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Des statistiques pour l’économie du sport

Dominique Crosnier, chef de la MEOS au Ministère de la Santé, de la jeunesse et des Sports

Le sport détient une place de plus en plus importante dans nos sociétés contemporaines. Le poids du spectacle sportif dans l’univers médiatique en est un révélateur. Pourtant, cet engouement pour le sport spectacle n’est qu’une des composantes de la présence du sport dans les sociétés modernes. Pour certains, le sport est devenu un mode de vie, pour d’autres, il répond à un souci d’entretien de leur santé.

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Article

Le sport, un enjeu économique

Le « concept » de sport s’est ainsi installé dans différents secteurs, en particulier l’habillement. Le « sportswear » est devenu une composante à part entière des modes vestimentaires, un code de reconnaissance. On évalue aujourd’hui à seulement 33 % la part des achats de chaussures de sport destinées à un usage strictement sportif.

La pratique du sport suscite l’emploi et donc l’achat ou la location de matériel adapté. Elle est également à l’origine de la construction d’équipements sportifs. Ainsi, le sport est devenu un domaine dans lequel l’enjeu économique, celui de l’emploi et particulièrement l’emploi des jeunes, ne peut plus être négligé.

Le sport est également un lieu des enjeux de société. Il est porteur de valeurs de sociabilité par un apprentissage de règles. Mais aussi, dans des sociétés vieillissantes, il est considéré comme un bon moyen d’entretien de la santé. La pratique d’activités physiques et sportives n’est plus exclusivement l’apanage des jeunes hommes. Moins jeunes, seniors et femmes sont de plus en plus nombreux à pratiquer, à des degrés d’intensité physique divers.

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Un service statistique de création récente

Ces évolutions ont entraîné un accroissement de la demande d’information statistique sur ce domaine. Pour y répondre, une mission d’évaluation et d’observation des sports a été créée en 1999 au ministère chargé des sports. Depuis, elle produit des informations statistiques riches et variées sur le niveau et l’évolution de la pratique des activités physiques et sportives des Français. Celles-ci sont mesurées au travers de deux composantes : la pratique sportive licenciée et la pratique non licenciée.

La pratique licenciée est la plus approfondie. Elle donne lieu à un dénombrement complet : nombre de licences selon chaque fédération sportive, selon les départements, le sexe, le type de licence (compétition ou loisir), l’âge des licenciés.

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Pierre angulaire de la statistique sportive, le compte du sport

Chaque année, l’effort de la collectivité nationale dévolu à la « dépense sportive » est publié dans le compte économique du sport. Cette dépense recouvre la consommation des ménages en biens et services « sportifs », le soutien de l’État au sport de haut niveau, son partenariat avec le mouvement sportif par l’intermédiaire des fédérations, l’enseignement sportif scolaire, l’action des collectivités territoriales et en particulier des communes, très impliquées dans le financement d’équipements sportifs publics, le rôle des entreprises au travers du sponsoring, du mécénat ou l’acquisition de droits audiovisuels de retransmission d’événements sportifs.

Le poids de la « dépense sportive » dans le produit intérieur brut (PIB) révèle l’évolution de l’importance économique du domaine.

L’évolution des diplômes délivrés par le ministère est suivie, ainsi que les caractéristiques des diplômés et leur insertion professionnelle, aussi bien en ce qui concerne l’emploi sportif que celui dirigé vers la jeunesse dans l’animation socioculturelle.

Plus globalement, l’appareil statistique développé par le ministère chargé des sports a pour mission d’observer l’emploi dans l’ensemble de la filière sportive et de mesurer les politiques d’aide à l’emploi dans son champ de compétence.

Enfin, le ministère a introduit récemment la connaissance de la vie associative dans son dispositif statistique : poids dans le PIB, structure de financement, emploi salarié, bénévolat.

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Qui est concerné par la statistique du sport ?

Les pouvoirs publics ont besoin de données sur la pratique sportive pour le suivi budgétaire des indicateurs de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF). Elles sont aussi nécessaires pour orienter les politiques régionales dans le cadre de la décentralisation (études menées par des conseils régionaux par exemple). Évaluer le poids économique du domaine et surtout connaître les données sur les formations et l’emploi, pour lesquelles les demandes, tant nationales que régionales, sont nombreuses, constituent des enjeux forts dans la conduite des politiques publiques.

La presse s’intéresse plus à la pratique sportive sous l’angle sociologique : qui fait du sport (âge, sexe…) ? Quel type de sport ? etc. Quant au mouvement sportif, il s’informe prioritairement sur la pratique et parfois sur les données plus économiques.

Enfin, certaines entreprises impliquées sur des marchés en relation avec le sport peuvent avoir besoin de données sur la pratique sportive et son évolution, mais aussi sur le poids économique du domaine. Les bureaux d’études spécialisés dans le sport sont, quant à eux, intéressés par l’ensemble des données produites.

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