La production statistique publique fait l'objet d'une coordination institutionnelle par le Conseil national
de l'information statistique (Cnis).
L'Insee contribue à la cohérence du système statistique en assurant le secrétariat du Cnis et en gérant des
moyens techniques et humains.
Outre ses activités de production, l'Institut assure la coordination des opérations statistiques par trois moyens : il gère les répertoires (répertoire national d'identification des personnes physiques et répertoire des entreprises et des établissements). Il définit les nomenclatures (nomenclatures d'activités et de produits, code officiel géographique, nomenclatures des professions et des catégories socioprofessionnelles). Il détermine les cadres comptables et conceptuels (comptabilité nationale, comptes satellites).
Parmi les agents de l'Insee et des services statistiques, ceux qui appartiennent à des corps de fonctionnaires-statisticiens sont gérés par l'Insee, qui dirige leur formation et leur carrière.
La gestion unifiée des carrières qui en résulte est un important outil de coordination.
L'Insee organise la mobilité de ses cadres avec le souci d'assurer la transmission des compétences. La mobilité des cadres dans la sphère de la statistique publique est un moyen d'obtenir la diffusion et la cohérence des méthodes utilisées.
De surcroît, grâce à l'ouverture des carrières dans tout le service statistique public, les cadres peuvent y trouver des champs d'intérêt qui couvrent un vaste domaine de préoccupations économiques ou sociales. Ceci se répercute positivement sur les possibilités de carrière et facilite la mobilité.
La cohésion du service statistique public est renforcée par l'unicité du système de formation. Deux écoles, l'Ensae et l'Ensai, assurent la formation initiale de la quasi-totalité de l'encadrement de la statistique publique.
Deux centres de formation gérés par l'Insee, le Cepe et le Cefil, ont vocation à participer à la formation permanente de tous les statisticiens de l'Administration.
Le système statistique français présente certains avantages d'efficacité et de réactivité. À l'intérieur d'un ministère, un service spécialisé de statistique peut, plus aisément qu'un organisme extérieur, exploiter à des fins statistiques les documents initialement conçus et collectés à des fins administratives, par exemple les documents fiscaux, douaniers...
Il est aussi mieux capable de percevoir la demande des utilisateurs et d'être informé des changements qui affectent le contexte dans lequel il réalise les statistiques. Enfin, la liaison est mieux assurée avec les institutions qui utilisent et étudient l'information ainsi recueillie et avec les centres de décision de l'Administration.
Mais cette « décentralisation fonctionnelle » peut présenter des risques de doubles emplois, de lacunes et d'incohérences. Si chaque service producteur ne pense qu'à ses propres travaux et ne se préoccupe ni des besoins, ni des informations existant chez les autres, les différents services pourraient établir des statistiques analogues, pas forcément convergentes. Simultanément, ces services n'exploiteraient pas complètement les sources disponibles et des domaines pourraient ne pas être couverts. L'obligation faite aux producteurs de justifier leurs projets et leurs méthodes devant le Cnis est un levier important pour éviter ces dérives potentielles, en particulier pour éviter les doubles emplois et pour obtenir une unité des concepts, des méthodes et des pratiques (notamment déontologiques).