Premières bénéficiaires du développement des emplois dans le tertiaire, où elles sont majoritaires, les femmes de Franche-Comté ont vu leur taux d’activité poursuivre sa progression pour atteindre 85 % en 2006, même si ce taux demeure inférieur de neuf points à celui des hommes. Elles restent cependant surreprésentées dans les emplois peu qualifiés, exercés à temps partiel pour un tiers d’entre elles (5 % seulement pour les hommes), avec des horaires atypiques et des salaires faibles.
Elles sont davantage touchées par le chômage que les hommes, même si cet écart tend à se resserrer : il est passé de cinq points au début des années quatre-vingt dix à 1,3 point.
L’arrivée d’un enfant influe sur leur quotité de temps de travail et celle-ci diminue surtout à partir du deuxième ; 53 % des femmes vivant en couple et ayant trois enfants travaillent à temps partiel. C’est le prix à payer pour concilier vie familiale et vie professionnelle.
Par nécessité, les mères de familles monoparentales ont moins recours au temps partiel et leur taux d’activité est globalement supérieur à celui des femmes en couple. Le nombre de mères de familles monoparentales sur le marché du travail progresse.
Parallèlement, elles sont davantage touchées par la pauvreté que les hommes, que celle-ci soit évaluée en termes monétaires ou approchée par la perception des minima sociaux. Les femmes représentent ainsi 97 % des bénéficiaires de l’allocation de parent isolé.
Côté revenus, les caractéristiques de l’emploi féminin - fréquence du temps partiel, niveau de qualification - expliquent que les Franc-Comtoises perçoivent un salaire annuel inférieur en moyenne de 25 % à celui des hommes. En éliminant l’effet des facteurs socio-économiques qui contribuent structurellement à cette différence, un écart subsiste, chiffré à 9 %.
Les programmes régionaux d’intégration des populations immigrées (PRIPI) ont été relancés pour la période 2010-2012 par le ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire.
Chaque PRIPI comprend un diagnostic préalable de la situation des immigrés dans la région et un plan d’actions. Ces diagnostics sont directement reliés à des actions opérationnelles en faveur de l’accueil et de l’intégration.
Les PRIPI sont préparés sous l’égide du préfet de région, par les directions régionales de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale (DRJSCS) qui sont à présent responsables du domaine « immigrés » géré antérieurement par les DRASS.
Côté diagnostic, le premier PRIPI a été à l’origine de la réalisation des Atlas régionaux des immigrés, sur la base d’une convention entre le Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations (FASILD) et l’Insee. Cette fois, le département des Statistiques, des Études et de la Documentation (DSED) du ministère en charge de l’immigration a commandé des données à l’Insee qui a fourni 35 tableaux nationaux issus du recensement de la population de 2006, déclinés au niveau régional.
Le DSED a complété ces tableaux par des informations tirées de l’exploitation des contrats d’accueil et d’intégration des nouveaux immigrants. Environ 100 000 de ces contrats, gérés par l’Office français d’immigration et d’intégration, ont été signés en 2009. L’ensemble de ces données a été transmis aux DRJSCS qui les ont exploitées localement, avec l’appui, dans certains cas, des directions régionales de l’Insee.
Ainsi, en Champagne-Ardenne, les données contenues dans l’Atlas réalisé en 2005 ont pu être actualisées sur des thématiques qui portent sur l’aide et l’accompagnement des femmes immigrées, des familles, des immigrés âgés ou sur l’accès à l’emploi. À partir de ce diagnostic, l’Insee va aussi réaliser un « 4 pages » illustré et commenté en partenariat avec la DRJSCS : cette publication, simple et accessible à tous, fournira une information objective sur les immigrés en Champagne- Ardenne.
En Limousin, la direction régionale de l’Insee a fourni à la DRJSCS des informations complétant les tableaux standard de la DSED : nomenclature des nationalités et localisation sur le territoire - dans le respect du secret statistique - jusqu’au niveau départemental et parfois infracommunal. Ces informations ont permis de mettre en évidence la diversification des nouveaux immigrants venus d’Afrique noire, d’Asie et d’Europe de l’Est.

INSEE Actualités Magazine n°58 - Janvier 2011