Mise à jour : 06/2008
Sujet de préoccupation des Français, la question du pouvoir d'achat suscite controverses et malentendus. En soi, le terme de pouvoir d'achat peut porter à confusion, car il recouvre des acceptions très différentes.
La notion usuelle du pouvoir d'achat correspond au pouvoir d'achat du revenu disponible brut (encore appelé revenu réel disponible)(Voir lien 1 ci-dessous). Il s'agit d'une grandeur macroéconomique calculée dans le cadre de la comptabilité nationale (2). Harmonisée sur le plan international, elle permet des comparaisons d'un pays à l'autre.
Le revenu disponible brut est le revenu qui reste à la disposition des ménages pour la consommation et l'épargne une fois déduits les prélèvements fiscaux et sociaux. Il comprend en particulier les revenus d'activités (pour les ménages, les salaires et traitements bruts, pour les entrepreneurs individuels, les bénéfices réalisés), les revenus du patrimoine (dividendes, intérêts et loyers), et les prestations sociales (allocations familiales, minima sociaux, pensions de retraite, indemnités de chômage...). Le revenu disponible brut est diminué des impôts et cotisations sociales versés. Les quatre principaux impôts directs pris en compte sont : l'impôt sur le revenu, la taxe d'habitation, les contributions sociales généralisées (CSG) et la contribution à la réduction de la dette sociale (CRDS). Enfin, l'évolution du revenu disponible brut est corrigée de la hausse des prix des produits consommés. L'inflation est donc prise en compte dans le calcul du pouvoir d'achat (3).
La mesure ainsi obtenue est une mesure globale, qui couvre l'ensemble des ménages. Elle ne reflète pas la diversité des évolutions individuelles, ni même une évolution individuelle moyenne car le nombre et la composition des ménages varient au cours du temps en France. Pour appréhender une évolution individuelle moyenne, on calcule un pouvoir d'achat par unité de consommation.
Plus de détails (tableaux, données, méthodologie, études) sur le revenu, le pouvoir d'achat et la consommation des ménages en comptabilité nationale sont rassemblés ici.
La mesure macroéconomique du pouvoir d'achat peut différer de la perception qu'ont les ménages de l'évolution de leur niveau de vie. En effet, et au-delà du fait que, par définition, une évolution moyenne ne peut rendre compte de la diversité des évolutions individuelles, les ménages peuvent appréhender leur pouvoir d'achat sur un champ plus étroit, en considérant qu'ils ont en réalité peu de prise face à certaines de leurs dépenses de consommation et en se focalisant sur les marges de manoeuvre qu'ils estiment leur rester pour effectuer librement des choix de consommation et d'épargne. Pour essayer de se rapprocher d'une notion de pouvoir d'achat plus proche de cette perception, on peut examiner l'évolution du revenu « arbitrable » défini comme le revenu disponible une fois déduit un ensemble de dépenses de consommation « pré-engagées » (4)(5). Ces dépenses sont celles qui sont réalisées dans le cadre d'un contrat difficilement renégociable à court terme.
Le terme « pouvoir d'achat » est parfois appliqué aux salaires ou autres revenus pour caractériser l'évolution de ces grandeurs rapportée à celle de l'indice des prix à la consommation. Il est plus conforme aux standards internationaux de parler d'évolution réelle des salaires. De même, on calcule à partir de l'indice des prix à la consommation la valeur réelle de l'euro, anciennement appelée « pouvoir d'achat » de l'euro (9)
Dans une période où l'inflation vient rogner leur pouvoir d'achat, les ménages peuvent avoir une perception de l'évolution des prix décalée par rapport à sa mesure moyenne (10). En effet, ils sont psychologiquement plus attentifs aux prix de certains produits dont la fréquence d'achat est élevée : carburants, produits alimentaires (11). Par ailleurs, l'indice des prix est basé sur une consommation moyenne et ne reflète pas nécessairement l'exposition de chacun à l'inflation. L'Insee a donc construit un simulateur d'indice des prix qui permet à chacun de calculer l'indice qui prend en compte les particularités de son budget (12).
La question du pouvoir d'achat alimente le débat public (13)(14).