Aller au contenu

Aller au menu principal

Aller à la recherche

Liens transversaux haut

Tableau économique d'ensemble - Pour comprendre les tableaux

Le tableau économique d'ensemble (TEE)

Le TEE donne une vision synthétique du fonctionnement d'une économie à travers trois séries de comptes : les comptes courants, les comptes d'accumulation et les comptes de patrimoine. Il rassemble les comptes de tous les secteurs institutionnels, ceux de l'économie nationale (obtenus par agrégation des comptes des secteurs) et ceux du Reste du monde.

Les lignes du TEE

Les montants relatifs aux différentes opérations comptables apparaissent en ligne.

Les comptes courants - comptes de production, d'exploitation, d'affectation des revenus primaires, de distribution secondaire du revenu, de redistribution du revenu en nature et les comptes d'utilisation du revenu - sont des comptes de flux. Ils permettent de déterminer l'épargne, première étape de l'accumulation.

L'épargne fait le lien entre les comptes courants et les comptes d'accumulation, lesquels sont également des comptes de flux.

Le compte de capital enregistre les acquisitions, diminuées des cessions, d'actifs non financiers, ainsi que des transferts en capital versés et reçus (aides à l'investissement, impôts en capital, etc.). Il permet de déterminer dans quelle mesure les acquisitions et les cessions d'actifs non financiers ont été financés par l'épargne et les transferts en capital. Il fait apparaître une capacité - ou un besoin de financement (B9A).

Le compte financier décrit, par type d'instrument financier, les variations d'actifs et de passifs financiers des secteurs institutionnels et du Reste du monde. Le solde de ce compte (solde des créances et dettes - B9B) correspond en théorie, à la capacité - ou au besoin - de financement du compte de capital. Le poste B0 est un ajustement statistique entre ces deux soldes nécessité par le fait que ces deux types de comptes sont établis à partir de sources différentes qu'il n'est pas facile de rendre complètement cohérentes.

Le compte des autres changements de volume et le compte de réévaluation décrivent les variations des actifs et des passifs qui ne sont pas liés à l'épargne et à des transferts volontaires de richesse, lesquels sont enregistrés dans le compte de capital et le compte financier. Le premier enregistre les créations et destructions d'actifs et de passifs qui ne sont pas des flux courants (catastrophes naturelles, par exemple), le second enregistre les changements de valeur dus aux seules variations de prix (gains ou perte de détention).

Le compte de patrimoine est un compte de stocks qui enregistre, en fin de période, les encours d'actifs et de passifs détenus par les unités économiques, ainsi que leur valeur nette en début et en fin d'exercice (différence entre l'actif et le passif). Le compte de clôture d'un exercice étant le même que le compte d'ouverture de l'exercice suivant, ils restituent une cohérence temporelle entre les différents exercices : compte de clôture de l'exercice n-1 + comptes d'accumulation de l'exercice = compte de clôture de l'exercice n.

Ces différents comptes étant élaborés à partir de sources différentes, un ajustement statistique est nécessaire et intégré au compte des autres changements de volume.

Les colonnes du TEE

Les emplois des comptes courants, les variations d'actifs des comptes d'accumulation, les actifs des comptes de patrimoine sont inscrits dans la partie gauche du TEE ; symétriquement, les ressources, les variations de passifs et les passifs figurent à droite.

Chaque partie du TEE comporte :

  • une colonne pour chacun des secteurs institutionnels S11, S12, S13, S14 et S15,
  • une colonne « Impôts nets de subventions sur les produits » qui reprend les montants des opérations concernant l'économie nationale qui ne peuvent pas être attribués à un secteur particulier,
  • une colonne « Économie nationale » qui est la somme des précédentes,
  • une colonne « Reste du monde »,
  • une colonne « Biens et services »,
  • et une colonne « Total » qui est la somme de l'économie nationale, du reste du monde et des biens et services.

La colonne « Biens et services »

Toute ressource ayant une contrepartie en emploi, les totaux d'emplois et de ressources doivent être égaux en ligne. Il en va de même pour totaux de variations d'actifs et de passifs des comptes d'accumulation. Par exemple, la somme des rémunérations versées par les secteurs institutionnels et le reste du monde, et figurant en emplois du compte d'exploitation, est égale à la somme des rémunérations reçues par les ménages et le reste du monde inscrites en ressources du même compte et figurant sur la même ligne.

En revanche, la création de nouvelles ressources - production ou importations - trouve sa contrepartie dans des opérations distinctes - consommation intermédiaire, consommation finale, formation de capital et exportations - qui sont, par conséquent, inscrites sur des lignes différentes, voire dans d'autres comptes. L'équilibrage des opérations en ligne nécessite l'adjonction d'une colonne supplémentaire, intitulée « biens et services » dans laquelle on reporte la contrepartie des opérations sur biens et services. Cette colonne, lue verticalement, retrace l'équilibre entre les ressources (à gauche) et les emplois (à droite) des opérations sur biens et services.

Les impôts, nets de subventions, sur les produits sont une opération sur biens et services, ils sont donc repris dans cette colonne. Par ailleurs, ils sont nécessaires pour rétablir l'équilibre entre les ressources enregistrées au prix de base et les emplois enregistrés au prix d'acquisition.

La colonne « Impôts nets de subventions sur les produits »

La colonne « Impôts nets de subventions sur les produits » du TEE permet d'enregistrer les impôts et subventions sur les produits reçus (négativement pour les subventions) par les administrations publiques et payés indistinctement par l'ensemble des secteurs résidents.

La colonne « Économie nationale »

Cette colonne permet de lire les agrégats (qui sont les soldes de chacun des comptes) relatifs à l'économie nationale. Tous les soldes sont calculés bruts (avant déduction de la consommation de capital fixe) et nets (après déduction de la consommation de capital fixe).

Le produit intérieur est la somme de la valeur ajoutée (B1), solde du compte de production, augmenté des impôts, nets de subventions, sur les produits (D21-D31) pour obtenir sa valorisation au prix d'acquisition. Il représente la valeur créée par l'économie nationale pendant la durée de l'exercice.

L'excédent d'exploitation (B2) est la part de la valeur ajoutée qui rémunère le capital. C'est le solde du compte d'exploitation.

Le secteur des ménages (S14) se compose des entrepreneurs individuels (S14A) et des ménages hors de leur activité d'entreprise individuelle (S14B).

Le solde du compte d'exploitation du S14A est le revenu mixte (B3) ainsi dénommé parce qu'il n'est pas possible de différencier la part qui rémunère le capital de l'entreprise de celle qui rémunère le travail de l'entrepreneur.

Le solde du compte d'exploitation du S14B est également un revenu mixte sauf pour ce qui concerne la production de service de logement (qu'elle soit imputée ou effective). En effet, celui-ci ne rémunère que le capital investi : le logement.

Le revenu national (B5) représente le solde de l'ensemble des revenus primaires (revenus issus de l'activité de production et de la propriété) reçus par les secteurs résidents. C'est le solde du compte d'affectation des revenus primaires. Il est égal au produit intérieur diminué des revenus primaires versés par les secteurs résidents au reste du monde, augmenté des revenus primaires reçus du reste du monde.

Le revenu national disponible (B6) est le solde du compte de distribution secondaire du revenu. C'est le revenu disponible après les opérations de redistribution du revenu : impôts sur le revenu et le patrimoine (D5), cotisations sociales (D61 et D62) et autres transferts courants (D7).

Le revenu disponible ajusté (B7) est le solde du compte de redistribution du revenu en nature. Ce compte est représenté en italique au sein du compte d'utilisation du revenu. Il n'a de sens que pour les administrations publiques (S13) et les institutions sans but lucratif au service des ménages (S15) qui versent les prestations sociales en nature (D631) et les transferts de biens et services non marchands individuels (D632) ; et pour les ménages (hors entrepreneurs individuels) qui les reçoivent.

L'épargne (B8) est le solde du compte d'utilisation du revenu. C'est la part du revenu disponible qui n'est pas affectée à la dépense de consommation finale (P3). Elle est aussi égale à la part du revenu disponible ajusté qui n'est pas affectée à la consommation finale effective (P4).

La capacité - ou le besoin - de financement de la Nation (B9A) est le solde du compte de capital. Compte tenu des transferts en capital, c'est la partie de l'épargne qui ne finance pas l'acquisition d'actifs non financiers. De ce point de vue, il s'agit de l'épargne financière.

Ce solde représente également l'ensemble des ressources que l'économie nationale met à la disposition du reste du monde (si le montant est positif) ou qu'elle reçoit du reste du monde (si le montant est négatif).

Le patrimoine national (B90) est le solde du compte de patrimoine. Il représente la richesse détenue par la Nation. Il se calcule comme la somme des actifs financiers et non financiers diminuée des passifs financiers. Pour chacun des secteurs institutionnels ce solde est la valeur nette.

La colonne « Reste du monde »

Cette colonne retrace le compte des relations avec le reste du monde. Le reste du monde n'est pas un secteur institutionnel ; ses comptes ne sont pas découpés selon la séquence des comptes des secteurs résidents. Seuls trois soldes sont significatifs : le solde extérieur des biens et services, le solde extérieur courant et la capacité - ou besoin - de financement. Ils sont établis du point de vue du reste du monde.

Le solde extérieur des biens et services (B11) retrace l'équilibre entre les exportations et les importations.

Le solde extérieur courant (B12) est égal au solde extérieur des biens et services augmenté du solde de l'ensemble des opérations de répartition.

La capacité - ou besoin - de financement (B9A) du reste du monde est l'opposé de la capacité - ou besoin - de financement de la Nation.

Liens

Pour comprendre les tableaux