Michel Moisan, Insee Normandie
Région d’accueil touristique, avec 471 kilomètres de côtes, des paysages variés, un bocage célèbre et des sites de grande renommée, la Basse-Normandie ne pouvait échapper à l’étude statistique de son économie des loisirs.
Une étude de l’Insee en partenariat avec les directions, en région, de la jeunesse et des sports et de l’action culturelle a établi un diagnostic de ce secteur dynamique. Une source statistique, les déclarations annuelles de données sociales (DADS) a fourni le matériau de base pour connaître de manière précise la main-d’oeuvre salariée.
En Basse-Normandie, l’économie des loisirs pèse d’un bon poids : 7 % de l’emploi total, du même ordre que celui de la construction et analogue à la moyenne métropolitaine. Ce secteur offrait 37 400 emplois début 2003. C’est le tourisme qui compte le plus d’emplois salariés, mais ce sont les secteurs du sport, de la culture et des loisirs qui progressent le plus fortement. Leur croissance est à l’origine du tiers des nouveaux emplois de l’économie des loisirs de 1998 à 2003. Celle-ci se développe donc très vite et crée beaucoup plus d’emplois que le reste des activités.
Dans une région où la concentration de l’agriculture se poursuit et où l’industrie connaît de grandes difficultés, elle offre des débouchés aux jeunes. Elle facilite davantage l’intégration des femmes au monde du travail que d’autres secteurs d’activité.
L’économie des loisirs affiche une croissance huit fois plus forte que l’ensemble de l’économie. Cet indicateur place la Basse-Normandie au deuxième rang des régions françaises. La croissance de l’économie des loisirs est, elle-même, dopée par la construction de nouveaux équipements, privés ou publics (piscines, centres aquatiques…) et la diversification de l’offre (bases de loisirs, centres équestres, espaces fitness…). Phénomène que le recensement des équipements sportifs réalisé par le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports met aussi en évidence.
La multiplication des équipements stimule à son tour le développement des entreprises spécialisées dans leur gestion, que ce soit dans le sport ou les loisirs, et notamment celles qui interviennent dans le cadre de délégations de service public.
L’étude a aussi mis en évidence la sensibilité de ce secteur aux aides à l’emploi salarié. La forte croissance du début des années 2000 a été facilitée par la création des contrats nouveaux services/nouveaux emplois (« emplois jeunes »), subventionnés par l’État. Leur remplacement par d’autres dispositifs (contrats d’avenir, emplois tremplins en région…) devrait prendre le relais auprès des associations qui trouvent difficilement « en interne » des solutions pour pérenniser des emplois salariés.
Dans les prochaines années, le type d’emplois aidés et les modalités de professionnalisation de leurs bénéficiaires façonneront pour partie le secteur sportif et celui des loisirs.

INSEE Actualités Magazine n°48 - octobre 2007