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L'indice des prix

Mise à jour : septembre 2011

Le deuxième élément intervenant dans le calcul de l'évolution du pouvoir d'achat est la hausse des prix. Le pouvoir d'achat augmente si les revenus augmentent plus vite que l'indice des prix, et baisse dans le cas contraire.

L'Insee consacre des moyens importants à recueillir les données nécessaires au calcul de l'indice des prix à la consommation, l'IPC, qui est une de ses productions principales. Cet indice est la référence pour déterminer l'évolution de certaines dépenses et de certains revenus. Il sert ainsi à revaloriser les loyers (via l'indice de référence des loyers depuis 2008), les retraites, ainsi que les pensions alimentaires et les rentes viagères. De même, l'IPC est pris en compte pour l'indexation du SMIC.

L'indice des prix à la consommation a, par ailleurs, un usage économique. Il permet de diagnostiquer, au mois le mois, une éventuelle accentuation des tensions inflationnistes au sein de l'économie française.

Il s'agit d'un indice moyen, représentatif de l'ensemble de la consommation des ménages.

Chaque mois, l'IPC du mois précédent est mis en ligne autour du 13, ainsi qu'une décomposition fine en une centaine de postes.

En janvier de chaque année sont mises en ligne des données encore plus détaillées : pour environ 300 postes, la valeur moyenne de l'indice pour l'année qui vient de se terminer et son évolution par rapport à l'année précédente.

L'IPC cherche à mesurer une évolution « pure » des prix, c'est-à-dire à qualité constante des produits. Il est fondé pour cela sur l'observation des prix d'un ensemble fixe de produits et de services, de caractéristiques constantes. Cet ensemble est représentatif de la consommation des ménages, chaque produit ou service suivi contribuant à hauteur de son poids dans celle-ci. Les différents produits et services qui le composent et leurs poids respectifs sont mis à jour au début de chaque année en fonction des changements des modes de consommation.

160 000 prix collectés chaque mois dans 27 000 points de vente

Les produits dont les prix sont observés pour le calcul de l'indice sont appelés « variétés ». Ces variétés sont choisies par l'Insee, de manière à assurer une bonne représentation de l'ensemble des produits proposés aux consommateurs.

Elles sont définies avec une grande précision : par exemple le prix au kilo de la baguette de pain ordinaire de 180 à 270 grammes ; le prix au kilo de l'entrecôte de bœuf ; la place de cinéma dans un complexe multisalles ; la place de cinéma hors complexe multisalles.

Mais le prix d'un produit et l'évolution de ce prix dépendent du type de commerce dans lequel le produit est acheté : petits magasins traditionnels, grands magasins et grandes surfaces spécialisées, hypermarchés, supermarchés, supérettes, maxi-discompte, marchés... Le prix dépend aussi, dans une moindre mesure, de l'implantation géographique du commerce : certains prix sont plus élevés dans les grandes agglomérations, en particulier à Paris, que dans les petites villes, d'autres sont plus bas. Les points de vente visités sont donc répartis sur l'ensemble du territoire, pour que chaque taille d'agglomération soit convenablement représentée.

Chaque mois, les enquêteurs de l'Insee se rendent ainsi dans 27 000 points de vente et effectuent 160 000 relevés. Les mêmes articles sont relevés mois après mois, dans les mêmes points de vente ; pour chacun, il doit s'agir exactement du même modèle, de la même marque, du même conditionnement.

Les prix relevés sont les prix affichés, toutes taxes comprises. Ils tiennent compte des soldes, des promotions et des remises immédiates en caisse, mais pas des réductions privées (cartes de fidélité) et des remises non immédiatement déductibles en caisse (coupons).

Ces prix relevés sur le terrain sont complétés par des prix collectés chaque mois de manière centralisée auprès d'organismes nationaux ou régionaux tels que les opérateurs de télécommunications, EDF, la SNCF, les banques, les services publics locaux, ainsi que sur internet.

L'échantillon des produits suivis est mis à jour chaque année pour tenir compte de l'évolution des comportements de consommation et, notamment, introduire les produits nouveaux. Les révisions portent sur la liste des variétés ainsi que sur la répartition des relevés par type de commerce et par agglomération. La réglementation européenne rend obligatoire le suivi de tout produit représentant plus d'un millième de la consommation des ménages.

Les variétés effectivement retenues ne sont connues que des unités chargées du calcul de l'indice des prix à l'Insee. Il en est de même pour la liste des points de vente où sont relevés les prix. Ceci permet d'éviter des manipulations de l'indice telles que celles survenues dans les années 1950.

D'une manière plus générale, toutes les décisions concernant l'élaboration de l'indice de prix sont prises en toute indépendance par les statisticiens de l'Insee. Ce principe d'indépendance a été réaffirmé par le Code de bonnes pratiques de la statistique européenne promulgué par la Commission européenne en 2005. Les décisions sont prises en conformité avec la réglementation édictée par les autorités européennes en accord avec les instituts statistiques nationaux.

Le calcul de l'indice des prix

Les évolutions de prix au niveau élémentaire permettent ensuite de calculer les indices par postes détaillés (environ 300). Le regroupement du niveau élémentaire aux postes détaillés se fonde sur des informations diverses, essentiellement de nature professionnelle pour les produits, et le nombre d'habitants pour les agglomérations. Ensuite, le passage aux niveaux plus regroupés successifs et à l'indice d'ensemble s'appuie sur la répartition des dépenses de consommation par postes évaluée dans le cadre des comptes nationaux. Cette répartition est mise à jour chaque année.

Ces calculs donnent un indice des prix moyen. En complément, depuis 2004, l'Insee publie des indices de prix par catégories de ménages, calculés à partir de la structure de consommation de ces catégories. Des indices de prix sont par exemple calculés selon le type de ménage : couple sans enfant, avec un enfant, deux enfants, trois enfants ou plus, famille monoparentale, personne seule.

Ce sont toujours des indices de prix moyens : au sein d'une catégorie, les prix évoluent plus vite que l'indice pour certains ménages et moins vite pour d'autres. Ainsi, depuis 2007, un simulateur d'indice personnalisé est disponible. Avec ce simulateur, chacun peut calculer un indice des prix plus ou moins proche de sa situation personnelle en modifiant les pondérations de 13 groupes de produits en fonction de ses propres habitudes de consommation.

Les changements de produits

Lorsqu'un enquêteur va relever les prix, il ne retrouve pas certains des articles suivis, qui ne sont plus en vente. Pour chaque article manquant, l'enquêteur recherche alors dans le même point de vente un autre article équivalent, c'est-à-dire ayant le même usage et des caractéristiques aussi proches que possible, ou à défaut le même article dans un autre point de vente de même nature.

Mais l'indice des prix à la consommation est un indice « à qualité constante ». L'évolution de prix observée ne sera reprise telle quelle dans l'indice de prix que si l'ancien et le nouveau produits ont des caractéristiques suffisamment proches. Cette condition est nécessaire pour que l'on puisse considérer qu'ils ont la même « qualité », et donc que l'évolution de prix observée est une évolution de prix « pure ». Les décisions sont prises par les enquêteurs, sous le contrôle des directions régionales de l'Insee.

Si les caractéristiques de l'ancien et du nouveau produit ne sont pas assez proches, il faut corriger l'évolution de prix observée de la variation de qualité. Si la qualité du nouveau produit est inférieure à celle de l'ancien produit, la hausse des prix retenue sera supérieure à la hausse des prix observée. À l'inverse, si la qualité est supérieure, la hausse des prix sera inférieure. Mais chiffrer la correction à apporter, positive ou négative, est délicat. C'est une des plus grandes difficultés rencontrées dans l'élaboration d'un indice de prix. Diverses méthodes, généralement assez empiriques, sont utilisées.

Pour certains produits importants dans le calcul de l'indice, des méthodes statistiques perfectionnées sont mises en œuvre. Elles permettent d'établir une relation statistique entre le prix d'un modèle et ses principales caractéristiques. Lorsqu'un nouveau modèle est introduit, on détermine le prix théorique que, selon cette relation, il aurait eu le mois précédent en fonction de ses caractéristiques propres. Ce prix théorique est utilisé pour déterminer la variation de prix prise en compte dans le calcul de l'indice des prix le mois durant lequel le nouveau modèle est introduit.

Ces méthodes statistiques perfectionnées ne peuvent avoir qu'un usage limité. En effet, elles sont lourdes et coûteuses. Elles exigent en outre une connaissance très précise des caractéristiques des produits. C'est le cas dans l'automobile, grâce à la documentation fournie aux acheteurs par les constructeurs.

L'indice des prix ne tient pas compte de la durée de vie des équipements, bien que ce soit sans conteste un des éléments de la qualité d'un produit. En effet, il n'est pas possible de déterminer avec précision quelle sera la durée de vie effective d'un équipement au moment où il est acheté. Cette durée dépend d'ailleurs de l'intensité avec laquelle il sera utilisé. Par ailleurs, les équipements sont remplacés quand ils sont hors d'usage, mais aussi quand ils sont réparables mais que le coût de la réparation est jugé trop élevé. En outre, les consommateurs remplacent parfois un équipement encore en état de fonctionner, parce qu'ils souhaitent disposer d'un équipement plus récent de meilleure qualité ou plus performant.

Le cas particulier du logement

Les logements ne sont pas considérés comme des produits de consommation, mais comme des biens patrimoniaux : l'usage d'un logement n'entraîne pas sa destruction, même progressive, la valeur d'un logement augmente généralement avec le temps, enfin l'achat d'un logement est, pour une part, un placement financier. C'est pourquoi les acquisitions de logement ne sont pas prises en compte dans l'indice des prix à la consommation. Les remboursements de prêts immobiliers, ou d'ailleurs ceux relatifs aux crédits à la consommation, ne le sont pas davantage du fait qu'ils relèvent d'opérations financières et qu'ils n'ont pas la nature de dépenses de consommation.

Les loyers payés par les ménages locataires sont, eux, pris en compte, parce que l'on considère qu'ils correspondent à la consommation d'un service de logement. La part des loyers dans l'IPC est de 7 % en 2009, ce qui correspond à la part de ces dépenses dans l'ensemble de la consommation des ménages. Il s'agit d'un taux moyen, calculé pour l'ensemble des ménages, qu'ils soient locataires ou propriétaires. En conséquence, cette part est trop faible pour les ménages locataires. Quand les loyers s'accroissent plus vite que les autres prix, la hausse des prix qu'ils subissent est sous-estimée par l'indice d'ensemble.

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