Chaque trimestre, l’Insee élabore un diagnostic conjoncturel, à horizon de six à neuf mois. Ce diagnostic est publié dans trois Notes de conjoncture qui paraissent en mars, juin et décembre, et un Point de conjoncture qui paraît en octobre. Ces prévisions concernent principalement la France, mais s’étendent à la zone euro, au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Japon et à l’Asie. Pour la France, la prévision ne se limite pas à un diagnostic général, elle s’accompagne de données prévisionnelles détaillées, mises à la disposition de toutes les personnes intéressées.
350 Informations Rapides par an
20 000 entreprises enquêtées tous les mois sur la conjoncture
1 800 ménages interrogés tous les mois sur leur situation économique
3 Notes de conjoncture et un Point de conjoncture par an
Les Notes de conjoncture reçoivent un large écho au moment de leur sortie. Elles constituent un instrument indispensable pour les économistes d’entreprises, et pour tous les décideurs qui se préoccupent de l’évolution à court terme de l’économie. Chaque Note donne lieu à une conférence de presse, toujours très suivie. Le contenu des Notes est ainsi répercuté par les médias de la presse écrite, des radios et des télévisions vers un large public.
Pour établir leur diagnostic sur la France, les prévisionnistes de l’Insee s’appuient notamment sur les enquêtes de conjoncture réalisées par l’Insee. Ces enquêtes sont anciennes, puisque la première date de 1951. Les entreprises répondent à des questions, relatives au passé proche et au futur proche, sur leur propre situation et sur l’image qu’elles se font de la situation économique en général. Les réponses demandées sont le plus généralement qualitatives, du type « en hausse », « stable » ou « en baisse ».
La majorité des entreprises répondent désormais par internet. Les coûts sont ainsi diminués, et les résultats sont obtenus plus rapidement.
À l’origine limitées à l’industrie, les enquêtes de conjoncture couvrent aujourd’hui également la construction, le commerce et les services. L’Insee mène aussi une enquête de conjoncture auprès des ménages ; ceux-ci sont interrogés sur l’évolution de leur situation économique personnelle ainsi que sur leur opinion sur la situation générale des ménages.
Une première synthèse des réponses aux enquêtes est faite en calculant des soldes d’opinion comme différence entre la proportion de réponses « en hausse » et de réponses « en baisse » aux questions qualitatives posées. Des indicateurs plus synthétiques encore, tels que l’indicateur de climat des affaires ou l’indicateur de retournement, sont ensuite calculés, à l’aide de méthodes économétriques.
Les prévisionnistes disposent par ailleurs de nombreuses données quantitatives détaillées, pour beaucoup produites au sein d’autres directions de l’Insee. Elles concernent en particulier les prix à la consommation et les prix de production et d’importation, la consommation, la production industrielle, les créations nettes d’emploi, le chômage. Ces données, tout comme les résultats des enquêtes de conjoncture, sont publiées dès qu’elles sont disponibles, dans des Informations Rapides, au nombre d’environ 350 par an.
De nombreuses informations sont également analysées pour les principaux partenaires de la France.
Pour élaborer leurs prévisions, les conjoncturistes s’efforcent alors de réconcilier toutes ces informations, disparates et quelquefois divergentes, pour en extraire les tendances sous-jacentes et déceler les mécanismes à l’œuvre dans l’économie. Ils confrontent les éléments dont ils disposent sur l’offre et sur la demande. Des modèles économétriques sont mis en œuvre pour établir des prévisions quantitatives à l’horizon de la note, intégrées dans le cadre comptable de la comptabilité nationale. Des spécialistes des différents domaines au sein de l’Insee contribuent à ces analyses. L’ensemble du processus est conduit avec une exigence de rigueur scientifique, et en toute indépendance.
La Note de conjoncture est l’aboutissement de ce processus. Elle présente en détail les prévisions faites, avec leurs justifications, assurant ainsi une grande transparence. Les incertitudes inhérentes aux prévisions ne sont pas oubliées. C’est pourquoi la Note accompagne les prévisions présentées de considérations sur les aléas, positifs ou négatifs, susceptibles de les affecter.
La Note comporte une vingtaine de fiches, qui présentent par domaine les prévisions chiffrées accompagnées d’un commentaire. Pour la France, les fiches traitent de l’emploi, du chômage, du revenu des ménages, de l’investissement, de la production, du commerce extérieur, de l’inflation…. L’analyse est également détaillée par secteurs : manufacturier, services, énergie…. Une fiche est par ailleurs consacrée à chaque grand pays.
52 Indicateurs* qualitatifs et quantitatifs de conjoncture sur les 10 thèmes suivants
* 8 indicateurs sont établis par les services statistiques ministériels
Des dossiers, généralement deux, complètent la Note. Ils retracent des travaux d’études menés pour éclairer le diagnostic conjoncturel. Ces travaux bénéficient d’une diffusion importante. Parmi les dossiers récents ayant eu le plus d’écho, on peut citer, en juin 2012 « Zone euro et États-Unis : l’activité est freinée par les chocs » et, en décembre 2010, « Comment expliquer les évolutions d'emploi depuis le début de la crise ? ».