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Les migrations résidentielles en Nord-Pas-de-Calais

Sommaire


Synthèse : Les parcours de vie au coeur des comportements migratoires

Parmi les 3,7 millions de personnes de 5 ans et plus que compte en 2006 le Nord-Pas-de-Calais, 68 % vivent dans le même logement qu’en 2001 contre 64,5 % en France métropolitaine. Cette différence témoigne d’une moindre mobilité qui s’explique uniquement par de faibles migrations interrégionales, et en premier lieu une plus faible attractivité vis-à-vis des autres régions : 2,8 % de la population du Nord-Pas-de-Calais en 2006 habitait dans une autre région en 2001, contre 6,3 % en moyenne nationale. Ce phénomène se vérifie également pour les départs : la région est celle de France métropolitaine que l’on quitte le moins : le taux de sortie s’élève à 9,8 ‰ en moyenne annuelle entre 2001 et 2006 contre plus de 16 ‰ pour celles où les départs sont les plus fréquents (Île-de-France, Centre, Champagne-Ardenne et Picardie).

Par contre, les mobilités au sein de la région, concernant 28,5 % de la population entre 2001 et 2006, sont à un niveau comparable à la moyenne des régions de France métropolitaine (27,4 %). Parmi ces mobilités infrarégionales, plus de 40 % ont lieu dans la même commune et ne sont pas étudiées dans ce dossier (encadré « Méthodologie et définitions »). Les politiques publiques liées aux migrations résidentielles diffèrent selon le niveau géographique d’observation de ces mobilités. À un niveau infracommunal, elles questionnent la politique de la ville, la réhabilitation de quartiers en difficultés et plus généralement les liens sociaux existant entre les différents quartiers d’une commune… À un niveau plus agrégé, comme c’est le cas dans ce dossier, l’attractivité économique des territoires, leur accessibilité, le cadre de vie, etc. sont autant de critères in fluençant les migrations et pouvant servir de leviers aux décideurs.

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Les moins de 30 ans et les cadres sont plus mobiles

Entre 2001 et 2006, le déficit migratoire du Nord-Pas-de-Calais s’est établi à environ 77 000 personnes. En tenant compte de la taille de population régionale et de la période de 5 ans sur lesquels est calculé ce déficit, le taux annuel de migration nette du Nord-Pas-de-Calais est de –4,1 ‰ : en d’autres termes, le Nord-Pas-de-Calais a perdu chaque année, pour 1 000 habitants, 4 personnes au jeu des migrations.

Les personnes ayant quitté la région ou s’y étant installées présentent des points communs. Les moins de 18 à 29 ans et les 30 à 59 ans représentent chacun près de 40 % des migrants (tableau). Ensuite, en se limitant aux catégories actives, les cadres, les professions intermédiaires et les employés constituent une part importante des migrants (entre 15 et 20 % chacun) et pèsent davantage parmi les migrants que dans l’ensemble de la population.

Néanmoins, deux populations se recouvrant partiellement ont des propensions à la mobilité beaucoup plus fortes que les autres : tout d’abord les cadres dont 4,4 % des effectifs ont déménagé en entrée ou en sortie de la région entre 2001 et 2006, contre 1,5 % pour l’ensemble de la population. Viennent ensuite, les 18 à 29 ans avec 3,3 % de mobiles. À l’inverse, les retraités et les ouvriers sont les catégories les plus sédentaires : moins de 1 % des retraités et des ouvriers a changé de région entre 2001 et 2006.

Tableau : Profil sociodémographique des migrants en entrée ou en sortie du Nord-Pas-de-Calais entre 2001 et 2006
Poids
parmi
les
entrants
entre
2001
et
2006
Poids
parmi
les
sortants
entre
2001
et
2006
Poids
parmi
la
population
totale
en
2006
Taux
annuel
de
migration
nette
(‰)
entre
2001
et
2006
Taux
annuel
de
migration
nette
(‰)
entre
1990
et
1999
* Élèves, étudiants, femmes au foyer, chômeurs n'ayant jamais travaillé.
** Les taux annuels de migration nette totaux diffèrent pour cette ligne car ils concernent les ménages alors que les précédents étaient estimés au niveau des individus.
Source : Insee - Recensement de la population de 2006 (exploitation complémentaire).
Agriculteurs 0,1% 0,2% 0,5% 0,0 0,0
Artisans, commerçants, chefs d'entreprise 1,9% 2,2% 1,8% -0,1 -0,1
Cadres 14,8% 14,9% 4,7% -0,6 -0,3
Professions intermédiaires 15,1% 16,6% 10,1% -0,8 -0,4
Employés 14,9% 18,7% 12,9% -1,0 -0,8
Ouvriers 8,0% 9,8% 13,1% -0,5 -0,4
Retraités 6,5% 7,9% 18,1% -0,4 -0,3
Autres inactifs * 38,8% 29,6% 38,8% -0,7 -1,0
Ensemble 100,0% 100,0% 100,0% -4,1 -3,3
Moins de 18 ans 15,0% 16,6% 24,5% -0,8 -0,9
De 18 à 29 ans 41,3% 37,8% 16,7% -1,4 -1,1
De 30 à 59 ans 37,7% 38,5% 40,4% -1,6 -1,0
60 ans et plus 6,1% 7,2% 18,5% -0,4 -0,3
Ensemble 100,0% 100,0% 100,0% -4,1 -3,3
Couples avec enfant(s) 24,8% 26,3% 32,8% -1,1 -1,3
Couples sans enfant 20,5% 25,9% 25,6% -1,3 -1,2
Familles monoparentales 6,0% 5,7% 9,6% -0,2 -0,2
Personnes seules ou « plusieurs personnes sans famille » 48,6% 42,2% 32,0% -1,2 -0,8
Ensemble ** 100,0% 100,0% 100,0% -3,8 -3,4

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Les jeunes actifs contribuent fortement au déficit migratoire

L’attractivité du Nord-Pas-de-Calais par rapport aux autres régions françaises est avant tout liée aux étudiants : les jeunes âgés de 18 à 21 ans sont proportionnellement nombreux à s’installer dans la région pour suivre leurs études. À l’inverse, les départs concernent davantage des jeunes actifs (21 à 30 ans), cadres, employés ou professions intermédiaires. C’est ici une caractéristique forte de la région : le système d’enseignement supérieur du Nord-Pas-de-Calais, et tout particulièrement celui de la métropole lilloise, connaît un rayonnement national. Cependant, une fois diplômés, une partie des jeunes formés dans la région la quitte, et en particulier pour l’Île-de-France ( graphique). Plus généralement, le Nord-Pas-de-Calais connaît un déficit de cadres, de professions intermédiaires et d’employés. En tenant compte de la faiblesse de leurs effectifs (5 % de la population régionale mais 20 % du déficit migratoire), les cadres sont de loin la catégorie la plus déficitaire pour la région.

Depuis le début des années 1990, le déficit migratoire de la région s’est accentué : le taux annuel de migration nette est passé de 3,2 ‰ sur la période 1990 à 1999 à 4,1 ‰ entre 2001 et 2006. Cette dégradation se constate principalement chez les 30 à 59 ans, les cadres et professions intermédiaires. À l’inverse, la région devient plus attractive, bien que toujours déficitaire, pour les couples avec enfants.

Graphique : Taux annuels de migration nette du Nord-Pas-de-Calais avec les autres régions de France métropolitaine par âge

Graphique : Taux annuels de migration nette du Nord-Pas-de-Calais avec les autres régions de France métropolitaine par âge

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Île-de-France et Picardie : des liens particuliers avec le Nord-Pas-de-Calais

Parmi l’ensemble des migrations en entrée ou en sortie du Nord-Pas-de-Calais plus d’un tiers a été réalisé avec l’Île-de-France et la Picardie ( carte 1). Les régions du Sud de la France sont ensuite celles avec lesquelles le Nord-Pas-de-Calais échange le plus.

Carte 1 : Taux annuel de migration nette et échanges bruts des régions métropolitaines avec le Nord-Pas-de-Calais entre 2001 et 2006

Carte 1 : Taux annuel de migration nette et échanges bruts des régions métropolitaines avec le Nord-Pas-de-Calais entre 2001 et 2006

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Plus de 20 % des échanges régionaux se réalisent avec l’Île-de-France, ce qui s’explique à la fois par l’importance de sa population, son rôle de région capitale et par la proximité géographique entre les deux régions. Les flux sont très nombreux dans les deux sens, même si le déficit migratoire du Nord-Pas-de-Calais est important. Les sorties sont très concentrées entre 22 et 29 ans et concernent surtout des cadres ou des employés. Si le Nord-Pas-de-Calais est à l’équilibre ou légèrement bénéficiaire pour les autres tranches d’âges, cela ne suffit pas à compenser les départs de jeunes actifs.

Les flux sont également intenses, dans les deux sens, entre le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie. Le solde migratoire du Nord-Pas-de-Calais avec cette région est légèrement positif. Si les ouvriers changent rarement de région, ils sont cependant légèrement surreprésentés dans les échanges avec la Picardie. Là encore, la proximité joue un rôle ma jeur dans la forte propension qu’ont les deux régions à échanger des habitants, renforcée par la présence tant en Nord-Pas-de-Calais qu’en Picardie de pôles industriels facilitant les migrations d’ouvriers. Les flux avec la Picardie sont d’autant plus importants que le nombre d’habitants de cette région est faible. L’ampleur des flux entre deux régions s’explique de fait en partie par la taille de leur population. Il n’y a donc rien d’étonnant à voir des migrations importantes avec l’Île-de-France, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur qui sont les trois régions les plus peuplées de France. À l’inverse, la Picardie compte moins de deux millions d’habitants : elle constitue donc la région, indépendamment de la capacité d’accueil, avec laquelle le Nord-Pas-de-Calais a la plus forte propension aux échanges.

Les échanges avec Provence-Alpes-Côte d'Azur, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes, voire Aquitaine et Midi-Pyrénées sont très déséquilibrés : les sorties vers ces régions sont certes plus faibles que vers la Picardie ou l’Île-de-France mais nettement supérieures aux arrivées en Nord-Pas-de-Calais depuis ces dernières années, d’où un déficit migratoire très important. Les départs concernent toutes les classes d’âge même si les 18 à 29 ans sont sous-représentés. À l’inverse, dans un mouvement d’héliotropisme constaté au niveau national, les départs des plus de 60 ans sont plus nombreux vers ces régions qu’en moyenne. Les flux constatés restent toutefois limités. Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Aquitaine accueillent plus d’actifs que Provence-Alpes-Côte d'Azur ou Languedoc-Roussillon où la surreprésentation des retraités est très forte.

Avec les autres régions, les flux sont très faibles dans les deux sens. En résulte un solde migratoire faiblement déficitaire, avec un déséquilibre légèrement plus accentué pour les régions de l’Ouest comme la Bretagne ou les Pays de la Loire.

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Pour toutes les étapes de la vie, Lille est au centre des mobilités intérieures et extérieures du Nord-Pas-de-Calais

Le Scot de Lille, qui pèse pour environ 30 % de la population du Nord-Pas-de-Calais, représente 42 % des entrées et sorties régionales avec le reste de la France métropolitaine (carte 2). Ce poids de la métropole lilloise est quasiment analogue pour les flux intérieurs : 44 %. Les trois plus importants flux de la région (carte 3) sont les départs de Lille vers la Flandre intérieure, Valenciennes et Lens-Liévin-Hénin-Carvin (plus de 7 000 personnes en cinq ans pour chaque Scot). Si l’on excepte les flux faisant intervenir Lille, les principaux mouvements au sein de la région se font entre Scot de grosse taille et contigus et notamment au sein du bassin minier. Cependant, les flux régionaux et ceux au tour de la métropole lilloise s’inversent plusieurs fois au cours d’un cycle de vie résidentiel. Au fur et à mesure que l’âge évolue, que la structure familiale se modifie ou que le parcours professionnel se dessine, les personnes met tent en oeuvre différents types de mobilités.

Carte 2 : Taux annuel de migration nette extérieur à la région et principaux flux extérieurs des Scot du Nord-Pas-de-Calais entre 2001 et 2006

Carte 2 : Taux annuel de migration nette extérieur à la région et principaux flux extérieurs des Scot du Nord-Pas-de-Calais entre 2001 et 2006

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Carte 3 : Taux annuel de migration nette intérieur à la région et principaux flux intérieurs des Scot du Nord-Pas-de-Calais entre 2001 et 2006

Carte 3 : Taux annuel de migration nette intérieur à la région et principaux flux intérieurs des Scot du Nord-Pas-de-Calais entre 2001 et 2006

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Les étudiants arrivent à Lille, les familles s’en éloignent

La métropole lilloise est tout d’abord très attractive chez les étudiants de l’ensemble de la région voire des régions voisines. Elle reste cependant légèrement déficitaire pour les étudiants vis-à-vis du reste de la France. Ensuite, les classes d’âge actives quittent massivement la métropole lilloise selon une double logique : une logique professionnelle pour ceux qui partent dans une autre région, en particulier l’Île-de-France, une logique résidentielle essentiellement pour des couples avec enfants, s’installant par exemple en Flandre intérieure ou dans le bassin minier, et dont un ou deux parents travaillent à Lille. Enfin, chez les personnes les plus âgées, après 75 ans, des retours vers Lille sont constatés, probablement pour y profiter d’un accès plus aisé aux équipements et aux services.

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Une structure sociale plus diversifiée dans les flux intérieurs qu’extérieurs

Les migrants à l’intérieur du Nord-Pas-de-Calais présentent un profil légèrement différent des migrants en provenance ou à destination des autres régions françaises. En termes de structure par âge, les 18 à 29 ans sont toujours la classe d’âge la plus mobile puisque près de quatre flux sur dix concernent ces âges. De même, la sédentarité des séniors se constate à l’intérieur du Nord-Pas-de-Calais comme avec l’extérieur de la région.

Pourtant, pour les classes d’âge actives, la structure sociale est plus diversifiée dans les flux intérieurs à la région qu ’avec l’extérieur. Les cadres sont toujours surreprésentés parmi les migrants mais ils ne comptent pas pour plus de 8 % dans les flux intérieurs contre 15 % avec le reste de la France métropolitaine. À l’inverse, les ouvriers constituent une part plus forte des migrants en interne (13 %) qu ’en externe (moins de 10 %). Les couples avec enfants sont également bien plus présents en interne au Nord-Pas-de-Calais qu’avec le reste de la France au détriment des personnes seules.

Ces différences interrogent donc sur les vecteurs de mobilités à l’intérieur et à l’extérieur d’une région et de la façon de les appréhender au travers des catégories sociales. Les déménagements interrégionaux impliquent, entre autres, quasi nécessairement une rupture professionnelle ainsi qu ’un éloignement du cercle familial, d’amis, etc. Ainsi, la plus forte propension des cadres à changer de région pourrait s’expliquer à la fois par des questions économiques (leur plus grande capacité à retrouver du travail suite à leur migration) et par des raisons sociales ou culturelles (par exemple une plus forte faculté à accepter de s’éloigner de sa région natale).

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Les flux intérieurs compensent pour certains Scot le déficit vers le reste de la France

Sur les 18 Scot du Nord-Pas-de-Calais, 17 comptent plus de départs que d’arrivées vis-à-vis du reste de la France (carte 2). Le Scot de Lille comptabilise les principaux flux en entrée comme en sortie et affiche, compte tenu de sa population, parmi les déficits les plus importants de la région. Les Scot du Sambre-Avesnois et de Dunkerque sont ceux où les soldes sont les plus négatifs. Seul le Montreuillois est légèrement bénéficiaire.

En interne au Nord-Pas-de-Calais (carte 3), le Calaisis, Dunkerque, l’Audomarois, Lens-Liévin-Hénin-Carvin et la Sambre-Avesnois perdent des habitants alors que le Montreuillois ou Marquion-Osartis sont les Scot où les gains migratoires sont les plus forts, compte tenu de la taille de leur population. L’attractivité étudiante puis les départs d’actifs conduisent Lille à un quasi-équilibre en interne au Nord-Pas-de-Calais. C’est également le résultat d’un déficit vers les zones limitrophes et de gains avec les autres territoires du littoral ou du sud de la région.

En additionnant les flux internes au Nord-Pas-de-Calais aux flux avec les autres ré gions, quatre Scot ont un solde total migratoire positif, c’est-à-dire gagnent des habitants au jeu des migrations (carte 4), par ordre décroissant : le Montreuillois, Marquion-Osartis, le Ternois, la Terre des deux Caps. La Flandre intérieure et les Sept Vallées sont très légèrement au-dessus de l’équilibre. Les territoires hors Scot autour d’Arras pris dans leur ensemble ont également un solde positif. À l’exception du Montreuillois, tous ces territoires compensent par les flux internes au Nord-Pas-de-Calais le déficit vis-à-vis du reste de la France. Au final, ces gains concernent des Scot parmi les moins peuplés de la région et des volumes de migrants relativement faibles : + 2 000 personnes en 5 ans pour le Montreuillois, de l’ordre de quelques centaines pour les autres Scot.

Les autres Scot de la région sont donc globalement déficitaires sur la période 2001à 2006 et en particulier Dunkerque, Sambre-Avesnois, Lille et Lens-Liévin-Hénin-Carvin. Pour Dunkerque, Sambre-Avesnois et Lens-Liévin-Hénin-Carvin, les soldes internes et externes sont négatifs : Dunkerque présente le déficit le plus important de la région à la fois pour les flux internes et externes. Le solde négatif de Lille métropole s’explique quasi exclusivement par les flux en direction des autres régions.

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Carte 4 : Taux annuel de migration nette des Scot du Nord-Pas-de-Calais entre 2001 et 2006

Carte 4 : Taux annuel de migration nette des Scot du Nord-Pas-de-Calais entre 2001 et 2006

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Depuis la période 1990 à 1999 ( carte 5 et carte 6 ), les Scot de Marquion-Osartis, du Ternois, de Montreuil, ainsi que la partie de la région hors Scot vers Arras, ont vu leur solde s’améliorer fortement, et ce, en grande partie grâce à une bien meilleure attractivité intérieure au Nord-Pas-de-Calais. À l’inverse les Scot urbains du littoral (Boulogne-sur-Mer, Calais et Dunkerque) ainsi que Lille, et dans une moindre mesure l’Audomarois, ont vu leurs soldes intérieurs et extérieurs se détériorer. À Lille, l’amélioration du solde chez les 18 à 29 ans et en particulier les étudiants ne permet pas de compenser les dégradations pour les autres tranches d’âge.

Carte 5 : Taux annuel de migration nette des Scot du Nord-Pas-de-Calais entre 1990 et 1999

Carte 5 : Taux annuel de migration nette des Scot du Nord-Pas-de-Calais entre 1990 et 1999

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Carte 6 : Taux annuel de migration nette intérieur des Scot du Nord-Pas-de-Calais entre 1990 et 1999

Carte 6 : Taux annuel de migration nette intérieur des Scot du Nord-Pas-de-Calais entre 1990 et 1999

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Attractivité étudiante et professionnelle contre attractivité résidentielle

Les flux intérieurs très variés d’une classe d’âge à l’autre conduisent les territoires régionaux à des dynamiques migratoires très contrastées ( carte 7 ). Arras présente un profil proche de celui de Lille mais à une échelle plus locale, avec une attractivité pour les étudiants du Pas-de-Calais voire de jeunes actifs puis un déficit lié aux départs résidentiels d’actifs notamment dans le périurbain ou le rural proche géographiquement. D’autres espaces comme la Flandre intérieure, le Pays du Ternois, Marquion-Osartis exercent une forte attractivité pour ces migrants actifs, souvent en couple avec des enfants au départ de Lille, d’Arras ou d’une autre grosse agglomération en leur offrant un cadre de vie moins urbanisé. Les territoires urbains et industriels du bassin minier (Lens-Liévin-Hénin-Carvin et Valenciennes) ou du littoral (Dunkerque) perdent quant à eux des migrants dans toutes les tranches d’âge. Enfin le sud du littoral (Boulogne-sur-Mer, Montreuil, Sept Vallées) est fortement bénéficiaire chez les plus de 60 ans. Ces gains sont toutefois à relativiser compte tenu de la faiblesse des flux pour cette tranche d’âge. De plus, la majorité des flux de retraités reste concentrée entre Lille et les territoires limitrophes, Flandre intérieure, Douaisis et Artois.

Carte 7 : Principales surreprésentations des différentes tranches d'âge* dans les flux intérieurs à la région Nord-Pas-de-Calais entre 2001 et 2006

Carte 7 : Principales surreprésentations des différentes tranches d'âge* dans les flux intérieurs à la région Nord-Pas-de-Calais entre 2001 et 2006

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La population dans les espaces périurbains régionaux n’a pas augmenté de façon continue dans le temps

Les Scot de Flandre intérieure, d’Artois, de Marquion-Osartis, du Montreuillois, des Deux Caps ou les espaces au sud du Scot de la Région d'Arras sont les zones les plus bénéficiaires au jeu des migrations intérieures au Nord-Pas-de-Calais. Ces espaces ont aussi en commun de se trouver à proximité des grandes agglomérations de la région (Lille, Douai, Lens, Arras, Calais ou Boulogne-sur-Mer) tout en présentant des profils beaucoup moins urbains. L’attractivité de ces territoires pose donc la question de l’ampleur et des modalités du phénomène de périurbanisation en Nord-Pas-de-Calais.

Un des éléments structurant du territoire du Nord-Pas-de-Calais est l’importance des zones urbaines et de la population qui y réside. Les espaces périurbains couvrent cependant la moitié de l’espace régional et accueillent près de 20 % de la population. Historiquement, c’est entre 1975 et 1982 que la population y a le plus crû, mais après une quasi-stabilité au cours des années 90, la croissance a repris à un rythme plus soutenu dans la première moitié des années 2000. Cette progression s’explique moins par le solde naturel, certes positif, que par la forte attractivité qu’exercent ces territoires sur les habitants des zones urbaines de la région et en particulier les cadres et les professions intermédiaires en couple avec des jeunes en fants.

Cette intensification des flux migratoires dans le périurbain contribue, au même titre que les comportements en interne des habitants de ces espaces, à l’augmentation de la densité de population et des espaces artificialisés dans le périurbain. La hausse de la population nécessitant l’occupation de plus d’espace, la hausse de la superficie occupée par personne et enfin l’augmentation des espaces artificialisés telles que les routes, entreprises, commerces , etc. sont les trois éléments participant à la hausse globale de l’artificialisation dans les espaces périurbains.

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Encadré : Méthodologie et définitions

Les migrations résidentiel les sont appréhendées dans cette étude à partir du recensement de la population daté de 2006,résultat des collectes de 2004 à 2008. C’est donc une situation moyenne datée du milieu de la période. La détection des mouvements résidentiels pour une année n provient de la réponse à la question : « Où habitiez-vous le 1er janvier n-5 ? » dans le bulletin individuel. Les mobilités observées sont considérées comme ayant eu lieu entre 2001 et 2006 mais ont donc en réalité pris place entre 1999 et 2008. Par définition, seuls les résidents français répondent au recensement : les personnes ayant quitté le territoire national ne sont donc pas appréhendées. Par symétrie, les migrants en Nord-Pas-de-Calais depuis d’autres pays, en particulier la Belgique, sont également exclus du champ de l’étude. De la même façon les enfants de moins de 5 ans ne sont pas comptabilisés, ne pouvant pas répondre à la question posée.

Quelle que soit la date à la quelle a eu lieu la mobilité, les caractéristiques du migrant sont constatées au moment de l’enquête : on ne peut connaître l’âge, la catégorie sociale ou le type de ménage d’un migrant au moment où il a changé de domicile. En particulier, il est impossible de suivre les trajectoires des chômeurs ayant déménagé pour trouver un emploi : la seule information disponible concerne le fait qu ’ils sont actifs occupés au moment de l’enquête.

Les flux étudiés dans ce dossier concernent les changements de région, appelés par la suite flux extérieurs, ou les mouvements au sein de la région à l’échelon des 18 Schémas de cohérence territoriale (Scot), appelés flux intérieurs. La délimitation des Scot évolue avec le temps, la situation servant de référence est celle observée en 2008 ( carte 8 ). Depuis, le projet de Scot des Sept Vallées a été abandonné et celui du Pays du Ternois a connu une scission conduisant à la création du Scot du Saint-Polois.

Carte 8 : Les Scot du Nord-Pas-de-Calais

Carte 8 : Les Scot du Nord-Pas-de-Calais

Il faut garder à l’esprit l’importance des flux de proximité gommés par ce choix de maillage et difficilement appréhendables statistiquement dans une étude à vocation régionale. Ces flux de personnes changeant de domicile au sein du Nord-Pas-de-Calais tout en changeant de Scot représentent un peu moins de 20 % des flux intérieurs à la région. De plus, les limites administratives de ces Scot n’ont aucun impact sur les choix migratoires opérés par les ménages. Ainsi, deux mobilités de même distance seront ou non comptabilisées dans les flux intérieurs selon que ce flux traverse ou non une frontière entre Scot, créant ainsi un arte fact statistique, inhérent à tout choix de zonage. Cependant, Les Dossiers de Profils , à paraître, « Les migrations résidentielles au sein de l’AML », complètera cette étude en descendant au niveau des communautés urbaines ou d’agglomérations ou de territoires de taille plus restreinte.

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COORDINATION du DOSSIER : Jérôme FABRE
COLLABORATION AU DOSSIER : Nathalie DELATTRE, Jérôme FABRE, Philippe MACQUET et Emmanuelle SMUERZINSKI (Insee), Stéphane HUMBERT et Alain PRUVOST (Région Nord-Pas-de-Calais)
CARTOGRAPHIE : Sylvain FLAMENT et Martine SÉNÉCHAL

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       Couverture du dossier de profils n°99

DP n°99 - novembre 2010

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