L’étude a été réalisée suite à un partenariat entre l’Insee, l’Agence d’urbanisme de l’aire urbaine de Toulouse (AUAT), la Communauté urbaine du Grand Toulouse, la Communauté d’agglomération Sud-Est toulousain (Sicoval), la direction régionale de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement et la direction départementale de l’Équipement et de l’Agriculture de Haute-Garonne.
Un ménage sur trois est considéré comme pauvre ou modeste en Midi-Pyrénées, un sur quatre dans le pôle urbain de Toulouse. Dans le pôle urbain, les ménages pauvres ou modestes sont plus souvent qu’ailleurs des ménages jeunes alors que dans le reste de la région, ce sont les personnes âgées qui sont les plus touchées.
Lorsqu’ils sont locataires, les ménages pauvres ou modestes sont plus nombreux dans le parc privé que dans le parc social. Résidant dans des logements plus anciens, ces ménages ont plus de motifs d’insatisfaction que les autres. Leur effort financier représente plus du quart de leur budget, une fois qu’on a tenu compte des aides dont certains bénéficient. L’étude détaille ces résultats et le rôle joué par la mobilité résidentielle.
Lucile Laurin, responsable du Pôle Habitat à l’AUAT, retient la qualité du travail en commun qui a permis aux différents partenaires de construire au fil des réunions un diagnostic partagé des phénomènes en jeu : exploration des dynamiques à l’oeuvre entre revenus et segments du marché, zooms intéressants sur le locatif neuf et les orientations à donner à l’immobilier d’investissement, les nouveaux arrivants et les souhaits des occupants du locatif privé, pas forcément autant tournés qu’on le pensait vers la maison individuelle, etc.
Au sein de la communauté urbaine du Grand Toulouse, Gil Le Mogne prépare le programme local de l’habitat (PLH) qui devrait être arrêté en mars 2011, au terme d’une série de consultations – des communes concernées, de l’État, etc. Pour lui, « l’enquête Logement a permis de mettre en évidence les contraintes que subissaient les populations les moins aisées en matière de choix de logement au sein du Grand Toulouse ».
Elle a permis d’identifier les ségrégations sociales à l’oeuvre entre communes du territoire (et à l’intérieur même de Toulouse). Si les réalités étaient souvent déjà connues, la force probante des chiffres qui les ont confirmées pourrait avoir une vertu supplémentaire : celle de « convaincre certaines communes encore réticentes de participer à la solidarité communautaire ».
Si Isabelle Pagès-Fournier, chef du service Cohésion et Mixité de l’Habitat de la Communauté d’agglomération du Sicoval, juge intéressants elle aussi « les éclairages généraux que l’enquête a apportés sur les ménages les plus en difficulté et sur les nouveaux arrivants », elle regrette le peu de résultats représentatifs produits pour la Communauté qui compte 65 000 habitants et relève pour partie du Pôle urbain. La préparation du PLH, bouclé fin 2010, aura bénéficié des tendances données par l’enquête mais pas de chiffres précis, malgré l’extension d’échantillon que la Communauté avait cofinancée.
La prochaine enquête nationale Logement se déroulera en 2013. Comme pour la précédente édition en 2006, des extensions sont envisagées et viendront compléter l’échantillon national.
Ces extensions pourront être thématiques (suréchantillonnage de certaines parties de la population pour obtenir des résultats sur les ménages pauvres ou les logements atypiques, par exemple) ou encore régionales. Il n’y aura, en revanche, pas d’extensions en dessous de l’échelon régional. Les acteurs publics ont été sollicités quant au financement de l’enquête.
Un certain nombre d’enrichissements vont être apportés au questionnement luimême pour améliorer la connaissance des différentes formes de privation de confort et repérer les situations d’hébergement chez un particulier, c’est-à-dire des personnes qui habitent chez un tiers faute de pouvoir accéder à un logement personnel.
Par ailleurs, en collaboration avec le service de l’Observation et des Statistiques (SoeS) (Commissariat général au développement durable), un volet complémentaire sera ajouté au questionnaire de base pour disposer d’informations statistiques sur la qualité thermique des habitations, dans la perspective des recommandations du Cnis sur le développement durable.

INSEE Actualités Magazine n°58 - Janvier 2011
L’ensemble désigné ici sous l’appellation de « ménages pauvres ou modestes » est formé par les 30 % des ménages ayant les revenus les plus bas.