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En 2015, un nouveau-né sur vingt a une mère de 40 ans ou plus, comme en 1948

Vanessa Bellamy, division Enquêtes et études démographiques, Insee

Résumé

En 2015, 799 000 bébés sont nés en France. C’est 20 000 naissances en moins par rapport à 2014, soit une baisse de 2,4 %. Le nombre de naissances retrouve ainsi son niveau de 2002 ou 2003 et son niveau moyen des dernières décennies. Parmi les nouveau-nés de 2015, 5 % ont une mère de 40 ans ou plus. Mais être mère à ces âges n’est pas nouveau : déjà, en 1948, 5 % des nouveau-nés avaient une mère de 40 ans ou plus. La part de ces maternités tardives avait par la suite diminué, pour augmenter régulièrement depuis le début des années 1980. Depuis cette période, les naissances tardives sont de plus en plus souvent des premières naissances. En 2015, 17 % des nouveau-nés ont un père de 40 ans ou plus.

Sommaire

Publication

En 2015, 5 % des nouveau-nés ont une mère de 40 ans ou plus

En 2015, 799 000 bébés sont nés en France, dont 760 000 en métropole (figure 1). Le nombre des naissances diminue de 20 000 par rapport à 2014, soit une baisse de 2,4 %. À champ constant (hors Mayotte), le nombre de naissances retrouve ainsi son niveau de 2002 ou 2003. La natalité est globalement stable en France depuis la fin du baby-boom ; elle oscille autour de 800 000 naissances par an depuis les années 1980.

En 2015, 41 000 nouveau-nés ont une mère de 40 ans ou plus, soit 5,1 % d’entre eux (figure 2). Pour la quasi-totalité de ces bébés (93 %), la mère a entre 40 et 44 ans. Les naissances de mères de 45 ans ou plus sont ainsi relativement rares.

La part des mères de 40 ans ou plus ne cesse d’augmenter depuis le début des années 1980. Mais être mère à ces âges n’est pas nouveau. Les maternités dites « tardives » sont en effet fréquentes tout au long de la première moitié du XXe siècle. En 1901, par exemple, 6,5 % des bébés de l’année ont une mère de 40 ans ou plus.

La part des naissances de mères de 40 ans ou plus commence à diminuer avant 1940, puis le mouvement s’accélère jusqu’aux années 1980. À une première baisse qui s’arrête en 1958, année où 2,5 % des maternités sont tardives, succèdent six années de hausse, jusqu’en 1964. Vient ensuite une seconde baisse, qui s’achève en 1981 ; cette année-là, seulement 1,1 % des nouveau-nés ont une mère de 40 ans ou plus. Avec la hausse qui suit, la part des naissances de mères de 40 ans ou plus retrouve en 2015 son niveau de 1948 (5,1 %).

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La fécondité des femmes de 40 ans ou plus augmente depuis 1984

L’évolution de la part des maternités tardives dépend du taux de fécondité des femmes de 40 ans ou plus et de la part des femmes de cet âge dans la population féminine.

Depuis l’après-guerre, les fluctuations du nombre de maternités tardives suivent largement celles du taux de fécondité des femmes âgées de 40 à 49 ans (figure 2). Ce taux de fécondité, en constante diminution depuis 1946, atteint un point bas en 1958 : cette année-là, en moyenne, 1 000 femmes de 40 à 49 ans donnent naissance à 8,1 enfants. Le taux de fécondité des femmes de 40 à 49 ans remonte ensuite pendant six ans avant de reprendre sa baisse. Entre 1978 et 1983, chaque année, 1 000 femmes de 40 à 49 ans mettent au monde moins de 3 enfants.

Les comportements de fécondité se modifient dès 1984 et le taux de fécondité des femmes de 40 à 49 ans progresse. En 2015, 1 000 d’entre elles donnent naissance à 9 enfants environ, retrouvant ainsi un niveau de fécondité déjà atteint en 1967 ou en 1956. Cependant, même si la fécondité à des âges avancés remonte, son niveau actuel reste en deçà de ce qu’il a pu être au début des années 1950 par exemple.

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Les « baby-boomeuses » commencent à atteindre 40 ans au milieu des années 1980

À partir de 1986, l’augmentation de la part de femmes âgées de 40 ans ou plus dans la population féminine contribue aussi à la hausse de la part des maternités tardives dans l’ensemble des naissances. Auparavant, entre 1946 et 1986, la part des femmes de 40 ans ou plus fluctuait entre 42 et 46  % (figure 3). En 1986, la première génération nombreuse du baby-boom atteint 40 ans. Ainsi, au fur et à mesure de l’avancée en âge des générations nées entre 1946 et 1974, la part des femmes de 40 ans ou plus progresse dans l’ensemble de la population féminine.

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En 2014, 26 % des maternités tardives sont des premières naissances

En 2014, 26,4 % des naissances de mères de 40 ans ou plus sont des premières naissances, 29,3 % des deuxièmes naissances et 44,3 % des troisièmes naissances ou plus (figure 4). La proportion de premières naissances parmi les naissances tardives reste minoritaire, même si elle n’a cessé de progresser depuis une cinquantaine d’années. Elle était de 12 % en 1967, 17 % en 1981, puis 24 % en 2007.

Du milieu des années 1960 à 1980 environ, la diminution de la taille des familles, déjà largement amorcée dès l’après-guerre, se conjugue à un début de décalage du calendrier des naissances : les femmes ont leur premier enfant plus tardivement. Mais à partir des années 1980, la taille des familles se stabilise et l’augmentation de la part des maternités tardives est entièrement due au décalage de la naissance du premier enfant : de plus en plus souvent, ces naissances tardives sont ainsi des premières naissances.

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17 % des nouveau-nés de 2015 ont un père de 40 ans ou plus

136 000 nouveau-nés de 2015, soit 16,9 % d’entre eux, ont un père âgé de 40 ans ou plus à la naissance (figure 5). En particulier, 17 000, soit 2,0 %, ont un père âgé de 50 ans ou plus. De même qu’être mère après 44 ans est relativement rare, être père après 59 ans est peu fréquent : parmi les naissances de père de 50 ans ou plus, seule une sur dix concerne un père âgé de 60 ans ou plus.

30 000 bébés nés en 2015 ont leurs deux parents âgés de 40 ans ou plus, soit 3,8 % de l’ensemble des nouveau-nés de l’année. Notamment, 5 000 bébés nés en 2015 ont une mère de 40 ans ou plus et un père de 50 ans ou plus, soit 0,6 % des naissances de l’année.

Figure 5 - Répartition des nouveau-nés de 2015 selon les âges de leurs parents
en %
Âge de la mère Âge du père Ensemble
Moins de 30 ans De 30 à 39 ans De 40 à 49 ans 50 ans ou plus
Champ : France.
Source : Insee, statistiques de l'état civil.
Moins de 30 ans 23,9 17,0 1,7 0,2 42,8
De 30 à 39 ans 3,4 37,4 10,0 1,2 52,0
40 ans ou plus 0,1 1,3 3,2 0,6 5,2
Ensemble 27,4 55,7 14,9 2,0 100,0

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Sources

Les statistiques d’état civil sur les naissances sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee. Le code civil oblige en effet à déclarer tout événement relatif à l'état civil (naissances, mariages, décès, reconnaissances) à un officier d'état civil dans des délais prescrits. L'Insee s'assure de l'exhaustivité et de la qualité des données avant de produire les fichiers statistiques d'état civil.

Le rang de naissance des enfants est calculé ici à partir d’un rapprochement de ces données avec celles du recensement de la population, pour les années 1967 à 2007, ou de l’enquête annuelle de recensement, pour 2014.

Définitions

L’âge de chaque parent à la naissance de l’enfant est ici l’âge atteint dans l’année, i. e. la différence entre l'année de naissance de l’enfant et celle du parent.

Le rang de naissance est l'ordre de naissance des enfants biologiques d’une même mère au cours de sa vie, quelle que soit sa situation matrimoniale.

Bibliographie

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Insee Focus N° 64 - septembre 2016

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Liens

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