Économie et Statistique - octobre 2000 - n°334
Bruno Crépon, Emmanuel Duguet et Jacques Mairesse
Évaluer le rendement de l'innovation, c'est-à-dire estimer les gains de productivité des entreprises imputables à la recherche, peut se faire de deux façons. La première, plus traditionnelle, utilise le nombre de brevets déposés, mais reste insuffisante car la décision de breveter une innovation varie beaucoup d'une entreprise à l'autre. La seconde, plus récente, donne une mesure complémentaire et plus satisfaisante de l'innovation en mesurant la part des produits de moins de cinq ans dans le chiffre d'affaires des entreprises. Elle a l'avantage de prendre en compte à la fois les innovations mais aussi les améliorations voire les imitations de produits. Globalement, ces deux mesures permettent d'expliquer dans des proportions comparables les gains importants de productivité dus à la recherche dans l'industrie manufacturière. Cependant, la seconde approche permet de mieux prendre en compte les effets de variables comme l'impulsion de la demande ou la dynamique propre de la technologie. Plus qualitatives, elles expliqueraient au moins autant la décision des entreprises de faire de la recherche et le montant des sommes qu'elles sont disposées à y consacrer que leur taille, leur part de marché ou leur diversification.