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Panorama des zones d'emploi du Languedoc-Roussillon, début 2008

Nicolas Millet - INSEE

Résumé

Avec un million d'emplois - salariés et non salariés - début 2008, le Languedoc-Roussillon se situe au dixième rang des régions de France métropolitaine, juste derrière le Centre et Midi-Pyrénées. Quatre zones d'emploi : Montpellier, Perpignan, Nîmes et Béziers-Saint-Pons, concentrent 70 % de l'emploi total, dont 28 % pour la seule zone de Montpellier. A l'opposé, la zone de Ganges-Le Vigan représente à peine plus de 1 % des emplois. En 2007, l'emploi a augmenté dans la quasi-totalité des zones de la région, au rythme global de +1,4 %, mais la zone de Ganges-Le Vigan a fait exception avec une baisse de -1,8 % du nombre d'emplois.

Sommaire

Publication

Quatre zones de plus de 100 000 emplois

Début 2008, le Languedoc-Roussillon compte près d'un million d'emplois répartis entre les 11 zones d'emplois de la région. Neuf emplois sur dix sont des emplois salariés.

Quatre zones d'emploi concentrent plus de 70 % de l'emploi régional et dépassent les 100 000 emplois. Il s'agit des zones de Montpellier, Perpignan, Nîmes et Béziers-Saint-Pons. Hormis la zone de Carcassonne qui approche les 75 000 emplois, les effectifs occupés dans les autres zones de la région sont inférieurs à 50 000 unités. La zone d'emploi de Ganges-Le Vigan est de loin la plus petite, avec un peu moins de 12 000 emplois (carte 1 et tableau 1).

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Emploi total et évolution en 2007 par zone d'emploi en Languedoc-Roussillon

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Emploi par zone d'emploi en Languedoc-Roussillon au 31 décembre 2007

Cette concentration de l'emploi autour des grandes villes de la région se traduit également au sein des différents secteurs d'activité économique. Ainsi, 25 % des salariés de la construction et 30 % des salariés des services sont regroupés dans la seule zone d'emploi de Montpellier. Près de 40% des emplois salariés agricoles sont concentrés dans les zones de Perpignan et de Nîmes et un peu plus de 40 % des emplois industriels sont localisés dans les zones de Montpellier et de Nîmes.

La structure de l'emploi salarié dans les différentes zones d'emploi révèle, pour les zones de Carcassonne, Narbonne et Bagnols-sur-Cèze, un profil un peu plus agricole qu'en moyenne régionale; le profil est plus industriel dans les quatre zones d'emploi gardoises; le tertiaire marchand est dominant dans la zone de Montpellier, tandis que le tertiaire non marchand marque plus fortement son empreinte dans les zones d'emploi de Lozère et du carcassonnais. Enfin, tous secteurs d'activité confondus, l'emploi non salarié est plus fortement représenté dans les zones de Ganges-le-Vigan et de Lozère, au contraire de Montpellier où il est le plus faible.

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Ganges-Le Vigan perd des emplois, Montpellier concentre 60 % des créations nettes

Vers la fin des années 90 et jusqu'en 2001, le Languedoc-Roussillon a connu une période favorable, durant laquelle la croissance annuelle soutenue du PIB national (de +3 à +4 %) s'est traduite par une croissance élevée de l'emploi régional, profitant notamment aux zones de Narbonne (+ 5 % en 2000), de Nîmes, Sète et Montpellier (+3,5 %). Ensuite, la progression de l'emploi a ralenti.

En 2007, la croissance de l'emploi total en Languedoc-Roussillon a atteint +1,4 %, ce qui représente quelques 13 000 unités supplémentaires, dont 11 200 correspondent à des emplois salariés et 1 700 à des emplois non salariés. Quatre zones ont bénéficié d'un rythme de croissance de l'emploi total supérieur à celui de la région : Montpellier, Sète, Bagnols-sur-Cèze et dans une moindre mesure Béziers-Saint-Pons. Plus précisément, la progression de l'emploi dans ces quatre zones a tenu au dynamisme de l'emploi salarié pour la zone de Montpellier (+ 2,9%) mais aussi pour celles de Sète et de Bagnols-sur-Cèze (+ 2,4 %) et, de manière moins soutenue, pour la zone de Béziers-Saint-Pons (+1,8 %). La zone de Montpellier est caractérisée par une croissance nette d'emplois ; deux fois plus forte que la moyenne du Languedoc-Roussillon. Elle concentre à elle seule, près de 6 emplois supplémentaires sur 10 dans la région.
La zone de Ganges-Le Vigan a fait exception dans la région, avec des effectifs totaux en recul de -1,8 % au cours de l'année 2007. Concernant les effectifs salariés, les pertes nettes ont frôlé -3 %, avec une centaine d'emplois salariés de moins dans l'industrie comme dans le tertiaire. Les créations nettes d'emplois non salariés observées dans la zone gangeoise n'ont pas pu compenser ce recul des effectifs salariés (graphique 1).

Evolution de l'emploi en 2007

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L'emploi salarié a progressé grâce au tertiaire et à la construction

En 2007, 53% des emplois salariés créés ont concerné le tertiaire marchand et 30 % la construction. Ceci illustre notamment l'importance du tertiaire dans le système productif languedocien. De son côté, l'industrie régionale, moins présente que dans d'autres régions, a maintenu ses effectifs salariés. Quant à l'agriculture, elle est en perte de vitesse mais occupe encore une place importante : le Languedoc-Roussillon demeure, pour la superficie, le premier vignoble français.

Les quatre zones les plus employeuses du Languedoc-Roussillon - Montpellier, Nîmes, Perpignan et Béziers-Saint Pons - sont à l'origine de 84 % des emplois salariés supplémentaires de la région en 2007, confirmant le rôle prépondérant du secteur tertiaire dans l'évolution de l'emploi (graphique 2) :

Emploi total et évolution en 2007 par zone d'emploi en Languedoc-Roussillon

Exemple de lecture : La zone de Sète est la 2ème pour le rythme de croissance de l'emploi salarié total. Ce dernier résulte surtout d'une croissance du tertiaire marchand et non marchand, d'une croissance moins forte de la construction tandis que l'agriculture et l'industrie contribuent à la baisse des effectifs salariés.

Méthode : Pour une zone d'emploi donnée, l'indicateur de contribution rapporte la variation du nombre d'emplois d'un secteur de la zone (entre 2006 et 2007) au nombre total d'emplois salariés dans la zone au 31/12/2006 (en %). La somme des contributions de tous les secteurs d'activité d'une zone d'emploi est égale à l'évolution totale des emplois dans la zone concernée. Les contributions positives indiquent les secteurs qui ont favorisé la croissance de l'emploi salarié sur la zone d'emploi et en mesurent l'ampleur. À l'inverse, les contributions négatives indiquent les secteurs qui ont freiné cette croissance.


Les zones de Bagnols-sur-Cèze et Sète ont devancé celles de Nîmes et de Perpignan quant au rythme de croissance des effectifs salariés. La zone de Sète a présenté un type d'évolution proche des zones les plus employeuses de la région avec une croissance soutenue par le tertiaire marchand et non marchand. La zone de Bagnols-sur-Cèze, quant à elle, a dû son dynamisme plutôt à la construction.

Dans l'industrie régionale, les effectifs salariés ont été maintenus grâce à des créations nettes dépassant les 200 emplois, tant dans la zone de Béziers-Saint-Pons que dans celle de Perpignan, compensant des pertes nettes d'emplois salariés dans les zones d'Alès-La-Grand Combe, de la Lozère et de Ganges-le Vigan. Dans l'agriculture, les baisses d'effectifs salariés ont affecté toutes les zones d'emploi, avec des pertes locales plus importantes pour celles de Perpignan (-300), Carcassonne (-230), Nîmes (-150) et Narbonne (-140), qui ont conservé une vocation agricole ou viticole Au total, plus de 1 100 emplois ont été perdus dans la région, soit -7 %.

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Des zones d'emploi régionales caractéristiques du sud de la France

Une typologie nationale des zones d'emploi a permis de mettre en évidence des ressemblances en matière d'emploi et de chômage. Les indicateurs utilisés se rapportent au volume d'emploi et au taux de chômage en 2007 ainsi qu'à la répartition de l'emploi par activité économique. L'analyse a porté sur 324 zones d'emploi, l'île de France ayant été isolée car trop différente des autres zones d'emploi . Cette analyse a permis de définir sept types de zones d'emploi au regard des variables socio-économiques retenues et de variables supplémentaires explicatives.

Les zones d'emploi du Languedoc-Roussillon se répartissent selon quatre profils, surreprésentés dans le sud du pays et tout particulièrement en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Midi-Pyrénées et en Aquitaine. Outre ces quatre profils, trois autres types se dégagent pour le reste des zones d'emploi de France métropolitaine.

  • Les zones d'emploi de Nîmes, Montpellier et Sète peuvent se définir par une taille importante en volume d'emploi total et de salariés, avec une part prépondérante du tertiaire marchand et un fort taux de chômage. A l'inverse, les non-salariés ainsi que les salariés de l'agriculture, l'industrie et la construction ont un poids relatif plus faible (groupe 1 sur la carte 2). Ce profil est caractéristique de bon nombre de zones d'emploi situées notamment autour de capitales régionales comme : Toulouse, Lyon, Marseille, Nice, Bordeaux ou bien autour de villes moyennes.
  • Les zones d'emploi de Narbonne, Alès-la Grand-Combe, Bagnols-sur-Cèze, Béziers et Perpignan se caractérisent par un volume d'emploi de moyenne importance, une faible part d'emploi industriel, une part d'emploi dans le tertiaire marchand plus élevée et un taux de chômage supérieur à la moyenne. (groupe 2 sur la carte 2). Ce profil se différencie du groupe précédent par une proportion supérieure d'emplois non salariés et d'emplois dans la construction. Un point commun avec la classe précédente : le taux de chômage y est significativement supérieur à la moyenne des zones d'emploi étudiées. Cette classe regroupe quasi-exclusivement des zones d'emploi de la moitié sud de la France, notamment de la région PACA (10 zones sur 25). Alès et Bagnols-sur-Cèze en font partie : bien que leur profil soit plus industriel que les autres zones d'emploi du Languedoc-Roussillon, la part relative de l'emploi industriel s'y avère néanmoins plus faible qu'en moyenne des 324 zones étudiées.
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  • Les zones d'emploi de Carcassonne et Ganges-le Vigan sont de faible importance en volume d'emploi et sont marquées par une proportion élevée d'emploi salarié agricole et d'emploi non salarié (groupe 3 sur la carte 2). L'emploi dans la construction y est relativement important alors que l'emploi industriel y est plus faible qu'en moyenne nationale. Le taux de chômage dans ce groupe est proche de la moyenne.
  • La zone d'emploi de Lozère se différencie des autres zones de la région par une sous-représentation de l'emploi tertiaire marchand, une part d'emploi industriel et d'emploi non salarié supérieure à la moyenne ainsi qu'un taux de chômage inférieur à la moyenne (groupe 4 sur la carte 2). Elle se rapproche d'autres zones d'emploi du sud du massif central comme l'Aveyron ou le nord du Lot. Ces zones sont de taille assez réduite au regard du nombre de salariés et du nombre total d'emplois. Les parts respectives d'emploi non salarié, d'emploi dans l'agriculture, la construction et l'industrie y sont conjointement plus fortes que la moyenne. A contrario, la part d'emploi tertiaire marchand y est plus faible et le taux de chômage en 2007 dans ce groupe est significativement inférieur à la moyenne.

Outre ces 4 profils régionaux, trois autres classes se dégagent et concernent le reste du pays :

  • Des zones d'emploi situées majoritairement dans le nord du pays : zones du Nord-Pas-de-Calais, de Picardie ou encore de Champagne Ardennes (groupe 5 sur la carte 2), présentant un volume d'emploi moyen, une surreprésentation de l'emploi salarié dans la construction, l'agriculture et le tertiaire marchand. La part des non-salariés y est inférieure à la moyenne et le taux de chômage y est plus élevé.
  • Des zones d'emploi de petite taille en volume d'emploi avec une part d'emploi salarié dans l'industrie largement au-dessus de la moyenne, tandis que l'emploi salarié dans la construction, le tertiaire et l'agriculture et l'emploi non-salarié y sont sous-représentés. Le taux de chômage y est en deçà de la moyenne. On trouve dans cette classe, de nombreuses zones d'emploi d'Alsace, de Loraine ou encore de Franche-Comté (groupe 6 sur la carte 2).
  • Une dernière classe plus disparate géographiquement - citons notamment Agen, Albi, Annecy et Chambéry - se caractérise par une part d'emploi salarié dans la construction et le tertiaire supérieure à la moyenne, au contraire de l'emploi dans l'agriculture qui y est sous représenté. Le taux de chômage y est aussi inférieur à la moyenne (groupe 7 sur la carte 2).

Typologie des zones d'emploi métropolitaines en 7 groupes

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Conjoncture n° 03 - avril 2011