En 2005, la décision de l’usine Arkéma à Château-Arnoux (Alpes de Haute-Provence) de réduire ses effectifs en passant de 750 à 350 emplois crée une très vive émotion dans cette ville de cinq mille habitants, à l’écart des zones urbaines et de toute autre industrie, et dans l’ensemble du département.
Arkéma, usine presque centenaire, propriété du groupe Total, fait vivre bon nombre de ménages et de sous-traitants et les journaux locaux parlent de la destruction de milliers d’emplois. La loi obligeant les entreprises qui procèdent à un licenciement collectif à mettre en oeuvre des mesures de revitalisation dans le bassin d’emploi concerné, la direction départementale du Travail sollicite l’Insee pour réaliser une étude d’impact de l’activité de l’établissement Arkéma.
Pour Thierry Clément, chargé de mission à la préfecture de région, « l’étude de l’Insee a permis de mesurer l’impact réel de cette réduction d’effectifs, d’entamer des négociations sur des bases acceptables par toutes les parties, de progresser de façon consensuelle dans la mise au point d’une convention de revitalisation du site Arkéma et, enfin, de trouver un accord sur le montant de la contribution financière du groupe Total à cette convention ».
Les informations communiquées par l’entreprise, qui s’est montrée très coopérative, ont permis d’identifier quelque trois cents sous-traitants, d’évaluer le nombre d’emplois directs, indirects et induits et de mesurer l’impact sur l’économie des quinze communes environnantes. Parallèlement les services fiscaux ont étudié l’impact de l’entreprise sur la fiscalité locale.
Au total, Arkéma emploie 750 personnes et supprime 350 emplois, mais en réalité son activité génère 1 713 emplois et concerne 5 200 personnes.
« Ce type d’étude », souligne Thierry Clément, « n’est pas une simple monographie, elle doit permettre de mettre les gens autour d’une table pour réfléchir ensemble. L’analyse de l’emploi a donné lieu à de nombreuses restitutions au sein du comité de pilotage que le préfet des Alpes de Haute-Provence avait constitué et permis de nombreux échanges. L’Insee a mené son étude selon une méthodologie approuvée par tous, en évitant toute polémique ».
L’Insee Provence-Alpes-Côte d'Azur et les services de l’État ont bien d’autres travaux en cours comme le diagnostic sur les forces et faiblesses de la région au regard des mutations économiques, la réalisation d’un atlas industriel…
« Toutes ces études, conclut Thierry Clément, positionnent l’Insee comme un acteur majeur dans le travail en réseau qui se fait sur un diagnostic partagé des mutations économiques en région ».