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Liens transversaux haut

Les espaces du Nord-Pas-de-Calais
Trajectoires, enjeux et devenir
Connexions et interdépendances
Fascicule 5

Sommaire

En synthèse

Les quatre premiers fascicules de l'étude « Espaces du Nord-Pas-de-Calais : trajectoires, enjeux et devenir » décrivent les territoires selon les spectres de la démographie, de l'économie, du développement humain ou des pratiques citoyennes et des coopérations territoriales. L'objet de ce cinquième fascicule est d'étudier les connexions entre ces différents territoires et comment elles évoluent.

Une situation géographique qui implique de nombreux enjeux

La région Nord-Pas-de-Calais est une région très urbanisée qui s'est dotée d'un réseau routier dès l'antiquité où l'Empire romain et Jules César y avaient établi un réseau important de voies romaines. Écho de cette histoire, la région aura accueilli dans un passé plus récent la première autoroute française, l'A1. Les canaux et les voies navigables s'y sont également développés, surtout à partir du XVIIe siècle et l'ère industrielle. Au début des années 1990, la troisième ligne TGV connecte Lille à Paris et permet le trajet Lille-Lyon en quelques heures. Le TER est également très utilisé dans la région. Enfin, le Nord-Pas-de-Calais accueille trois grands ports littoraux et plusieurs ports fluviaux ainsi que le tunnel sous la Manche.
La situation géographique de la région Nord-Pas-de-Calais, au cœur de l'Europe, implique de nombreux enjeux en termes de cohésion territoriale, nationale voire internationale, et de développement durable. Ainsi, face à l'engorgement routier autour de Lille et au souci de diminuer l'empreinte carbone des différents déplacements, des projets visant à développer le recours aux transports en commun pour les personnes et le fret ferroviaire et fluvial pour les marchandises, figurent au schéma national des infrastructures, tels que le contournement sud-est de Lille, le projet Canal Seine Nord Europe ou encore la création d'un service d'autoroute ferroviaire du Nord-Pas-de-Calais vers Bayonne.
Quant aux enjeux d'aménagement et dans le cadre des objectifs du Grenelle de l'environnement (visant à économiser l'espace, à la sobriété énergétique et à préserver les ressources naturelles), l'État a lancé sur le territoire de l'Aire métropolitaine de Lille (AML) une démarche partenariale visant à repenser la planification de l'espace via le prisme du développement durable. L'État a ainsi lancé dès 2009 avec les acteurs du territoire de l'AML la définition d'un cadre de cohérence de l'aménagement et des transports.

Des déplacements importants dans la région

L'organisation urbaine du Nord-Pas-de-Calais, sous la forme d'un réseau d'agglomérations, entraîne de nombreux déplacements pour ses habitants. En France, seules les régions Île-de-France et Provence-Alpes-Côte d'Azur présentent une urbanisation aussi intense avec de tels flux de mobilité. Depuis vingt ans, l'artificialisation se poursuit, surtout au détriment des espaces agricoles. De plus, elle se poursuit là où elle était déjà importante. Elle est même plus rapide que la décohabitation. Se posera sans doute à terme la question de la disponibilité des terrains à bâtir. Ces nombreux déplacements nécessitent un réseau de transports très développé : plus de 13 000 km de routes (autoroutes, nationales et départementales), 1 127 km de voies ferrées pour 211 gares et 680 km de voies navigables dont 241 à grand gabarit. En revanche, le réseau est saturé sur les grands axes autour de Lille : près de 180 000 véhicules par jour sur l'A1 et près de 155 000 véhicules par jour sur l'A25. Quelques points difficiles existent autour de Dunkerque et Valenciennes mais sans aucune mesure avec ce qui se passe autour de Lille. Enfin, le trafic TER ne fait lui aussi qu'augmenter avec près de 30 % de progression en cinq ans.

Les mobilités résidentielles structurent le territoire

Les mobilités résidentielles des habitants jouent un rôle essentiel dans l'organisation et la nature des espaces : équipements, habitat, infrastructures de transport, etc. En 2007, plus d'un habitant sur cinq du Nord-Pas-de-Calais n'habite pas dans la même commune que cinq ans auparavant. Les migrations résidentielles font essentiellement intervenir la métropole lilloise, qu'il s'agisse d'échanges avec l'extérieur de la région ou en interne. Les autres principaux flux internes à la région ont lieu entre zones proches, surtout le long de l'ex-bassin minier. Le comportement résidentiel des habitants a évolué : après un exode vers les villes-centres jusqu'au milieu des années 70, s'est développée une périurbanisation, massive jusqu'au début des années 90 et modérée depuis. Le solde migratoire de l'agglomération lilloise s'est ainsi détérioré et le déficit migratoire s'est résorbé dans l'ex-bassin minier. Les cadres sont nombreux à quitter la métropole pour s'installer aux abords afin d'accéder à un meilleur cadre de vie pour un coût d'accès au foncier moindre. Cela génère des mobilités professionnelles importantes.

L'essor des migrations alternantes, traduction des liens territoriaux

L'extension de la tâche urbaine entraîne une forte augmentation des migrations alternantes qui nécessite l'amélioration des réseaux de transport. Certaines agglomérations comme Arras ou Valenciennes offrent de plus en plus d'emplois aux actifs d'autres zones. D'autres comme Saint-Omer se résidentialisent et au contraire laissent sortir des actifs allant travailler dans d'autres zones. Depuis vingt ans, les migrations alternantes ont augmenté sur tout le territoire régional, en particulier avec l'agglomération lilloise, pour de courtes et longues distances. La majorité des cadres sont mobiles, et la majorité des actifs mobiles sont des ouvriers ou des actifs ayant des professions intermédiaires. Par ailleurs, une polarisation de l'emploi se dessine : les centres d'emploi ont tous étendu et intensifié leur aire d'influence. Il reste très peu d'espaces qui ne soient pas sous l'influence d'un pôle d'emploi.

Quelques territoires encore « isolés »

Malgré tout, il reste quelques territoires connaissant des difficultés d'accessibilité aux équipements, en particulier aux équipements de la gamme supérieure (hôpitaux, lycées, hypermarchés). Il s'agit de quelques communes de l'arrière-pays du Boulonnais et du Montreuillois. Pour ces communes, l'accès aux équipements de la gamme supérieure est supérieur à 40 minutes aller et retour, alors que ces communes bénéficient de routes de « rattachement » et d'un réseau routier convenable. Évidemment, cette moindre accessibilité est sans aucune mesure avec d'autres territoires français de haute montagne ou ruraux par exemple où ces temps accès sont souvent supérieurs à 1 h 30 min. De plus, pour ce qui concerne l'accès à Internet, de nombreuses communes du Pas-de-Calais ne sont pas complètement éligibles au haut débit.

Une lecture transversale des territoires

Pour synthétiser toutes ces connexions entre les territoires régionaux, il est nécessaire d'en faire une lecture transversale. Chacune des connexions repérées, qu'elle soit liée à une infrastructure, un flux de personnes ou d'actifs, des échanges de biens ou de services, a été schématisée sur une carte, sans oublier les liaisons avec les régions limitrophes. En découle une cartographie qui permet d'identifier le rôle prépondérant de la métropole lilloise dans la région Nord-Pas-de-Calais. Le réseau de transport et les différentes mobilités se structurent en étoile autour le Lille. Un fonctionnement similaire, mais à une bien moindre échelle, existe autour des principales villes de la région. Des systèmes secondaires se dessinent ainsi, sur le littoral, sur le versant ouest et sur le versant est du bassin minier, sans que ces derniers ne soient intégrés les uns aux autres. De plus, les flux de migrations résidentielles sont de plus en plus importants de et vers la métropole, la tâche urbaine s'accroissant autour de Lille. De fait, les migrations alternantes n'ont fait qu'augmenter en vingt ans. L'accès aux équipements est facilité autour de ces axes même si certains territoires restent isolés, reliés aux pôles par des routes de
« rattachement ». Enfin, pour l'activité économique, le constat est moins tranché : la dépendance et le contrôle ne sont pas uniquement le fait de l'agglomération lilloise, même si celle-ci concentre de nombreux établissements liés à des groupes ou des exportateurs

COORDINATION du DOSSIER :
Arnaud DEGORRE et Edwige CROCQUEY

COLLABORATION AU DOSSIER :
Nathalie BETREMIEUX, Edwige CROCQUEY, Nathalie DELATTRE, Laure LEROY,
David DESRIVIERRE et Jean-Christhophe VANDEPUTTE(Insee)

SUIVI PARTENARIAL :
Philippe BOUCHEZ, Stéphane HUMBERT et Grégory MARLIER (Conseil Régional)
Nicolas GROSSE et Cécile SENTIS (SGAR)

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