Mise à jour : septembre 2011
La croissance du pouvoir d'achat mesurée par l'Insee, même quand elle est faible, se heurte quelquefois au scepticisme. Le malentendu se nourrit largement des quatre points suivants.
Le chiffre le plus couramment diffusé par l'Insee est une moyenne. Comme toute moyenne, elle n'interdit pas une grande variété des situations individuelles : une hausse du pouvoir d'achat moyen n'est pas contradictoire avec une baisse pour une partie des ménages, et même une forte baisse pour certains d'entre eux.
Pour se rapprocher de ce que vivent les ménages, l'étude du pouvoir d'achat par unité de consommation permet de neutraliser l'impact de l'augmentation de la population française et de tenir compte de l'évolution de la composition des ménages ; l'étude du pouvoir d'achat arbitrable permet d'apprécier la marge de manœuvre réelle des ménages, une fois réglées les dépenses dites " pré-engagées " telles que contrats et abonnements divers.
L'Insee travaille actuellement sur l'estimation d'évolutions de pouvoir d'achat par catégories de ménages, cohérentes avec le chiffre moyen aujourd'hui
disponible.
Ce projet, une fois abouti, permettra de fournir un meilleur élément de comparaison pour chaque ménage, mais ceci ne résoudra que partiellement le problème
Les statisticiens donnent un sens bien précis à l'expression « pouvoir d'achat », (voir le détail du calcul par l'Insee) qui n'est pas forcément celle du langage courant.
Les consommateurs peuvent parler aussi de « baisse de pouvoir d'achat » quand leurs difficultés financières s'accroissent. Mais ces difficultés peuvent être aggravées par de nouvelles dépenses liées à des produits ou services qui n'existent que depuis peu et sont devenus des consommations quasiment obligatoires : les multiples abonnements (téléphonie, internet, etc.) en sont le meilleur exemple. Mais, là encore, une réduction de la marge de manœuvre budgétaire (voir "Revenu et pouvoir d'achat arbitrables") n'est pas incompatible avec une augmentation du pouvoir d'achat au sens de l'Insee. C'est le cas si la hausse des revenus est supérieure à celle des prix, tout en étant inférieure au montant des nouvelles dépenses pour de nombreux ménages.
Autre composante essentielle du décalage entre l'évolution du pouvoir d'achat mesurée par l'Insee et l'évolution ressentie : une partie des ménages considèrent que l'indice des prix de l'Insee sous-estime la « véritable » hausse des prix. Quelques pistes pour expliquer ce décalage :
L'indice des prix à la consommation est une moyenne pour l'ensemble des prix, et de ce fait peut ne pas refléter les fortes hausses sur certains produits, quand les prix des autres produits baissent, ou augmentent modérément. L'effet est d'autant plus marqué que ces fortes hausses concernent des produits fréquemment achetés, mais d'un poids peu important dans le budget d'un ménage. C'est le cas en particulier des produits alimentaires courants, achetés dans les hyper et supermarchés, du tabac ou des carburants.
Par ailleurs, l'indice des prix prend en compte la baisse du prix de certains produits à qualité constante, en particulier les ordinateurs et l'électroménager ; ce qui a pour effet de réduire légèrement la hausse globale des prix. Certes, un ménage n'achète que rarement une machine à laver, mais le jour de cet achat, il réalise une économie substantielle par rapport à une situation où le prix de la machine qu'il achète aurait augmenté comme les autres prix.
Enfin, l'indice des prix et donc l'évolution du pouvoir d'achat ne prennent pas en compte l'évolution du prix d'acquisition des logements. Ce prix a fortement augmenté depuis la fin des années 1990. Les ménages, surtout ceux ayant acheté un logement récemment ou projetant de le faire, ressentent à juste titre cette hausse de prix comme réduisant leurs moyens financiers.
(Voir "le cas particulier du logement")