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Une personne sur trois aura plus de 65 ans en 2040

Barbara LUQUET

Résumé

En 2040, si les tendances démographiques récentes se maintiennent, la Corse compterait 350 000 habitants. La croissance démographique devrait nettement ralentir tout en demeurant plus soutenue en Haute-Corse.
Dans les décennies à venir, la région connaîtra un vieillissement rapide de sa population qui deviendrait ainsi la plus âgée de France. En 2040, un insulaire sur trois sera âgé de plus de 65 ans et un sur huit de plus de 80 ans. Le vieillissement démographique sera en outre accentué par un recul de la natalité. Parallèlement, l'excédent migratoire demeurerait relativement stable sur la période.

Sommaire

Publication

Ralentissement de la croissance démographique

Si les tendances démographiques récentes perduraient, la Corse compterait 350 000 habitants en 2040, soit 50 000 de plus qu'actuellement. La Haute-Corse abriterait 200 000 habitants et la Corse-du-Sud 150 000. Dans les prochaines décennies, la croissance démographique de la Corse devrait nettement ralentir. Entre 2007 et 2040, la population augmenterait à un rythme de 0,5 % par an, deux fois moins vite que de 1990 à aujourd'hui. Ainsi, la démographie insulaire, qui était l'une des plus dynamiques de France au cours des dernières années, devrait progressivement faiblir et augmenterait au même rythme qu'en moyenne nationale à l'horizon de 2040. Cet essoufflement de la croissance démographique est un phénomène commun à l'ensemble des régions méridionales.
Cette évolution d'ensemble masque certaines disparités au sein des départements. La croissance démographique de la Haute-Corse demeurerait plus soutenue que celle de la Corse-du-Sud, prolongeant ainsi un phénomène déjà observé au cours des dernières décennies. D'ici 2040, la population de la Haute-Corse augmenterait ainsi deux fois plus vite que celle de la Corse-du-Sud (+ 0,6 % par an contre + 0,3 %). Cependant, un resserrement des dynamiques démographiques devrait progressivement s'opérer entre les deux départements au cours du temps.

La croissance démographique se tassera dans les deux départements

350 000 habitants en Corse en 2040
Evolutions démographiques selon le scénario central
2007 (milliers) 2040 (milliers) Evolution 2007 - 2040 (%) Taux de croissance annuel moyen entre 2007 et 2040 (%) âge moyen en 2007 âge moyen en 2040
Source : Insee, Omphale 2010.
Corse 299 351 17,2 0,5 42,2 48,9
Corse-du-Sud 139 153 9,9 0,3 42,4 49,6
Haute-Corse 160 198 23,5 0,6 42,0 48,3
France métropolitaine 61 796 70 734 14,5 0,4 39,3 43,7

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Vieillissement très marqué de la population

Le vieillissement rapide de la population sera le trait marquant de la démographie insulaire dans les décennies à venir. La Corse est déjà actuellement une des régions les plus âgées de France et ce mouvement ne fera que s'accentuer. En 2040, une personne sur trois aura plus de 65 ans, contre une sur cinq actuellement. L'âge moyen de la population serait alors de 49 ans, soit cinq années de plus que la moyenne nationale. Cette moyenne d'âge serait très largement la plus élevée de toutes les régions françaises. D'ici 2040, la population des plus de 65 ans va quasiment doubler absorbant à elle seule la totalité de la croissance démographique régionale. Ce vieillissement très rapide affectera les deux départements insulaires dans des proportions voisines.
Les déterminants de ce vieillissement sont bien connus. La totalité de la génération nombreuse des baby-boomers aura atteint l'âge de 65 ans d'ici 2040. Parallèlement, l'espérance de vie continuera d'augmenter. Dans ce domaine, la Corse ne présente pas de singularité par rapport à la moyenne nationale.

En 2040, tous les baby-boomers auront plus de 65 ans

En Corse, un habitant sur huit aura plus de 80 ans en 2040

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Diminution des naissances

Le vieillissement serait en outre accentué par un recul de la natalité. D'une part, le nombre de femmes en âge de procréer diminuerait d'environ 10 %. D'autre part, les femmes insulaires se caractérisent par une faible fécondité, qui, si elle perdurait, serait nettement insuffisante pour assurer le renouvellement des générations. Au total, le nombre de naissances, déjà faible, devrait encore se réduire. La Corse enregistrerait moins de 2 600 naissances par an en 2040, soit 400 de moins qu'en 2009.
Dès lors, les jeunes devraient être nettement minoritaires dans le paysage démographique de 2040. A cette date, seulement un insulaire sur huit aura moins de 15 ans. Ils seront alors un peu moins nombreux que les plus de 80 ans.
Ainsi, par le seul jeu des naissances et décès, la Corse se dépeuplerait d'environ 800 personnes par an entre 2007 et 2040. Le solde naturel, aujourd'hui à l'équilibre, deviendra négatif dans les années à venir puis le déficit s'amplifiera rapidement. Entre 2030 et 2040, le déficit naturel de la Corse atteindrait 1 400 personnes par an.

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Un déficit naturel similaire dans les deux départements

Ce déficit naturel devrait se répartir uniformément dans les deux départements. Il s'établirait à - 400 personnes par an en Haute-Corse comme en Corse-du-Sud entre 2007 et 2040. Les deux départements ne devraient pas se distinguer très significativement en matière de mouvements naturels. Certes, les naissances baisseraient un peu moins vite au Nord qu'au Sud, en raison d'une diminution légèrement moins marquée du nombre de femmes en âge de procréer. Mais ce mouvement sera compensé par une augmentation légèrement plus rapide du nombre de décès en Haute-Corse.

Le déficit naturel de la Corse s'amplifiera dans les années à venir

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Un excédent migratoire stable

L'augmentation de la population de la Corse sera donc uniquement imputable aux échanges migratoires qui feront plus que compenser le déficit naturel. Sans migrations, la population de la Corse baisserait de 23 000 personnes à l'horizon 2040. Mais les mouvements migratoires alimenteront la croissance démographique de l'île à hauteur de 2 300 personnes par an entre 2007 et 2040. Ainsi, chaque année, 5 800 personnes en moyenne entreraient en Corse et 3 500 feraient le chemin inverse.
L'essentiel de cette population viendrait des régions du pourtour méditerranéen et de l'Île-de-France. Dans les trois décennies à venir, cet excédent migratoire serait relativement stable, proche de celui actuellement observé. Cependant, les années à venir seront marquées par un ralentissement des flux migratoires, laissant le solde presque inchangé.

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Le vieillissement de la population freine les flux migratoires

En effet, le comportement migratoire d'une population est directement lié à son âge. Or, avec une population vieillissante, sa propension à quitter l'île va décroître. Ainsi, entre 2007 et 2040, les populations les plus mobiles diminueront en Corse, réduisant les migrations hors de la région.
Dans le même temps, le nombre d'entrants devrait augmenter à un rythme moins soutenu dans les années à venir. Là encore, le vieillissement généralisé de la population nationale limitera les mouvements migratoires de population d'âge actif vers la Corse. En conséquence, les plus de 60 ans pèseront de plus en plus parmi les nouveaux arrivants. Cette classe d'âge sera la seule à venir plus nombreuse s'installer en Corse. Dans les trois prochaines décennies, les arrivants de plus de 60 ans augmenteront de 30 %.

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L'apport migratoire plus soutenu en Haute-Corse

Dans les deux départements, les mouvements migratoires seront ainsi l'unique source de croissance démographique. Leurs effets seront toutefois nettement plus intenses en Haute-Corse. Au jeu des migrations, la Haute-Corse gagnera en moyenne 1 500 personnes par an entre 2007 et 2040 contre 800 en Corse-du-Sud. Ce phénomène prolonge les tendances actuelles. L'attractivité de la Haute-Corse, mesurée par son taux d'entrants, resterait supérieure à celle de la Corse-du-Sud, l'écart s'estompant progressivement dans les décennies à venir.
Cet écart d'attractivité ne s'explique que très partiellement par les flux internes entre départements.

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