 2006

Damien RICHET, Marie Christine SINOQUET - Insee Picardie.

Résumé

À l'issue du cycle de 5 ans du nouveau recensement, l'Insee dispose de chiffres définitifs datés du 1er janvier 2006. À cette date, la Picardie compte 1 894 000 habitants. Depuis 1999, la population de la région augmente au rythme de 0,28 % par an, deux fois et demi moins vite que la métropole (0,69 %). L'Oise tire la croissance de la région grâce à sa natalité, la Somme progresse faiblement et la population de l'Aisne est stable.

À l'exception de quelques villes de l'Oise, dont Creil, la plupart des grandes villes de la région restent stables ou perdent de la population, souvent au profit de leur périphérie rurale. En revanche, plus des deux tiers des petites communes rurales voient leur population progresser. À l'issue du cycle de 5 ans du nouveau recensement, l'Insee dispose de chiffres définitifs datés du 1er janvier 2006. À cette date, la Picardie compte 1 894 000 habitants. Depuis 1999, la population de la région augmente au rythme de 0,28 % par an, deux fois et demi moins vite que la métropole (0,69 %). L'Oise tire la croissance de la région grâce à sa natalité, la Somme progresse faiblement et la population de l'Aisne est stable. À l'exception de quelques villes de l'Oise, dont Creil, la plupart des grandes villes de la région restent stables ou perdent de la population, souvent au profit de leur périphérie rurale.

En revanche, plus des deux tiers des petites communes rurales voient leur population progresser.

Sommaire

Publication

Avec 1 894 000 habitants au premier janvier 2006, la Picardie se situe au douzième rang des 22 régions de France métropolitaine, comme en 1962.

Alors qu'au niveau national un rebond de croissance a été observé entre 1999 et 2006, le rythme d'évolution démographique de la Picardie n'a cessé de diminuer depuis 1962 : il atteint 0,28 % en moyenne annuelle entre 1999 et 2006, taux deux fois et demi moins élevé que celui de la France et quatre fois moins élevé que celui des années 60. Depuis la fin des années 80, il y a davantage de personnes qui quittent la région chaque année que de personnes qui s'y installent : le déficit migratoire de la Picardie continue d'augmenter, et atteint désormais 5 000 personnes par an. Seul l'excédent naturel (excédent des naissances sur les décès), qui dépasse 8 000 personnes par an actuellement, permet à la population picarde d'augmenter encore.

graphique : Entre 1999 et 2006, la Picardie ne bénéficie pas du regain de croissance observé en France

Une croissance faible en raison d'un déficit migratoire

Le schéma est identique dans les régions voisines. En France, les mouvements migratoires se dirigent du nord vers le sud et, désormais, vers l'ouest. La population des régions du nord et de l'est, sauf l'Alsace, augmente peu, et exclusivement grâce à l'excédent des naissances sur les décès. Celle des régions du sud et de l'ouest augmente rapidement grâce à l'excédent migratoire. La population de la Haute-Normandie croît ainsi depuis 1999 au même rythme que celle de la Picardie. Celle du Nord - Pas-de-Calais n'augmente pratiquement pas et la Champagne-Ardenne est la seule région française qui perd des habitants.

graphique : Le déficit migratoire est apparu à la fin des années 80

Une croissance démographique portée par l'Oise

En 1962, la population picarde se répartissait équitablement entre les trois départements avec un léger avantage pour l'Aisne. En 2006, 42 % des Picards habitent dans l'Oise (793 000 habitants), 30 % dans la Somme (564 000) et 28 % dans l'Aisne (537 000).

Entre 1999 et 2006, la population de l'Oise croît à un rythme de +0,5 % par an (59e taux départemental). Même si ce taux diminue au fil des ans, l'Oise tire la croissance démographique de toute la région. Les départements de la Somme et de l'Aisne sont en effet moins bien placés (respectivement +0,2 % et +0,05 %, soit les 78e et 86e taux départementaux).

carte : Une répartition de la croissance de la population homogène dans la Somme et dans l'Oise

Les trois départements picards connaissent désormais un déficit migratoire : l'Aisne depuis les années 60, la Somme depuis la fin des années 70, l'Oise depuis les années 90. Dans l'Aisne, l'excédent naturel (0,3 % par an) compense juste le déficit migratoire, aboutissant à une stagnation de la population. Dans la Somme, et surtout dans l'Oise, l'excédent naturel (respectivement 0,3 et 0,6 % par an) font plus que compenser le déficit migratoire. La population de ces deux départements continue à augmenter, faiblement dans la Somme, un peu plus rapidement dans l'Oise.

Les départements des régions du Nord - Pas-de- Calais connaissent une évolution démographique proche de ceux de la Picardie.

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L'Aisne, un département plutôt rural et contrasté

Dans l'Aisne, département le moins dense de la région (73 habitants au km²), le clivage nord-sud se confirme. Le Saint-Quentinois, bien que bénéficiant d'une position de carrefour routier, ferroviaire et fluvial, connaît toujours un contexte socio-économique difficile, un chômage élevé, et un recul démographique qui se prolonge depuis la fin des années 70. La Thiérache, plus isolée, voit sa population diminuer depuis plus longtemps, comme la région voisine du département du Nord, de Fourmies à Maubeuge.

Le sud du département et le Laonnois connaissent depuis 1975 une évolution démographique plus favorable. Le sud-est du département profite du desserrement urbain de l'agglomération rémoise et de l'ouverture de l'A26. Le sud bénéficie de l'influence de la région parisienne. Au total, toute la partie sud du département profite de l'étalement urbain. Seule une zone centrée sur Soissons voit sa dynamique démographique pénalisée depuis la crise industrielle des années 70-80.

L'Oise, un département urbain à la croissance homogène

L'Oise, département le plus dense de la Picardie avec 135 habitants au km², connaît une croissance de population assez homogène sur l'ensemble de son territoire. Creil, ville picarde la plus densément peuplée avec 3 000 hab/km² en 2006, se distingue par une augmentation rapide de population : +1,3 % en moyenne annuelle depuis 1999. L'essor démographique de cette zone a démarré avant les années 60. D'abord terre d'accueil pour la main d'œuvre ouvrière dont avaient besoin les grandes entreprises industrielles du bassin creillois, le sud de l'Oise bénéficie ensuite du desserrement francilien. Au sud de la ville, une importante zone d'activité économique tertiaire s'est développée à Creil-Saint-Maximin. Tout le sud de l'Oise bénéficie des différents accès au bassin d'emploi de l'Île-de-France.

Tableau : L'Oise tire la croissance démographique de la région grâce à son solde naturel

Évolution de la population entre 1999 et 2006 et de ses composantes
Population 1999 Population 2006 Taux d'évolution annuel moyen de la population entre 1999 et 2006 Taux d'évolution moyen annuel
dû au solde naturel dû au solde migratoire
Sources : Insee, Recensements de la population 1999 et 2006
Aisne 535 313 537 061 0,05% 0,30% -0,25%
Oise 766 313 792 975 0,49% 0,63% -0,14%
Somme 555 479 564 319 0,23% 0,31% -0,09%
Picardie 1 857 105 1 894 355 0,28% 0,44% -0,16%
France métropolitaine 58 520 688 61 399 541 0,69% 0,39% 0,30%

Dans la Somme, le desserrement d'Amiens profite à l'est du département

Le développement démographique de la Somme, à la densité de population moyenne de 91 hab/km², est tributaire de celui d'Amiens, qui regroupe un quart des habitants du département. Après l'arrivée d'ouvriers suite à des implantations industrielles jusqu'au début des années 1970, l'habitat d'Amiens s'est desserré vers les campagnes périurbaines. Le taux de croissance démographique de l'aire urbaine d'Amiens (0,2 %) se situe entre ceux de Rouen et Reims (0,1 %) et celui de l'aire urbaine lilloise (0,3 %). À Amiens comme à Reims, cette croissance profite davantage aux communes périurbaines qu'à la commune centre de l'agglomération (0,1 %). C'est le contraire à Lille, où la commune centre augmente plus rapidement (0,9 %) que sa périphérie. Les parties est et sud de la périphérie d'Amiens (Corbie, Ailly-sur-Somme) augmentent le plus en raison du prix du foncier, d'accès facilités par l'autoroute A29 et de l'amélioration de la desserte ferroviaire.

Abbeville fait figure de cas particulier, puisque la population de la commune diminue en dépit d'une forte progression de son parc immobilier : l'impact de cette augmentation est atténué par une décohabitation rapide.

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La moitié des principales villes picardes perdent de la population

Au plan national, on constate simultanément un renouveau démographique des espaces ruraux, même isolés, et un retour à la croissance des villes centres des principales agglomérations. Ainsi, globalement, toutes les catégories d'espaces - centres urbains, banlieues, rural périurbain, rural isolé - gagnent de la population depuis 1999.

Seul le premier de ces deux phénomènes est constaté en Picardie : les communes centres des agglomérations picardes, à l'exception d'Albert, Chauny et surtout Clermont, connaissent toutes un déficit migratoire important, au profit des communes rurales de leur périphérie, ou des bassins d'emploi plus éloignés. C'est particulièrement le cas d'Hirson, Pont-Sainte-Maxence, Soissons, Saint-Quentin, Tergnier, Méru, Nogent-sur-Oise, Noyon, Abbeville. À Montataire, Senlis, Nogent-sur-Oise, Amiens et Beauvais, l'excédent naturel parvient à compenser le déficit migratoire, mais ce n'est pas le cas des autres villes qui perdent de la population.

Au final, Clermont et Creil - grâce à une population très jeune et un excédent naturel important - sont les seules villes picardes de plus de 10 000 habitants dont la population augmente rapidement entre 1999 et 2006.

Tableau : Une croissance rapide entre 1999-2006 pour Creil et Clermont

Évolution de la population des principales villes de Picardie
Population 1999 Population 2006 Taux d'évolution annuel moyen de la population entre 1999 et 2006
Sources : Insee, Recensements de la population 1999 et 2006
Saint-Quentin 59 049 56 792 -0,56%
Soissons 29 439 28 442 -0,49%
Laon 26 241 26 522 0,15%
Château-Thierry 14 966 14 622 -0,33%
Tergnier 15 096 14 600 -0,48%
Chauny 12 512 12 653 0,16%
Villers-Cotterêts 9 834 10 128 0,42%
Hirson 10 327 9 660 -0,95%
Beauvais 55 371 55 481 0,03%
Compiègne 41 228 42 036 0,28%
Creil 30 671 33 479 1,26%
Nogent-sur-Oise 19 150 19 257 0,08%
Senlis 16 314 16 452 0,12%
Crépy-en-Valois 14 422 14 289 -0,13%
Noyon 14 465 14 260 -0,20%
Méru 12 704 12 651 -0,06%
Montataire 12 042 12 209 0,20%
Pont-Sainte-Maxence 12 433 12 128 -0,35%
Chantilly 10 916 11 045 0,17%
Clermont 9 697 10 748 1,48%
Amiens 135 449 136 105 0,07%
Abbeville 24 568 24 052 -0,30%
Albert 10 068 10 079 0,02%

Carte : Taux d'évolution annuel moyen 1999-2006 de la population des départements français

Une croissance des petites villes et du périurbain

La Picardie est une région de petites communes : 85 % de ses communes comptent moins de 1 000 habitants (74 % en France métropolitaine), et elles regroupent le tiers de la population régionale, contre 15 % en France. La situation démographique de ces petites villes picardes, en périurbain ou en rural isolé, est meilleure que celle des grandes : les deux tiers ont gagné de la population entre 1999 et 2006, et moins de 12 % ont perdu plus de 20 habitants sur la même période. Le département de l'Aisne connaît la situation la plus défavorable : près de quatre communes sur dix de ce département perdent de la population, contre une sur quatre dans l'Oise et une sur trois dans la Somme.

carte : Une région de faible densité de populatin

Une région faisant figure d'exception

Dans les années 60 et 70, la croissance française était portée par les banlieues, alors que c'était les villes centres qui tiraient la croissance de la région picarde. Puis dans les années 80, la périurbanisation prend le pas en France, avec une forte décroissance des villes centres. En Picardie, ce sont les campagnes qui se dépeuplent au profit des zones périurbaines. Enfin, la reprise de la croissance dans les villes centres, que l'on observe depuis les années 90 jusqu'à aujourd'hui dans le reste de la France, ne semble pas toucher les grandes villes picardes qui stagnent, et la périurbanisation reste le principal mode de croissance de la région.

Si les tendances migratoires actuelles se poursuivaient, la population picarde augmenterait de moins en moins vite. Elle ne dépasserait pas 2 millions d'habitants avant de commencer à diminuer. Cependant, les inflexions et retournements de tendances migratoires sont possibles, comme le montre par exemple l'exemple de la Bretagne des années 60. Les recensements de la population, désormais annuels, permettront désormais un suivi régulier de ces évolutions fondamentales pour l'avenir de la région et de ses habitants.

Carte : Evolution annuelle moyenne récente de la population des communes

IPA n°31 - 4 pages

Résultats du recensement de la population 2006

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