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Les dynamiques démographiques et économiques des territoires du Morbihan (Flash d'Octant n°131)

Sylvain Dajoux, Marie-Hélène Kerouanton

Résumé

Le Morbihan est le département breton où la progression de l'emploi industriel sur les 30 dernières années est la plus forte. La crise du début des années 2000 n'a cependant pas épargné le département, affectant le développement industriel. La croissance de l'emploi reste pourtant soutenue entre 1999 et 2005, davantage alimentée par les besoins générés par une croissance démographique accélérée sur cettepériode. La progression de la population est plus marquée sur le littoral, comme celle de l'emploi salarié. Néanmoins, à travers des mécanismes variés et à des degrés divers, les différentes parties de l'intérieur du département affichent une croissance démographique et économique.

Sommaire


ISSN 2100-0549 - © Insee - 2008


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Introduction

Au 1er janvier 2005, 259 000 personnes travaillent dans le Morbihan, soit 21 % des actifs occupés en Bretagne. À la même date, le département compte 688 500 habitants, qui représentent 22 % de la population bretonne. Entre 1975 et 2005, la population du Morbihan augmente de 22 % et l'emploi de 27 %. Sur l'ensemble de cette période, le département est,après l'Ille-et-Vilaine, le plus dynamique de Bretagne, loin devant le Finistère et les Côtes-d'Armor. Il se situe néanmoins en retrait par rapport à l'Ille-et-Vilaine, où l'emploi progresse de 41 % en 30 ans, et la population de 32 %.

Le Morbihan se distingue par son bilan industriel largement positif, même si les évolutions récentes amènent à nuancer le constat. En 30 ans, la progression des effectifs de l'industrie dans le Morbihan atteint 31 %, contre 19 % pour l'Ille-et-Vilaine et 13 % en moyenne pour la Bretagne. Au 1er janvier 2005, 48 000 actifs travaillent dans l'industrie morbihannaise.

La crise du début des années 2000 n'a pas épargné l'industrie morbihannaise

Le bilan industriel du Morbihan sur la dernière période (1999-2005) est toujours positif, avec 3,5 % d'emplois supplémentaires. Mais la crise du début des années 2000 n'a pas épargné le département. Depuis fin 2001, les effectifs industriels sont en baisse (- 3,1 % entre 2002 et 2005). La baisse est un peu plus marquée qu'en Ille-et-Vilaine, mais moins que dans les Côtesd'Armor.
L'emploi salarié des principaux secteurs du département (IAA, construction navale, parfumerie, chimie, caoutchouc, plastique, électronique, métallurgie) est affecté. On observe corollairement un ralentissement du développement des activités de services aux entreprises, tant dans les établissements de conseil et assistance et les activités des organismes de recherche que dans les services opérationnels (gardiennage, nettoyage...). Ce phénomène est particulièrement sensible dans le Morbihan, un peu moins dans les autres départements.
Le début des années 2000 semble marquer une inflexion dans le développement du Morbihan. Malgré une industrie moins dynamique, la croissance de l'emploi salarié reste soutenue entre janvier 1999 et janvier 2005 (+ 11,5 %), mais désormais davantage alimentée par le développement de la construction et des services aux particuliers. Les évolutions récentes de l'emploi salarié privé, hors agriculture, confirment cette tendance. De début 2005 à début 2007, la progression de l'emploi salarié privé sur ce champ atteint 3,7 % dans le Morbihan, une évolution proche de celle observée en Ille-et-Vilaine. La moyenne bretonne se situe à 3,3 %, les deux autres départements bretons affichant un bilan plus modeste. Alors que l'industrie reste morose, la construction, les services aux particuliers, le commerce, les transports et les banques continuent de créer des emplois.


Tableau sur l'évolution de l’emploi total par secteur entre 1975 et 2005

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Le développement économique prend une orientation plus résidentielle

Le développement économique du département prend une orientation plus résidentielle. Cette évolution s'explique par l'accélération du rythme de croissance de la population : + 1,1 % en moyenne annuelle contre 0,6 % de 1975 à 1999. Ce taux est désormais très proche de celui de l'Ille-et-Vilaine, grâce en particulier à l'apport migratoire.
Rapporté à la population, l'excédent migratoire du Morbihan est à partir de 30 ans le plus fort de tous les départements. C'est le cas à l'âge de la retraite, après 60 ans, mais également aux âges d'activité, à partir de 30 ans. Ces arrivées répondent en grande partie à la demande demain-d'oeuvre créée par les besoins de la population, en matière de logement, commerce ou services, tout en contribuant elles-mêmes à la croissance de ces besoins.
En six ans, de 1999 à 2005, on dénombre 20 % d'emplois salariés supplémentaires dans la construction, 27 % dans le commerce de détail, 18 % dans les services aux particuliers, des chiffres supérieurs à ceux des autres départements bretons. En valeur relative, les activités récréatives, culturelles et sportives sont parmi les services aux particuliers celles où l'emploi salarié progresse le plus (+ 26 %). En valeur absolue, ce sont les services de santé ou d'action sociale qui créent le plus d'emplois salariés : 4 500 en six ans.

Graphique : Taux de variation annuel de la population entre les recensements

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Le développement accéléré des services réduit la part de la sphère productive

En 2005, sur le champ du commerce et des services du secteur concurrentiel (hors activités financières), le Morbihan était le mieux équipé des départements bretons. Les évolutions qui ont pu être mesurées entre 1999 et 2005 sur ce champ montrent que la progression du niveau d'équipement a été particulièrement marquée dans le département : le nombre d'établissements a progressé de 26 % dans le département, contre 22 % pour l'ensemble de la région et 18 % en Ille-et-Vilaine.
Le développement plus rapide de ces activités, relevant de la sphère résidentielle, conjugué au ralentissement de l'industrie et des services aux entreprises, a fait mécaniquement baisser la part des salariés relevant de la sphère productive dans le Morbihan. La croissance de l'emploi dans cette sphère avait été presque aussi vive entre 1993 et 1999 dans le Morbihan qu'en Ille-et-Vilaine (respectivement + 15 % et + 16 %). Elle s'est nettement ralentie depuis pour s'établir à 7,5 % entre 1999 et 2005, alors que dans le même temps elle s'est encore accentuée en Ille-et-Vilaine (+ 18 %).
Depuis 1999 la part de la sphère productive s'est réduite d'environ 1,5 point dans le Morbihan pour se retrouver sensiblement au même niveau qu'en 1990. Au 1er janvier 2005, le Morbihan reste cependant, après l'Ille-et-Vilaine, le département où cette part est la plus élevée, grâce au dynamisme industriel des 30 dernières années et au développement des activités connexes, services, logistique… Cette part est estimée à 35 %, contre 36 % en moyenne en Bretagne et 39 %en Ille-et-Vilaine. L'analyse du tissu d'établissements de la sphère productive met en évidence une forte spécialisation de l'emploi dans quelques secteurs clés de l'économie du département, et une forte concentration des salariés dans un nombre restreint d'établissements. À un échelon géographique plus fin, ces particularités sont encore plus marquées et structurent le département en quatre zones contrastées.

Graphique : Évolution de l'emploi salarié de la sphère productive de 1990 à 2005

Carte : Les principaux établissements de la sphère productive du Morbihan au 31 décembre 2004

Cliquer sur l'image pour l'agrandir



Part des 3 sphères dans les départements bretons au 31 décembre 2004
Nombre
de postes salariés
Part de la sphère
productive
(en %)
Part de la sphère
résidentielle
(en %)
Part de la sphère
publique
(en %)
Source : Insee, Clap
Côtes-d'Armor 160 125 33 42 26
Finistère 258 725 34 42 24
Ille-et-Vilaine 335 276 39 39 22
Morbihan 201 914 35 41 24
Bretagne 956 040 36 40 24

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La partie littorale du département affiche un fort dynamisme démographique et économique

Une large bande littorale se distingue de la partie intérieure du département. Le dynamisme de la zone littorale est plus marqué que dans le reste du département. Cette zone englobe les grandes agglomérations du département, Vannes et Lorient. En 1999, elle concentrait 73 % de la population et 74 % de l'emploi du département. Les premiers résultats des dernières enquêtes annuelles de recensement montrent que la concentration de la population dans la zone littorale tend à s'accroître. Entre 1999 et 2005, la progression de la population des ménages ordinaires (hors collectivités, dont les maisons de retraite en particulier) y est estimée à près de 7 %, contre 4 % dans le reste du département. En matière d'emploi salarié, le bilan est également plus favorable dans la zone littorale : le secteur privé (hors agriculture) a augmenté ses effectifs salariés de 17 % sur le littoral, de 11 % dans le reste du département de début 99 à début 2005. Le dynamisme du littoral se traduit également par un taux de création d'entreprises un peu plus élevé que dans le reste du département en 2006 (10,2 % contre 9,1 % pour le reste du département).
L'activité la plus dynamique du littoral est la construction, avec une progression de 27 % des effectifs salariés. Le nombre de logements mis en chantier entre 1999 et 2005 est de 7 au km² dans le Morbihan. Cette densité est de 15 au km² pour la zone littorale contre seulement 3 au km² dans le reste du département. En 2006, le taux de création d'entreprises est également supérieur à celui observé dans le reste du département :13,3 % contre 10,6 %.

Carte : Zone littorale

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L'orientation résidentielle est fortement marquée dans la zone littorale

La vocation touristique affirmée du littoral morbihannais contribue à ces évolutions. La croissance de la population, résidente ou de passage, entraîne une augmentation des équipements, commerces ou services aux personnes, ainsi que de l'artisanat du bâtiment. Le littoral a enregistré une progression de l'ensemble des établissements dédiés à ces activités de 12 % entre 1999 et 2005, contre 3 % pour le reste du département.
La forte concentration de population sur le littoral confère à son économie une orientation résidentielle plus marquée que dans l'ensemble du département. En 2005, 61 000 des postes de travail localisés sur la zone littorale relèvent de la sphère résidentielle privée, soit les trois quarts des quelque 83 000 que compte le Morbihan dans cette sphère. Ces postes représentent 44 % de l'ensemble des postes de travail du littoral, tous secteurs confondus,contre 35 % dans le reste du département. La progression de l'emploi dans la sphère résidentielle privée a été plus forte entre 1999 et 2005 sur le littoral que dans le reste du département : 24 % contre 21 %.
La zone littorale regroupe également les trois quarts des 49 000 postes de travail de la sphère publique, plus particulièrement ceux de la fonction publique d'État. Ils sont fortement présents sur les agglomérations de Vannes et dans une moindre mesure de Lorient. La part des postes de la sphère publique est de 26 % sur le littoral, contre 21 % dans le reste du département.

Carte : Évolution du nombre de ménages entre 1999 et 2005 par EPCI

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La sphère productive reste dynamique, grâce au développement des services aux entreprises

Dans la zone littorale, l'importance de la sphère résidentielle privée ou publique réduit mécaniquement la part de la sphère productive, qui ne dépasse pas 30 % des postes salariés. Elle compte cependant 42 000 postes, soit 60 % des postes de l'économie productive du département. L'industrie du littoral est très marqué par la présence des activités de la filière construction navale, militaire et de plaisance avec une surreprésentation des principales activités des sous-traitants, métallurgie et plastique. Cette spécialisation est accentuée par la présence de la tréfilerie Michelin à Vannes.
La sphère productive reste dynamique sur le littoral. L'emploi salarié privé (hors agriculture) y a davantage progressé entre 1999 et 2005 que dans le reste du département : 8 % contre 5 %. Ce dynamisme est confirmé par la vigueur de la création d'entreprises dans la sphère productive : le taux de création atteint 11,2 % en 2006 sur le littoral, contre 9,9 % pour le reste du département.
L'emploi industriel du secteur privé (hors agriculture) a peu augmenté : + 1 %, contre 4 % dans le reste du département. En revanche les activités connexes, notamment les services aux entreprises, services opérationnels, conseil et assistance, se sont considérablement développés sur la période : + 30 %, contre 26 % dans le reste du département. Ces activités sont en fait très concentrées dans les deux grandes agglomérations, de Lorient et de Vannes, et leur développement vient compenser la faible croissance des emplois industriels.

Part des 3 sphères dans les quatre zones au 31 décembre 2004
Population*
au 1er janvier 2005
Nombre
de postes salariés
Part de la sphère
productive
(en %)
Part de la sphère
résidentielle
(en %)
Part de la sphère
publique
(en %)
Source : Insee, Clap, enquêtes de recensement 2004 ,2005, 2006
* population des ménages ordinaires
**  la zone est englobant des communes situées hors du département, les données relatives au Morbihan ne sont pas égales à la somme des quatre zones.
Zone littorale 492 978 139 485 30 44 26
Zone nord-ouest 91 999 24 059 41 35 24
Zone centrale 52 588 19 556 57 27 16
Zone est 90 722 29 372 40 39 22
Morbihan** 669 481 201 914 35 41 24

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L'emploi reste concentré dans les grandes agglomérations,les déplacements domicile-travail augmentent

L'emploi reste concentré dans les agglomérations de Vannes et de Lorient. À elles deux, elles comptent 54 % de l'ensemble des postes de travail salariés privé du département en 2005, 51 % des salariés du secteur privé hors intérim et agriculture. Une redistribution s'est effectuée entre 1999 et 2005 au profit de Vannes. L'agglomération offre 23 % des emplois du secteur privé hors agriculture en 2005 contre 20 % en 1999. À Lorient, cette part est passée de 29 à 27 %.
La concentration des ménages est moindre : en 2005, 46 % des ménages ont leur résidence principale dans les deux communautés d'agglomération. La part des ménages vivant dans l'agglomération vannetaise a augmenté, mais moins que la part de l'emploi. Pour l'agglomération de Lorient, cette part a diminué. À travers l'augmentation des navettes domiciletravail, la croissance de l'emploi a donc bénéficié aux communes périurbaines de l'ensemble des deux agglomérations.
Au recensement de 1999, 27 communes voyaient plus de 40 % de leurs salariés (hors fonctionnaires d'Etat) se déplacer quotidiennement pour aller travailler à Vannes. En 2005, elles sont huit communes supplémentaires dans ce cas. L'aire d'attraction de Lorient a moins augmenté : de 20 communes à 23. Avec les communes situées entre Lorient et Vannes et dont 40 % des salariés travaillent dans l'une ou l'autre des trois (avec Auray) principales villes de la bande littorale, cette zone constitue désormais un espace urbain continu. Le rayon d'attraction des deux grandes villes ne s'est en revanche pas beaucoup étendu au-delà de la zone littorale vers l'intérieur du département. Parmi les communes qui se sont ajoutées à celles fortement attirées par Lorient,seule Quistinic se situe hors de la bande littorale. Vers Vannes, elles ne sont que deux communes dans le même cas : La Vraie-Croix et Saint-Guyomard.

Concentration des ménages et de l'emploi salarié dans les principales agglomérations (en %)
Part des ménages
dans le département
Part de l'emploi salarié privé
dans le département
1999 2005 1999 2005
Source : taxe d’habitation, Urssaf
* communauté d'agglomération
** communauté de communes
Ca* de Lorient 29,1 28,0 29,2 27,5
Ca de Vannes 17,4 18,2 20,4 23,5
Cc** de Ploërmel 2,0 2,1 2,8 2,8
Cc du pays d'Auray 5,5 5,9 5,6 5,7
Cc de Pontivy 6,5 6,2 7,5 7,8

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Trois zones distinctes à l'intérieur des terres

Les dynamiques qui ont permis la croissance démographique et économique de l'intérieur du département ne se limitent donc pas à un effet induit du développement du littoral. En matière de développement, les différentes parties de l'intérieur du département ne constituent en fait pas un ensemble homogène. L'analyse de l'appareil productif permet de partitionner l'intérieur du département en trois zones distinctes et de mettre en évidence les mécanismes économiques à l'origine de leur croissance.
La première zone se situe dans la partie est du département, et ne saurait être observée sans y inclure la partie de la Communauté de communes de Redon située hors du Morbihan. Les implantations des établissements Yves Rocher qui se sont faites dans cette zone est, aux alentours de Ploërmel ou de Redon ont entrainé une très forte spécialisation industrielle dans les activités de parfumerie entretien. Cette zone héberge également des établissements sous-traitants de l'automobile (MPAP à Ploërmel ou Faurecia près de Redon). La zone centrale du département se caractérise également par une forte spécialisation, mais dans un autre domaine avec la présence de nombreux établissements industriels du secteur agroalimentaire. Ce dernier secteur est également très présent dans la zone Nord-Ouest autour de Pontivy et de Gourin, mais l'économie productive de cette dernière zone est un peu plus diversifiée, avec les industries du bois et papier, et le transport de marchandises.
Le développement d'un réseau routier dense a favorisé l'installation de grosses structures industrielles dans l'est et le centre du département. La zone Nord-Ouest, d'une accessibilité moindre, en a moins bénéficié, et son développement semble en pâtir. Outre les routes, les agglomérations structurent le territoire, concentrant la population, les activités de commerce et de service. Leur présence est un facteur déterminant du développement démographique et économique des territoires.

Carte : Zones intérieures

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Une croissance basée sur le développement de l'industrie agroalimentaire dans la partie centrale

A cet égard, la zone centrale du département est atypique, puisqu'elle ne comporte aucune grande agglomération, contrairement aux trois autres. En revanche le territoire est irrigué par les grands axes de circulation, aux carrefours desquels se sont implantés de nombreux établissements de l'industrie agroalimentaire. Le dynamisme de cette zone sur la période 1999-2005 repose ainsi d'abord sur le développement des activités de la sphère productive.
En l'absence de grande agglomération, le taux d'équipement de la zone en commerce et services est en 2005 le plus faible des quatre zones. En raison de la présence moindre des activités de commerce et de services, privés ou publics, les emplois salariés de la sphère productive représentent la majorité des 19 500 postes de travail de la zone en 2005. Entre 1999 et 2005, l'emploi salarié privé (hors agriculture), y a progressé de 8 % dans la sphère productive, autant que dans la zone littorale. Cette croissance est imputable en grande partie à l'industrie, mais également au développement des activités de services aux entreprises.

Carte : Part des industries agroalimentaires dans l'emploi salarié au 31 décembre 2004

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La population augmente presque autant que sur le littoral

Les nombreux emplois ainsi créés ont fait appel à une main d'oeuvre venue s'installer sur ce même territoire. La particularité de la zone centrale est en effet sa relative étanchéité en matière de déplacements domicile-travail. Aucune commune de la zone ne voit plus de 40 % de ses salariés aller travailler dans une grande agglomération, sauf celles situées dans la Communauté de communes de Questembert. Parmi ces dernières, les plus à l'Ouest, en bordure de la communauté d'agglomération de Vannes, envoient plus de 40 % de leur salariés travailler à Vannes. Les salariés de communes proches de la route à 4 voies vont travailler, pour un peu plus de 40 % d'entre eux, à Vannes ou Redon.
Entre 1999 et 2005, la population vivant en logement ordinaire a progressé de 6 %, presque autant que sur le littoral. Cette croissance s'est accompagnée d'un développement des activités de la sphère résidentielle privée, qui restent cependant encore sous-dimensionnées. L'emploi y a progressé de 20 % sur la même période, avec une forte progression des effectifs salariés du commerce (+ 17 %). Au total l'emploi salarié privé (hors agriculture) a progressé de 12 %.
Les deux autres zones à l'Est et au Nord-Ouest du département ont des structures plus proches l'une de l'autre. La part de la sphère résidentielle privée est un peu plus importante dans la zone est, au détriment de la sphère productive. C'est dans la zone est que l'emploi salarié privé, hors agriculture, a le moins progressé entre 1999 et 2005 dans les activités de la sphère productive (2 %), en raison d'un faible dynamisme de l'industrie et du commerce de gros.
La population y a néanmoins augmenté de 6 %. L'économie de la zone prend une orientation plus résidentielle, avec un développement marqué des services aux particuliers. La croissance des effectifs salariés de la sphère résidentielle privée atteint 25 % entre 1999 et 2005 : c'est la plus forte des quatre zones. En termes de nombre d'équipements présents sur le territoire, la progression est également la plus forte après la zone littorale : + 5 %.

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L'augmentation des déplacements domicile-travail stimule l'économie résidentielle des zones est et nord-ouest

L'observation de l'évolution des navettes domicile travail des salariés entre 1999 et 2005 met en évidence une extension des espaces urbains constitués par les pôles Rennes-Ploërmel d'une part, Rennes-Redon-Nantes d'autre part. Une part de la croissance du nombre de ménages dans la zone est peut ainsi s'expliquer par l'extension du rayon d'attraction de l'agglomération nantaise à la partie sud de la communauté d'agglomération de Redon. De la même façon l'attraction de l'agglomération rennaise s'étend à l'ensemble des communes à l'Est de Ploërmel, contribuant également à la croissance de la population de la zone. La communauté de communes de Ploërmel enregistre la plus forte progression du nombre de ménages entre 1999 et 2005.
Dans la zone Nord-Ouest aussi, une part de la croissance de la population trouve probablement son origine dans l'extension du rayon d'attraction du pôle Lorientais. Pour modeste qu'elle soit (+ 2 %), cette progression est un retournement de tendance, puisque entre 1990 et 1999 la population avait diminué de 1,5 %.
L'emploi salarié privé, hors agriculture a progressé de 10 % dans la zone entre 1999 et 2005. Elle a bénéficié de la croissance de l'emploi dans la sphère productive (+ 4 % dans le secteur privé hors agriculture), en particulier autour de Pontivy. L'attraction de la commune de Pontivy s'est particulièrement renforcée et les communes situées entre Pontivy et Loudéac bénéficient largement de la présence de salariés travaillant à plus de 40 % dans l'un de ces deux pôles. L'extension de l'aire d'attraction du pôle Lorientais explique également en partie cette progression. L'ensemble des communes situées en bordure de la route reliant Lorient à Pontivy voient plus de 40 % de leurs salariés partir quotidiennement vers Lorient ou Pontivy. La croissance de la population reste cependant la plus faible des quatre zones, de même que la croissance de l'emploi dans la sphère résidentielle privée (+ 17 %). La zone bénéficie d'un niveau d'équipement plus bas que les autres zones du département, mais entre 1999 et 2005, on note une évolution favorable, notamment le développement des activités de loisir.

Carte : Les zones d'attraction en Bretagne en 1999 Carte : Les zones d'attraction en Bretagne en 2004

Les activités de la sphère productive dans le Morbihan

Avec plus de 19 000 salariés au 1er janvier 2005, les industries agroalimentaires sont le principal employeur du département et représentent près du quart des emplois salariés de la sphère productive. Cette part est 50 % plus élevée que la part moyenne du secteur en Bretagne. Le secteur de la parapharmacie, parfumerie entretien emploie dans le Morbihan près de 3 000 salariés, une part quatre fois plus importante de la sphère productive que la moyenne régionale. La construction et réparation navales, avec la DCN et la construction et réparation de bateaux de plaisance comptent un peu plus de 3 000 salariés et représentent une part deux fois plus importante des emplois de la sphère productive ; la métallurgie et transformation des métaux presque autant avec également 3 000 salariés. Deux autres activités sont également mieux représentées dans le Morbihan : l'industrie du bois et du papier (2 000 salariés), et le secteur de la chimie, caoutchouc, plastique (3 700 salariés).

Dans le Morbihan, plus qu'en moyenne dans la région, l'emploi se concentre dans un nombre restreint de secteurs. Les deux secteurs les plus surreprésentés sont en outre très concentrés. La quasi-totalité des effectifs salariés de la parapharmacie, parfumerie sont regroupés dans quatre établissements de l'entreprise Yves Rocher. La construction navale emploie 77 % de ses salariés dans les quatre principaux établissements du secteur, dont la DCN. L'industrie agroalimentaire est moins concentrée, en raison de l'implantation de nombreux établissements d'une taille importante. Les quatre plus gros établissements regroupent seulement 16 % des salariés, les dix premiers 30 %.

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La mesure de l'évolution de l'emploi à partir de la source URSSAF

Les indices d'évolution de l'emploi dans les quatre zones d'étude sont calculés à partir de la source URSSAF (Union pour le Recouvrement des cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales). Les établissements dépendant de la MSA(Mutualité Sociale Agricole) ne sont donc pas pris en compte. Les salariés en intérim sont exclus du calcul des indices d'évolution.
Si l'on exclut le secteur public, le taux de couverture de l'emploi par la source Urssaf est de 90 %.Il varie cependant selon les sphères et les zones.

Taux de couverture - hors secteur public (en %)
Effectifs Urssaf/postes de travail Clap
Total Sphère productive Sphère résidentielle
Effectif Urssaf Taux Effectif Urssaf Taux Effectif Urssaf Taux
Zone littorale 92 600 90 37 000 88 55 600 91
Zone nord-ouest 16 600 91 8 600 87 8 000 95
Zone centrale 14 300 87 9 300 84 5 000 95
Zone est 20 300 89 11 200 95 9 100 90

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