Le recensement de la population est une institution ancienne. En France, le premier date de 1801, soit de plus de deux siècles. Un recensement était généralement organisé tous les cinq ans jusqu’à la seconde guerre mondiale. C’était la seule source statistique dans bien des domaines.
65 800 000 habitants au 1er janvier 2013
2 millions de femmes de plus que d’hommes
16 millions de moins de 20 ans
5,5 millions de plus de 75 ans
Avec le développement de la statistique publique, les recensements sont devenus plus espacés, tout en restant indispensables. Leur première fonction est d’établir avec précision la population légale des communes et des autres circonscriptions administratives : 350 articles de lois ou de codes s'y réfèrent, en particulier pour la répartition de la dotation globale de fonctionnement attribuée par l’État aux communes, mais aussi par exemple pour la rémunération des personnels de la fonction publique territoriale ou l’implantation des pharmacies.
Le recensement permet également d’évaluer précisément, à tous les niveaux géographiques, les principales caractéristiques socio-démographiques de la population. Il apporte également des informations détaillées sur le parc de logements.
Depuis 2004, le recensement est fondé sur des enquêtes annuelles. L’ensemble du territoire est recensé au cours d’un cycle de cinq ans. La méthode est différente selon la taille des communes. Dans les communes de plus de 10 000 habitants, la population de 8 % des logements est recensée chaque année. À la fin d’un cycle de 5 ans, 40 % de la population de chaque commune est recensée. Ainsi, pour ces communes, le recensement n’est pas exhaustif. L’intérêt est évidemment de réduire sensiblement le coût de l’opération pour les finances publiques, mais aussi la charge de réponse pour les personnes concernées. Il en résulte une légère perte de précision, mais celle-ci est apparue tout à fait acceptable, d’autant que la qualité de la collecte peut être mieux contrôlée et les omissions réduites.
Pour les communes de moins de 10 000 habitants, la perte de précision aurait été trop forte en appliquant la même méthode. Ces communes sont réparties en cinq groupes, selon des règles précises qui assurent le même poids démographique à chaque groupe. Chaque année, l'enquête de recensement porte sur la totalité de la population et des logements des communes du groupe concerné. Au bout de cinq ans, toutes les communes de moins de 10 000 habitants ont été recensées.
Chaque année, le recensement a lieu dans plus de 8 000 communes, qui sont les partenaires de l’Insee pour organiser la collecte. Elles recrutent les 22 000 agents recenseurs qui visitent plus de 4 millions de logements et interrogent plus de 9 millions de personnes. Sur le terrain, la collecte se déroule en début d’année, entre la mi-janvier et la mi-février. Cela donne le maximum de temps pour établir les nouvelles populations légales avant la fin de l’année.
Le recueil des informations se fait de manière traditionnelle. Des agents recenseurs remettent à chaque ménage une feuille de logement et des bulletins individuels à remplir. En 2012, la possibilité de répondre par internet a été testée pour la première fois dans quelques communes. Les questionnaires des personnes qui répondent en ligne n’ont plus alors à être saisis. Il est en outre possible d’introduire des contrôles en temps réel. Ce test de 2012 a donné des résultats positifs, et la possibilité de répondre en ligne va être progressivement généralisée dans les années à venir.
Jusqu’en 1999, les recensements étaient exhaustifs : tous les habitants du pays étaient recensés au même moment. À partir de 1993, les méthodologues de l’Insee ont commencé à réfléchir à une méthode de recensement « en continu ». Leurs réflexions ont conduit à la mise au point de la méthode de recensement par enquêtes annuelles.
Cette méthode permet de disposer de résultats plus frais et régulièrement remis à jour. Les derniers recensements effectués selon la méthode traditionnelle étaient espacés de huit ou neuf ans. En fin de période, les populations légales des communes étaient ainsi très anciennes. Les communes en forte expansion avaient la possibilité d’effectuer des recensements dits « complémentaires », mais cela ne résolvait que très partiellement le problème. De même, en fin de période, les données fines sur les caractéristiques de la population et des logements avaient beaucoup vieilli. Ceci alors même que la décentralisation avait renforcé les pouvoirs et les responsabilités des collectivités locales.
Chaque année
9 millions d’habitants recensés par 22 000 agents recenseurs
480 superviseurs de l’Insee
6 200 communautés recensées
4,7 millions de logements recensés
Le recensement par enquêtes annuelles a aussi pour intérêt de lisser la charge financière et humaine de l’opération, pour les grandes communes et pour l’Insee. Les acteurs du recensement, sollicités tous les ans, se professionnalisent. Les campagnes de recensement, du fait de leur ampleur plus réduite, peuvent être mieux organisées et mieux contrôlées.
Par ailleurs, le caractère annuel des opérations a permis de mettre en place un dispositif exigeant d’évaluation et d’amélioration en continu du processus. Une Commission nationale d’évaluation du recensement a été mise en place, et ses évaluations sont positives.
Depuis le lancement de la nouvelle méthode, les délais prévus ont tous été respectés, pour les populations légales comme pour les données sur la population et les logements. Compte tenu de la nouveauté et de la complexité de l’opération, le défi était réel, et il a été relevé.
La qualité des résultats n’a pas été globalement mise en cause, malgré quelques difficultés pour les populations légales de certaines communes de plus de 10 000 habitants. Le fait que seuls 8 % des logements sont recensés chaque année provoque inévitablement, tous les ans, pour quelques communes, des mouvements non significatifs de hausse ou de baisse de la population. Ceci a été largement expliqué, et les contestations des communes sont rares.