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Séminaire inégalités : présentation détaillée 2006-2007

Le séminaire a examiné plusieurs aspects de la question des inégalités :

Les différentes théories de la justice et leur conséquence sur la mesure des inégalités

Parler d'inégalités n'est pas la même chose que parler de disparités. Le terme d'inégalités implique une notion d'injustice, et l'employer revient à indiquer que l'on considère l'égalité comme souhaitable. Devant la diversité des individus, l'égalité n'est pas réalisable dans toutes les dimensions. Il s'agit alors de se demander quelle égalité est souhaitable. Selon Amartya Sen, « assigner le premier rôle à la question « Égalité de quoi ?»  invite à appréhender les débats entre écoles de pensée à partir de l'aspect qu'elles choisissent respectivement de privilégier pour en faire le centre de la pratique sociale, où l'égalité est impérative. (...) Vouloir l'égalité sur ce qu'on a placé au « centre»  de la pratique sociale, c'est par là même accepter l'inégalité dans les lointaines « périphéries» . Le débat porte, en dernière analyse, sur la localisation du centre» .

La façon de mesurer les inégalités dépend de la théorie de la justice sous-jacente. Marc Fleurbaey (Cnrs-Cerses, Université de Paris 5) a décrit les trois principales théories de la justice et les mesures statistiques qu'elles suggèrent, puis a exposé différentes façons d'enrichir la mesure du niveau de vie.

L'influence des « lunettes»  statistiques sur les résultats obtenus

Ce rôle a été examiné sur deux points précis. D'une part, Sophie Ponthieux (Insee, division Conditions de vie des ménages) est intervenu sur le choix du niveau auquel on se place pour mesurer les inégalités (individu ou ménage), et en quoi ce choix conditionne les résultats, en particulier concernant les inégalités selon le genre. D'autre part, Cécile Brousse (Insee, division Emploi) et Heike Wirth (Université de Mannheim) ont présenté le projet de nomenclature européenne de groupes sociaux et les conclusions différentes auxquelles on parvient selon qu'on mesure les inégalités entre ces groupes en adoptant la nomenclature des PCS ou la nomenclature européenne. Enfin, au travers de trois métiers - épidémiologistes, économistes de la santé et sociologues de la santé - Gaël de Peretti a tenté d'observer l'impact des paradigmes qui sous-tendent ces professions sur leurs études des inégalités de santé.

la formation des inégalités scolaires

Les inégalités devant l'éducation occupent une place spécifique car, selon Marie Duru-Bellat, « elles ne sont pas seulement une inégalité parmi d'autres (...). Elles sont aussi une courroie de reproduction des inégalités.»  Les processus de formation des inégalités scolaires ont été étudiés par deux intervenants. Marie Duru-Bellat (Iredu - Institut de Recherche sur l'Éducation) a mis en rapport l'analyse des inégalités scolaires et les questions de justice sociale, et Gianluca Manzo (Université Paris 4 - Sorbonne et Université de Trente, Italie) a abordé la question de la formation des inégalités sociales devant l'école dans deux pays au système scolaire différent, la France et l'Italie.

l'exploration qualitative des zones de l'espace social mal couvertes par la statistique.

Enfin, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot (Cnrs-laboratoire Cultures et Sociétés Urbaines) ont présenté leurs travaux sur les grandes fortunes, dont les ressources et les conditions de vie sont mal saisies par les statistiques. Les remarques habituelles sur les dimensions multiples et les aspects cumulatifs de la pauvreté s'appliquent aussi à la richesse, et les différentes sortes de capitaux détenus (économique, social...) se renforcent l'une l'autre.