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Pages de Profils n°50 - Janvier 2009

Population du Nord-Pas-de-Calais : stabilité d'ensemble, dynamiques territoriales contrastées

Patricia Antonov Zafirov, Isabelle Hublau,
Service Etudes et Diffusion

Démarré en 2004, le premier cycle du recensement sous sa nouvelle forme s'est achevé. Conformément aux attentes, les chiffres légaux de population viennent de paraître au Journal Officiel.
Au 1er janvier 2006, la région compte 4 018 644 personnes, soit une augmentation d'environ 22 800 depuis le recensement de 1999. Cet apport représente moins de 1% du gain de 3 millions au niveau national.

Sommaire

Publication

C'est officiel, au 1er janvier 2006, la France compte 63 225 568 habitants dont 61,4 millions résident en métropole et un peu plus de 4 millions dans le Nord-Pas-de-Calais. Depuis 2004, le recensement de la population est réalisé selon une nouvelle méthode. Les habitants des communes de moins de 10 000 habitants sont recensés exhaustivement sur un cycle de cinq ans. Les plus grandes communes sont enquêtées par sondage (cf. sources). Chaque année, environ 560 000 Nordistes sont enquêtés de façon à couvrir l'ensemble des communes sur cinq enquêtes consécutives. Les données recueillies tout au long du cycle de collecte sont ramenées à une même date de référence : le 1er janvier 2006, milieu calendaire du cycle de collecte. Cette date a été déterminée pour des raisons d'égalité de traitement entre communes recensées à des années différentes et permettre la comparabilité de territoires composites. Cette population sert de référence pour déterminer la population légale dite « population légale 2009 » (cf. encadré 1).

Le Nord-Pas-de-Calais, troisième région de province par le nombre d'habitants

Avec 4 018 644 Nordistes, la région reste au troisième rang des régions de province. En 2006, le Nord-Pas-de-Calais rassemble 6,55% des habitants de l'Hexagone juste derrière la Provence-Alpes-Côte d'Azur (4 815 232 : soit 7,84%) et à distance de Rhône-Alpes (6 021 293 : soit 9,81%). Si la région conserve son rang, la part de sa population s'érode doucement au fil du temps : elle a en effet perdu un point en une quarantaine d'années.

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Densité de population la plus forte, hormis celle de l'Île-de-France (cf. carte 1)

Alors que la France affiche une densité moyenne de 113 habitants au kilomètre carré (hab/km²), l'Île-de-France qui concentre près de 19% de la population, affiche son caractère de région capitale avec 960 hab/km². Les densités illustrent en quelque sorte un degré d'urbanisation des régions. À ce titre, le Nord-Pas-de-Calais se démarque avec 324 hab/km². Il s'inscrit clairement dans l'Europe du Nord-Ouest, l'une des zones les plus urbanisées de la planète, sa densité s'approche d'ailleurs de celle de la Belgique (348 hab/km²).
Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur présentent des densités nettement moindres, dues en partie à une topographie moins propice à l'habitat, respectivement 138 et 153 hab/km².

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Département le plus peuplé de France : Le Nord

Le département du Nord demeure le plus peuplé de France (2 565 257 habitants) tandis que le Pas-de-Calais se place en 7e position. Cinquième en 1999, il est aujourd'hui dépassé par les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis. Le Nord héberge environ 64% des habitants du Nord-Pas-de-Calais alors qu'il couvre 46% de la superficie régionale. Les densités des deux départements varient donc du simple au double : respectivement 447 et 218 hab/km².

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Quasi-stabilité de la population régionale dans un contexte national de hausse (cf. carte 2)

La population française s'est accrue de près de trois millions de personnes entre 1999 et 2006, soit environ +0,7% l'an. Dans le même temps, la population du Nord-Pas-de-Calais semble plutôt stable (moins de 0,1% de hausse annuelle moyenne) comptant 22 773 habitants supplémentaires en 7 ans. L'évolution récente prolonge donc la tendance de très faible progression constatée depuis 1975 (cf. graphique).

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Seule Champagne-Ardenne perd des habitants selon un mouvement observé depuis 1990. En revanche, les régions attractives du Sud et de l'Ouest se démarquent. Ainsi Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et Aquitaine enregistrent des hausses de population de plus de 200 000 personnes, évolutions supérieures à +1% l'an. Pays de la Loire, Bretagne, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Rhône-Alpes connaissent également des progressions supérieures à la moyenne nationale.

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L'excédent des naissances sur les décès favorise l'accroissement de la population du Nord-Pas-de-Calais mais les migrations contrecarrent cette dynamique

Au plan national, le solde naturel, soit l'écart entre naissances et décès, ainsi que le solde migratoire, soit la différence et entre arrivées et départs, participent tous deux à l'accroissement de la population. La contribution positive du solde naturel s'est accentuée entre 1999 et 2006. La natalité est restée soutenue depuis 2000 et l'espérance de vie a continué à progresser. Le solde naturel a surtout joué positivement dans le large bassin parisien, le Nord, l'Alsace, les Pays de la Loire et le sillon rhodanien. Les décès ont été plus nombreux que les naissances dans seulement deux régions à la population âgée : le Limousin et l'Auvergne. De son côté, le solde migratoire a largement bénéficié aux zones côtières de l'Atlantique et de la Méditerranée. Par contre, les migrations ont plutôt fait perdre des habitants dans le Nord de la France et le bassin parisien.

Le Nord-Pas-de-Calais fécond, affiche un solde naturel largement positif, parmi les plus élevés. En revanche, au jeu des changements de lieu de résidence, la région perd des habitants du fait des départs plus nombreux que les installations. Elle présente d'ailleurs le solde migratoire apparent (cf. encadré 2) le plus déficitaire, nettement en-dessous des autres régions déficitaires (Champagne-Ardenne, Haute Normandie ou encore Picardie) même si le déficit du solde migratoire apparent s'est réduit par rapport à la période 1982-1999. L'excédent naturel s'étant amoindri, la région poursuit ainsi la tendance de très lente progression de sa population.

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Nord et Pas-de-Calais gagnent chacun environ 11 000 habitants depuis 1999

Plus de la moitié des gains de population de la région entre 1999 et 2006 incombent au département du Pas-de-Calais qui a vu sa population augmenter de 11 965 personnes pour 10 808 dans le département du Nord. Ces contributions départementales fondées sur un découpage administratif, ne doivent pas occulter les dynamiques territoriales infrarégionales qui sont à l'oeuvre (cf. Carte 3 et Carte 4)
L'essentiel de la population régionale se situe dans la métropole lilloise, l'ancien bassin minier et la partie septentrionale du littoral. Au fil du temps, les choses évoluent. Des espaces en perte de population entre 1982 et 1999 ont pu regagner des habitants ou inversement.

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Lille, moteur de la métropole lilloise

Lille gagne plus de 13 000 habitants depuis 1999. Elle contribue ainsi très largement à la hausse de population de la communauté urbaine. Autour de Lille, les communes connaissent des situations contrastées. Ainsi Wambrechies ou Marcq-en-Baroeul comptent chacune plus de 1 000 habitants supplémentaires depuis 1999 alors que dans le même temps Villeneuve-d'Ascq ou Hem enregistrent des baisses importantes de leur population. Les communes plus éloignées de Lille, situées en limite sud ou nord de la communauté urbaine sont plus généralement orientées à la hausse. Les territoires limitrophes, le Pévèle et Flandre- Lys, connaissent aussi généralement des gains de population.
L'essor de la métropole lilloise est toutefois moins prononcé que sur la période précédente : +2 390 personnes supplémentaires en moyenne chaque année entre 1999 et 2006 contre +2 650 entre 1990 et 1999. En outre, il se contracte sur un territoire moins vaste. Comme par le passé, le secteur de Lens-Liévin densément peuplé semble faire obstacle à l'étalement qui se prolonge en direction de Béthune d'une part et en direction de Pont-à-Marcq et Marchiennes d'autre part.

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Arras dynamise l'Artois

La population de la commune d'Arras s'est accrue d'environ 1 500 personnes entre 1999 et 2006, ce qui représente plus de 70% de la hausse enregistrée par l'ensemble de cette communauté urbaine qui confirme la remontée de sa population depuis 1990. L'évolution de l'Artois, globalement positive, offre l'image d'une mosaïque de communes tantôt à la hausse tantôt à la baisse.

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Le bassin minier perd encore des habitants

Les traces de l'ancien bassin minier sont encore perceptibles. En effet, une majorité de communes affiche une baisse de population. Les communautés d'agglomération concernées enregistrent d'ailleurs toutes des pertes. Les communes les plus peuplées au coeur de l'ancien secteur minier, Lens et Liévin perdent chacune des habitants. En revanche Valenciennes ou encore Béthune en gagnent. Valenciennes fait plutôt figure d'exception, elle est en effet entourée de communes orientées globalement à la baisse, même si les pertes de population se sont ralenties depuis 1999. De l'autre côté de l'ex-bassin minier, Béthune et ses environs, dans une logique de périurbanisation lilloise, affichent plutôt des gains de population contrairement à la période précédente.

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Littoral nordiste : seule la partie méridionale gagne des habitants

Parmi les quatre-vingts grandes communes de la région (plus de 10 000 habitants), neuf sont côtières. Seules Berck et Étaples comptent plus d'habitants en 2006 qu'en 1999, ce qui traduit bien le recul de population constaté sur le littoral de la Mer du Nord. Dunkerque qui était déjà en perte de population entre 1982 et 1999 prolonge et accentue la tendance. Les principales communes du secteur sont toutes en recul. La communauté urbaine de Dunkerque affiche d'ailleurs la baisse record parmi les communautés urbaines ou communautés d'agglomération de la région perdant plus de 8 000 habitants entre 1999 et 2006. Alors qu'entre 1990 et 1999, le chantier du tunnel sous la Manche avait enrayé la baisse entamée en 1975, Calais est reparti à la baisse. L'importante perte de population de la commune de Calais n'est d'ailleurs pas compensée par les gains des communes limitrophes. Plus au sud, Boulogne et ses communes périphériques intègrent également cette tendance à la baisse.
Seule la partie la plus touristique de la côte d'Opale accueille plus d'habitants en 2006 qu'en 1999. Merlimont, Camiers ou encore les communes riveraines de l'Authie ont ainsi fortement progressé depuis 1999.


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Des pertes sur Saint-Omer, Cambrai et plus encore Maubeuge

Les populations de Saint-Omer et de ses communes avoisinantes diminuent. En revanche, les communes les ceinturant en gagnent plutôt. Au final, la communauté d'agglomération de Saint-Omer perd environ 1 200 personnes depuis 1999.
Alors que le Cambrésis est globalement stable, la communauté d'agglomération (CA) de Cambrai regroupe moins de personnes qu'en 1999. La ville de Cambrai qui concentre plus de la moitié des personnes de la CA en perd plus de 1 100. Les deux autres villes les plus peuplées, Escaudoeuvres et Neuville-Saint-Rémy, sont également en recul.
La CA de Maubeuge Val de Sambre continue à voir diminuer sa population. Une baisse qui reste au même niveau dans les villes de Maubeuge ou Aulnoye-Aymeries tandis qu'elle s'accentue à Jeumont. L'espace intermédiaire entre Maubeuge et Valenciennes, avec notamment Le Quesnoy, confirme la croissance démographique amorcée sur la période précédente.


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L'espace rural régional cesse de perdre de la population

Les espaces ruraux semblent reprendre pied, inversant la tendance observée depuis une quarantaine d'année. Le phénomène est particulièrement marquant dans le Ternois où les cantons d'Hucqueliers, Fruges et Heuchin gagnent des habitants depuis 1999. Un continuum d'essor démographique se dessine ainsi jusqu'à l'Arrageois.
Dans l'Avesnois, les poches de déclin de population sont attachées aux secteurs urbains : Maubeuge au nord, Fourmies au sud tandis que les zones rurales se maintiennent à peine. Malgré des hausses de population dans de petites communes, les cantons de Trélon et Landrecies ne présentent pas de gain de population depuis 1999.

Si la diffusion des résultats offre une vision de milieu de période de collecte 2004-2008 pour toutes les communes de la région, les dernières collectes permettent d'ores et déjà d'estimer les populations régionales au 1er janvier 2008. À cette date, la région compterait ainsi 4 022 000 personnes, poursuivant sa faible progression. Il s'agit pour l'instant d'une estimation provisoire.



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ENCADRÉ 1

Population légale
Le terme de« population légale » regroupe pour chaque commune sa population municipale (c'est aussi la population statistique), sa population comptée à part et sa population totale, qui est la somme des deux précédentes.
La population calculée au 1er janvier 2006 constitue ce qu'on appelle la population légale 2009. La population légale 2010 aura pour référence la population calculée au 1er janvier 2007.

La population municipale comprend les personnes ayant leur résidence habituelle sur le territoire de la commune. La population municipale ne comporte pas de doubles comptes, c'est-à-dire que chaque personne vivant en France est comptée dans la population municipale d'une communeet d'une seule. La somme des populations municipales des communes donne la population de la France. C'est ce concept qui est retenu dans cette publication. C'est aussi sur la population municipale que porteront toutes les données sociodémographiques.

Les définitions détaillées sont consultables sur le site www.insee.fr à la rubrique « Recensement de la population ».

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ENCADRÉ 2 : SOLDE MIGRATOIRE APPARENT

La population d'un territoire varie en raison d'événements « naturels » (naissances et décès) ou migratoires (entrées et sorties). L'analyse de l'évolution de la population d'un territoire repose donc sur l'égalité suivante :

    Variation totale de la population
          =
    solde naturel (naissance - décès) +
    solde migratoire (entrées - sorties)

    Ce qui, pour la région, se décompose ainsi :
          22 773 = 139 956 - 117 183

Dans cette égalité, le solde migratoire est estimé indirectement par différence entre la variation totale et le solde naturel connu à travers les chiffres de l'État-Civil. Le soldemigratoire apparent correspond en grande partie au solde migratoire. L'exploitation des résultats détaillés du recensement à partir de juillet 2009, permettra de connaître les flux d'entrants, et de sortants vers la France, ainsi queleurs caractéristiques (âge, activité…).

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ENCADRÉ 3 : LE LISSAGE DES CARTES

Certaines cartes communales sont peu lisibles car elles présentent l'aspect bariolé d'un habit d'Arlequin, des communes voisines pouvant connaître des évolutions contraires. On les lisse pour en dégager les tendances spatiales.

La population de chaque commune est répartie dans un cercle de rayon R (ici, il est égal à 20 km) de façon décroissante à la distance au chef-lieu. La densité lissée peut donc s'interpréter comme une moyenne pondérée des densités des communes dont le chef lieu se trouve dans un cercle de rayon R.

Les « bords » de l'espace considéré - frontières terrestres et maritimes - font l'objet d'un traitement particulier : dans une commune proche de la mer, la population est répartie non dans le cercle, mais dans sa partie terrestre.

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