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Rapport d'activité 2012 - Les faits marquants de l'année 2012 - La création d’une direction de la Méthodologie et de la coordination statistique et internationale

La création d’une direction de la Méthodologie a été décidée, pour regrouper les forces dans ce domaine, à l’heure où les demandes qui s’adressent au Service statistique public sont de plus en plus complexes. Cette direction a pour mission de développer les méthodes statistiques les plus efficaces, et de promouvoir la qualité de la production statistique tout comme l’innovation. Elle est également en charge de la coordination du service statistique public avec l’Europe dont l’influence est aussi grandissante en matière statistique.

L’idée de créer une direction de la méthodologie date de 1989, pendant la préparation d’un Projet de service public, mais elle n’est pas retenue à l’époque. On admet alors que, si les méthodologues restent au plus près des statisticiens, ils pourront répondre plus rapidement à leurs questions. Puis dans les années 1990, les questions de méthodologie prennent une importance croissante, et des unités consacrées à ce sujet sont mises en place dans les grandes directions statistiques de l’Insee.

La question de la création d’une direction de la méthodologie est reposée en 2010, dans le cadre de la mise au point du programme à moyen terme de l’Insee, Ambition 2015. Plusieurs éléments vont cette fois faire pencher la balance dans le sens de cette création.

L’Insee et plus généralement le Service statistique public répondent à une demande sociale croissante et multiforme. Les questions sont plus nombreuses et les sujets plus ouverts. Aux sujets traditionnels comme la mesure du taux de chômage ou du taux de croissance s’ajoutent des demandes plus complexes et plus difficiles à satisfaire. Celles-ci portent sur des thèmes aussi variés que la mesure des nouvelles formes d’emploi et de précarité, le bien-être, le développement durable, les inégalités, les discriminations, la délinquance, la politique de la ville, l’aménagement du territoire. Les données « moyennes », sur les revenus et le pouvoir d’achat, ne suffisent plus, il faut des données par catégories dans lesquelles chacun puisse se reconnaître.

Dans le même temps, les statisticiens disposent potentiellement d’informations de plus en plus nombreuses et détaillées, grâce à l’exploitation de fichiers administratifs. Ils commencent aussi à envisager, de plus en plus sérieusement, de tirer parti de l’information extrêmement riche et instantanée qui figure sur internet.

Par ailleurs, l’Insee est de plus en plus interrogé sur la qualité de ses données, en particulier dans le cadre des procédures mises en place par l’Union européenne.

Pour répondre aux nouvelles demandes, exploiter les nouvelles données, et satisfaire les exigences de qualité, des efforts sur les méthodes sont nécessaires, alors même que l’Insee ne dispose pas de moyens supplémentaires. C’est pourquoi il est apparu nécessaire de regrouper les méthodologues dans une même direction, pour favoriser les économies d’échelle, éviter le risque que la méthodologie soit insuffisamment prise en compte face aux contraintes de la production. Ce regroupement facilitera aussi l’innovation, sa diffusion et la capacité de l’Institut à rendre des comptes sur la qualité de sa production qui est grande.

Une préparation minutieuse

La mise en place de la direction de la méthodologie a été précédée d’une phase de préparation minutieuse. Les discussions ont été nombreuses entre toutes les personnes concernées. Les organisations syndicales ont été consultées au cours de nombreuses réunions de dialogue social.

Le contour de la nouvelle direction a été précisé. Ainsi, les méthodes d’élaboration des comptes nationaux ou la mise au point des nomenclatures restent dans les unités statistiques. Dans le cas de ces sujets très spécialisés, il y aurait plus à perdre qu’à gagner à éloigner les méthodologues des unités spécialisées.

La direction de la méthodologie a été effectivement mise en place depuis le 1er septembre 2012. Ses équipes ont été constituées pour l’essentiel par le transfert des méthodologues qui exerçaient leur activité dans les directions statistiques.

Le département de la Méthodologie statistique couvre un vaste domaine qui comprend notamment le tirage d’échantillon, de manière à obtenir le maximum de précision pour un budget donné ; le traitement de la non-réponse ; le calcul de précision ; la manière d’assurer le respect des règles de confidentialité lors de la diffusion des résultats ; la correction des variations saisonnières.

Au sein du département, une division aura en charge les Méthodes et référentiels géographiques. Elle développera en particulier l’usage du carroyage. Cette technique consiste à découper le territoire en carrés de taille identique, de l’ordre de quelques centaines de mètres de côté, ce qui permet de reconstituer n’importe quel découpage administratif. Le carroyage a aussi l’avantage de rendre possibles des représentations homogènes au niveau international, ce qui n’est pas le cas pour les zonages respectant les circonscriptions administratives, qui sont de taille très variable selon les pays.

Une autre division est responsable des Méthodes appliquées de l’évaluation et de l’économétrie. En effet, ces méthodes ont quitté le domaine de la recherche pour rejoindre celui de l’activité courante, et la demande pour leur application à des cas concrets est en forte croissante tant au niveau national que régional et local.

Au sein de la direction de la Méthodologie, une unité qualité est chargée de s’assurer de la qualité des processus et d’aider à leur amélioration continue.

Répondre à l’exigence accrue de qualité

Eurostat, le service statistique de l’Union européenne, contrôle la qualité des données que lui transmettent tous les États-membres dans le cadre du programme de travail de la statistique européenne. L’Insee doit être en mesure de rendre compte, de prouver la qualité des données qu’il élabore. Plus généralement, les utilisateurs et le grand public sont devenus plus exigeants sur les données qui leur sont fournis et ne font plus confiance a priori.

L’unité Qualité doit aussi favoriser la standardisation des processus de production, ce qui se traduirait par des économies de moyens, par une meilleure répartition de la charge de travail. Elle doit aussi mettre en place progressivement un cadre harmonisé pour la production et la conservation de la documentation des processus.

Pour répondre aux demandes croissantes et de plus en plus complexes qui se manifestent, il est indispensable de développer l’innovation. C’est le rôle de la mission Innovation. Ainsi, l’Insee s’efforce de développer la collecte multi-mode, c’est-à-dire le fait que, pour une même enquête, certaines réponses se fassent à l’aide d’un questionnement traditionnel en face à face, mais aussi sur papier, par téléphone et, de plus en plus, par internet. Or l’expérience montre que les réponses ne sont pas les mêmes selon le support. Il faut développer des méthodes pour limiter le biais ainsi introduit, et s’efforcer de le corriger ; les réflexions portent en particulier sur la manière de poser les questions. D’autres travaux en cours concernent la mesure subjective et objective du bien-être et des inégalités, dans la continuité des recommandations du rapport Stiglitz.

Coordonner le service statistique public

L’influence grandissante de l’Europe s’exerce aussi en matière statistique, et l’unicité de la parole de la France face à ses partenaires européens représente désormais un enjeu majeur, pour garantir la qualité de l’ensemble des statistiques produites, mais surtout pour promouvoir la compétence et les enjeux nationaux. Largement plus de la moitié de la production du service statistique public relève désormais de règlements européens, et il s’avère indispensable pour l’Insee de promouvoir, auprès des partenaires, ses préoccupations et ses méthodes. Dans ce cadre, il est devenu essentiel de coordonner le programme du service statistique public, de débattre de ses orientations, d’organiser sa répartition entre l’Insee et les services statistiques ministériels, et de garantir sa qualité. C’est la mission du département de la Coordination statis-tique et internationale. La création de la direction de la Méthodologie ne s’est en effet pas traduite par la création d’une direction supplémentaire à l’Insee. L’ancienne direction de la Coordination statistique et des relations internationales a été supprimée. Ses activités ont été reprises en partie par la nouvelle direction de la Méthodologie, en particulier la mission de coordination de l’ensemble du système statistique public et des relations internationales.

Les chantiers prioritaires de la direction

  • l’adaptation des méthodes d'échantillonnage des enquêtes ménages aux nouvelles conditions d'emploi des enquêteurs ;
  • la coordination des enquêtes auprès des entreprises pour maîtriser leur charge de réponse ;
  • l’expérimentation d'enquêtes auprès des ménages associant plusieurs modes de collecte (face à face, téléphone, internet) ;
  • la mise au point des techniques de brouillage des données carroyées pour en assurer la confidentialité ;
  • les méthodes d'évaluation des politiques publiques ;
  • l’amélioration de la description statistique des inégalités ;
  • l’aide à l’amélioration en continu des processus de production statistiques.

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