Insee Première N°1283 - février 2010
Insee Première N° 1283 - février 2010
Comptes nationaux
Tous les chiffres cités dans cet article sont issus des comptes nationaux (annuels ou trimestriels) qui, partant des informations statistiques de base, cherchent à donner une image cohérente de l’activité économique en appliquant des définitions aussi homogènes que possible dans l’espace (différentes activités économiques) et dans le temps (séries remontant pour certaines jusqu’à 1949). Les comptes nationaux proposent deux points de vue sur la production, ici celle des IAA.
Le premier est celui de l’activité productrice et conduit à considérer la production agroalimentaire comme résultant d’une valeur ajoutée à des produits consommés intermédiairement. Dans le cas des IAA, la production de l’année 2008 (136 milliards d’euros) correspond à une valeur ajoutée de 33 milliards et à des produits transformés de 103 milliards (dont 35 milliards de biens agricoles, mais aussi de l’énergie, des emballages, des produits des IAA intra-consommés, comme la farine pour produire le pain…).
Le second est celui du marché du produit et fait de la production une des contributions (avec les importations, les marges de commerce…) à la valeur d’acquisition finale d’un produit dont on va ensuite détailler les différentes utilisations. En 2008, les ressources en produits agroalimentaires comprennent les 136 milliards mentionnés ci-dessus à quoi il faut ajouter 8 milliards de production de vin, 31 milliards d’importations, 66 milliards de marges de commerce, 8 milliards de marges de transport et 24 milliards d’impôts, TVA déductible et droits de douanes, nets de subventions. Cette « ressource » peut se ventiler entre les divers « emplois » suivants : 157 milliards de consommation finale, 37 milliards d’exportations, et 79 milliards de consommation intermédiaire soit par les IAA, soit par d’autres branches comme la restauration (il s’agit ici des consommations intermédiaires de produits agroalimentaires et non plus, comme au paragraphe précédent, de consommation de divers produits par l’activité agroalimentaire).
Nomenclature d’activités et de produits
La nomenclature utilisée est la NES (nomenclature économique de synthèse) associée à la NAF (nomenclature d’activités française) révision 1.
Le libellé officiel des IAA est « Industries agricoles et alimentaires » abrégé souvent comme ici en « agroalimentaire ». IAA, « Autres industries manufacturières » (quelquefois appelées « industries manufacturières », dans les comptes trimestriels en particulier) et énergie constituent l’industrie.
Les tableaux 1 et 3 font référence à un niveau de la NES qui distingue six grandes activités au sein des IAA : industrie des viandes (abattage et transformation, dont charcuterie y compris artisanale) ; industrie du lait (lait, beurre, fromages, glaces...) ; industrie des boissons (alcools, vins, bière, eaux, sodas...) ; travail du grain, fabrication d’aliments pour animaux (abrégé ici en travail des céréales) ; industries alimentaires diverses ; industrie du tabac.
Valeur ajoutée
La valeur ajoutée par une entreprise est égale à la différence entre la valeur des biens et services produits et celle des biens et services qui ont été détruits (consommation intermédiaire) pour obtenir les premiers. Dans les comptes d’une entreprise cette valeur ajoutée a pour contrepartie des salaires, des impôts et des intérêts versés ainsi qu’un bénéfice dont une partie va être versée aux actionnaires et une autre constituer l’autofinancement de l’entreprise.
Partage volume-prix
Les notions de volume et de prix sont complémentaires. Dans une évolution en valeur d’un panier de produits, on appelle évolution de prix la composante de l’évolution qui tient aux variations de valeur à composition du panier constante et à qualité constante de chaque élément du panier. Par conséquent, l’évolution en volume est égale à la partie de l’évolution en valeur qui peut s’expliquer par l’évolution des quantités, par la modification de la structure du panier et par la variation de la qualité des différents produits élémentaires qui le composent.
Le suivi de chaque élément à qualité constante est plus difficile que celui des quantités et des modifications de structure (exemple : comment définir un indice annuel de prix du vin à qualité constante ?).
Appertisation, pasteurisation, stérilisation…
Une grande partie de l’innovation dans le domaine agroalimentaire a consisté à prolonger la durée de vie des aliments. Nicolas Appert invente au début du 19e siècle le procédé qui porte son nom et qui consiste à chauffer les aliments dans un récipent fermé. Le procédé va être amélioré et décliné suivant diverses techniques : pasteurisation, ultra-haute température…