Économie et Statistique - mars 1999 - n°323
Jérôme Accardo, Laurent Bouscharain, Mahmoud Jlassi
Le rythme du progrès technique est habituellement mesuré par celui de la productivité globale des facteurs (PGF). L'analyse de son évolution suggère un ralentissement entre les périodes 1975-1990 et 1990-1997. Cette rupture éventuelle semble essentiellement imputable aux branches tertiaires et résulte de mouvements divers. La productivité du capital s'est redressée dans les branches manufacturières. Dans les branches tertiaires, sa baisse s'accélère au contraire, du fait de la branche des services marchands aux entreprises. La productivité du travail, quant à elle, ralentit dans l'ensemble des branches et plus nettement dans le secteur tertiaire. Ce ralentissement est encore plus net si on prend en compte l'évolution de la structure de qualification des actifs. Finalement, le ralentissement de la productivité des facteurs, essentiellement dû aux branches de services, semble confirmé. Il convient toutefois de souligner les difficultés d'évaluation du capital et du produit, notamment dans les services. En outre, l'absence d'un taux d'utilisation des capacités spécifique au secteur tertiaire et les incertitudes sur le degré de correction des qualifications fragilisent ces résultats. Enfin le trend de productivité semble être mal corrigé du cycle économique, et son évaluation sur la période récente, correspondant à une phase basse du cycle, en est probablement affectée.