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Un atlas transfrontalier, fruit de la coopération franco-belge

Éric Vaillant, Responsable de la Mission Ingénierie statistique et qualité Insee Nord-Pas-de-Calais

Les acteurs locaux recourent, de plus en plus souvent, à des diagnostics qui dépassent les limites administratives classiques et s’étendent même au-delà des frontières nationales. L’atlas transfrontalier élaboré en Nord-Pas-de-Calais répond à ces attentes.

Sommaire

Article

Aider à la compréhension des territoires transfrontaliers

Eclairer les décideurs, aménageurs (Voir le témoignage de Joël Marty) et acteurs locaux dans leur compréhension des territoires et asseoir leurs stratégies dans un contexte transfrontalier, tel est l’enjeu de l’atlas transfrontalier initié en Nord-Pas-de-Calais par la direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire et du Logement, la région Nord-Pas-de-Calais, la région Wallonne et l’Insee.

Reposant sur des éléments statistiques et cartographiques cohérents entre les territoires, l’atlas permet de mieux comprendre leur évolution, ainsi que la géographie physique, humaine et économique d’un espace peuplé de près de 20 millions d’habitants couvrant le Nord-Pas-de-Calais, les trois régions belges (Flandre, Wallonie, Bruxelles-Capitale) et les zones limitrophes en forte interaction transfrontalière : le Grand Duché de Luxembourg, une partie de la Picardie, de la Champagne-Ardenne, de la Lorraine, du sud des Pays-Bas et de l’ouest de l’Allemagne.

Carte des coopérations tranfrontalières entre la France et la Belgique

Carte des coopérations tranfrontalières entre la France et la Belgique

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Depuis plus d'une quinzaine d'années, la politique d’aménagement et de développement territorial est conçue dans une géographie qui dépasse l’ échelle régionale et nationale. Récemment, les évolutions majeures survenues tant aux niveaux européens que nationaux ou régionaux ont permis d’accroître encore le dynamisme de la coopération franco-belge. L'actualité des dernières années s’est avérée particulièrement riche sur les plans institutionnel et politique, du traité franco-belge en septembre 2002 à la signature le 28 janvier 2008 de la création de l’Euro district de la Métropole transfrontalière.

L’atlas transfrontalier est constitué de neuf tomes qui explorent successivement la démographie, l’habitat, les activités économiques, l’emploi et la formation, la planification territoriale, le tourisme, l’environnement, les transports, les infrastructures, et enfin l’histoire. Chaque tome repose sur la collecte d’une dizaine d’indicateurs élaborés sur des bases méthodologiques comparables. Ils sont commentés et cartographiés conjointement par des rédacteurs français et belges et permettent ainsi d'appréhender les disparités au sein de cet espace transfrontalier.

L'atlas a aussi été l'occasion de profiter des compétences de chacune des institutions. Ainsi, dans le tome consacré à la planification territoriale, il a paru nécessaire de reprendre l'indicateur de densité de population mais de le présenter différemment. Les statisticiens belges ont proposé une illustration en trois dimensions qui permet en un seul coup d'oeil de visualiser les pics de concentration de population, le plat pays prenant alors subitement du relief !

Vision en 3D du peuplement de l’espace transfrontalier

Vision en 3D du peuplement de l’espace transfrontalier

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Région francophones et néerlandophones se distinguent fortement

Malgré des similitudes géographiques, historiques et culturelles, l'espace transfrontalier n'en abrite pas moins des populations dont les caractéristiques démographiques recouvrent plutôt des clivages linguistiques que des découpages frontaliers.

Ainsi alors que les régions francophones de Wallonie et du Nord-Pas-de-Calais se caractérisent par une population jeune, très féconde, où les familles nombreuses sont encore présentes, la Flandre belge, néerlandophone, est plutôt marquée par une population plus âgée où l’espérance de vie est nettement plus élevée mais où les personnes sont plus isolées.

De même, en matière d’environnement , la Flandre, plus polluée que la Wallonie, et plus encore que le Nord-Pas-de-Calais, doit relever des défis de développement durable plus conséquents que les régions françaises limitrophes qui elles sont plus proches dans ce domaine de la Wallonie. Mais, paradoxalement, l’ensemble de la Belgique semble en avance sur les régions françaises en termes de mesure et de protection des espaces naturels.

Dans le domaine du tourisme aussi, alors que le Nord-Pas-de-Calais et la Belgique jouissent des mêmes paysages, des mêmes climats sur fonds d’histoire commune, les activités touristiques apparaissent beaucoup plus soutenues en Belgique. La région bruxelloise mise à part, la proportion de salariés dans le secteur hôtels-cafés restaurants est trois fois plus élevée en Belgique qu’en Nord-Pas-de-Calais. Les activités liées aux transports marquent également les différences franco-belges. La vocation transport-logistique du Nord-Pas-de-Calais ne fait aucun doute auprès des acteurs locaux tant son territoire placé au coeur de l'Europe du Nord, est marqué par ce type d'activités et la richesse des différents réseaux routiers, fluviaux et ferroviaires. En élargissant à la Belgique, l'analyse paraît alors toute autre, le Nord- Pas-de-Calais se trouvant alors plutôt dans la peau du Petit Poucet. De même, alors que le train apparaît comme le mode de déplacement privilégié des Belges, la voiture semble être une caractéristique française.

Ces quelques exemples ne donnent évidemment qu’un rapide aperçu de la richesse des informations qui composent ces atlas transfrontaliers. Le lecteur peut privilégier le mode de lecture qui lui convient : une lecture rapide de la cartographie ou une lecture plus attentive des analyses enrichies de références bibliographiques et d’éléments de méthodologie. Fort de son succès, l’atlas transfrontalier a déjà essaimé puisque deux projets régionaux similaires sont déclinés à une maille géographique plus fine sur le territoire de Lille Métropole ou encore sur l’espace Flandre Littoral dans le Dunkerquois, où il est décliné à la croisée des régions wallonnes, nordistes et picardes en Thiérache.

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Témoignage de Joël Marty, Chargé de mission au Commissariat à l’Aménagement des Pyrénées (DIACT)

Témoignage

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